LA CRÉATION DIVINE, L’OEUVRE DU GRAND RÊVEUR QUI SE CONTEMPLE LUI-MÊME ET SE PREND À SON JEU…

Pour la plupart des religions, la Création désigne le fait d’engendrer une réalité à partir de rien.  Pourtant, créer, au sens de tirer une réalité du néant, n’est pas plus loisible à Dieu qu’à ses autres créatures.  En métaphysique, on la définit comme une énergie de vie en mouvement, donc en constante transformation ou évolution.  À proprement parler, Dieu a émané ou manifesté le Cosmos en actualisant ses virtualités, donc en exprimant le formel à partir de l’informel, du Vide plein.  De ce fait, la Création ne peut que signifier l’interruption du Chaos primordial par l’ordonnance d’une certaine forme en évolution dans le Cosmos.  Ici, il faut entendre par Chaos le Magma originel, cette masse élémentaire et indifférenciée que l’Esprit pénètre en lui donnant forme par une visualisation (le moule d’une image ou la forme d’une pensée).  Dans ce sens, cet Acte originel comporta une visualisation (conception), une intention et une dynamisation.  Dans une Contemplation de Sujet à Objet, c’est par cette Manifestatcréationion finie que le Créateur s’identifie à lui-même et apprend à reconnaître son caractère divin, d’un cycle à un autre (d’un tableau imaginaire à un autre) au fil de l’Évolution (Descente et Ascension).  Au sens individuel, la création constitue le résultat du développement et de la maturation d’une pensée, d’une parole, d’un sentiment ou d’un acte.

L’Origine de la Vie se produisit par le désir de l’Être primordial de se connaître parfaitement autant dans ses concepts que dans l’expérience totale.  De ce fait, en tant qu’Être suprême, il est, mais il ignore l’étendue de son Être, la profondeur de son état et ses possibilités (virtualités).  Afin de se reconnaître et de prendre de l’expansion, il émet la volonté de créer un lieu qui lui servira de champ d’expérience.  Alors, le fini prend forme dans sa pensée et s’extériorise à partir de sa Lumière infinie, puis se produit la naissance de tout ce qui se mouvra.  Il prend plaisir à imaginer des formes et des corps qui deviendront les réceptacles d’une multitude d’Étincelles de vie.  Voilà le départ de la Grande Aventure de l’Évolution.  Dieu, l’Image, se contemple ou s’observe lui-même, engendrant dans sa réflexion, sa Ressemblance.  De là, tout peut arriver ou se produire pour  l’instruire parfaitement sur sa Réalité totale.  Après la production de l’Acte créateur initial, deux forces persistent : l’une immanente dans la matière participant de l’Énergie créatrice et tendant spontanément à engendrer des formes toujours différenciées;  l’autre transcendante, l’Énergie créatrice qui poursuit son œuvre et la soutient dans l’existence, assurant la Création continue du monde.

Le Bhagavad-Gita assure : «Ce qui réellement existe ne peut cesser d’exister;  de même ce qui est non-existant ne peut commence d’exister».  Dieu n’a rien créé à partir du néant, conçu comme un vide absolu, il a simplement émané, dans une mise en ordre, des potentiels latents, qui passent par les stades de pensée, de lumière, de son et de matière.  Il a manifesté des énergies et des essences de vie, des prolongements de lui-même, qu’il a dotés librement de divers dons et attributs, afin de pouvoir ainsi mieux s’explorer, se donner satisfaction et s’exprimer.  La Création n’est qu’une succession de tissus cosmiques, rassemblant en une même unité, chaque dimension, des minuscules planètes jusqu’aux immenses «Purusas» («Purushas») cosmiques.  Dans une conception d’une création idéale, il dut y avoir un mélange harmonieux, une association uniforme et un ensemble mathématiquement correct de nombreux idéaux.  Chacun de ces idéaux fut fondé sur des éléments que le Créateur aimait quand il les réalisait.  Et quand la création fut achevée, il engloba, dans un tout, tous les idéaux, du plus grand au plus petit.  La Création fut donc essentiellement conçue par l’amour, car c’est dans l’amour que Dieu créa le monde et c’est avec amour, soit avec la réalisation de l’idéal, qu’il contemple toute la création, depuis chaque cellule polarisée dans les océans jusqu’à l’homme, fait à son image et à sa ressemblance.  Ainsi, l’homme et toute la création furent conçus dans l’amour et par l’amour et, dans toutes choses que Dieu créa, il exprima son amour.

Naturellement, l’amour précède la Création du fait qu’une création est une incarnation des idéaux.  Et ceci se produit parce que l’amour d’un idéal conduit soit à le chercher et  à le réaliser soit à l’inventer. Parmi tout cela, il a conçu le système solaire comme un secteur de libre arbitre, où tout serait permis, donnant le pouvoir aux êtres humains qui y habitent de créer et de ramener toutes choses lui.  Autrement dit, Dieu a fait don de lui-même aux êtres humains pour qu’ils fassent don d’eux-mêmes en toute liberté afin que tout ce qu’ils créent dans leur univers puisse comprendre que leur essence et celle de Dieu sont identiques  Ailleurs, il a conçu bien d’autres univers selon des conceptions différentes.  La Création est un acte d’amour que Dieu accomplit en lui-même, ce qui se répercute sur tous les plans, du plus subtil au plus dense.  Ainsi, toute création humaine, co-création devrait-on dire, et une recherche du soi et une quête du Soi.  Dans l’acte le plus simple, elle unit analogiquement les mêmes éléments que la Lumière pure emploie.  Elle répond à l’unique nécessité de s’exprimer et de se développer selon un Principe suprême invariable dans tout le Cosmos, à tous ses niveaux.

Il existe un principe simple, mais combien difficile à admettre dans le total développement de ses applications, qui dit que celui qui a dépassé le niveau de création physique doit créer avec l’âme et que celui qui a fondu son âme en Esprit doit créer en Esprit.  De la même manière, les formes-pensées du mental qui a suffisamment exploré le monde physique par la science ou la connaissance doivent se laisser imprégner par l’onde d’amour intérieur pour vibrer dans la matrice de l’Éther, des mondes subtils, pour favoriser l’Évolution à d’autres création-1niveaux.  Après la concentration de l’étude, il faut s’ouvrir à la proclamation, à la prière, à la méditation et à la contemplation, autant de moyens créateurs à des niveaux supérieurs.  Chaque minéral, chaque végétal, chaque animal, tout ce qui vit est organisé subtilement en parallèle, mais en conformité, à sa planète ou à la constellation qui le gouverne.  Il y a là une arithmétique et une géométrie, une architecture sacrée, à découvrir, un ordre à respecter pour ceux qui veulent connaître l’équilibre, l’harmonie et la paix.  Qui ne sait pas se percevoir comme un cristal équilibré composant un corps céleste, celui-là brise une chaîne et il entame une course tel un bolide parcourant sans cesse l’horizon.

Le mobile de la Création est la révélation du Principe divin au cœur de l’homme qui amène l’Essence à se reconnaître elle-même. Voilà pourquoi, créer, au niveau de l’homme, c’est redécouvrir ou reconnaître ce que la Nature suggère depuis toute éternité.  Et cela, nul ne peut le reprendre à son compte pour servir son ego.  À la manière du Créateur, l’homme peut donner forme et vie à une pensée ou à une image mentale.  Cette créativité, résultat de l’imagination, de la parole et du ressenti, comporte trois stades : un stade d’inspiration, où la vie pénètre dans la forme;  un stade de rétention, où la vie s’identifie à la forme;  et un stade d’expiration, où la force de la forme est purifiée, puis restituée à la Source originelle.  Il n’existe aucune séparation entre ce que l’homme est et ce qu’il désire.  Voilà pourquoi sa création ne doit pas viser à acquérir, mais à apprendre à être ce qu’il désire, plutôt à ravoir et à reconnaître qu’il l’est.  Car, au niveau humain, créer veut dire façonner sa vie à son goût, prendre les décisions qui mènent à ce but.  En cela, chaque individu doit créer en réalisant des choses qui viennent de lui, car nul n’est la copie d’un autre.  Car chacun apprend et évolue à partir de ce qu’il crée.  Le secret de la co-création réside dans le fait que tut ce que l’homme pense dans l’Amour et la Lumière devient réalité.  Elle consiste à collaborer à rendre le Verbe vivant efficace pour manifester la Vérité.

La Manifestation ou l’Émanation, synonymes de «la Création», désigne le fait ou le moyen par lequel Dieu se manifeste ou devient sensible.  En spiritualité, ce mot exprime le résultat de l’Intention créatrice et il est préféré à celui de Création, avec celui d’Émanation.  Il traduit l’«Expiration du Créateur».  Il constitue une combinaison diverse des éléments de la Nature inférieure avec la Nature supérieure.  Il exprime une extension du Point cosmique selon les directions de l’espace, formant une sphère.  La manifestation peut encore désigner un rassemblement collectif, soit un défilé organisé sur la voie publique, pour exprimer publiquement une opinion, une volonté, une revendication.  Au niveau énergétique, toute revendication publique engendre des courants violents au niveau de la conscience collective, se fondant sur une justification des désirs égoïstes et des frustrations des egos, qui attise les énergies d’orgueil, le sentiment d’impuissance, l’attitude de séparation.  Voilà qui peut dégénérer en situations incontrôlables et en drames humains.

En spiritualité, manifester, c’est tirer l’être du Chaos originel par une pensée qui se revêt de forme.  Ainsi, la manifestation se produit à la surface des eaux cosmiques.  Elle résulte de l’expansion du point, qui figure la Semence divine ou l’Idée originelle, selon les directions de l’espace, pour former une sphère.  C’est le résultat de la loi du Triangle qui amène à se rencontrer le Principe positif et le Principe négatif.  Il s’agit d’un processus qui fait intervenir la Loi et ses principes naturels afin de transférer de l’énergie d’un plan de conscience à un autre.   Au niveau individuel, c’est garder la vision choisie bien en face de soi en ayant confiance et foi en soi-même.  Car la manifestation est le résultat de l’intention rendue claire, nette, précise et vivante, puis maintenue.  Elle résulte de combinaisons diverses de la nature inférieure avec la Nature supérieure.  Sans la présence de la Nature supérieure dans la matière, rien ne serait animé, capable de pousser, de grandir, de croître, de multiplier ou d’évoluer.  La manifestation explique tous les mouvements partout dans l’Univers.  Elle se produit quand un être veut simplement le faire et qu’il se sent capable de le réaliser au nom de l’amour.  Car, vouloir dans l’amour, c’est pouvoir.  Mais une manifestation n’est vraiment réussie que lorsqu’il en résulte un changement de conscience.  Voilà pourquoi il convient de se centrer davantage sur l’essence de ses demandes que sur leur nature concrète.  L’unique satisfaction matérielle ne présente aucun intérêt pour l’évolution spirituelle d’un individu.  La manifestation résulte d’un transfert d’énergie d’un état à un autre, ce qui permet d’extérioriser un potentiel.  Ainsi, la manifestation désigne la véritable créativité, la faculté de créer en utilisant les principes de la Loi divine afin d’incarner le Divin.  Alors, un être ne cherche plus à exprimer ses besoins, mais à réaliser son être intérieur afin de devenir un canal clair pour la Lumière spirituelle.

En fait, on appelle diversement la Manifestation: «Création», «Émanation», «Expir divin» ou «Expiration divine», «Matérialisation», «Formation», «Involution», «Chute», «Descente», «Cristallisation» «Projection de la Conscience de Dieu», etc.  Mais ces termes entraînent parfois des ambiguïtés qu’il faut éviter.  C’est l’Esprit de Dieu, le Noŭs mystérieux et bipolaire, qui, par ses vibrations, donne naissance au Cosmos et à la Matière.  En s’émanant, Dieu s’est projeté dans tous les espaces et tous les temps.  Au fur et à mesure que les vibrations s’éloignaient de lui, elles devenaient plus faibles et plus lentes, se densifiant de plus en plus, pour créer tous les plans, jusqu’au plan matériel.  Ainsi, tous les plans sont de même essence, également dignes, bien qu’on en appelle certains grossiers (qu’on devrait dire denses ou cristallisés).  Ainsi, tous les plans viennent de l’Esprit, mais les plans plus rapprochés de la Source divine sont forcément plus subtils, plus vibrants, plus lumineux.

La Manifestation résulte du jeu du courant polarisé de l’Esprit (du Noùs): un courant positif (mâle, solaire, électrique) et un courant négatif (féminin, lunaire, magnétique).  Le Père et la Mère engendrent le Fils qui s’établit ou pose les pieds sur la Fille.  Autrement dit, l’Essence spirituelle féconde la Substance subtile qui donne naissance à l’Âme cosmique et à la Nature universelle (la Substance dense).  Pour qu’une manifestation se produise, deux qualités doivent s’unir.  Mais la manifestation ne résulte pas de leur union, mais de l’apparition d’une troisième force qu’ils engendrent.  Le courant électrique rapproché du courant magnétique produit une étincelle: la conscience ou la vie.  Ensuite, la conscience s’incarne dans la forme.       L’électricité qui agit sur le magnétisme donne la vie; le magnétisme qui réagit à l’électricité donne la forme.  Tout ce qui est apparaît unique dans son essence, binaire dans sa nature, triple dans son alliance et quadruple dans sa manifestation.  Toute manifestation repose sur un Principe binaire, l’Esprit divin ou le Nous mystérieux, l’Énergie unique qui imprègne tout.  Le Nous vibre sur l’Éther, le grand véhicule ou agent intermédiaire, la Substance cosmique, qui pénètre tout l’espace, même la conscience humaine.  Alors, la manifestation apparaît progressivement, se densifiant à travers les quatre élémentaux de l’Éther: l’air, le feu, l’eau et la terre.  La Matière (la Substance concrète) apparaît sous quatre formes principales, les élémentaux ou principes, mais les éléments qui les composent restent au nombre de trois: gaz, liquide et solide.  Toute matière particulière peut être réduite à ces trois états primaires et le processus par lequel ils s’unissent pour constituer les quatre élémentaux se manifeste par ces trois états et dans ces trois états.

Notons pour les spécialistes que le courant négatif et le courant positif qui agissent à travers l’Arc-en-ciel cosmique, la gamme des états, sont parfois d’une telle différence vibratoire, l’une extrêmement élevée et l’autre extrêmement basse, que, malgré la relation harmonique fondamentale qui existe entre elles, leur considérable différence de fréquence les place, pour ainsi dire, en désaccord ou en opposition, phénomène qui implique une telle résistance que la manifestation en est nécessairement affaiblie.  Il apparaît aussi une autre condition ou les deux qualités sont en étroite relation harmonique, mais avec une différence qui implique un mouvement continuel.  C’est de cette condition que relèvent les manifestations du monde objectif, que nous percevons si facilement par nos sens externes et vers lesquelles l’attention de chacun s’est constamment tournée depuis si longtemps.  Une troisième condition peut aussi se présenter dans laquelle les deux qualités opposées se mêlent à tel point qu’elles se neutralisent entièrement et ne produisent aucune manifestation apparente aux sens de l’homme (condition statique), qui mène à une sorte de paix, d’intense tranquillité, et, en même temps, révèle une force (énergie) infiniment Puissante qui déconcerte l’intelligence objective.  C’est l’extase.

La Création n’a pas été élaborée à partir du néant, mais du Chaos primordial qui désigne la Substance primordiale informelle.  Pour qu’il y ait création ou manifestation, il faut un Penseur intelligent qui émane simplement ce qui était en potentiel ou en virtualité en lui.  Rien ne peut venir de rien, même pour Dieu.  A l’inverse, rien ne se perd, rien ne se détruit, tout se transforme.  Mais Dieu transcende le Cosmos, tout en lui demeurant spirituellement immanent.  Dieu est la Cause sans cause et le Moteur immuable de tout ce qui est.  Le Principe premier et divin, fondement même de l’unicité et de l’unité de Dieu, ne peut être atteint par la spéculation rationnelle ni métaphysique.  L’homme ne peut rien connaître de l’Essence de Dieu ailleurs que dans sa manifestation, en fusionnant avec lui.  Dieu reste l’Infini inconnaissable, insondable, indicible et inexprimable.  Mais il s’exprime par des Rayons vibratoires qui fondent les différents modes de la manifestation (émanation) et de la révélation (conscience), donnant naissance à une pluralité de puissances surnaturelles: les sept Archanges, les vingt-quatre Vieillards de l’Apocalypse, les soixante-douze Génies des décans et les cent quarante-quatre énergies secondaires.

En effet, pour que la manifestation se produise, Dieu doit sortir de son indifférenciation, de son état de repos et de son isolement épanouissant progressivement ses potentiels (virtualités) inhérents à son Être.  Ce Principe de manifestation s’épanouit à son tour progressivement, par différents degrés de densité, jusqu’au monde de la manifestation physique, qui exprime la multiplicité des unités de conscience qui habite Dieu.  Autrement dit, Dieu a manifesté le Cosmos par nécessité.  Refermé sur lui-même, Dieu ne connaissait rien de son Corps cosmique et de la multiplicité des êtres qui l’habitaient.  Sachant qui il était «Celui qui est», il fallait qu’il connaisse ce qu’il pouvait être au sein de sa Vie divine par l’expérience.  Dieu savait que les atomes de ses pieds devaient gagner la même sagesse que les atomes de sa tâte: les formes matérielles doivent acquérir la même sagesse que l’Esprit-Un.  Pour éduquer les atomes de sa Nature inférieure, il manifesta les Mondes matériels.

Dieu a d’abord enfoui son Énergie latente dans les minéraux.  Il a ensuite enfoui son Énergie vitale ou génératrice dans les plantes (fleurs), mais aucun fruit n’est apparu avant l’apparition de l’homme, potentiel qui se serait exercé en vain.  Les animaux, qui ont acquis la liberté de déplacement, par la locomotion, furent d’abord des consommateurs de substance inanimée, de plantes ou d’autres animaux.  Ainsi, les produits du Ciel (la pluie) et ceux de la terre (graine) n’ont pas paru avant le moment privilégié de l’apparition de l’homme, qui venait mentaliser la Matière.  Mais, dès son arrivée, toutes les Forces vivantes, cachées au sein de la Nature, commencèrent, l’une après l’autre, à s’exprimer.  Seul l’homme pouvait faire retentir le Concert cosmique latent dans l’Univers inconscient.  Car l’homme constitue un résumé de la Manifestation tout entière (microcosme) et lui seul peut entonner l’Hymne ou le Cantique universel.  Autrement dit, seul l’homme, en tant que Pont cosmique et Résumé du Cosmos peut exprimer tous les potentiels de Dieu.

Au commencement, l’homme constituait un atome inconscient du Cosmos (le Corps universel ou Corps divin), parcourant les sombres étendues des mondes inférieurs, sans rien ni personne pour le guider.  Dieu créa pour lui un monde dont les vibrations étaient considérablement moindres que dans le Cœur (le Centre) de son Être et lui forma un corps individuel pour qu’il puisse accéder à la connaissance de son Omnipotence, de son Omniprésence, de son Omniscience, de son Omniagence, en somme de sa Perfection.  Libre et pleinement conscient, l’homme pourra un jour revenir aider Dieu dans son œuvre de manifestation en tant que co-créateur.  L’âme humaine doit rester dans les mondes inférieurs jusqu’à ce qu’elle gagne l’état de connaissance de soi et amorce le voyage de retour à la Source.  Le Cosmos est la manifestation de toute la Pensée de Dieu au moyen de la Substance-Forme contenue dans l’Absolu.

CRÉATION COSMIQUE

Dieu, l’Esprit ou l’Intelligence cosmique, ne pouvait se connaître qu’en autant qu’il sortait de lui-même et se donnait un Support concret pour se réfléchir et s’interpréter, à travers les multiples consciences (à travers tous ses reflets).  Le Cosmique devait se donner un Cosmos, un Corps divin.  Dans sa Pensée, Dieu avait conçu l’homme comme l’expression complète, mais individuelle, de sa Totalité.  Au cours de sa descente (projection), l’homme n’était pas conscient, donc pas libre.  Il était entièrement conditionné par l’Esprit de Dieu.  Ce n’est que le jour qu’il a posé, pour ainsi dire, les pieds sur Terre (la Matière) que l’homme a pu commencer à se percevoir comme un avec Dieu, mais distinct de lui, et découvrir son potentiel de liberté, par l’expérience continue.  L’homme forme désormais un Pont sur l’Abîme par son Atome divin, son âme médiatrice et son corps matériel.  Il doit maintenant retourner au Royaume du Père, sans quitter les mondes inférieurs.  Autrement dit, sa conscience doit évoluer jusqu’à la perfection dans l’Échelle de Jacob.  Descendu par l’Arbre de la Connaissance des opposés compatibles et complémentaires (l’Arbre de la connaissance du bien et du mal), il doit remonter par l’Arbre de Vie, figurés par sa colonne vertébrale.  L’homme vient de l’Alpha, passe par toutes les lettres de l’alphabet, pour aboutir à l’Oméga, la lettre ultime, la Réalisation totale.

On comprend alors comment évolue un système planétaire, un système galactique, un système omnivérien et le Système cosmique.  Tout est en haut comme en bas, mais de façon inversée.  Le petit évolue comme le Grand.  Lors de la cristallisation (densification ou matérialisation) d’un système solaire, l’Esprit pur non-manifesté, qui est synonyme de la Vie, vibre sur l’Éther en engendrant un tourbillon énergétique.  Cette Force de Vie, rencontrant des vibrations de plus en plus denses, est renvoyée par cette résistance.  Il en résulte un frottement générateur de chaleur qui provoque à son tour une cristallisation.  Celle-ci détermine une concentration de matière en fusion qui sert de fondement à la formation d’un système solaire.

Dans une masse fluide, la force centrifuge est proportionnelle au rayon.  Le mouvement à peu près circulaire au centre, se change en un tourbillon spiralé, ce qui accroît l’effet centrifuge avec l’éloignement du centre.  Les astres se placent donc en une progression géométrique de raison 2 (soit 2, 4, 8, 16, etc.) jusqu’à extinction du soleil particulier, chaque planète qui en émane en réduisant la masse.  De même, les planètes expulsent à leur tour des satellites et diminuent sans toutefois se désintégrer complètement.  Lorsqu’une planète a terminé son évolution, elle se désintègre (s’illumine) et son corps éthérique commence à refléter le soleil central, devenant à son tour un soleil.  En effet, en s’éloignant du soleil qui l’a engendré, une planète augmente sa vitesse et, atteignant la vitesse de la lumière, elle se transforme elle-même en lumière.  La force négative (le Yang) contient toujours la force positive (Yin) en germe.  Ainsi, elle attire le principe positif, d’où les planètes d’un système solaire, après une période de contraction, se dilatent et changent de sens giratoire pour retourner dans le monde non-manifesté.

Au départ, chaque planète n’est qu’une masse en fusion expulsée de son soleil nourricier.  Par refroidissement, elle devient toujours négative.  Lorsque ses forces négative et positive s’équilibrent, elle devient statique, sans mouvement de rotation.  La vie se développe alors sur la face éclairée par le soleil, réflecteur de l’Éther vital.  L’autre face refroidit et se couvre de glace, pouvant expulser, au besoin, un satellite.  Après séparation des eaux de la terre, l’eau s’étalant en un espace unique, le sec peut paraître.  Une masse de vapeur s’élève de la terre, chauffée par le soleil.  En se refroidissant, cette vapeur retombe sur la terre fumante.  A cette douche froide, la terre réagit en se contractant.  Alors, elle expulse une lune.  Du même coup, cette explosion dissipe les nuages de vapeur, d’où le soleil et les étoiles peuvent redevenir visibles.  En même temps, cette expulsion rompt l’équilibre de la planète qui recommence à tourner sur elle-même, toujours de plus en plus vite.  Le soleil qui réchauffe les glaces qui se sont formées sur la face cachée, provoqué un déluge, par les vapeurs qui se condensent.  La planète s’éloigne donc du tourbillon solaire, ralentissant sa rotation.

Ce processus se répétera à nouveau, dans l’ordre.  La planète retrouvera un nouvel état statique.  Pour avoir produit de l’énergie positive, elle commencera à produire de l’énergie négative, en commençant par tourner dans le sens opposé, entraînée par le contre-tourbillon.  Sous cette influence, elle se dilatera et se raréfiera pour devenir un corps de lumière.

Comme on le voit, la Manifestation suit un rythme d’expansion, de concentration et de condensation en forme, par abaissement des vibrations.  Puis elle opère une transmutation spirituelle, une illumination.  Tout cela se produit par les Rayons cosmiques issus du Grand Soleil Central du Cosmos qui transmute son environnement en permanence.  Ainsi, la manifestation est incessante, continue, sans fin.  Elle procède du son à la chaleur, de la chaleur à la lumière, de la lumière au gaz, du gaz au liquide et du liquide à la matière inorganique.  Par un autre aspect des Rayons cosmiques, elle donne la Vie aux êtres.  L’apparition de l’Univers multiforme résulte de la manifestation de l’Unité divine.  La multiplicité ne se perçoit que dans les mondes polarisés.  La conscience de la multiplicité découle d’une conception fragmentaire et inadéquate de la Vérité profonde.

Qu’est-ce que le processus de la manifestation peut apprendre à l’homme, co-créateur de Dieu? D’abord’ que créer (manifester), c’est penser dans la Lumière.  Les manifestations prennent une forme selon laquelle elles sont conçues en pensée, en paroles, en sentiments et en action, et se reproduisent conformément à la foi.  Pour réussir une bonne création, l’homme doit nommer les choses, non comme elles se présentent aux sens (réalités), mais comme elles existent en esprit (actualités,).  Tout ce que Dieu a manifesté par le Verbe originel (la Parole unique, l’AUM primordial), se manifestera jusqu’au plan visible, les vibrations se densifiant au fur et à mesure qu’elles s’éloignent de la Source, mais sans perdre leur potentiel (leur puissance innée).  Tout ce que l’homme profère, en tant que conscience divine individualisée, en tant que co-créateur, se manifeste aussi dans l’ordre.

Chez l’homme, la création devient possible lorsqu’il fait un choix, forme son objet dans une pensée claire, nette, précise, vivante, immédiate.  Ensuite, il doit inspirer profondément en imaginant qu’il aspire le plus de Lumière blanche de cristal qu’il peut, ressentant qu’il puise une énorme quantité d’Énergie divine, en ressentant toute la puissance qui est à sa disposition.  Détendu, mais concentré, il doit alors transmettre la Lumière et l’Énergie sur le point qu’il a choisi de manifester, en continuant d’y appliquer sa volonté d’action et de réalisation.  Il doit agir avec conviction, proférer la parole ferme et douce, le commandement de pouvoir créateur.  Il doit alors ouvrir ses centres d’énergie, dans sa colonne vertébrale, puiser à la fois dans ses sept réservoirs d’énergie, puis la diffuser à la fois dans les sept plans de conscience.

Celui qui veut créer doit d’abord déterminer dans quel plan il veut obtenir une manifestation.  Par exemple, s’il veut obtenir une manifestation matérielle, il ouvrira successivement ses centres rouge, jaune, azur et violet.  S’il souhaite une manifestation intellectuelle, il commencera par l’orangé.  S’il veut une révélation sensible ou intuitive, il commencera avec le centre jaune.  Quel que soit le plan où il veut obtenir sa manifestation, il devra ensuite plonger tout d’un coup à travers l’arc-en-ciel de couleurs, le Sentier de l’Alliance entre le Ciel et la Terre.  Ensuite, il dirige son attention sur la transmission de pensées de gratitude, de paix, d’amour et de lumière dans tous les plans et sur toutes les fréquences cosmiques.  Il peut alterner son rayonnement entre la Lumière blanche de cristal et toutes les couleurs de l’arc-en-ciel, ressentant qu’il devient cet arc-en-ciel.  Pour un moment, il doit bien transmettre toutes les couleurs à la fois pour sentir agir tout l’Univers, à son service, en lui.  Alors, il s’abandonne à sa demande, la laisse se dégager de lui, passer dans l’invisible, l’oubliant tout à fait jusqu’à sa complète manifestation.

Comme pour l’appareil photographique, l’impression de la forme-pensée, figurant le désir ou le besoin particuliers que le sujet exprime, doit être ressentie comme immédiate, complète, inéluctable.  Le développement de l’imagé se fera ensuite dans le temps et l’espace.  Le créateur individuel présente sa demande du bas en haut de l’arc-en-ciel.  L’Intelligence lui délivrera sa demande en la manifestant du haut au bas de l’arc-en-ciel: de la lumière blanche de cristal au plan où doit parvenir la demande présentée.  Créer, c’est penser dans la Lumière, a-t-on dit, soit affirmer ce qui est vrai et vouloir ce qui est juste.

La Matière a été faite pour l’Esprit, le corps pour l’intellect.  Essentiellement, Dieu a voulu la manifestation pour éveiller l’âme, la nourrir, l’amener à s’épanouir.  Le monde matériel est un laboratoire: c’est l’école du mental, la nourrice de la pensée, par l’imagination, le champ d’expression des pouvoirs actifs, une révélation du Créateur et un lien d’union collectif.  Chacun doit maîtriser la matière et en faire le ministre de ses plus hautes facultés.  L’homme doit y puiser tout ce qui comble ses besoins et ses désirs créatifs.  En soi, la Matière tend à pousser le Monde vers l’activité.  Les organes matériels des sens, l’œil surtout, éveillent dans le mental des pensées infinies.  Chacun doit unir son âme à la matière.  La matière constitue un moyen mis à la disposition de l’être humain pour libérer son âme et l’amener à s’épanouir complètement.  La connaissance a besoin d’un support expérientiel pour s’exprimer: ce support est la matière qui fournit un milieu ferme, solide et stable d’apprentissage.

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