LA DOULEUR, COMME LE BIEN-ÊTRE, INSTRUIT L’ÊTRE ÉVOLUTIF… 

La douleur et la souffrance, autant que le bien-être et le plaisir, représentent des expériences, agréables ou désagréables, qui instruisent et qu’il faut aimer, pour ce qu’elles apprennent sur soi, un propos d’introduction qui ne représente en rien une invitation à les endurer sans intervenir, mais à en comprendre la cause, au lieu d’en masquer les symptômes.

On se demandera peut-être pourquoi nous osons définir un mot dont tous connaissent fort bien le sens, mais cela fait partie de notre manière habituelle, pour éviter toutdouleure confusion de termes.  La douleur est la sensation pénible, désagréable, ressentie dans une partie du corps.  Elle représente un signe physiologique, capté dans le cerveau, pour éveiller l’attention à un danger plus ou moins conscient.  À l’inverse du plaisir, elle exprime ce qui ne convient pas à un être.  En général, on la distingue de la souffrance qui est plutôt d’ordre psychique.

La douleur renseigne sur le degré d’insouciance et d’imprudence, donc d’ignorance.  Elle traduit une résistance à la vie dans un domaine particulier.  Elle vise à informer que quelque chose ne va pas contribuant à purifier le corps et l’esprit.  Elle aiguillonne l’esprit et force à s’interroger sur  le sens de la vie et de la mort, sur le pourquoi des choses.   C’est la sanction inévitable des imprudents, des insouciants, des imposteurs, des abuseurs, de ceux qui voguent dans une coquille de noix sur l’océan déchaîné des passions.  Elle sert à brûler ce qui fait obstruction et, bien comprise, elle fait faire des pas de géant vers Dieu.  Mal admise, elle mène à l’enfer et à la dissolution.  Elle force le récalcitrant ou le fainéant à faire les pas qu’en d’autres circonstances il n’aurait pu franchir.  Mal comprise, elle amène un être à s’apitoyer sur son sort, à se contempler le nombril, d’où il ne peut plus observer les fruits de son karma et s’en détacher.  La douleur de se reconnaître dans un abîme d’illusion est pénible pour ceux qui sont attachés à leur double terrestre, mais elle produit généralement des effets bien salutaires.

Dans le monde judéo-chrétien, la douleur joue un rôle salvateur bien étrange.  Depuis qu’il a été dit que la femme devrait enfanter dans la douleur et que l’homme devrait tirer dans des efforts pénibles sa subsistance de la terre, conséquence de la faute originelle, la douleur devient un instrument de salut.  Pour avoir conçu dans le plaisir, l’être humain se croit obligé de se sentir ataviquement coupable, payer son tribut à la nature, gagner son salut à la dure.  Dans ce cas, la douleur prend une valeur de rachat des fautes, des erreurs, des échecs.

L’état de pensé et les attentes jouent un grand rôle dans la gestion de la douleur.  En Italie, des recherches universitaires ont démontré que, chez des sujets qui avaient reçu un puissant analgésique opioïde, dès qu’ils se faisaient dire que l’effet du médicament était présumément terminé, ce qui n’était pas le cas, cette simple affirmation suffisait pour qu’ils disent que la douleur avait repris son degré initial d’intensité d’avant la prise du médicament.

En effet, il y a des gens qui s’approprient leur douleur jusqu’à en faire une réalité qui devient leur sujet de conversation dans l’espoir de s’attirer la pitié, de se faire plaindre, de river l’attention d’autrui sur eux.  Ainsi, ils affichent leur douleur, ils s’en vantent, ils les comparent à celles des autres, renchérissant sur toute douleur d’autrui, car ils doivent se faire passer pour les êtres les plus souffrants et les plus malheureux.  L’autre doit absolument s’associer à leur douleur, compatir avec eux.  Ainsi, par le bénéfice secondaire qu’ils y gagnent, qui indiquent qu’ils ne tiennent pas à se libérer de ce qui leur permet de se mettre en relation, ils compliquent le traitement, certains le rendant presque impossible.  Car, si leur douleur devait disparaître pour de bon, ils devraient faire face à toute une période de deuil, ne trouvant plus de sujet à se plaindre.  Probablement qu’ils se projetteraient dans le passé, pour ruminer leur épisode douloureuse ou qu’ils s’inventeraient un autre sujet de conversation doloriste.

En fait, la douleur précise où se trouve exactement la difficulté pour aider à diriger l’énergie au bon endroit.  La plupart du temps, elle résulte d’un jugement sévère ou rigide qu’on a porté sur quelque chose, d’où, si on retire le jugement, tout s’harmonise.  Retirer le jugement consiste à changer la façon dont on perçoit un fait ou une situation.  Nul ne peut échapper à la douleur d’une situation qu’en la concevant dans une perspective plus sage et plus ouverte amenant à s’exprimer avec plus d’amour, de douceur, de chaleur et de compassion.  Nul ne gagnerait à appeler la douleur, mais, si elle vient, il doit savoir s’en servir pour progresser et évoluer.  En fait, un être ne souffrirait de rien s’il saisissait l’illusion de la douleur.  Car la douleur n’est jamais qu’un drame joué sur  la scène de son esprit.  Rien ne peut être vraiment douloureux si on réalise que rien n’est réel au sens qu’on l’entend.  Dans sa vie, chacun crée, consciemment ou inconsciemment, les situations, les personnages, les circonstances : il écrit le déroulement et les dialogues du scénario de sa vie.

Les problèmes psychologiques non résolus, comme l’amertume, la colère, les blessures et les traumatismes causés du vivant d’un être ou au moment de sa mort, se perpétuent d’une vie à une autre.  Ils peuvent souvent réapparaître sous la forme de maux mystérieux, de malaises vagues ou de douleurs chroniques.  En pareil cas, la guérison exige la libération de l’ancienne souffrance, puisqu’il faut en éliminer la cause au lieu de supprimer temporairement le symptôme.  Aussi, lorsqu’un être éprouve de la douleur, il convient qu’il note dans quelle région et dans quel organe se loge probablement le problème, car il détient la clé des difficultés émotionnelles qui ont causé les obstructions et qui s’y somatisent.  On sait par exemple que les pieds et les jambes sont reliés à la persévérance dans la motivation d’avancer ou d’évoluer;  les bras et les mains, à la créativité plus ou moins fluide;  l’estomac, à la digestion des expériences;  etc.

Maxence Van Der Meersch a dit avec raison: «La vie n’est pas faite pour qu’on la refuse, parce qu’elle n’est pas une fin, mais un moyen.  Tout a un sens.  Même la douldouleur-blessureeur.»  En effet, la douleur et la souffrance sont les moyens par lesquels la Nature prévient un être qu’il est dérangé physiquement ou psychiquement.  Ils expriment des signaux d’alarme, lancés par la Nature, pour l’informer d’un état pathologique.  Il doit y remédier en en trouvant la cause, sans délai, non en supprimant le mal ou en l’endormant.  C. Tillier a fait remarquer: «La douleur et le plaisir résultent de la même faculté.»  En effet, le plaisir indique une voie à suivre; la douleur et la souffrance indiquent une voie à s’interdire.  Qui veut se rétablir doit réintégrer l’ordre, retrouver son équilibre, vivre dans l’harmonie.

En dehors de la consultation et des traitements indispensables, la méditation régulière peut grandement aider à réduire la douleur.  Un être peut en profiter, d’une séance à une autre, pour respirer profondément et émettre dans la région douloureuse des énergies blanches de cristal jusqu’à ce que le blocage cède, jusqu’à ce que l’énergie négative se dissolve.  La guérison réside dans une collaboration entre l’Esprit, le mental, les sentiments et les cellules physiques.  C’est une entreprise qui implique l’être dans sa globalité.  Quand un sujet cesse de mettre des entraves, son corps peut lui révéler des possibilités étonnantes de régénération et lui assurer la longévité.  Dans ce sens, l’indifférence aux malaises et à la maladie devient un bon moyen d’éviter d’aggraver les symptômes, ce qui n’invite pas à négliger le recours aux moyens usuels pour se rétablir dans la santé.

Pour compléter cette lecture, on peut utilement se référer à l’article sur la «souffrance».

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