LA COMPASSION N’EST RIEN D’AUTRE QUE L’EXPRESSION DE L’AMOUR BIEN COMPRIS… 

Selon les dictionnaires consultés, on définit la compassion comme «une forme de sympathie ou de pitié pour les malheurs d’autrui»;  comme «le sentiment qui porte à plaindre et à partager les maux d’autrui»;  par les mots «pitié» ou «commisération»; ou enfin comme «une forme de chagrin ou d’empathie suscitée par la détresse ou l’infortune des autres».  Mais, en spiritualité, la véritable définition de la compassion implique une conscience profonde de l’existence de la douleur et de la souffrance dans le monde, qui prend autant en considération les compassion-1siennes que celles de tous les autres êtres vivants, mais qu’il faut accueillir dans leur juste perspective et dans leur véritable valeur, soit en reconnaissant leur véritable rôle initiatique, ce qui incline vers la compréhension, le détachement, l’innocuité, le non jugement, la non intervention, soit au refus de tenter de les supprimer tant qu’elles jouent un rôle évolutif.  En effet, dans son sens le plus profond, la compassion doit amener à s’accepter intégralement comme on est et à embrasser le point de vue d’un au sans chercher à le changer à son insu ou contre son gré.  Mais la compassion ne doit en aucun cas dépasser les limites de la rigueur et de la miséricorde qu’exerce la Providence divine, ce qui deviendrait une entrave au déploiement du Plan divin.

 En d’autres termes, la compassion joue dans les registres de l’innocuité et de la non-intervention.  Elle amène à se centrer et à rester bien centré sur la Réalité divine de manière à rester hors des drames humains, ce qui permet d’intervenir de façon plus efficace.  Elle appelle à observer une situation, à ressentir la peur, la douleur, la souffrance, la colère ou toute négativité qu’elle peut contenir, mais en restant détaché, en refusant de répondre dans le même registre vibratoire, de manière à ne pas la nourrir d’énergie dans sa pensée et ses sentiments, de sorte qu’elle puisse s’épuiser et disparaître d’elle-même.

Quand on s’est fait dire depuis des millénaires, à partir d’une compréhension erronée de l’exemple de la passion de Jésus, qu’«il n’existe pas de plus grande forme d’amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime», on ne doit pas s’étonner de retrouver dans les dictionnaires usuels des définitions moralisantes, biaisées, absurdes de la compassion, cette sublime vertu.  Quand on ne sait pas s’élever au plan de l’esprit d’un message spirituel, on ne peut l’interpréter qu’au pied de la lettre, ce qui amène des aberrations d’autant plus grandes qu’on est endoctriné par un «prêt-à-croire» qui rend crédule, dogmatique et fanatique.  S’il fallait s’imposer le devoir de «donner sa vie à ceux qu’on aime», au sens littéral de mourir pour eux, afin de les sauver, comment pourrait-on concilier ce choix avec les principes du respect de la vie et de l’amour de soi?  Si Dieu est l’Amour, comment pourrait-il suggérer le droit  ou imposer le devoir de mourir pour les autres?  Le droit de vivre de l’un est-il moins sacré que celui d’un autre?  Le devoir de veiller au maintient de sa vie peut-il être aboli dans certaines circonstances?

Heureusement, celui qui comprend les lois naturelles et les principes cosmiques ne se retrouvera jamais dans ce dilemme existentiel angoissant, car il sait fort bien que l’expression «donner sa vie pour les autres» signifie qu’il partager avec autrui ses meilleures énergies de vie, quand il le peut, non qu’il doive mourir à leur place, par commisération.  Et il n’agira ainsi que s’il peut se le permettre du fait qu’il vibre d’un taux énergétique élevé, qu’il sait pouvoir intervenir avec compétence, qu’il  perçoit pouvoir agir au meilleur de sa compréhension et de ses moyens, qu’il comprend avoir la permission cosmique et le consentement de la personne impliquée pour le faire, qu’il réalise qu’il est licite et légitime de le faire, qu’il ressent qu’il a le goût ou le désir de le faire, modalités qu’on expliquera plus loin, quand on traitera des conditions impérieuses de l’aide au prochain.  En vérité, dans les circonstances normales, le choix de mourir à la place d’un autre, en plus de nier le droit le plus fondamental qu’un être incarné détient, soit celui de poursuivre son évolution tant qu’il en a besoin au plan de l’existence concrète où il s’est placé, constituerait un geste d’incompréhension spirituelle ou un acte de débilité mentale.

Au sens spirituel, la compassion réfère purement et simplement à la faculté de tout ressentir par le cœur, au niveau de l’âme, à se lier à l’autre par le lien de l’Amour, qui implique la compréhension du destin des autres créatures vivantes, de leurs difficultés évolutives, ce qui incline vers, la miséricorde et le pardon, car elle permet de s’unir à elles comme à autant d’autres parties de soi-même pour leur offrir en partage le fruit de ses découvertes, si elles peuvent leur être utiles et si elles le requièrent ou y consentent.  Autrement dit, la compassion désigne l’expression de l’Amour cosmique sous cette forme qui permet de s’éveiller à la démarche évolutive de ses semblables, de la planète et de l’univers, dans le respect du libre arbitre de tous les êtres vivants.  La liberté implique qu’on s’investisse d’une part dans l’indépendance et l’autonomie, en tant qu’être individuel, et, d’autre part, dans la fraternité et la fraternité, en tant que membre d’un Tout indivisible.  Pour mener à terme son expérience évolutive, un être doit à la fois maintenir son individualité, fondement de son unicité, mais il doit en même temps tout situer dans la perspective de l’Unité, à savoir qu’il fait partie, de façon indissoluble, de l’Être-Un et du Corps mystique (aussi appelé la Communion des Saint, la Sainte Assemblée, la Hiérarchie cosmique, l’Âme universelle ou la Famille spirituelle).  Chacun des êtres évoluants doit participer à l’expansion de la Réalité cosmique dans le respect de la loi de l’Échange et du Partage dans l’Amour pur.  Or, la forme la plus élevée de l’Amour divin s’exprime par le don de soi, dans le service de dévotion, dans un esprit de compassion ou de commisération.

Par le néologisme «empathie», même les psychologues et les psychiatres reconnaissent aujourd’hui que, lorsqu’un sujet veut intervenir efficacement auprès d’un autre, il doit le faire dans une forme de compréhension par laquelle il reste détaché du vécu de l’autre, intervenir comme un observateur neutre, ce qui lui permet de rester serein et objectif.  La sympathie devient nuisible parce qu’elle implique qu’on prenne un part active dans l’expérience de l’autre, au point d’épouser plus ou moins complètement son point de vue, ce qui expose à se perdre avec lui dans son vécu ou à commettre de l’ingérence.  Nul ne peut aider un autre s’il le prend complètement à sa charge, s’il agit à sa place ou s’il met un terme à son drame d’une façon prématurée, car il ne l’aide pas alors à s’armer de sagesse, de discernement et de prudence et à devenir plus lucide, plus fort, plus cohérent,  plus conséquent, plus conscient.

Le premier sens de la Compassion

La notion confuse qui ressort du mot «compassion» ne découle pas uniquement de l’incurie ou de l’ignorance des éducateurs et des instructeurs à bien le définir.  Elle surgit aussi  du fait qu’elle recouvre trois plans d’interprétation qui ne sont pas toujours faciles à comprendre par le commun des mortels.  La première conception désigne la faculté spirituelle rattachée au centre christique (ou au Lotus aux mille pétales) qui permet de s’unir à l’âme d’un autre, pour la sonder et la connaître dans tous ses aspects.  Ici, le mot «connaître» devient «co-naître», soit la faculté de «naître» ou de «fusionner avec elle dans toutes ses dimensions».  Elle permet de prendre sur soi une part du destin évolutif d’un autre être, en période de crise existentielle ou de désarroi spirituel, pour agir temporairement à sa place, tant qu’il n’aura retrouve un degré suffisant d’équilibre et d’harmonie.  Car, en principe, conformément aux lois de l’Attraction et de la Causalité éthique, tout effet doit être épuisé par celui qui en a été la cause sur le plan d’existence où il l’a causé.  Cette intervention par substitution de personne ou d’entité reste permise lorsqu’un sujet, qui s’est démontré digne de cette intervention par sa détermination évolutive, traverse momentanément une phase négative ou ténébreuse pendant laquelle il n’est plus capable de s’aider lui-même et dans laquelle il s’expose à se perdre pour longtemps ou à tout jamais dans le Labyrinthe de la Création.  On comprendra que cette faculté n’est l’apanage que d’un Maître réalisé, qu’elle n’est nullement à la portée de l’homme ordinaire.

Cette forme de compassion ne peut plus avoir cours, par Décret cosmique.  La Hiérarchie cosmique a établi que l’Humanité a acquis un degré suffisant d’expansion dans la Lumière qui permet à tous ses membres de se prendre personnellement en main et de terminer seul le petit bout du Sentier évolutif qu’il lui reste à parcourir.  Aussi a-t-elle rétabli pour l’Humanité le principe de la Liberté idéale qui confère à chacun de ses membres sa complète responsabilité, sa pleine autonomie et sa parfaite indépendance de choix.  Toutefois, jusqu’en 1984, la Source accordait une telle permission temporaire, une telle intervention ponctuelle, une telle dispensation cosmique, justifiée par la notion de l’égalité fondamentale de toutes les âmes dans la pensée du Créateur ou dans l’Unité cosmique, qui impose, en principe,  le respect de tous les choix évolutifs et le maintien de toutes les formes de vie.  Elle se situait dans cette perspective que nul être d’une espèce ne peut parvenir seul à l’état de l’Illumination suprême tant que toute son espèce n’est pas parvenue à un degré relatif de Lumière, déterminé par un quotient vibratoire collectif.  En outre, un être ne peut parvenir à l’Illumination ultime que dans la mesure où il a collaboré à maintes reprises à l’expansion cosmique de ses semblables et de tous les êtres vivants, ce qui est également déterminé par un quotient vibratoire cosmique.  Ainsi, dans son ascension spirituelle, dès qu’un être incarné a accédé à un degré spécifique de Lumière, il doit revenir en arrière, sur l’Échelle évolutive, pour aider un certain nombre d’êtres évoluants, reliés à son Réseau spirituel, à l’intérieur de la Pyramide cosmique.  L’humanité se tient comme les fibres d’une couverture, ce qui est également le cas du Tout pour l’humanité, parce que celui-ci est Un.

Pour bien comprendre ce premier sens de la compassion, il faut rappeler que tout être humain représente une parcelle de la Conscience cosmique dont il est une Étincelle divine, un Atome permanent ou une Monade spirituelle.  Malgré son individualisation apparente, tout être humain reste une partie inséparable et indissociable du Grand Tcompassion-2out ou de Tout-Ce-Qui-Est.  Les religions occidentales le confirment par l’admission que tout être humain fait partie de la Communion des Saints;  les religions occidentales abondent dans le même sens en l’identifiant comme un membre de la Sainte Assemblée ou de l’Âme universelle;  les Écoles initiatiques l’associent à la Pyramide cosmique, à la Hiérarchie cosmique, à la
Grande Fraternité blanche universelle ou à la Fédération galactique et intergalactique.  Ainsi, toutes les Voies spirituelles se corroborent.

Chaque être incarné détient un Destin déterminé ou un Plan de Vie, à l’intérieur de la Volonté du Créateur, par lequel il est appelé à révéler un aspect particulier de la Divinité ou du Père-Mère.  Conjointement, chaque être incarné participe au destin collectif ou commun de sa planète d’adoption, de son Univers et du Cosmos.  Tout évolue dans la cohésion et la synchronicité.  Une âme s’incarne toujours pour démontrer concrètement un aspect total de la Réalité divine.  Elle vient confirmer dans les faits de l’expérience tangible, à l’intérieur du continuum de l’espace-temps ou de la troisième dimension, les modalités globales d’une Idée de Dieu.  Voilà pourquoi il est dit que tout être incarné est investi d’une mission cosmique et d’un service humanitaire.  Sa mission cosmique consiste à obnubiler sa conscience pour vérifier, dans le monde de la dualité et de la densité, qui elle est en activant progressivement toutes ses potentialités latentes.  On comprend ainsi ce que signifie s’incarner pour «se connaître soi-même, à l’intérieur de soi-même, afin de découvrir les Dieux et de se découvrir à  l’égal des Dieux» ou «de se découvrir créé à l’Image et à la ressemblance de Dieu».  Ainsi, la mission de l’être humain consiste à exprimer sa Maîtrise totale pour se libérer ultimement du monde contingent et pour réintégrer le Royaume du Père-Mère.  Quant à son service humanitaire, il consiste à partager avec ses semblables la Lumière qu’il acquiert, à partager avec eux le résultat des ses expériences personnelles, ce qui est appelé «le Fruit de l’Arbre de la Connaissance des Opposés compatibles et complémentaires» ou «de l’Arbre de l’Ombre et de la Lumière», ce qui est souvent faussement traduit par «l’Arbre du Bien et du Mal».

Quand une âme entre dans son véhicule physique, elle voit ses possibilités largement réduites : sa conscience s’obscurcit largement jusqu’à oublier les souvenirs de sa puissance et de ses origines.  Elle est ainsi lancée dans la Roue des réincarnations ou des renaissances dans laquelle, par un lent processus évolutif de recouvrement de sa conscience, elle opère son Ascension dans la Lumière de Vie.  Malgré son bon vouloir, une fois lancée dans ce Labyrinthe cosmique sinueux et compliqué, elle peut se perdre, surtout si elle choisit de louvoyer, de faire des détours, en s’écartant de la Voie royale sur laquelle elle a été placée, mais qu’elle ne perçoit plus que très vaguement.  Cependant, jusqu’à récemment, dans la mesure où elle avait démontré un degré suffisant d’Amour, donc de volonté évolutive dans l’esprit de service, dans la sincérité et la pureté d’intention, elle était jugée digne de recevoir de l’aide pour retrouver la Voie droite et directe.  Dès lors, un Maître réalisé, un membre aîné de sa Famille cosmique, pouvait, à son su ou à son insu, la prendre temporairement à sa charge et lui prodiguer ses conseils et sa guidance, lui fournir sa direction spirituelle.  Un Maître réalisé ou ascensionné, c’est un être incarné qui a complété avec succès son pèlerinage terrestre, qui a accompli son Ascension et qui poursuit son évolution dans les plans subtils.  De ce fait, il connaît et comprend les difficultés d’un être incarné évolutif, pour s’être déjà incarné lui-même à nombre de reprises.  Pleinement expérimenté, connaissant les dédales de la Voie spirituelle, il peut parfaitement répondre aux questions existentielles que se pose un être en incarnation et lui fournir des solutions à ses problèmes évolutifs.   Il peut lui dispenser un enseignement spirituel pertinent, adéquat et efficace, lui porter une assistance ou secours lumineux, mais il s’occupe rarement de régler ses contingences matérielles, ce qui relève, pour lui, de la responsabilité individuelle et de l’ordre de l’illusoire.

Nous aimerions préciser que les Recteurs de la Hiérarchie cosmique, dont font partie les Maîtres réalisés, se sont unis au cours des dernières années (dans les années 1970 de notre Ère terrestre), lors d’un Conclave universel, et qu’ils ont été mandatés, par Décret divin, d’éliminer tous les karmas de la planète Terre et de ses habitants, de purifier complètement les champs magnétiques individuels et planétaire et de restaurer les réseaux réticulaires individuels et planétaire pour les fusionner avec l’Énergie christique.  Après une mesure probatoire du taux amoureux de la planète et de ses habitants, ce qu’on a appelé la Convergence harmonique, les Recteurs universels ont constaté que ce dernier dépassait le quotient prescrit qui permettait d’échapper à la destruction totale ou à l’Apocalypse, ce qui leur a mérité ces présents divins découlant des Énergies de la Libération spirituelle ou christique.   Ainsi, depuis 1984, les Recteurs de la Hiérarchie cosmique ont accompli une Œuvre de Libération si considérable et impressionnante que, pour la majorité des êtres encore incarnés sur la planète Terre, le processus évolutif ne présente plus de réelle difficulté.  Il ne leur reste qu’à oublier les séquelles et les souvenirs de leurs expériences antérieures douloureuses et souffrantes et à écarter les limites de leur mental.  L’Amour pur qui engendre la sérénité et la paix reste la Clef suprême pour achever la transfiguration planétaire.  En conséquence, chaque être humain est convié à poursuivre seul, par lui-même, le petit bout de la Voie évolutive qui lui reste à parcourir pour accéder au Paradis terrestre qui lui a été redonné, ce qu’il doit découvrir déjà établi pour lui, au-delà des apparences.  Cela n’empêche pas les Maîtres réalisés et les Anges, accourus depuis en Légions, de continuer à dispenser leur direction spirituelle.  Mais ils ne prennent plus personne à leur charge.

Le deuxième sens de la Compassion

Dans un deuxième sens, la compassion désigne l’amour qu’un être doit s’accorder de tout son être, jusqu’au plus profond de lui-même, dans l’estime de lui-même,  le respect de lui-même, l’acceptation inconditionnelle de lui-même, le sentiment de dignité et de fierté, l’affirmation de son unicité et dans l’attention constante à ses désirs humains et à ses besoins évolutifs.  Tout être doit s’accueillir tel qu’il est, avec ses grandeurs et ses faiblesses, ses forces et sa vulnérabilité, à travers les hauts et les bas de la vie, il doit exercer son libre arbitre et embrasser, dans son amour, tout ce qu’il représente, ses aspects positifs comme ses aspects négatifs, sans rien nier ni rejeter de lui-même.  Rien n’est indigne d’amour, tout existe pour une raison supérieure, tout sert le But évolutif du Créateur.  Chacun doit cesser de prendre parti pour le bien ou contre le mal, car il se maintient ainsi dans la dualité et fait perdurer son drame.  Le négatif et le positif ne s’opposent pas, ils se complètent et ils sont appelés à se donner l’un à l’autre.  Tant et aussi longtemps qu’on cherche à remplacer le négatif par le positif, on se maintient dans un schème d’effort, de lutte et de tension.  L’ombre n’existe que pour faire ressortir la Lumière.  L’équilibre, fondement de l’ordre et de l’harmonie, résulte de la fusion, dans le juste milieu, de deux extrêmes!

Quand on s’aime au point de s’accepter comme on est, il devient facile d’accepter les autres comme ils sont.  On ne peut pas accorder aux autres la considération qu’on ne s’accorde pas.  Si on sait s’aimer, s’accepter et se comprendre, on saura mieux comprendre et accepter les difficultés évolutives des autres et on percevra, dans leurs maladresses et leurs brusqueries, une quête de recevoir plus d’amour, d’où on ne secompassion-3ra plus porté à les juger et à leur retourner de l’hostilité.  Il faut savoir se pardonner jusqu’à l’oubli sa vulnérabilité, ses faiblesses, ses fautes, ses erreurs, ses échecs, ses louvoiements, ses tergiversations, ses hésitations, ses regrets, ses remords.  Il faut bannir tout sentiment de culpabilité, d’indignité, d’infériorité, car, tel qu’on est, on est merveilleux, fort précieux dans l’Œuvre cosmique.  Il faut s’éveiller à sa partie d’humanité qui peut faire comprendre, dans sa clémence et sa miséricorde, que, dans le passé, on a toujours agi au meilleur de sa conscience, qu’on a toujours agi au meilleur de ses connaissances et de ses moyens.  Si on avait pu faire autrement, on l’aurait fait spontanément.  Si on a agi comme on l’a fait, c’est qu’on pensait comme on pensait, qu’on agissait dans le cadre de ses croyances du moment, qu’on cherchait à prendre une leçon d’expérience pour faire grandir sa vérité et faire avancer le Plan général de l’Évolution.  Au-delà du mental, les faits peuvent toujours être situés dans une perspective grandiose et glorieuse.  Mais, pour y parvenir, il faut refuser de juger et de prendre parti, de se juger et de prendre parti contre soi.  En Dieu, toute expérience est accueillie dans l’Amour et l’Impassibilité.

Quand on expérimente dans la densité de la matière, on agit dans un plan de densité et de dualité, pour expérimenter le meilleur et le pire, afin de trouver le juste milieu.  Il n’y a rien de mal en cela.  Le mal, ce serait de ne pas agir parce qu’on craint de se tromper, car, alors, on n’apprendrait pas, on stagnerait et on commencerait à régresser.  Ce qui fait mal n’est pas mal en soi, c’est simplement un code qui indique ce qu’il ne faut pas répéter et annuler, ce qui n’est pas vrai pour soi, mais peut-être uniquement pour soi.  Quant à ce qui fait du bien, ce n’est pas bien non plus, c’est simplement un code qui indique ce qu’il faut répéter et amplifier, ce qui est vrai pour soi, mais peut-être uniquement pour soi.  Chacun porte ses vérités qui mènent à la Vérité ultime.  Et, en cela, la vérité d’hier peut devenir demi-vérité d’aujourd’hui et hérésie de demain.  Tout peut changer sur l’Échelle de l’Évolution qui entraîne dans une autre vision ou une autre perspective, qui élève toujours plus haut sur les plans de la Conscience cosmique.

On est porté à dire qu’on connaît quelqu’un comme si on l’avait tricoté.  Comment cela peut-il être vrai quand on se connaît si mal soi-même?  On dit aimer les autres, mais on ne sait pas s’aimer, comment cela peut-il être vrai?  Et comment peut-on penser s’aimer si on ne se connaît pas, si on ne sait pas qui on est, quel est son but, quel est le sens de sa vie?   Comment peut-on dire s’aimer si on ne sait pas se pardonner jusqu’à l’oubli.  Quand on se connaîtra vraiment, on comprendra qu’on est toujours, pour soi, le seul ami ou le seul ennemi, que les autres ne font que retourner vers soi, comme des miroirs, ce que l’on porte en soi.  Alors, on comprendra qu’en toute circonstance, c’est toujours soi-même qui a besoin d’être aimé, guéri, ré-harmonisé.

La compassion qu’on s’accorde ne vise pas encourager la complaisance, comme le maintien des comportements dangereux et des attitudes destructrices.  Elle doit plutôt faire incliner vers la bienveillance et la clémence envers soi pour réduire l’énergie négative et pour désamorcer son aversion envers soi-même.  Elle doit amener à s’accueillir dans la compréhension plutôt que dans l’hostilité.  Elle doit favoriser une attitude de douceur et de patience qui aide à mieux accepter ses lenteurs évolutives.    Elle doit favoriser le regard de l’observateur impassible, plutôt que du juge sévère, quand on se prend en flagrant délit d’émotion.  Quand on sait se dégager de ses émotions, on y  gagne en clarté et en lucidité, ce qui les amène à passer plus vite.  On n’a pas à redouter que la compassion rende insensible à ses difficultés et à ses problèmes ou qu’elle dresse un blindage entre soi et les autres.  Elle mènera plutôt à se reconnaître le droit de s’occuper de ses propres affaires en priorité, de se faire passer avant les autres, dans sa propre vie.  Elle aidera également à récupérer son indépendance et son autonomie et à prendre ses propres décisions en restant insensible à ce que les autres en pensent.  Le détachement, que favorise le détachement, ne s’appelle pas de l’indifférence, mais de la sérénité.   On gagne alors en objectivité autant par rapport à soi que par rapport aux autres.

La compassion, quand elle est l’accueil de soi dans l’amour, permet d’élever son énergie personnelle au niveau du cœur.  Quand on accepte de tout percevoir à ce niveau, on se maintient dans le calme au-dessus de la tempête.  Comme on le sait, le centre-racine gère les pulsions égocentriques de l’affirmation de soi et de l’insertion dans la matière.  Ainsi, il rend égoïste et matérialiste, puisqu’il stimule l’esprit de possession ou l’acquisivité.   Le centre sacré gère les échanges primaires fondés sur le donnant-donnant, les relations sexuelles fondées sur le plaisir et les sentiments gluants, la reproduction établie sur les sentiments captatifs et l’élimination, rendant souvent dur à la détente.  Le plexus solaire, centre de la force, gère l’esprit de domination, généralement exprimé dans la concurrence, la rivalité, le désir d’asservissement des autres.  Il donne la perception des ambiances agréables ou hostiles, stimulant à répondre par la même énergie.  Il amène à percevoir toute énergie hostile comme une agression personnelle.

Le centre cardiaque ouvre à l’abnégation, au don de soi, à l’accueil inconditionnel des autres, à la croissance et à l’expansion dans l’autonomie, à l’intuition qui inspire.  De ce fait, il amène à considérer tout de façon détachée, ce qui permet de tout capter dans sa juste perspective.  Par exemple, on saura faire la différence, chez les autres, entre une réaction hostile qui surgit d’une agressivité innée, d’une opposition à soi ou d’une antipathie naturelle et une réaction hostile qui se justifie par un sentiment d’impatience passager, par la fatigue accumulée, par une maladresse malencontreuse, d’un dépit momentané.  À ce niveau, on ne prend plus les faiblesses des autres comme des atteintes personnelles, mais comme des mouvements qui s’expliquent par un manque d’amour de soi ou des autres, par de l’ignorance ou de l’inconscience.  On comprendra faire face à un être malheureux qui a besoin, en retour, d’un courant d’amour, d’où on ne sera pas porté à lui répondre sur la même fréquence qu’on a été abordé.

La compassion que l’on s’accorde, qui amène à accueillir les autres dans le même état d’esprit, n’impose pas d’aimer le mal ni d’aimer un être sans prendre en considération ses actes, mais il ramène à sonder son niveau d’évolution.  Comme Jésus le disait, ce n’est pas le fauteur qu’il faut haïr, mais la faute.  Bien qu’il n’ait probablement pas exprimé sa pensée exactement de cette manière, puisque rien ne mérite de mépris, même pas le négatif, qui joue son rôle fonctionnel dans l’Évolution cosmique.  La compassion aide justement à éliminer ces fausses notions de mal, d’échec, d’erreur, de faute, de péché, qui renforcent les sentiments d’impuissance, d’indignité et de culpabilité.  Tout est tout simplement.  Tout est une expérience qui propulse vers l’avant.  Et on apprend souvent davantage de ce qui est désagréable que de ce qui est agréable.  Aussi, peut-on dire qu’une chose est agréable ou désagréable, mais on ne peut jamais dire qu’elle est bien ou mal, ce qui relève d’un jugement de valeur, forcément erroné.  Elle aide surtout à comprendre que, même devant un pécheur présumé, on se retrouve devant un autre soi-même, devant une créature divine, devant un digne représentant de Dieu, devant un Fils de Dieu.  Dans tout être qu’on rencontre, c’est Dieu lui-même qu’on rencontre.  Mais, cela, on le ressentira que si on se reconnaît dans une égale grandeur, une égale grandeur, une égale gloire!

Mal comprise, la compassion envers soi-même peut rendre très égoïste.  D’une part, il n’est pas facile de s’occuper de soi en priorité quand on reçoit un appel à l’aide pressant de la part d’un autre, surtout s’il s’agit d’un être cher.  D’autre part, un certain degré d’indifférence peut amener à choisir la solution facile et reposante de l’abstention et à se laver les mains de toute responsabilité quand quelqu’un d’autre, qui sollicite son aide, se retrouve dans le pétrin.  Le principe qu’il faut  respecter stipule qu’au nom de l’estime de soi, on peut écarter ce qui dérange ses plans, ce qui amènerait à reporter une affaire pressante, ce dont on n’a ni le goût ni le désir, ce qui constitue un vain accaparement, ce qui se révèle une tentative d’être pris en charge, ce qui constitue du chantage émotif, ce qui cache une volonté de domination et ce qui fait dévier de sa Voie spirituelle. On présente alors clairement une fin de non recevoir!  Si on accorde toujours son assistance aux gens qui sont en état de crise, on démontre tacitement qu’elles peuvent se servir de soi comme un pantin et qu’elles peuvent à tout moment requérir le meilleur de soi.  Il y a là du parasitage et de l’asservissement.  Toujours aider une personne en difficulté ne l’aide pas à développer ses propres forces.  Celui qui ne s’aide pas et se retrouve toujours dans les mêmes problèmes ne mérite rien d’autre qu’on le laisse crouler dans sa misère, ce dont il sera l’unique responsable.  On pourra se contenter de lui envoyer de la Lumière.

En matière d’aide à autrui comme dans toutes les autres matières, la Balance, qui marque le Milieu du Ciel, donne la réponse sur la manière de procéder.  Il faut trouver un juste équilibre entre les extrêmes de l’égoïsme et de  l’altruisme.  Et cela, c’est un dilemme qu’il faut régler par soi-même.  Tout est question d’apprendre à être sage comme le serpent (discernement) et prudent comme la colombe (circonspection).

Le troisième sens de la Compassion

La troisième notion de la compassion réfère à la nécessité, pour celui qui sait, qui peut ou qui possède, d’assumer sa part du destin collectif afin de contribuer à illuminer l’Humanité et la planète. Chacun doit se charger d’une part des obstacles évolutifs et des poids d’ombre des autres êtres vivants.  Dans ce sens, la compassion devient synonyme de charité.  Cela peut consister dans le fait d’aider, par le bénévolat ou le volontariat, les êtres faibles, fragiles, démunis, vulnérables, ignorants, affligés de handicaps, d’impotence ou de débilité, toute cette catégorie de gens qui ne peuvent pas s’aider eux-mêmes et lancent un appel tacite d’assistance..  Cela peut encore consister dans le fait d’appuyer un Guide spirituel avéré dans sa lourde tâche, autant par ses services, par son support financier que par son rayonnement amoureux.  Et, en cela, le rayonnement amoureux ne remplace en rien l’obligation de supporter concrètement et tangiblement les Œuvres de Lumière.  Il serait trop facile que la majorité se contente d’émettre vers les Guides spirituels des rayons d’amour, laissant la plus lourde tâche à une poigné d’auxiliaires dévoués.  Bien que le Destin cosmique interpelle tous les habitants de la Terre, par manque de compréhension spirituelle, peu de gens acceptent leur devoir de charité.  Même des gens qui s’affublent du titre glorieux de Travailleurs de la Lumière ou de Guerriers spirituels se contentent de verser, sporadiquement et parcimonieusement, une aumône, une dîme ou un prélèvement d’Amra.  Pour le profane, l’Amra désigne la loi de la Dîme ou l’Offrande charitable en sanskrit.  Sémantiquement, par l’inversion du mot «Rāma», le Dieu «Charmant» des Hindous, probablement à l’origine de la fable du «Prince Charmant» des légendes romanesques, il exprime un juste «retour vers la Source (divine)», dispensatrice de tous les biens.

Comme il a été évoqué plus avant, l’être humain découvrira que certains niveaux de conscience lui restent inaccessible, ce qui l’amènera à tourner en rond autour de sa vanité, parce qu’il néglige un aspect important de la loi de l’Échange et du Partage dans l’Amour, qui impose le retour de l’ascenseur à celui qui lui a rendu un service dans la Lumière ou le juste retour d’un service humanitaire auprès d’une autre personne ou d’un autre groupe qui a pris du retard sur la Voie évolutive.  Il est impérieux de partager le degré de Lumière qu’on a acquise avec un être moins évolué, si on ne veut pas s’exposer à la perdre, et pour longtemps.  Et on ne parle pas ici de se lancer dans le zèle missionnaire ni dans le prosélytisme.  Dès qu’on en capte l’appel à l’intérieur de soi ou qu’on est interpellé par un Guide avéré, il faut savoir revenir sur ses pas pour aider l’Humanité souffrante et la planète au saccage de laquelle on a tous participé, consciemment ou inconsciemment, à divers degrés.  Le temps qu’on croira y perdre sera regagné par dix, comme par magie ou par enchantement.  Et cela, qu’on se le dise, constitue moins un devoir qu’une nécessité évolutive.  Nul n’est une île coupée du Grand Continent cosmique!  Cette expérience de collaboration aide justement à mieux comprendre comment l’union fait la force et comment tout se tient dans une Unité indissoluble.

Dans la Chaîne de la Vie, chaque être constitue un maillon indispensable et précieux qui sert à maintenir l’Unité du Tout.  Peu importe la force ou la faiblesse apparence d’un être individuel, l’importance de son rôle, la valeur de sa position dans l’Échelle évolutive, chacun reflète un point de vue particulier par lequel la Conscience cosmique, dans son interprétation de la Réalité, choisit de centrer et de concentrer son attention.  En cela, inutile de comparer, d’émuler, de concurrencer ou d’imiter.  Chacun tient sa juste place dans l’Économie cosmique.  Chacun apporte une contribution originale et inaliénable de la Vision de Dieu, qui contemple sa Réalité cosmique, qui s’observe pour mieux se connaître et à se comprendre.  Cela peut paraître curieux, mais, en même temps qu’un être cherche à se connaître et à se comprendre, c’est Dieu lui-même qui, à travers lui, s’explore et s’expérimente.  Dieu est à la fois parfait et perfectible.  Dieu se fait à travers ses créatures.  Autrement dit, il dévoile progressivement l’un de ses aspects à travers chaque être évoluant.  Voilà pourquoi il n’y a ni damnés ni d’élus, dans le Système cosmique, il n’y a que créatures de Dieu qui cherchent leur Divinité.  Ainsi se dégage l’assurance que tous seront sauvés, un jour, au terme de l’expérience de l’Évolution.

C’est précisément de cette dynamique mystérieuse que procède le troisième sens de la compassion.  Elle invite alors à partager le regard de l’autre pour ressentir, à travers lui, comment Dieu se ressent et s’expérimente, de le sentir en soi comme sa propre expérience ou comme un autre soi-même ou de le sentir comme un prolongement ou un complément de sa propre expérience.  On comprendra alors que personne n’a rien à justifier de ce qu’il est, dit, pense, fait ou ressent.  On comprendra que chacun trouve sa valeur dans le seul fait d’être et de mener, à sa manière, sa propre expérience, sans aucune référence aux notions de bien et de mal, de beau et de laid, de bon ou de mauvais, de grand ou de petit, de vrai ou de faux, de juste ou d’injuste.  Car un être habité par la compassion sait voir au-delà des apparences le Jeu amoureux qui s’y déroule et il peut y percevoir que tout être atteindra, au moment opportun, sa Finalité, dans la Plénitude, la Félicité, la Béatitude, la Perfection.  Dans cette perspective, chacun s’élit par lui-même par la qualité de sa mission et de son service.

Comprise dans ce sens, la compassion prépare peu à peu un candidat à un service universel et cosmique de haut niveau. Tout commence par cet éveil à cette réalité que les autres sont les frères et les sœurs d’une même Famille spirituelle et que tous méritent un même degré d’amour.  Cette ouverture de la conscience contribue à extraire de son petit monde égoïste dans lequel, trop souvent, on se contemple le nombril ou s’apitoie sur son sort, pour lancer dans la compréhension de la Solidarité cosmique.  Les Anciens Mystiques, qui ont perçu cette réalité sublime, ont inventé la maxime : «Un pour Tous et Tous pour Un».   On se croit trop souvent, à tort, exceptionnel.  Il faut éviter de confondre : tous sont uniques, mais nul n’est exceptionnel.  Chacun fait partie, dans l’égalité, de la Conscience cosmique.

Dans un sens supérieur de la notion, la compassion se confond avec l’Amour pur ou spirituel, avec cette Énergie de cohésion cosmique qui établit les fondements et la structure de la Pyramide cosmique.  Elle devient l’Énergie suprême qui instille la compréhension parfaite de la Réalité divine.  Elle éclot chez un être qui a choisi de se vouer au Service d’Amour et de Dévotion.  Mais il doit commencer par vaincre sa personnalité, par se donner ce dont il a besoin pour évoluer, établir sa Maîtrise totale sur son être et son univers.   Il doit toujours œuvrer pour son bien et pour celui de tous les êtres vivants.  Il doit contribuer à son propre bonheur et au bonheur de tous.  À ce niveau, son Amour embrasse tous les minéraux, tous les végétaux, tous les animaux, tous les êtres humains, sa planète, tous les Devas, toute la Hiérarchie cosmique, tout l’Univers et tout le Cosmos.  C’est l’«agapè» dont parlaient les premiers Chrétiens ou la «daya» des Hindous.  Il s’agit de cet élan qui porte à aider, par commisération, ceux qui sont incapables de s’aider ou ceux qui aident ceux qui sont incapables de s’aider, quand on en a l’énergie, la compétence et les moyens.  Et il arrive qu’on ait déjà tout cela sans s’en rendre compte quand on révise ses priorités et qu’on réaligne ses choix.

Ce degré de compassion exige un degré de conscience élevé et, par conséquent, un degré de maîtrise supérieure, pour éviter de se perdre dans la sympathie gluante ou dans l’accaparement subtil.  Dans cette forme de compassion, il faut veiller à ce que le fort n’opprime plus le faible, à ce que le pauvre obtienne sa juste part des biens du monde, à ce que chacun trouve un auxiliaire pour l’assister dans ses besoins.  Dans cette forme de compassion, le cœur, qui ne se trompe pas, cherche spontanément à s’exprimer partout où il est sollicité, se sent autorité et se sent compétent.  Quand le cœur, siège de l’âme, parle, il est infaillible.  Mais, il faut éviter de confondre, nous ne parlons pas ici de l’affectivité, qui relève du centre sacré, mais de la commisération, qui émane du centre du cœur subtil.  Nous parlons de l’élan de l’âme qui ne cherche jamais ses propres intérêts et qui ne se pose pas mille questions avant de lancer libéralement un projet efficace d’amélioration du sort d’un autre ou d’un groupe, d’encourager la sincérité sous toutes ses formes, de récompenser le mérite obscur, de partager ses surplus.  Cette forme de l’amour permet de pénétrer dans l’âme des autres, pour mieux les comprendre, sans jugement, pour les draper délicatement dans sa tendresse, sans agir à leur place, s’ils peuvent encore s’y prendre d’eux-mêmes, sans déterminer pour eux ce qui est le meilleur, sans choisir pour eux, sans intervenir dans ce qu’ils choisissent de vivre.  Cette forme de compassion ne s’exprime souvent que sous la forme d’un accompagnement amoureux qui renforcit, réconforte, sécurise.

Car la compassion, à son niveau le plus élevé, évite les débordements sentimentaux de l’affectivité.  Elle s’exerce toujours de manière à aider un autre à mieux comprendre ce qu’il est en train d’apprendre, ce qui n’amène jamais à se substituer à lui.  Elle vise plutôt à entretenir l’ardeur et la motivation à évoluer ou à montrer la lumière qui réside dans chaque expérience.   Elle se fait une force de soutien quand il doit faire une halte.  Souvent, elle se contente de regarder l’autre agir, tout en lui laissant prendre sa leçon à sa manière, même s’il doit en souffrir, puis qu’elle sait qu’il en sortira plus fort et plus aguerri.  L’être de compassion sait que tout arrive à son heure et à sa place et contient un sens profond qu’il faut découvrir pour réussir à parvenir au bout de son périple évolutif.  Mais il ne ferme jamais les yeux ni le cœur sur les misères de l’autre, sans s’en affliger personnellement.  Il peut même lui retirer son aide s’il ressent que c’est le meilleur choix à faire.

Comme Confucius l’a enseigné, l’être de compassion montre à l’autre à pêcher au lieu de pêcher à sa place, car il sait que, s’il pêche à sa place, il pourra le nourrir pour un repas, mais que si l’autre apprend à pêcher, il pourra pourvoir à tous ses autres repas.  Nul ne témoignerait de compassion véritable s’il devait se désoler de ce que vit l’autre, prendre tous ses maux, poser des gestes inappropriés ou inopportuns.  Et, bien qu’il comprenne mieux la situation de l’autre que lui-même, par la lecture qu’il a fait de son âme, il ne se présente jamais comme un sauveur ou comme un supérieur.  Il agit comme un humain auprès d’un humain, comme un frère ou comme une sœur auprès d’un frère ou d’une sœur, toujours impersonnel et inconditionnel, dans une grande discrétion.  Il se sait être tout simplement au service de la Vérité de la Vie qui s’exprime dans l’Unité!  Le fait de savoir que toute chose entre en interaction avec le Tout l’amène à toujours poser l’action la plus adéquate et la plus efficace, à agir au meilleur moment.  Il tient à bien servir la Vie dans son ensemble, non à faire plaisir ou à gonfler son ego.

La compassion de l’ordre supérieur pousse à chercher à comprendre la souffrance que l’autre peut ressentir au plus profond de son être, mais que, pour une raison ou pour une autre, il peut refuser de reconnaître ou de ressentir, ce qui engendre en lui un blocage émotionnel.  Mais elle s’investit dans le détachement, parfois dans le renoncement, sans jamais chercher à tirer profit de son rôle ou de son intervention.  Elle mène à comprendre que, même si on perce la réalité de l’autre, on ne peut jamais agir à sa place.  On ne peut jamais que partager le degré de sagesse qu’on a acquis.  L’imposer, ce serait dépersonnaliser l’autre et l’écarter de son propre sentier.  Alors, il faut se contenter d’aider l’autre à comprendre ce qu’il vit et à transformer courageusement son expérience en apprentissage salutaire.  Cette intervention doit se dérouler dans la pureté d’intention dénuée de toute pitié.  Pour que l’aide soit juste, efficace, bénéfique, équilibrante, elle doit provenir d’un désir sincère d’aider et partir d’un élan du cœur.

Comme il a été dit, l’aide offerte dans la compassion ne doit jamais viser à mettre un terme, encore moins un terme prématuré, à la douleur ou à la souffrance de l’autre, si elles lui sont encore utiles.  En fait, la compassion permet simplement d’exprimer l’amour de soi par personne interposée, ce qui aide à déterminer comment on aimerait être traité en pareil cas.  Elle permet ainsi de sonder cet étrange mystère que l’autre reste, éternellement, un reflet de la Réalité unique et à ressentir comment toute énergie fusionne dans le Tout divin.  Par la compassion, on cherche simplement à partager les ressources d’amour qu’on porte à l’intérieur de soi.  En cela, on réalise qu’on est, à un certain niveau, le Gardien de son frère et de sa sœur, membres de la Grande Famille spirituelle.  Ce qui compte, c’est d’intervenir comme un collaborateur qui permet de rendre disponible à toute l’Humanité de nouveaux niveaux de conscience pour tous ceux qui veulent les atteindre, ce qui revient, forcément, à travailler pour soi.

L’un des plus grands fléaux des derniers siècles consistait dans cette incapacité à ressentir la douleur et la souffrance des autres, ce qui a amené à banaliser les pires catastrophes humaines et à s’en laver les mains.  Voilà comment on peut cultiver la séparativité, induite par l’indifférence ou par un faux sentiment de supériorité.  Celui qui n’œuvre pas dans la perspective de l’Unité de la Vie participe, consciemment ou inconsciemment, à la division, à la discorde, à la disharmonie, au déséquilibre de l’ensemble.  La séparativitle-bon-Samaritainé, cet état de conscience primitif, explique tous les maux de la planète.  Elle amène celui qui possède à se croire le propriétaire de ce qu’il détient, au lieu de s’en reconnaître l’intendant au nom de Dieu, à se valoriser par ses possessions, à désirer sans cesse obtenir davantage pour toujours mieux se démarquer des autres, ne pensant qu’à accumuler les biens, oublieux de la misère qui a cours autour de lui, quitte à les étiqueter à partir des maux dont ils sont affligés.  Ce n’est pas à lui qu’il faut dire que le monde ne connaîtra la paix que si chacun accepte de se reconnaître responsable du Destin collectif, en tant que membre d’une même communauté universelle.

Nous voulons vous prévenir que chacun aura besoin de beaucoup de compassion dans les années qui viennent.  Une certaine catégorie d’êtres, bien qu’elle ressentira le rehaussement du taux vibratoire de la planète et notera les transformations physiques qui en résulteront, résistera à ces changements.  Il faudra laisser ces gens perdre leur temps à des futilités au lieu de s’occuper de leur destin évolutif, même si cela devait les conduire à leur perte ou à leur déchéance, si cela est leur choix.  On ne devra pas se surprendre et s’apeurer s’ils en viennent à accuser les Travailleurs de la Lumière de s’adonner à la sorcellerie, de collaborer avec le Diable ou de travailler contre eux.  Car ils pourront même tenter de contrer les efforts de ces Guerriers spirituels en les accusant de façon fausse et perverse.  Il faudra accepter qu’ils ne comprennent pas ce qui se passe, qu’ils refusent de s’ajuster dans leur conscience, qu’ils éprouvent une peur atroce à cause des nouvelles manifestations de l’énergie.  Certains parmi eux pourront capter des phénomènes des autres dimensions de la réalité, croiront perdre la tête, vivront dans la hantise que leurs êtres chers découvrent leur présumé déséquilibre mental et pourront, pris de frénésie ou d’hystérie, décider de mettre un terme à leur existence.  Il faudra accepter tout cela dans l’amour, le détachement, la sérénité, la compréhension et l’innocuité.

Note : L’Absolu a demandé à tout être incarné de rayonner tout l’Amour qu’il est dans le silence et le secret, d’exprimer son empathie pour le destin d’autrui, mais en évitant désormais de tenter de le conseiller sur la route qu’il doit suivre et de lui supprimer la moindre part de son fardeau, à moins d’être expressément appelé à le faire et d’avoir la compétence et de détenir la sagesse pour intervenir.  En fait, puisque tous les karmas ont été abolis, pour chaque être vivant présentement sur Terre, ce qui n’annule pas la Causalité pour autant, dans la troisième dimension, il reste bien peu de travail à accomplir et bien peu de prises de conscience à prendre.  Ainsi, chacun détient désormais les épaules pour porter sa propre croix.  Surtout, cela évite de faire ombrage à son Centre divin qui n’attend qu’à se révéler à lui dans sa Puissance.  De ce fait, toute forme de compassion est strictement interdite par décret divin, ce qui n’inclut évidemment pas la nécessité d’appliquer la loi de l’Échange et du Partage égalitaire.

LA COMPASSION DANS LA NOUVELLE ÈRE

Trop de textes supposément inspirés parlent de la nécessité d’exprimer de la compassion envers les autres créatures, voire envers toutes les créatures.  Pourtant, le temps de la compassion est révolu, il a fait place à l’Âge de l’Amour et de l’Éveil, autant au plan individuel qu’au plan collectif.  En elle-même, dans la nouvelle compréhension, la compassion exprime la vertu ou la faculté de l’être amoureux qui souhaite le meilleur pour tous les êtres sans exception et qui se détermine à toujours faire aux autres ce qui sert leur ouverture de conscience ou leur compréhension de l’Amour,compassionate-envers-tous-êtres du moins à les traiter avec respect, comme il aimerait lui-même qu’on lui fasse.  Maintenant que des avatars et des âmes généreuses, les Phares de Lumière ou les Relais incarnés de la Lumière ont défriché et déblayé le terrain, chacun doit exercer sa propre maîtrise, sans aide, au risque d’y crever, s’il ne se démontre pas suffisamment responsable.

Peut-être devrait-on plutôt dire que la compassion exprime l’exercice désintéressé de la charité auprès de tous les êtres, à commencer par les plus faibles et les plus démunis.  Il ne s’agit pas de l’empathie à l’endroit des autres, ni de l’apitoiement sur leur sort, ni de la prise en charge, pour la transmuter, d’une part de leur poids karmique.  Elle représente plutôt le  détachement qui permet d’appliquer la Loi unique, qui implique notamment l’innocuité et la non-intervention, dans la compréhension que tout ce qui arrive à un être, c’est lui qui l’attire, par ce qu’il vibres, dans l’addition de ce qu’il pense, ressent, dit et fait, consciemment ou inconsciemment, et qu’il lui appartient la responsabilité de régir son univers conformément aux lois naturelles et aux principes cosmiques, une compréhension qui, précisément, justifie son incarnation.  Ainsi, la compassion représente d’abord une confiance dans le Plan divin et dans la Lumière toute-puissante et omniprésente : elle est lien authentique à la Source des Sources en soi-même.  La compassion invite à se relier à l’Un pour être avec tous et se donner entièrement au service de l’accomplissement de la Volonté de l’Absolu.

En fait, la véritable compassion fournit l’occasion de voir et d’aimer les autres créatures comme l’Absolu et l’Univers voient et aiment chacun, sans condition, sans concession, sans favoritisme, sans attente, sans jugement.  Elle amène à s’aimer et à aimer les autres à partir de la connaissance intérieure qui provient de l’Espace sacré du cœur, qui révèle que chaque être est divin, spirituel, universel, total et complet, de sorte qu’il n’a jamais été blessé, lésé ou abandonné d’aucune façon, à part que par lui-même.  De ce fait, il lui revient la responsabilité entière de se retrouver et de se reconnaître dans sa fonction cosmique.  Un être n’abandonne jamais personne et il ne tourne le dos à personne en choisissant de se relier à sa propre Lumière intérieure plutôt que de s’occuper des problèmes d’autrui.  Au contraire, en choisissant de se donner à sa propre Lumière, pour qu’elle réalise son œuvre propre, il évite de se laisser entraîner sur une voie où il ne serait pas juste d’aller et où il risque de s’égarer, une voie d’illusion : illusion d’aider, de sauver, d’exercer une mission, d’être utile, de faire quelque chose, de remédier à une situation, même d’aider l’Absolu dans son entreprise de rédemption du monde.

En passant, l’aide d’autrui, telle qu’elle s’exerce par les œuvres caritatives, sociales et humanitaires, ne sert à rien si elle ne s’accompagne pas de moyens pour ouvrir la conscience des gens, pour les éveiller à la Réalité de l’expérience humaine qu’ils mènent dans la densité et la dualité.  Peut-être est-il licite de donner du pain à celui qui a faim, puisque ventre affamé n’a pas d’oreilles, mais il vaut mieux apprendre à un être à pêcher qu’à pêcher pour lui, ce qui ajoute à son fardeau dans ses activités quotidiennes sans faire progresser l’autre dans la compréhension de ses responsabilités fondamentales.

Déjà, la compréhension de l’Amour invite à garder ainsi le cœur ouvert, car, par une connaissance intime du prochain, chacun peut l’aider de façon efficace et désintéressée, surtout par l’exemple silencieux et secret, dans la mesure de ses compétences, de ses connaissances, de ses moyens, de son degré d’amour.  Cependant, le cœur ne peut rester pleinement ouvert que s’il échappe à la confusion qui pousse à sacrifier sa Lumière pour aller porter de l’aide à une situation particulière qui, certes, peut en avoir besoin, mais où ce n’est pas à soi de choisir ce qu’il faut faire.  Dans l’ancien cycle, la compassion consistait à prendre une partie de l’obscurité d’autrui, s’il s’en démontrait digne, afin d’accélérer l’illumination de la planète et de l’Humanité.  Mais cette prise en charge d’une part de l’obscurité de l’autre ne peut  s’effectuer que par le rayonnement silencieux de sa Lumière interne, qui est un baume et un facteur de transmutation en elle-même.

En vérité, la planète Terre appartient à tous, mais peu s’élisent à la tâche de la guérir et de la faire évoluer.  Or, certains niveaux de conscience seront interdits tant que le plus retardataire n’aura pas franchi les Portails de l’Illumination.  Chacun garde donc un intérêt, à un certain stade de son évolution, au moment permis par les Maîtres, mais pas avant, à revenir en arrière pour aider les plus obscurcis qui cheminent sur le même Sentier évolutif que lui.  Dans le contexte de l’Unité de l’espèce humaine et de la Conscience christique, il ne peut dépasser certains plans d’élévation sans amener les autres avec lui.   En cela, la compassion se distingue de la pitié en ce sens qu’elle ne s’apitoie en rien sur le sort des autres et n’en juge pas et de la commisération en ce qu’elle n’amène pas à prendre à sa charge le destin des autres ou à souffrir, avec eux, de ce qu’il leur arrive.

Dès lors, s’il faut en quelque domaine exercer de la compassion, celle-ci doit découler de la compréhension profonde du sens de la souffrance qui permet de percevoir les difficultés des autres dans leur véritable valeur, soit dans leur fonction exemplaire, voire initiatique.  Ainsi, comme il a été dit, elle confine au non jugement, à l’innocuité et à la non-intervention, soit au refus de les supprimer tant qu’elles jouent un rôle évolutif dans la vie d’un sujet, ce qui constituerait un geste tout aussi arbitraire qu’un préjugé subjectif.  De ce fait, la compassion n’invite pas à verser des larmes sur l’état du monde ou des autres, même s’ils sont en pleine détresse morale ou spirituelle, hurlent à l’injustice, mais à leur donner les moyens et la force de changer dans un sens évolutif.  On y parvient en se centrant et en se maintenant hors du drame qui est vécu, pour mieux observer la situation et ressentir la peur, la douleur, le désarroi ou la colère qu’elle contient, mais sans leur répondre dans la même gamme vibratoire.  Ainsi, on évite de la nourrir et de lui accorder de l’énergie, par sa pensée ou son ressenti, de sorte qu’elle puisse d’épuiser et disparaître à tout jamais.  Car il importe que celui qui est affligé puisse comprendre, dans sa situation problématique, qu’il fait preuve de manque de mémoire par rapport à l’origine de ses difficultés.

La Bhagavad-Gitâ, un livre sacré de la Tradition hindoue, proclame que le premier exercice de charité consiste à appuyer les Guides spirituels incarnés dans leurs projets visant à faire rayonner la Lumière divine, un appui qui doit prendre la forme d’une offrande proportionnée à ses moyens.  Elle ajoute que la charité peut parfois s’adresser aux pauvres, si on sait le faire avec discernement et détachement, sans jugement et sans désir de valorisation.  Mais si ces pauvres ne savent pas se prendre en main ou ne veulent pas le faire, témoignant en cela de leur indignité à recevoir, quelqu’un ne recevrait aucun bienfait spirituel à les aider.  En outre, tout geste charitable rien qu’en apparence, parce qu’il est posé avec effort ou par obligation y est dit relever de la passion, plus précisément de la possessivité.  Enfin, elle précise que toute charité qui encourage la sensualité relève de l’ignorance, presque de la perversion.  Quoiqu’il en soit, l’être compatissant ne juge personne, concevant toute expérience humaine digne d’être vécue, si différente qu’elle paraisse de la sienne et si marginale que prenne sa forme d’expression.

Bien comprise, la compassion implique un élan d’amour irrésistible qui demande à servir l’Unité de la Grande Cause.  Autrement dit, elle se fonde sur un amour infini né de la conscience de l’unité de tout ce qui vit qui amène à se sentir un avec tout et avec le Tout.  Voilà pourquoi elle comporte toujours une prise de conscience de tous les éléments qui sont en jeu dans une situation donnée et la possibilité que ses perceptions s’élargissent de manière à embrasser la totalité du tableau par rapport à ce qui se passe vraiment.  Invitant à dépasser les apparences et les illusions, elle invite à contempler la perfection du jeu de la Lumière et de l’Obscurité.  Elle permet de comprendre l’Énergie cosmique dans son mouvement créatif telle qu’elle s’exprime dans la Réalité, soit au-delà de ce qui est perçu par les sensations et les sentiments.

C’est bien cela, l’Amour, mieux que la compassion, permet de percevoir le Plan cosmique et de transcender les méandres de la pensée et des sentiments limités afin de parvenir à s’élever dans une harmonie supérieure, au niveau du ressenti et de la respiration, afin de capter le rythme universel.  La meilleure façon qu’un être peut aider un autre, c’est de l’entourer d’Amour et de s’harmoniser lui-même, ce qui oblige l’autre à s’harmoniser lui-même, sinon, il doit s’écarter, ce qui invite alors à purement et simplement l’abandonner à son sort, qui ne peut être malheureux, puisqu’il est, en cela, comme tous les humains, guidé par son propre Centre divin.

© 1984-2016 (première partie de l’article) et 2013-16 (pour sa dernière partie), Bertrand Duhaime (Dourganandâ).  Tous droits réservés. Toute reproduction strictement interdite pour tous les pays du monde.  Publié sur : www.larchedegloire.com.  Merci de nous visiter sur : https://www.facebook.com/bertrand.duhaimeOriginellement publié sur l’ancien site, disparu, de laVoie-Voixdessages,com.

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3 Responses

  1. Toinette

    Merci beaucoup pour les nuances apportées ici, effectivement très nécessaires.
    Comme je lisais très souvent ce mot “compassion” dans de nombreux textes, canalisations ou autres, ces derniers jours, j’avais l’envie de replacer moi-même cette notion, de lui donner un sens autre que le sens qui lui est communément accordé, car je ne comprenais pas pourquoi on nous invitait à “souffrir avec”, car je pense sincèrement que “souffrir avec” n’est pas une bonne réponse à la vie et aux autres. Avoir de l’empathie, reconnaître la souffrance d’autrui, oui, je pense que c’est un mouvement très positif pour tous, de même qu’aider à supporter en accueillant, observant, acceptant. Tout cela est en effet bien différent de souffrir avec, qui ne fait qu’alimenter des sentiments qui alourdissent, voire pire. Quelques définitions et repères étymologiques et historiques ci-dessous parleront d’eux-mêmes.
    Com (latin) = avec.
    Passio, patir (latin) = souffrance, souffrir, subir.
    Passion, définitions selon différents champs lexicaux : “action de souffrir” (sens commun), “supplice subi par un martyr” (historique, religieux), “état ou mouvement irraisonné qui domine quelqu’un” (littéraire), “état affectif durable, intense et concentré sur un seul objet, qui s’accompagne d’une réduction de la critique et du contrôle de soi” (psychologie), “ce qui est subi par quelqu’un, ce à qui il est lié ou par quoi il est asservi, et par opposition à l’action”.
    Avoir ce type de “passions” “avec”, ne serait pas en accord avec une démarche d’évolution spirituelle pour soi-même, ni pour un soutien à l’évolution spirituelle des autres et du monde.
    Effectivement, avant de colporter, relayer, des messages spirituels d’invitation à la compassion, il serait bon, pour le bien de tous, de cerner une “définition” spirituelle de la compassion (soit un nouveau champ pour cette notion), merci donc encore une fois pour ce texte ici.
    Il est également question de “compassion” dans une des lames du tarot d’Osho, mais il faut toujours avoir en tête des questions de traduction, et encore au delà, des questions de sens donné dans le cadre d’habitudes et d’héritages culturels (Orient, Occident, par exemple).
    Cela dit, la spiritualité passe par l’expérimentation, ainsi, on peut tous ressentir ou expérimenter que compatir, au sens commun, ne mène pas au bien de tous. Et la spiritualité, c’est peut-être aussi mettre du sens sur les mots et les idées, voire même, donner un nouveau sens, de manière bienveillante et responsable.

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    • Toinette

      (PS la dernière définition citée ci-dessus du mot passion – “e qui est subi par quelqu’un, ce à quoi il est lié…”) est la définition philosophique)

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  2. Lise patenaude

    Bonjour et merci bien évidemment je vais relire le document,mais j’ai absorbé une bonne partie merci encore et Soyez BENI .

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