La bonté évoque diversement une manifestation de bienveillance, la vertu ou la qualité spirituelle qui porte à faire le bien, à être généreux, à se réjouir du bonheur des autres, à collaborer dans la mesure de ses moyens, à se montrer compréhensif pour les autres, à compatir à leurs misères, à s’investir avec respect, à favoriser l’évolution, mais sans jamais se lancer dans des interventions indues.  En fait, dans les religions, il s’agit de ce qui répond aux exigences de la loi morale, mais, en spiritualité, de ce qui correspond à la voie de la conscience individuelle.

Henri Lacordaire a dit : «La bonté est un amour gratuit.»  Nous acquiesçons à cette formule pour autant elle favorise l’évolution de tous.  Pour tout dire, la bonté exprime la noblesse du cœur et l’élévation spirituelle qui dispose à échanger, à partager, à donner, à aider et à protéger au meilleur de sa compréhension et de ses moyens.  Elle résume les vertus bien comprises de pardon, de partage, de don de soi et de sacrifice.  Exercée dans la douceur et le silence, désarmant et désarmés, elle amène les obstacles à s’écarter sur son passage permettant de pénétrer là où personne n’ose entrer.  Elle se signale par un regard tendre qui cherche constamment des mains pour incarner l’Amour qui circule à travers soi.

Au sens contingent, on peut dire qu’est bon celui qui cherche à devenir meilleur et à rendre les autres meilleurs.  C’est la qualité rare de celui qui demeure perpétuellement en état de don sans restriction, sans condition, sans jamais porter de jugement et sans jamais nourrir le moindre ressentiment.  Un tel regard s’infiltre partout où une porte s’ouvre.  On dit qu’il est l’apanage des vieilles âmes qui sont parvenues à comprendre le sens profond de la vie et qui consiste à laisser éternellement la première place à l’acte d’aimer, quoi qu’il advienne.

Lacordaire a dit : «Par dessus toutes choses, soyez bons: la bonté est ce qui ressemble le plus à Dieu et ce qui désarme le plus les hommes.»  En fait, il vaudrait peut-être mieux d’inviter à être amoureux puisque la bonté atteste du potentiel personnel d’amour vrai.

On ne peut en douter, l’être humain est naturellement bon du seul fait qu’il est issu de Dieu ou de l’Absolu.  C’est ce que semble confirmer Marcel Jouhandeau quand il a écrit : «Ce n’est ni l’amitié ni la bonté qui nous manquent, mais nous qui manquons à l’amitié et à la bonté.»   Il est vrai que certains se mettent simplement moins à l’écoute de leur intuition parce que leur conscience, plus encombrée ou plus endormie, est distraite.  En écoutant la voie de sa conscience, tout être sait toujours spontanément ce qui est bon.  Du reste, même ce qui semble un mal contient en soi le germe du bon et du bien.

En somme, tout est bon et toute bonté vient de Dieu.  Le bien et le mal ne résident jamais dans l’objet ou l’expérience, mais dans la pureté d’intention et dans l’usage conforme au juste milieu.  Mais, pour saisir cette vérité, il faut entrer dans la Conscience de Dieu.  Pour la comprendre, il faut observer consciemment ce qui paraît mal avec le désir d’y contempler le bon.   En pareil cas, plus de mal ne peut subsister, même en apparence.

À la vérité, tout concourt au bien, dans l’Ordre de la Sagesse divine et de l’Intelligence cosmique.  On le découvre dès qu’on sait établir la paix en soi-même.  On découvre que le bon est inné dans le cœur de l’être humain, de tout être humain.  Des expériences ont démontré qu’un enfant d’un an, qui vient d’apprendre à marcher, se porte spontanément vers un autre être en difficulté.  Il semblerait même que le cerveau sécrète des hormones différentes de satisfaction et de déplaisir selon qu’un être se montre bon ou mauvais.

En vérité, tout désordre révèle un appel à se fier à ce sens inné du bon qui émane de l’Amour pur ou divin.  En travaillant à découvrir le bon à travers chacune de ses expériences, l’être humain se place instantanément dans l’état de bonté.  Ce qui apparaît mal aux autres devient sa source de bonté.

Mais la bonté mal appliqué peut devenir une faiblesse, celle du bonasse qui se laisse exploiter ou manger la laine sur le dos, ce qui représente un manque d’affirmation et de respect de soi. La bonté mal appliquée peut conduire à la ruine.

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Dans la «Cabale, c’est au Recteur de la planète Jupiter que l’on confère le titre éminent de «la Bonté».  Cela n’étonne pas puisque, après le Soleil, on la considère comme la planète la plus bénéfique, la qualifiant d’être «au grand cœur», en raison de son altruisme, de sa sympathie, de sa bienveillance, de son indulgence, de sa clémence, de sa miséricorde, de sa compassion, de sa pureté et de son idéalisme.  On l’appelle diversement le Principe hiérarchie –un Principe de Multiplication à l’infini qui incline vers l’opulence–, le Consolateur bénévole, le Grand Préservateur cosmique harmonieux ou le Maître des éléments occultes renfermant tout ce qui pourra prendre forme par la suite.

On désigne cette planète comme la source de la bonté parce qu’elle représente le principe de cohésion et d’unification, fondant dans l’Unité globale d’une large synthèse terrestre et céleste, l’humain et le Divin, la matière et l’Esprit, l’inconscient et le Supraconscient.  Elle conduit à toutes les réussites, dissolvant les obstacles, bien qu’elle ne tolère pas les affaires épineuses, déloyales, malhonnêtes, impies (notamment l’athéisme), ni les atteintes aux règles de la sociabilité.  Toutefois, elle reste toujours ouverte à offrir le pardon à l’être sincèrement repentant, quoi qu’il ait fait.  Dans ce contexte, elle réprime surtout l’anarchie sociale et l’hérésie spirituelle, tout ce qui s’oppose à l’évolution et à la progression de la Vérité divine, mais sans jamais recourir à la cruauté envers l’agresseur ou le fauteur.

Conscient de son savoir et de sa valeur, ce Régent planétaire illustre l’être toujours prêt à accourir au secours de celui qui a besoin de ses services.  Maître de l’Harmonie, défenseur de la Loi et de l’Ordre, il rayonne l’amour pour la société et pour chacune des créatures du monde.  De mœurs paisibles, égal d’humeur, d’un caractère plaisant et aimable, il désire la paix pour tous et il transpose cet état jusque dans les conflits.  Il instille le désir d’arranger les choses à l’avantage de tous les partis.  En fait, c’est lui qui exprime l’intervention de la Providence dans les moments difficiles, car il est le refuge de ceux qui souffrent ou qui sont opprimés.  Il est encore le secours de l’innocent qui restitue l’ordre chez le coupable et qui débrouille les pistes.  À ce titre, il peut fournir un secours de dernière extrémité.

Pout tout dire, ce Recteur planétaire régit l’action pondérée, mesurée, ordonnée et elle aide à être accueilli par tous tel que l’on est.  Il édicte des lois généreuses, libérales et permissives.  Capable de concilier les avantages difficiles à obtenir, il offre toutes les consolations dans l’adversité, aidant à découvrir ses alliés jusque dans le monde invisible.  Il aide à développer de hautes aspirations et il forme au sens humanitaire, renforçant l’ardeur et l’enthousiasme pour ce qui élève l’humanité.  Il développe l’aptitude à porter assistance à tous sans acception ni exception.  Il invite à vivre en bon viveur et à mener sans complexe une quête de bonheur.  Il aide à apprécier les bienfaits de la vie civilisée.  Il force la reconnaissance de l’égale dignité de tous les êtres humains et de toutes les créatures et il veille à harmoniser les éléments apparemment opposés.

En outre, ce Recteur défend les faibles, les opprimés, les marginaux, les rejetés et les laissés pour compte.  Il fait comprendre les avantages de la différence et du renoncement au moment opportun.  II développe le sens de la fraternité humaine et de la solidarité universelle, les appuyant sur une justice rigoureuse, véritablement à toute épreuve.  Il aide à se fixer un idéal élevé, il attire les bonnes occasions et il mène tout à une issue heureuse.   Il accorde une protection absolue, assurant la sécurité générale.  Elle inspire pour aider à développer une approche prudente de la vie et à mener une vie sociale profitable au cours d’une existence irréprochable.

Si chacun de nous agissait à sa manière, ne se croirait-il pas bon?  Et si chacun, autour de soi, agissait ainsi, ne le dirait-on pas l’incarnation de la bonté?  William Shakespeare a dit avec justesse : «La bonté fait du bien à celui qui donne et à celui qui reçoit.»

© 2012-15 Bertrand Duhaime (Douraganandâ)  Note : Autorisation de reproduire ce document uniquement dans son intégralité –donc sans aucune suppression, modification, transformation ou annotation, à part la correction justifiée d’éventuelles fautes d’accord ou d’orthographe et de coquilles– veillant à en donner l’auteur, Bertrand Duhaime (Douraganandâ), la source, www.facebook.com/bertrand.duhaime, ou le site www.larchedegloire.com, ou l’inverse, et d’y joindre la présente directive, en tête ou en pied de texte.

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