La première caractéristique du véritable amour du prochain, c’est la bienveillance.  Mais il faut la concevoir comme une attitude qui plonge ses racines jusqu’au fond du cœur, d’une bienveillance qui prend sa source dans une inclination intime de l’âme et qui porte à vouloir du bien.  Le bien-vouloir ou la bienveillance ne signifient pas autre chose et c’est la marque infaillible de la charité.

            La bienveillance doit d’abord se manifester dans les paroles.  Il faut un grand empire sur soi et une vigilance de tous les instants pour que toutes les paroles qu’on prononce restent empreintes de bienveillance, pour qu’il n’y ait rien dans les mots, rien dans le tour de phrase, rien dans le ton de voix qui vibre la malveillance.  La bienveillance dans les paroles, avec tous et en toutes circonstances, suppose une grande vertu car, dit-on, la bouche parle de l’abondance du cœur.

            Il existe un langage silencieux de tout l’être qui n’est pas moins expressif que la parole articulée : c’est celui des attitudes et des façons d’agir.  Une façon d’agir, une attitude, un geste, un silence mesuré sont parfois plus blessants et plus irritants que le mot le plus dur.  Nous devons donc nous appliquer à faire rayonner la bienveillance dans tout notre être.  Une vois douce, un sourire, un geste de sympathie, un regard engageant, gagnent le cœur, comme la froideur et la dureté les ferment.  Le bon accueil est un art, qui plus est, une vertu.

            Le secret pour atteindre une inaltérable bienveillance dans ses paroles et ses attitudes à l’égard du prochain réside dans la bienveillance des sentiments intimes.  Si nous éprouvons des sentiments de sincère bienveillance à l’endroit d’autrui, ils se traduiront infailliblement par des paroles douces et aimables.  Toute la personne dégagera la cordialité la plus engageante.  Pour y arriver, nous devons d’abord travailler sur le cœur.  Le reste viendra de soi.

            Celui qui aime les autres, tous les autres, du même amour sincère et profond dont il s’aime lui-même, irradie toujours une inaltérable bienveillance.  Ni les défauts des autres ni leur importunité ne lui font perdre sa bienveillance, pas plus qu’une mère ne cesse d’être bonne avec son enfant dérangeant.  La bienveillance, c’est une recette infaillible pour gagner les cœurs.  

 

Janaka-anandâ © 1980-2014 Yogi Inn, Vermont, USA.

 

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