LA FÊTE DE LA NATIVITÉ, L’AMORCE DE LA GRANDE RÉNOVATION QUI DEVAIT SUIVRE LA GRANDE RÉVÉLATION…

   Le mot «Noël» provient de l’expression celte «New Heyl» ou «New Yeyl» qui signifie «Rénovation», «Nouveau Salut» ou  «Nouveau Départ».  En réalité, cette célébration du 25 décembre, qui marque, depuis le début de l’Ère chrétienne, la Nativité de Jésus, remonte à la Nuit des Temps.  À l’origine, elle visait à souligner, par l’embrasement d’un bûcher et de grandes réjouissances, le solstice d’hiver, soit la renaissance de la lumière.  Elle témoigne d’un désir universel de parvenir à transcender les limites et les contingences terrestres.  Dans la Tradition universelle, cette date marqua à de nombreuses reprises des événements spirituels notables, surtout la naissance d’Avatars ou d’Émissaires divins.   Ainsi, pour les Hindous, elle rappelait l’alliance de Ram et la naissance de Krishna;  pour les Bouddhistes, l’Illumination de Bouddha;  pour les Perses, la naissance de Mithra, le Seigneur et Sauveur;  pour les Druides celtes, la naissance de «Nogalachez»;  pour les Égyptiens, la délivrance d’Horus, le Soleil, le fils d’Isis et d’Osiris;  pour les Grecs, les naissances d’Héraclès et de Bacchus et l’arrivée de la Triple Nuit;  pour les Romains, les naissances d’Hercule et d’Adonis;  pour les Germains, la naissance de «Yule», la Nuit-Mère;  pour les Scandinaves, la naissance de «Jul», encore la Nuit-NativitéMère,  et de Freyr;  par les Chaldéens, la naissance de «Nule»;  pour les Incas du Mexique, la naissance de «Copracoynn», une réminiscence de l’Atlantide.

   Pour le métaphysicien, la Noël ne représente pas la fête la plus grandiose de l’année, qui reste le Wesak, la Fête des Maîtres, la Fusion des énergies christiques et bouddhiques, à la pleine lune du Taureau, mais il n’en profite pas moins pour s’ouvrir et accueillir en lui  une nouvelle impulsion christique.  En fait, puisque ce jour évoque le Retour de la Lumière, il invite à s’investir davantage dans l’amour, la paix, la justice et la fraternité et à affermir sa dévotion au Principe supérieur par la reconnaissance de la grandeur de l’Humanité, du service désintéressé et la responsabilité de groupe.

   Malgré la division que les contemporains ont établie entre Noël et le Nouvel An, pour allonger la période des festivités, ces deux fêtes n’en constituaient qu’une seule pendant des millénaires.  L’étymologie même du mot «Noël», qui peut aussi se traduire par «nouvelle année»)  en atteste.  Autrefois, chez nombre de peuples, l’année commençait au solstice d’hiver, qui marque la journée de la plus longue noirceur et de la plus courte clarté.  Mais c’est à partir de cette journée que la phase de clarté du jour commence à croître, ce qui exprimait symboliquement, pour eux, le Retour de la Lumière.  On peut donc indifféremment profiter de la journée de Noël ou du Jour de l’An pour établir le bilan de ses réalisations au cours de l’année antérieure, pour se déterminer à mieux poursuivre son processus évolutif au cours de la prochaine, pour stimuler son espoir de Libération transcendantale, pour exprimer sa reconnaissance pour les bienfaits reçus et pour exprimer son désir de partager les dons reçus par le don de présents à ses êtres chers.  On aura capté, entre les lignes de ces recommandations le sens des résolutions qu’on prend au tournant de la Nouvelle Année, mais qu’on ne tient jamais jusqu’au bout.  Pour résumer, la Noël  célèbre la Renaissance spirituelle.

   On comprendra mieux le sens de cette dernière affirmation si on étudie les symboles qui accompagnent l’épopée tumultueuse de la naissance de Jésus.  Commençons par rappeler que nombre des péripéties de cet événement se retrouvaient déjà dans la naissance de Mithra et de Krishna.  Comme Jésus, on les dit nés un 25 décembre, dans une grotte, d’un père charpentier et d’une vierge, qui ont du s’enfuir de leur domicile, poursuivis par un tyran sanguinaire qui craignait qu’ils le détrônent éventuellement.  On comprend dès lors que la Fête de Noël représente une adroite substitution de célébrations dites païennes, par des membres du clergé chrétien, qui ont facilité cette transition en conservant plusieurs symboles universels qui ne limitaient pas la portée dogmatique de leur enseignement.  Ainsi, Jésus représente l’Enfant divin, l’aspect spirituel qui, en chaque être, est appelé à croître progressivement, au cours d’un long processus évolutif, pour culminer dans l’Ascension.  Comme il s’est lui-même dit à la fois fils de l’homme et Fils de Dieu, il s’affirme comme un prototype du Dieu-Homme en cheminement initiatique.  Il se reconnaît comme le Fils du Père-Mère, le Créateur du Tout, figurés, dans son histoire humaine, par Joseph, image de l’intellect, et de Marie, l’intuition.  Mais il démontre que ces potentialités ou facultés de la dualité, latentes en lui, sont peccables ou perfectibles, et qu’elles doivent se régénérer, se transmuter, se transfigurer et s’illuminer en lui, tout au long du processus du Salut spirituel.  En effet, on les retrouve imagées dans la grotte de sa naissance  par l’âne et le bœuf, deux dignes représentant de l’animalité, présente dans l’homme, et source, pour lui, de conflit

   Avant d’approfondir le symbolisme de ces deux animaux, revenons à l’histoire de la nativité de Jésus telle qu’elle est racontée dans l’Évangile.  Poursuivis par Hérode (image de l’existence matérialiste soutenue par le gouvernement politique ou de l’existence de l’homme ordinaire opposée à la vie de l’élu), roi de Judée, pris de la peur de se voir détrôné et désireux d’éliminer son rival potentiel dans les plus brefs délais, parce qu’il avait été prévenu par ses devins qu’un être nanti d’un grand destin (en l’occurrence Jésus) devait naître, de façon imminente, dans la ville de Bethléem, les parents de Jésus s’enfuient en Égypte.  La ville de Bethléem, qui se traduit par la «Maison du Pain», est appelée à devenir la Nouvelle Jérusalem, la Cité de la Paix des Élus, dans le Royaume du Père-Mère.  Elle offre l’aliment essentiel qui dispose, quand on est rassasié, à mieux écouter et recevoir les messages du Verbe divin.  Pour sa part, paradoxalement, selon les points de vue, l’Égypte désigne tantôt la contrée de la perdition (ce qui est le cas pour les Juifs, dont ce puissant pays est le voisin, mais fut l’ennemi juré)  ou celle des connaissances cachées (ce qui est le cas pour les Initiés).  La fuite en Égypte figure ainsi le pèlerinage évolutif sur terre de l’être humain.  Car il faut se rappeler que Marie, épouse de Joseph,  est enceinte par l’opération de l’Esprit Saint et qu’elle est sur le point d’accoucher.  Aussi décident-ils de s’arrêter dans un hôtel, pour s’y loger, mais ils sont partout refusés, d’où ils doivent se résigner à coucher dans une grotte, où Marie finit par enfanter.

   En spiritualité, la grotte désigne toujours le lieu naturel, sombre, froid et humide, des grandes transmutations spirituelles.  C’est le lieu de l’initiation essénienne, qui tire son origine du culte de Mithra, en Perse, le lieu d’obscurité dans lequel l’Humanité a été plongée depuis sa chute (sa descente en incarnation) et qui exile les hommes du Royaume de Dieu.  Mais elle désigne également le sein de la Mère divine.  Quant à la crèche, elle réfère à la caverne du cœur, le siège de l’âme, le tabernacle de l’amour.  Le poupon qui doit naître désigne l’Enfant divin, le Dieu solaire, toujours confiant dans son Père-Mère divin, qui doit grandir dans l’esprit d’enfance, dans la sagesse du serpent et la prudence de la colombe, guidé par sa raison et son intuition.  Cet événement se produit ainsi dans l’Ère des Poissons, signe diamétralement opposé à celui de la Vierge, qui marque l’Ère des errances dans les méandres de l’inconscient, mais aboutit à l’Ère du Verseau, celui du Salut du Monde.  Dans sa mangeoire, Jésus est encadré du bœuf, un taureau émasculé, donc apprivoisé, apaisé, ce qui le rend réceptif aux effluves spirituels de l’intuition.  Le symbolisme de cet animal découle également du culte de Mithra, le Recteur de l’Ère du Taureau, donc du Vieil Âge, au sens d’Ère révolue.  L’âne identifie, dans son sens négatif, le porte faix, la bête de somme, l’être a la personnalité forte, guidé par son entendement, qui œuvre dans l’effort, plutôt entêté et réfractaire à la Lumière spirituelle, quand il ne se soumet pas à l’appel du cœur.  Dans son sens positif, il désigne l’être silencieux, qui a des oreilles pour entendre et capter les messages divins, toujours humble, soumis à la quête de la vérité, qui vibre au diapason du Verbe divin, maître de ses énergies sexuelles, capable de mener des pourparlers de paix en période de guerre, investi dans la joie de la créativité, toujours patient et persévérant malgré les aléas de la vie.  Il désigne l’étoile appelée l’Âne septentrional.

   On peut accepter la légende telle qu’on l’a racontée et répétée afin d’en décortiquer les principaux symboles.  Ainsi, au moment où Jésus est né dans sa grotte, si c’est bien dans cet abaissement qu’il est né,  le Chœur des Anges, image de la Hiérarchie invisible ou de la Famille spirituelle, serait apparu et aurait entonné son hymne : «Gloire à Dieu au plus haut des Cieux et Paix sur la Terre aux hommes de bon vouloir».  La présence des Anges évoque la fin de l’exil de l’Humanité et exprime qu’elle n’est plus seule, abandonnée à elle-même.  L’homme de bon vouloir –plutôt que de bonne volonté (car la volonté n’a aucun pouvoir, s’il elle n’est pas stimulée par le désir intime, source de la motivation et de la détermination– désigne tout être qui choisit, dans son libre arbitre, de se mettre au service de la Lumière ou d’attiser son aspiration évolutive, se fondant sur le respect du devoir de l’homme d’accomplir son idéal de perfection et sur la bienveillance à l’endroit de tous les êtres vivants, sans acception ni exception, conformément au Plan divin ou à la Volonté de Dieu.  Il s’applique jour après jour à comprendre que la vie est une et à manifester cette Unité de la vie, en appliquant la maxime spirituelle : Un pour Tous et Tous pour Un.  L’«Un» désigne Dieu qui embrasse dans son amour tous et chacun des êtres tandis que le «Tous» réfère à la multitude des créatures qui répond unanimement et d’un seul cœur à cet amour infini, le retournant à Dieu.

   Pour revenir au mythe de la Nativité de Jésus, le jour de Noël – car il serait plutôt né en avril –, voilà que les Anges se sont répandus dans les vallées (le monde matériel ou le monde de la surface où vit la masse des gens ordinaires)  et les collines (le monde matériel en montée ou en évolution spirituelle où s’engagent, à divers niveaux de conscience, les candidats à l’élection spirituelle).  Ils ont annoncé aux bergers la bonne nouvelle du début du Salut de l’Humanité par la naissance du Maître ou du Recteur du Nouvel Âge.  Dans le symbolisme, les bergers identifient toujours, à titre de meneurs de troupeaux, les guides spirituels terrestres de l’Humanité.  Le mot «troupeau» réfère à la masse bêlante des gens ordinaires, de bonnes âmes, mais sans aspiration spirituelle profonde, parce qu’elles sont piégées dans la mentalité grégaire et l’esprit matérialiste.  Le mouton, petit de la brebis et du bélier, désigne les retardataires évolutifs qui ont traversé sans s’en rendre compte l’Ère du Taureau, ce qui peut établir un lien avec l’échec de l’Atlantide. Quant à la brebis, animal sans défense, d’une grande douceur et d’une grande sollicitude pour ses petits, qu’elle appelle et rassemble par un bêlement envoûtant, elle illustre l’animal sacrificiel par excellence, emblème d’abnégation, de pureté et d’innocence, ou l’ âme compatissante, éprise d’amour, de paix , de justice et de libération.

   On sait que l’apparition d’une étoile dans le ciel, un corps céleste qui présage toujours d’une intervention céleste tutélaire et providentielle qui changera le destin collectif de l’Humanité et le destin personnel de tous ses membres, aurait annoncé la naissance de Jésus.  Celle-ci désigne, symboliquement, un Guide lumineux qui dispense un Rayon particulier de la Lumière divine ou de l’Énergie cosmique pour percer les ténèbres, l’ennui, la monotonie  et l’ignorance, pour indiquer la Voie de l’aspiration spirituelle et pour rassembler les âmes des justes.  L’apparition soudaine d’une étoile suggère toujours un rappel de la Volonté divine par l’envoi d’un émissaire en provenance des Royaumes supérieurs. En fait, il s’agissait d’une intensification de la lumière de l’étoile Sirius, le point d’origine de l’Humanité à l’origine de la Création, en raison d’une conjonction céleste particulière.  Ensemble, la Ceinture d’Orion et l’étoile Sirius tracent une ligne méridienne dans le signe de la Vierge.  Les Mages, qui figurent les Sages ou les Initiés de la Tradition primordiale et ésotérique, savaient tout cela, aussi ont-ils accepté de la suivre pour aller rendre hommage au Roi nouveau-né.  D’ailleurs, ce sont eux qui ont révélé à Hérode le sens de cette étoile, ce qui l’a amené à consulter les prêtres-devins sur l’endroit probable de la naissance selon les Écritures.  Les Mages établissent une référence avec la Ceinture d’Orion qui explique toute la dynamique de l’Évolution dans le schème de la dualité.  L’étoile de gauche figure la Mère divine et le Dragon noir;  l’étoile de droite figure le Père divin et le Dragon blanc;  l’étoile du centre désigne le Portail de la Fusion spirituelle, de l’Alliance cosmique, des Noces spirituelles ou de la Libération suprême qui mène au Paradis terrestre, perdu depuis Adam et Ève, mais désormais transfigurés par Joseph et Marie.

   Par rapport à ladite étoile qui aurait accompagné la naissance de Jésus, notons encore que l’étoile la plus brillante de la Vierge, nommée Spica, est symbolisée par un épi de blé, signe de fertilité.  Bethléem symbolise la maison du pain, la nourriture essentielle qui ne doit pas faire oublier le Verbe qui sort de la Bouche de Dieu.  La constellation de la Vierge se compose de trois étoiles qui forment un calice.  C’est le Graal, le réceptacle qui reçoit la divinité, comme l’homme sert de réceptacle au sang précieux du Christ.  Le Christ, le Maître personnel de l’être humain, doit naître dans la caverne de son cœur, pour brûler ses désirs et les transformer en aspiration au bien, au bon, au beau et au vrai.  Lors de cette initiation intérieure de la Noël, le centre du cœur est donc vivifié, éveillant le désir de mieux servir l’humanité des hommes, activant donc une perception de responsabilité de groupe.

   Les Rois-Mages, représentant les Initiés de trois catégories, soit des Rayons du Père, de la Mère et du Fils, portent les noms de Melchior, Balthazar et Gaspard (Caspar).  Melchior, Roi d’Éthiopie, désigne le Logos galactique de la Voie lactée;  Balthazar, Roi d’Asie, dont le nom signifie «Dieu protège le Roi», c’est Kuthumi, le Grand Prêtre éternel;  Gaspard désigne un Roi d’Arabie, mais il est en fait le Roi des Initiés de l’Aigle, une Fraternité spirituelle stellaire.  Ils offrent en présent de l’or, de l’encens et de la myrrhe.  L’or, le métal solaire, le mâle alchimique, illustre la Lumière de l’Esprit, la transmutation de la nature matérielle par le Grand Œuvre alchimique.  Image de la sagesse et de la Lumière spirituelle latente, il souligne une vie consacrée au service de Dieu et des hommes et l’accession à la vie éternelle par la maîtrise totale.  Il est l’emblème de la fonction royale.  L’encens figure l’activité dans l’Arbre de Vie, l’Axe ou le Lien vertical entre le Ciel et la Terre.  Symbole de l’intuition et de la purification, il porte les prières de l’Humanité jusqu’à Dieu.  Il rend hommage à Dieu, écarte les forces du mal, attire l’attention des Anciens mystiques et associe à l’Infini et à l’Immortel. On l’associe au sentiment, avec ses désirs et ses aspirations, surtout celle de toujours s’élever plus haut sur  l’Échelle de l’Évolution.  Il est l’emblème de la fonction sacerdotale. Quant à la myrrhe, image du courant lunaire, la femelle alchimique, gage d’ascension et d’immortalité, elle identifie la pensée qui amène à commettre des erreurs et à en souffrir, mais qui affine le discernement et mène à la prudence et à la sagesse.  Image de la prudence, elle allège sur tous les plans, rehaussant le taux vibratoire, stimulant l’ardeur du cœur, prévient du défaitisme et du désespoir et écarte l’agressivité.  On s’en servait autrefois dans les rites cérémoniels de la naissance et de la transition finale.  Il est l’emblème de la fonction politique.

   Maintenant que vous êtes informés de toutes ces valeurs symboliques, nous sommes assurés que vous ne percevrez plus jamais la fête de Noël de la même manière et que vous la célébrerez dans une attitude sacrée.  Car elle évoque la Bonne Nouvelle du Salut imminent de l’Humanité par le processus de l’Ascension.  Cette fête doit être abordée dans l’esprit d’enfance, ce qui commence par la joie de vivre.  Alors, il faut célébrer Noël comme un enfant.  Et pour mieux y parvenir, pourquoi ne pas associer à ses activités de ce jour des enfants, pour les observer et pour mieux comprendre dans quel état le vivre?

   Dans les archives traditionnelles, on situe le lieu de naissance de Jésus dans une grotte appartenant aux Esséniens.  Un tel lieu ne surprend pas, car la grotte a toujours servi de site d’initiation du culte de Mithra et d’autres célébrations des mystères.  Elle symbolise le monde de l’obscurité dans lequel l’Humanité est plongée durant le solstice d’hiver et durant la période d’exil de l’homme loin du Royaume, ayant perdu le sens de l’Unité et de la fraternité.  La grotte symbolise encore la Terre, le lieu humide et enténébré qui caractérise la matière.  C’est encore le sein de la Mère divine, personnifiée par Marie, duquel naquit le Sauveur.  Le taureau y figure un vieil âge révolu, tout comme l’ancien culte de Mithra, tandis que les brebis sont reliées à l’ère du Bélier et l’âne, à la résistance à la Lumière.  Du reste, l’âne évoque deux constellations, l’Âne septentrional et l’Âne méridional, qui se trouvent dans le voisinage de la constellation de la Vierge.  Or Marie fut portée par un âne pour se rendre à Bethléem et, ensuite, pour fuir en Égypte.

   La naissance du Christ cosmique est un fait planétaire qui conduit l’Homme céleste dans le signe des Poissons, à l’opposé de celui de la Vierge.  Le signe des Poissons est celui de tous les Sauveurs du Monde.  Jésus naquit en Terre Sainte au moment où le Soleil entrait dans ce signe.  En conséquence, il révèle que ce qui avait commencé à prendre vie dans la Vierge était consommé dans les Poissons.  Cela signifie que l’Enfant divin parvenait à l’âge mûr et apparaissait dans le Monde comme le Sauveur.  Au moment de la naissance de Jésus, Sirius, l’étoile de l’Orient, se situait sur la ligne méridienne, tandis qu’Orion, appelé les Trois Rois par les astronomes orientaux, se trouvait à proximité.  La constellation de la Vierge montait donc à l’est et les trois lignes de l’écliptique, de l’équateur et de l’horizon se rencontraient dans cette constellation.

   Quelles que soient les faussetés ou les erreurs qui entourent la Nativité de Jésus, il faut situer cette fête dans une perspective historique, cosmique et spirituelle.  Au point de vue historique, on a fixé la date de naissance de plusieurs avatars au 25 décembre, à minuit, dont celle de la naissance de Jésus, parce qu’elle marque le solstice d’hiver, qui marque la nuit la plus longue de l’année et le retour progressif de la lumière, de la chaleur et de la vie.  À ce moment, au niveau cosmique, il se produit dans la Nature une inversion des grands courants de l’énergie qui influencent les pierres, les plantes, les animaux et les êtres humains.  Ainsi, si une personne se prépare à bien vivre ce phénomène par un travail intérieur, en s’harmonisant avec les effluves subtils, elle recevra une grande aide évolutive : elle accélérera sa transformation intérieure.

   Voilà qui laisse comprendre que la célébration qui accompagne Noël, la Fête par excellence de l’Amour, devrait inviter à évaluer le degré de son esprit d’enfance et son taux d’amour, plutôt que convier à se griser d’alcool, à s’empiffrer de nourriture, à s’égayer outre mesure, à socialiser faussement.  Car elle marque plutôt le début d’un cycle où il importe de s’ouvrir à une nouvelle impulsion christique, qui se situe dans la continuité évolutive, mais qui fournit une nouvelle intensité de l’énergie spirituelle pouvant inculquer une montée évolutive.  Ce n’est pas par hasard que les heures de clarté commencent à augmenter vers ce moment de l’année (entre le 18 et le 26, selon les années), car, en même temps que croît la lumière extérieure, grandit également la lumière intérieure.

   Dans son aspect spirituel, Noël révèle le Principe christique qui, sous forme de Lumière et d’Amour divins, entendent augmenter dans le cœur et l’âme de chaque être.  Voilà qui invite à se préparer convenablement pour permettre à ce Principe universel, qui renaît partout, d’agir également en soi.  Dans son aspect purement symbolique, il faut observer le fait que Jésus, fils de Marie (figure de l’intuition), mais fils par adoption de Joseph (l’imagination du mental), a choisi de naître dans la crèche d’une étable (ou d’une caverne) entre un bœuf (un taureau émasculé, image de la léthargie docile à stimuler, de la servilité) et un âne (intellect souvent réfractaire, mais véhicule de l’Initiation).  Si le couple n’a pas trouvé de placberger-à-noele pour donner naissance à Jésus dans une hôtellerie, c’est qu’il entendait naître hors de la mentalité grégaire ou qu’il n’a pas été reçu par tous les êtres humains, en tout cas pas par les bien pensants et le bien nantis, qui ne l’ont pas compris.  Il en est toujours ainsi pour l’élu qui, chéri de Dieu, mais fou aux yeux des hommes, n’est pas reçu et compris par son milieu ordinaire et qui doit faire face à des conditions difficiles, sur la planète (résistance du milieu, dénigrement, refus de l’aider et de l’accompagner dans sa démarche, trahison ponctuelle), parce qu’il représente pour eux une sagesse étrange.

   Dans ce contexte, l’étoile annonciatrice figure la Lumière qui éclaire, inspire, apaise, réconforte, purifie, vitalise, stimule et guérit, en tant qu’énergie spirituelle.  Les âmes accordées et les membres de la Famille spirituelle perçoivent de loin cette Lumière spirituelle.  Aussi les âmes avancées, comme les âmes moins évoluées, mais suffisamment réceptives, qui veulent commencer à cheminer ou qui veulent être mieux instruits, s’approchent du Messie pour atteindre un plus haut niveau de spiritualité.  Suite à son apparition, la sainte famille reçoit la visite des bergers (les pasteurs) et des Mages (les Maîtres cosmiques)  qui témoignent de leur allégeance et de leur soutien.  Les dons des Mages à la sainte famille sont précieux et deviennent fort révélateurs de la dignité de Jésus.  L’or figure la nature matérielle transmutée par le Grand Œuvre, mais aussi une vie consacrée au service de Dieu et des hommes.  L’encens exprime les bons sentiments avec leurs désirs et leurs aspirations, surtout l’aspiration qui élève l’âme vers le Créateur.  La myrrhe symbolise les pensées, qui font commettre des erreurs et amènent à souffrir, mais par lesquelles l’être incarné peut découvrir le sage discernement et l’ardeur du cœur.

   Ainsi, la fête de Noël, qui marque la renaissance et le renforcement de l’inspiration, devrait servir de fête d’action de grâces, de moment pour réaffirmer les principes de l’amour, de la justice et de la fraternité, pour raffermir les liens familiaux et pour revenir aux valeurs essentielles.  Chacun devrait en profiter pour évaluer à nouveau ses progrès et pour regarder en arrière afin de mieux préparer l’année qui s’ouvre devant lui.  Du fait que la conscience de l’être humain s’élève à un plus haut niveau, à ce moment de l’année, elle attire à elle un déversement de l’Impulsion christique au point que, ceux qui ont appris à rayonner l’amour spirituel, peuvent devenir conscients de la Présence de l’Esprit divin.

   Alors, le Centre divin rayonne particulièrement la paix et l’amour partout dans l’Humanité et dans l’Univers.  Chacun peut participer à cette bénédiction en se faisant réceptif aux influences intérieures et ambiantes et en élevant sa conscience pour mieux s’y accorder.  Entre autre, en pensant à ses êtres chers et à tous les humains, en partageant les dons qu’il a reçus, en particulier le bon vouloir et la compassion, il peut devenir le bénéficiaire de la dispensation divine qui se produit et aider à faire du Monde un lieu où il fait bon vivre.  Comme c’est encore le moment de l’année le plus sacré, parce qu’une large part de l’Humanité témoigne du meilleur d’elle-même, elle peut servir de moment pour s’ouvrir à donner, à échanger et à partager, mais aussi à recevoir, à accueillir et à intégrer de nouvelles valeurs de sagesse.

   Jour de réjouissances humaines et des festivités symboliques, le 25 décembre a toujours exprimé la démonstration d’un Principe divin fondamental, celui de la Renaissance de l’âme qui se purifie et du rappel de l’Alliance de Dieu avec les hommes.  De temps immémoriaux, à ce moment, nombre de peuples se sont réjouis du fait que le Créateur envoyait sur Terre, de temps à autre, mais à point nommé, un Messager.  Cet Envoyé divin, généralement identifié à son Fils unique, venait rappeler la Voie du Salut, dans une nouvelle dispensation de Vie, d’Amour et de Lumière, réveillant toujours à la grandeur de l’Humanité et à la richesse de la compassion et du service désintéressé.

   Essentiellement, l’apparent mystère de Noël évoque la naissance et le commencement de quelque chose qui n’existait pas auparavant, la montée de la lumière, depuis longtemps en chute.  Cet événement semble avant tout marquer la manifestation de la Vie divine, puisque l’être humain ne vit que par la naissance de Dieu dans son cœur, le tabernacle de l’amour.  Dans la nuit de Noël, chaque être peut s’éveiller à la naissance du Christ amoureux et, par là, à l’espoir, pour l’Humanité à laquelle il appartient, d’une vie future plus belle, plus juste et plus fraternelle.  Ainsi, la renaissance de la lumière annonce l’expansion du Verbe, aspect majeur de la fête du solstice d’hiver.  C’est une expérience initiatique dont le sens réel s’est perdu à travers les siècles, mais qui témoigne, année après année, du rapprochement de l’éventualité de l’entrée dans la Terre promise.

   Dans Luc 10, chapitre 21, on peut lire : «Je te bénis Père, Seigneur du Ciel et de la terre, d’avoir caché cela aux sages et aux intelligents, et de l’avoir révélé aux tout-petits.»  Cette bénédiction pousse à se poser quelques questions à propos du symbolisme profond de Noël.  Qu’est-ce au juste que la fête de Noël?  Qu’a-t’on compris de la période des Fêtes?  Dans un monde laïc et profane, que reste-t-il du véritable sens de cette fête?  En quoi ce qui entoure son être à ce moment s’inspire-t-il de la tradition?  Comme cette fête commence à drôlement peser sur nombre de contemporains, le temps ne serait-il pas venu de libérer Noël de ses contraintes et de ses illusions?

     On dit de Noël que c’est la fête des enfants et de ceux qui ont gardé l’esprit d’enfance.  On ajoute que c’est la fête de  l’amour, de la joie, de la gentillesse, de la générosité, de la fraternité, de la convivialité, du pardon, de la réconciliation, mais, est-ce bien le cas?  Puisqu’il s’agit d’une fête traditionnellement concrétisée par l’offrande ou l’échange de cadeaux, les fameuses étrennes, et par toutes sortes de réjouissances et de célébrations sociales, le système capitaliste des marchands et des commerçants s’en est emparé pour promouvoir la consommation à outrance, par un subtil lavage de cerveau, truffé d’arnaques de tous genres, la réduisant à une fonction sociale et économique, ce qui l’a presque complètement vidée de son sens originel.

   Désormais, au cours des Fêtes, il faut envoyer des cartes de vœux (souvent virtuelles) ou des messages de circonstance (souvent électroniques), organiser des réceptions (sans oublier les parties de bureau), échanger des cadeaux, s’imposer des visites, faire du ménage, ce qui, pour plusieurs, confine à l’hypocrisie généralisée qu’on peut considérer comme une comédie sociale.  Car à quoi sert de déployer tant de civilités si cela ne doit représenter qu’un feu de paille au lieu d’amener à une interrogation sur le vrai sens de l’amour et de la vie?

   Surtout, pris dans la course effrénée aux achats et aux célébrations diverses, qui, à un moment ou à un autre, ne s’est pas senti écrasé, exténué, dévitalisé par les obligations des Fêtes, surtout que cette période mène à des sommets de libations et de ripailles?  Et n’est-il pas significatif que certains préfèrent profiter de ce long congé pour s’envoler vers le Sud, loin de leur famille, des fêtes et des obligations.  N’est-il pas plus facile et agréable de se faire servir que de servir quand une fête a perdu tout son sens?

   Mais, à travers ce fatras d’activités mondaines, ne conviendrait-il pas de s’interroger sur le sens originel de Noël?  Surtout dans les dernières générations qui n’ont presque aucune notion religieuse?  Comme on l’a dit ailleurs, le mot Noël peut provenir du mot latin «natalis» qui signifie «naissance» ou «nativité» ou de l’expression celtique «new yell» qui se traduit par «nouvelle année», «nouveau cycle» permettant un recommencement ou une renaissance.  Pour les Chrétiens, comme pour tous les chercheurs spirituels, la fête de Noël célèbre la naissance de Jésus, le Messie, le Guide du peuple attendu, annoncé par les prophètes.  Ainsi, Noël représente pour le Créateur, qui rappelle son Alliance éternelle avec son peuple, la fête des dons.  Mais, pour le peuple de Dieu, il représente la joie de l’accueil de sa prochaine délivrance.

   Le message de Noël, rappelle un phénomène transcendant, résiste aux violences, aux cataclysmes, aux effondrements, à la vanité du monde.  La naissance de Jésus, il y a plus de deux mille ans, donnait le signe de la vie qui ne cesse de se renouveler telle une source permanente qui renouvelle l’espérance des peuples.  Quoiqu’on ignore le jour et l’heure précis de la naissance de Jésus, depuis des siècles on la célèbre dans la nuit du 24 au 25 décembre.  Car, à savoir la date exacte de cet événement, que même les médiums et les transmetteurs situent diversement dans le temps, il faut préférer redonner à ce jour de commémoration son sens originel qui est celui de l’avènement de la Vraie Lumière destinée à révéler la Vérité absolue, à éclairer la Voie et à augmenter la Vie, démasquant les impostures et les illusions et permettant la libération de la prison terrestre.

   Comme on le verra plus loin, en fait, il faut mettre cette date fixe en lien avec le solstice d’hiver, qui peut varier du 18 au 26 décembre, selon les années, le moment où la clarté prend peu à peu le pas sur l’obscurité.  Quant à l’heure de minuit, qui en renforce la valeur symbolique, elle marque l’arrivée d’un jour nouveau

   Quelques six siècles avant que la nativité de Jésus ne se produise, le prophète Isaïe, poussé par l’Esprit de Dieu, avait fait une révélation que la Bible ou Ancien Testament a rapportée comme ceci : «Le Seigneur lui-même vous donnera un signe.  Voici, la vierge sera enceinte ; elle enfantera un fils et elle lui donnera le nom d’Emmanuel» ce qui signif ie : «Dieu avec nous»!  Quelle étonnante nouvelle que celle de la venue du Messie parmi les êtres humains.  Mais ce même prophète n’a pas parlé seulement de la venue d’un enfant qui allait s’élever au niveau de la Conscience christique, il a aussi précisé le lieu de sa naissance : Bethléem, qui signifie «la Maison du Pain», en Palestine.  Par plusieurs autres prophéties, il a même donné la raison de sa venue sur la Terre et le pourquoi de sa mission : en effet, il a précisé qu’il serait le Messie promis, la Lumière des nations, et qu’il apporterait le salut aux hommes.

   Quant à l’évangéliste Luc, qui narre l’événement lui-même dans le Nouveau Testament, il rapporte ainsi les faits qui entourent ladite vierge, dont il fait connaître le nom : Marie.  «Un ange de Dieu, nommé Gabriel, lui apparut et lui dit : –Ne crains point, Marie ; car tu as trouvé grâce devant Dieu.  Et voici, tu deviendras enceinte, et tu enfanteras un fils, et tu lui donneras le nom de Jésus.  Il sera grand et sera appelé Fils du Très-Haut… Marie dit à l’ange : –Comment cela se fera-t-il, puisque je ne connais point d’homme?  L’ange lui répondit : –Le Saint-Esprit viendra sur toi, et la puissance du Très-Haut te couvrira de son ombre.  C’est pourquoi le saint enfant qui naîtra de toi sera appelé Fils de Dieu… Car rien n’est impossible à Dieu.»

   Cette surprenante incarnation du Messie dans une nature semblable à la nôtre est chargée de signification.  Elle manifeste tout d’abord l’intérêt du Dieu créateur pour l’humanité et ses autres créatures puisque son Envoyé céleste est appelé à ouvrir les portes de l’Enfer et la Voie du Ciel.  Mais elle témoigne aussi de son amour et de sa miséricorde pour tous les hommes, sans distinction de race ni de rang social.

   En raison de ces accomplissements spirituels, Noël ne peut être réduit à une simple fête qu’on passe en famille ou entre amis ni à une recrudescence temporaire de la convivialité dans les rues.  On gagnerait à changer la dynamique de cette fête où lumières multicolores, cadeaux, boissons et victuailles s’associent pour égayer le cœur des hommes et entretenir une société de consommation aux visées des plus fumeuses.  Noël est et doit rester l’événement sans précédent qui a ouvert toute grande la porte du salut pour l’humanité qui errait dans les ténèbres.  Il faut donc que chacun sache que, ce jour là, le Messie est vraiment venu dans le monde pour rappeler aux hommes leur véritable destin.

   On comprend pourquoi Noël est peu à peu devenu, au cours des siècles, la mémorable fête des humbles et des simples, puisqu’elle rappelle la venue du Messie, sous la forme d’un enfant en apparence aussi dépendant et démuni que les autres, alors que, jusque là, on attendait la venue du Dieu de Majesté dans le tonnerre et les éclairs, pour juger les pécheurs.

   Alors, touchons un mot de l’origine de la fête de Noël et de la fixation de la date de cette fête au 25 décembre.  Dès le premier siècle avant J.-C., on célébrait à Rome le culte de Mithra, la divinité de la lumière, une religion d’origine persane, que les légionnaires romains avaient importé à Rome.  Ainsi, le 25 décembre, au moment du solstice d’hiver, on fêtait la naissance de ce dieu oriental, considéré comme le Soleil invaincu («Dies natalis solis invicti»), en sacrifiant un jeune taureau.  En 274, l’empereur Aurélien déclare le culte de Mithra religion d’État et il fixa la célébration du solstice au 25 décembre

   Fêter un anniversaire de naissance ne faisait pas partie des traditions juives puisque ces pratiques étaient d’origines païennes.  Comme les premiers Chrétiens ont également rejeté ce genre de célébration jusqu’au IVe siècle de notre ère, la fête de Noël n’existait pas au début du Christianisme.

   C’est seulement à partir du IIe siècle que l’Église a cherché à déterminer, dans l’année, le jour de la naissance de Jésus, proposant diverses dates (6 janvier, 25 mars, 10 avril), puisque les évangiles n’en disaient rien.  Finalement, à Rome, l’Église a choisi le 25 décembre pour célébrer la naissance de Jésus de manière à supplanter adroitement la fête païenne de la naissance de Mithra.  Vers 330 ou 354, l’empereur Constantin décida de fixer la date de Noël au 25 décembre, le pape libère décidant, la même année, d’instaurer la célébration de la fête du 25 décembre qui marque le début de l’année liturgique. Alors, on donne à Noël une valeur symbolique inspirée de Malachie (3/19) et Luc (1/78) puisqu’on considérait l’apparition de Jésus comme le lever du «Soleil de justice».

   La fête du 25 décembre s’est propagée progressivement en Orient et en Gaule.  Elle est d’abord apparue en 379 à Constantinople, où, le 6 janvier, on célébrait, sous des formes diverses, la fête de la manifestation de Dieu (Épiphanie).  Elle s’est ensuite répandue en Gaule au début du Ve siècle, à Jérusalem au cours du même siècle et en Égypte à la fin du même siècle.   En Europe, elle s’est installée tout aussi lentement.  Ainsi, on ne l’a célébrée qu’à la fin du Ve siècle en Irlande; qu’au VIIe, en Angleterre;  qu’au VIIIe, en Allemagne;  qu’au IXe, dans les pays scandinaves;  et qu’aux IX et Xe, dans les pays slaves.  En 425, l’empereur Théodose codifia officiellement les cérémonies de la fête de Noël, rendant la fête du 25 décembre exclusivement chrétienne, tandis que, en 506, le concile d’Agde en faisait une fête d’obligation, et que, en 529, l’empereur Justinien en faisait un jour chômé.

   À partir du XIIe, la célébration religieuse de la fête de Noël s’accompagna de drames liturgiques, soit des fameux «mystères», des pièces religieuses qui mettent en scène l’adoration des bergers ou la procession des mages, joués primitivement dans les églises, puis, sur leur parvis.  Quant à la messe de minuit, on a commencé à la célébrer dès le Ve siècle, sous le pontificat de Grégoire le Grand.  Au VIIe siècle, l’usage s’établit à Rome de célébrer trois messes : la vigile, au soir du 24 décembre;  la messe de l’aurore, au petit matin du 25;  puis venait la messe du jour.  Pour leur part, les crèches d’église apparaissent en Italie au XVe siècle tandis que l’arbre de Noël n’apparaît qu’au XVIe, en Allemagne.  Par la suite, la coutume de dresser une crèche familiale apparaît à Naples, puis en Provence, se développent a partir du XVIIe dans le reste du monde.

   Au moment de la Réforme en 1560, les protestants se sont opposés à l’usage de la crèche, lui préférant la tradition de l’arbre.  Avec la contre réforme au XVIIe siècle, on a interdit les représentations des drames liturgiques du fait qu’elles ont pris une tangente trop profane.  Ce n’est qu’au XIXe siècle que le père Noël apparaît, aux États-Unis, se répandant en Europe après la deuxième guerre mondiale.  À partir du XIXe, les organismes de charité commencent à offrir aux plus démunis le traditionnel repas de Noël.  Actuellement, cette fête très commercialisée tend à devenir principalement  une fête de l’enfant et de la famille.  De nos jours, les Témoins de Jéhovah refusent toujours de fêter cet événement qu’ils disent teinté d’une origine païenne.

   Il conviendrait probablement de redonner son sens au jour de Noël et à la période des Fêtes.  C’est à cause des nombreuses fluctuations dans la manière de fêter Noël qu’il importe de se demander quel est le sens de ce jour et de cette fête, qui n’offre plus grand-chose de religieux ou de spirituel, alors que, à l’origine, ils prenaient un sens à la fois humain et chrétien.

   Du point de vue humain, le jour de Noël prend le sens d’une célébration d’abord familiale, mais aussi sociale.  Du point de vue religieux,  la fête de Noël exprime un aspect fondamental de la foi chrétienne : la venue du fils de Dieu dans le monde pour libérer les hommes de leurs prisons ou de leurs illusions.  Mais, présentement, dans notre monde de consommation, force est de constater que le sens humannonce-aux-bergersain de ce jour, par la séduction commerciale, a supplanté le sens chrétien de la fête.  Selon un sondage, seulement quatorze pour cent des Français considèrent encore Noël comme une fête religieuse et il y a fort à parier que cette moyenne ne s’élève pas beaucoup plus haut, dans nombre de pays du monde, sauf peut-être en Espagne, au Portugal, en Amérique latine et aux Philippines.

   En fait, depuis l’apparition du Père Noël, qui a détrôné saint Nicolas presque partout ou qui achève de le faire, le jour de Noël représente d’abord une fête familiale axée principalement sur les enfants.  Ainsi, on aime se retrouver avec les membres de sa famille rapprochée, ce qui peut impliquer des membres la famille élargie, pour célébrer ensemble, en échangeant des présents, ce qui permet, par diverses formes d’expression – partage d’un repas, joyeuse veillée, narration de contes et d’histoires, réunion autour de la crèche, assistance à la messe de minuit — de créer des souvenirs communs et de raffermir le sentiment d’appartenance à une cellule centrale.  Mais, au cours de cette nuit magique, on prend bien soin de réaliser au mieux les désirs des enfants, pour le plus grand bonheur des adultes, puisque tout ce que l’être humain fait, il le fait un peu beaucoup pour lui-même.

  Sur un autre plan, ce jour merveilleux peut encore représenter un moment de partager la joie et de proclamer la paix entre les hommes.  Ne dit-on pas que, lors de l’apparition des anges aux bergers, pour leur apprendre la bonne nouvelle de la naissance du Messie promis, ceux-ci chantaient : «Gloire à Dieu au plus haut des cieux et paix sur la Terre aux hommes de bon vouloir»?

   Justement, à cette occasion, le pape, le chef des Chrétiens catholiques, adresse chaque année un message de paix au monde.  Un peu partout, on partage les cueillettes de la guignolée.  Et, la veille de ce jour, des associations caritatives et des clubs sociaux prennent en charge les plus démunis — les isolés et les esseulés, les gens de la rue (qu’on appelait autrefois clochards), les sans-papiers, les malades, les handicapés, les orphelins et les personnes âgées, tous ces exclus de la fête — pour partager avec eux un peu de chaleur humaine ou un moment de joie de vivre.

   Pourtant, ce qui devrait prédominer en ce jour, c’est la joie de se remémorer la nativité de Jésus.  Car, qu’il soit pris au sens ésotérique ou exotérique, il n’en reste pas moins, d’abord et avant tout, un événement de portée spirituelle, que certains expriment en ferveur religieuse.  Car, avec la naissance de Jésus, que ce jour célèbre et honore, c’est le prodige de l’incarnation du Grand Maître de l’ère des Poissons, déjà révolue, qu’il rappelle.  En ce jour, comme le dit l’Évangile du jour : «… le Verbe s’est fait chair et il a habité parmi nous».

   Pour tout dire, cet événement rappelle l’Amour de Dieu pour son peuple et le renouvellement de son Alliance éternelle avec les hommes.  Un Messie apparaît dans le monde pour réveiller en chaque homme le souvenir de ses origines divines, raviver le sens de son périple terrestre et pour ramener à sa mémoire la manière d’opérer son propre salut.  Un Être de Lumière se présente comme Émissaire de Dieu et il accepte de partager, pour un temps, la condition humaine, accélérant le processus évolutif de l’espèce.

   En raison de son symbolisme profond, Noël invite à s’affranchir des contraintes mercantiles et mondaines pour accomplir sa mission, qui implique une part de rénovation des valeurs et des paradigmes.  Nul ne peut s’opposer au don ou à l’échange de présents qui accompagnent cette fête quand ils traduisent une véritable inclination du cœur à l’amour, à la générosité et à la gratitude.  Nul ne peut davantage s’opposer aux célébrations qui l’entourent si elles peuvent mieux souder les alliances humaines.  Les relations profondes ont parfois besoin de s’exprimer d’une manière concrète, tangible et palpable.

   Il n’empêche que les présents et les rencontres ne peuvent prendre que le sens que chacun leur donne.  Or nous vivons dans un monde ou de plus en plus de gens fuient leur responsabilité de mener une quête de sens, abandonnant leurs problèmes aux spécialistes, aux gouvernements et à la société marchande.

   Qui ne sait pas qu’un grand nombre de personnes offrent de généreux présents pour soulager leur conscience et pour acheter de l’amour parce qu’ils ne prennent pas le temps, au cours de l‘année, d’offrir aux gens qu’ils aiment le meilleur d’eux-mêmes.  On offre rarement un cadeau sans attente, comptant toujours sur un peu de reconnaissance, ce qui fait de l’autre un petit chien qu’on tente de tenir au bout d’une laisse, puisqu’on ne lui laisse pas facilement le choix d’en disposer comme il veut, quitte à le donner à son tour, à la dérobée, s’il ne l’aime pas ou s’il ne lui convient pas.   Or, le plus beau présent qu’un être puisse offrir à une personne aimée, c’est sa présence, une présence pleine, chaleureuse, rassurante.

   Comment se fait-il qu’on n’a pas encore compris que les cadeaux que l’on offre, parce qu’il s’agit davantage des biens qu’on aimerait s’offrir, — mais pour lesquels, bien souvent, on ne se croit pas les moyens — que de ceux que le destinataire apprécie, sont souvent reçus avec un peu d’embarras.  Mais surtout, qu’ils aboutissent souvent, en peu de temps, au fond d’un placard ou d’un tiroir (à moins qu’ils ne passent à un autre destinataire dans un autre échange de cadeaux), en attendant d’être expédiés au bazar ou au marché aux puces, quand ils ne vont pas directement grossir les dépotoirs ou garnir les centres de recyclage.

   Présentement, à cause de l’importance que l’argent a pris dans la vie de chacun, ce qui amène la plupart des deux membres d’un couple à travailler, on préfère laisser l’amour aux bons soins des rencontres de passage, l’éducation aux garderies et aux écoles, la nutrition aux fabriques de produits alimentaires, la santé aux médecins et aux hôpitaux, les loisirs à la télévision et à l’ordinateur, la mort aux entrepreneurs de pompes funèbres.  C’est ainsi qu’on a appris aux dernières générations à se faire les spectateurs de leur vie plutôt que les acteurs et à les désinvestir, par leur individualisme, des contraintes, des besoins et des exigences de la famille, du voisinage, de la société, soit de l’organisation collective.

   Le temps ne serait-il pas venu de libérer Noël de ses aspects factices?  Libérer Noël de ses aspects factices, c’est d’une part se dégager de ses contraintes commerciales, fondées sur un esprit trop mercantile, pour retrouver le sens de l’échange entre des personnes et de la fête entre gens qui s’aiment et participent d’un même monde, d’un même «village global».

   Libérer Noël, c’est encore prendre conscience de l’incroyable quantité de déchets inutiles dont les cadeaux s’accompagnent – surtout augmentés par les emballages trompeurs et extravagants – qui augmentent, à la production et au transport, les gaz à effet de serre et les monticules de déchets des terrains d’enfouissement des villes.  C’est encore songer à la disproportion honteuse de la surabondance de produits en regard des besoins réels et à l’injustice criante par rapport aux moins bien nantis, notamment par rapport aux peuples moins développés.

   Libérer Noël, c’est encore redonner à ce jour, comme à la période des Fêtes et à toute l’année, le sens d’une mission d’amour que tous les hommes doivent compléter et assumer, s’ils comptent s’accorder le salut final, sans quoi cette fête, vidée de son sens, risque de disparaître, tandis que la planète connaîtra des drames inutiles.  À ce propos, dans la phase de transition actuelle de la planète et de l’humanité, il ne reste plus que cette mission à chaque homme : ancrer en lui la Lumière et l’Amour et aider ses frères et sœurs, à leur demande, à s’élever vers une conscience supérieure.

   Alors, pourquoi ne pas choisir Noël, qui ouvre la saison des Fêtes, comme moment de se rappeler cette mission d’exprimer constamment à ses proches, à toute son espèce, à sa planète, en le vibrant et en le disant, tout l’amour que recèle son cœur.  Pourquoi ne pas en faire un moment de rencontre privilégié pendant lequel on saurait dire les choses et écouter vraiment celles que les autres disent, consacrant du temps à ceux qu’on aime, sans trop faire de préférences — d’acceptions et d’exceptions.  Encore, pourquoi ne profiterait-on pas de l’occasion pour mener une réflexion commune salutaire sur le sens de la vie, l’avenir du monde, les moyens de passer à l’action pour orienter autrement le destin collectif?

   Il presse de saisir l’occasion pour prendre du recul en regard du rythme vainement effréné du quotidien afin de redevenir plus humain et plus spirituel.  Même que, se dégageant des contingences de la famille immédiate et des conventions sociales, on pourrait renouer au mieux avec d’autres parents, des amis ou des connaissances, s’ouvrir généreusement à ceux qui restent en marge et accueillir la bonne nouvelle d’un possible salut commun.  Car, si on était présent à ses proches tout au long de l’année, on n’aurait pas de mal à le faire, se permettant de rayonner l’amour auprès de ceux qui en manquent le plus et qui en ont le plus grand besoin.  Nul n’accédera à la Lumière suprême sans avoir participé à y amener les autres, tous les autres.  Ce dont ont besoin les gens, petits et grands, c’est d’amour, de présence, de sens.

   Sur la planète, le moment est venu d’engager une réflexion familiale et collective sur le sens que l’on veut donner à Noël et aux fêtes qui l’entourent.  Et le sens à leur donner est probablement celui qu’ils contiennent en vérité cachée, qu’on ne nous a jamais bien fait comprendre, parce que ceux qui en ont parlé — et continuent à le faire — ne le comprenaient pas eux-mêmes.  Car, qui saurait compter toutes les heureuses conséquences que cette venue du Fils de Dieu sur la Terre, une venue qui poursuit son retentissement, a pu avoir pour l’humanité?  Or, les bénéfices de la venue du Messie demeurent, encore aujourd’hui, pour tous ceux qui y croient.

   Par bonheur, un cantique traditionnel for populaire, qu’on fait abondamment entendre un peu partout, le révèle en disant : «Il est né le divin enfant…» qui signifie qu’un Enfant-Dieu est venu rappeler à d’autres Enfants-Dieux leur véritable essence et leur unique nature.  Mais il s’agit d’un message que seul peut comprendre celui qui a retrouvé son esprit d’enfance.

   L’esprit d’enfance réfère à cet état d’être de candeur, de naïveté, de pureté, d’innocence qui amène un être foncièrement joyeux et serein à accorder sa pleine confiance à Dieu, le Père-Mère, de sorte qu’il croit à la réalisation de son destin, ne craignant jamais de manquer de quoi que ce soit ou d’être abandonné — surtout pas d’être pourvu d’énergie, d’amour et de support — et qu’il vit dans le moment présent en toute spontanéité, en toute simplicité, sans se poser de questions inutiles, percevant tout dans un esprit ludique qui lui facilite sa réalisation.  Jésus l’a rappelé  «Nul ne pourra entrer dans le royaume de Dieu s’il ne redevient un enfant.»  Alors, au lieu de toujours agir en adulte compassé, sérieux, rationnel, souvent pressé et stressé, il faut savoir s’abandonner au mouvement de la Vie, au mouvement de la Lumière qui, en soi, porte la Vie et croire en la Divine Providence.

   Nul ne peut changer le présent contexte de la célébration de Noël sans réfléchir pour trouver une nouvelle perspective.  Car un retour au passé ne suffit pas pour apporter plus de richesse à son symbolisme.  Noël rappelle à merveille la maxime spirituelle : Un pour Tous et Tous pour Un.  À l’approche de cette fête, pourquoi ne profiterions-nous pas de ce jour sacré pour nous poser les bonnes questions?  À savoir : «Comment vivrons-nous ce jour, cette année?»  «Attendrons-nous cette fête dans la joie ou la tension, même l’appréhension?»  «Dans notre famille avons-nous conservé l’essence de cette grande fête ou si nous l’avons laissé se perdre dans la matérialité, la futilité et la consommation?»  «Avons-nous oublié le symbolisme profond de cette fête qui est la naissance du Divin Enfant?»  «Pouvons-nous lui en trouver un nouveau?»

   Cet événement porte un retentissement qui va au-delà de ce que les religions en ont dit.  Elle exprime un regain de l’Énergie divine à l’intérieur de chacun et la croissance de l’Enfant-Dieu dans le cœur, la naissance du Fils de Dieu et de l’homme dans la nouvelle humanité. Vous attendez cette naissance depuis des millénaires et vous continuez à vous demander si elle se produira bientôt.  Il n’en tient qu’à chacun qu’elle se produise cette année.  Le plus tôt sera le mieux puisque cette nouvelle naissance apprendra à mieux s’aimer, ce qui permettra de mieux aimer ses frères et sœurs humains.  Ainsi, au lieu de les juger et de les condamner, se tirant de son individualisme, on pourrait chercher à les ressentir de manière à mieux comprendre leurs souffrances et leurs misères et à exprimer une plus grande compassion.

   Et, dans cette compréhension nouvelle, on pourrait décider de la façon dont on vivra Noël autrement cette année et dans les années qui viendront.  Au temps des Fêtes, on s’impose tant d’obligations et de tâches pour bien recevoir et impressionner ses invités ! Mais, est-ce vraiment nécessaire?  Plusieurs s’épuisent à la tâche au lieu de profiter de ce temps privilégié pour se reposer, méditer, s’exprimer dans l’amour et la joie.  Sans oublier les dépenses pour la débauche de décorations, de boissons, de victuailles et de cadeaux alors qu’on possède déjà tellement plus qu’on a besoin, surtout dans les pays capitalistes du Nord.

   À ce propos, les Maîtres spirituels disent que si les êtres humains s’occupaient sérieusement de ce qui compte le plus dans leur vie, leur évolution, ils se contenteraient de peu et ils s’occuperaient à bien autre chose, de sorte qu’il n’y aurait pas besoin d’autoroute dans aucun pays.

   Trop d’abondance entraîne une sorte d’insatisfaction qui ressort du désir de posséder toujours plus, de ne jamais en avoir assez, de ne jamais faire assez, de ne jamais donner assez.  En outre, cet excès amène à vivre dans la crainte de perdre qui fait soupçonner des ennemis même chez les innocents.  La quête de possession amène à oublier le véritable sens de la vie et le véritable rôle de l’être humain.

   Pendant ce temps, en d’autres coins de la planète, sévit la mort parce qu’il y a la guerre, les épidémies, la pénurie, donc pendant qu’il n’y a presque rien à faire, à manger, à boire…  On constate toute cette misère par le truchement de la télévision et on verse une larme ou deux, mais comme cela se passe loin de soi, on oublie rapidement ce spectacle désolant du manque de solidarité humaine.  Et on attise de nouveau ses désirs de posséder encore davantage, omettant de réaliser qu’on épuise les ressources de sa planète et qu’on la fait souffrir en lui demandant de trop produire.

   Pour changer, cette année, que dirait-on de partager avec ceux qui ont moins?  Que dirait-on de penser à donner au lieu de prendre ou de recevoirPlusieurs se préoccupent de cette période au point de vivre dans le stress, ce qui est notamment le cas des mères de famille.  Recevoir dans la simplicité et l’harmonie, c’est facile et c’est de mise lorsque toute la famille s’aime, connaît les vrais valeurois-mages-histoire-et-symbolesrs et partage la joie d’être ensemble.  Du reste, on pourrait leur exprimer son nouveau choix d’accorder un nouveau sens à cette fête et tenter d’impliquer tous les membres de son clan dans ce projet.

   Dans l’excès d’abondance, ce n’est pas toujours le cas que la simplicité et l’harmonie règnent.  Entre gens individualistes, surgissent souvent des dissensions et des conflits qui ne peuvent qu’être accentués par l’alcool qui coule à flot lors des rencontres familiales.  Il y a le cousin dont on trouve que, enivré, il a les mains bien longues ;  ou l’oncle qui, dans le même état, se fâche jusqu’à piquer des colères redoutables ; ou des visiteurs qui, avec un verre de trop, le naturel revenant au galop, deviennent sarcastiques et passent des remarques désobligeantes ; tandis que des nouveaux venus, aussi saouls qu’eux, commettent des abus de comportement.

   C’est une période de l’année que certains apprécient, mais que d’autres redoutent et abhorrent.  Pour ceux qui n’aiment pas les célébrations de Noël, pourquoi ne pas prendre un moment de réflexion pour déterminer les changements à apporter pour participer à la fête d’une manière plus en accord avec le symbolisme de la commémoration de la naissance de l’Enfant-Dieu au sein de l’humanité?  Quand on n’est pas en accord avec ce qu’on fait ou ce qu’on vit, mais qu’on ne parvient pas à y mettre de l’amour, on s’active en vain et on épuise ses précieuses énergies.  Toute transformation commence toujours par le véritable amour de soi qui n’a rien à voir avec l’indifférence et l’individualisme de l’égoïste.

***

On peut ajouter que la tradition du sapin de Noël ne date pas d’hier.  D’après un très ancien manuscrit, celle-ci ne remonterait pas tout à fait aussi loin.  La meilleure hypothèse veut qu’il soit apparu avec un missionnaire, saint Colomban, vers les années 615.  Ce moine irlandais, passé en France pour y construire un monastère, se promenait autant dans ce pays qu’en Italie pour prêcher l’Évangile et les hauts faits de Jésus, pour commencer à convertir les païens d’Europe à la foi chrétienne.  Un jour qu’il passait dans une ville où personne ne daignait venir écouter ses sermons, il eut une idée géniale.  Il se dit que s’il garnissait un sapin de torches, un arbre qui garde sa parure verte tout au long de la saison froide, il pourrait engendrer un spectacle intriguant qui pourrait probablement attirer à lui quelques curieux.  Ainsi, il monta dans la montagne voisine et il identifia un sapin de belle taille qu’il couvrit de flambeaux.  Le soir venu, il les alluma tous à la fois.  Les citoyens des environs accoururent en nombre pour se rendre compte de ce qui se passait.  Ils y trouvèrent l’homme d’église qui leur raconta  la naissance du Messie, qui s’était incarné pour apporter le salut au monde, d’où il put faire plusieurs convertis.  Pour commémorer cette rencontre évangélique, les nouveaux Chrétiens décidèrent d’installer chaque année des sapins illuminés, lançant cette coutume dans le monde.  Car, d’âge en âge, d’autres congénères ne tardèrent pas à l’importer dans leur patelin, d’où elle est parvenue jusqu’à nous.

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