La beauté et la laideur sont des critères de jugement relatifs à l’éducation et à la formation individuelles.  Dans le Cosmos, pour celui qui sait voir au-delà des apparences, il n’y a rien de beau ni de laid: tout est simplent comme cela est dans son ordre fonctionnel.

N’empêche que, pour la raison qui ne cesse de discriminer et de comparer, la beauté évoque le caractère de ce qui est conforme à un idéal esthétique, qui éveille un sentiment d’admiration, qui présente des traits réguliers et harmonieux;  elle réside dans le degré de conformité à l’Être.  Dans la réalité concrète ou contingente, la beauté ne peut se définir autrement que comme l’harmonie des formes, des couleurs, de l’éclat de la lumière.  Sur un autre plan, on peut parler d’harmonie du corps, du cœur (âme) et de l’Esprit.  

Dans la réalité contingbeaute-laideurente, pour chacun, les critères de beauté sont relatifs, d’où ils varient énormément.  Individuellement, la beauté résulte de la prise en main de sa propre destinée en exprimant son unicité dans l’’harmonie en puisant sa force dans sa Source intérieure.  Elle résulte du bien faire qui conjugue les efforts de l’âme et de l’Esprit.  Elle s’identifie par sa pureté, sa splendeur et sa rareté, ce qui la rend précieuse.  N’empêche que la beauté représente la manifestation de ce qui est authentique.  Plus un être est ouvert à la beauté, plus il prend conscience de l’énergie.  Chaque individu pet avoir une perception différente de ce qui est beau, au niveau des objets, mais les caractéristiques attribuées aux beaux objets sont les mêmes pour tous.  Le processus de la beauté répond à la démarche suivante : l’équilibre engendre l’harmonie quand l’harmonie engendre la beauté.  Tout ce qui est harmonieux est beau, nonobstant la réaction de l’observateur qui n’a peut-être pas le goût formé ou l’œil développé pour le comprendre.  Prendre conscience de la beauté met en harmonie avec n’importe quel aspect de l’Univers.

Pierre-Claude-Victor Boiste, un lexicographe et poète français, a écrit : «La beauté se passe d’ajustement». Ainsi, si le hasard n’existe pas, tout est beau, ce sont les degrés d’appréciation qui varient selon les expériences qui donnent la formation personnelle et une vision différente.  En effet, son secret réside dans les Cycles de la Création (construction-exécution-désintégration), dans leur juste fonctionnement.  Elle démontre l’harmonie des Lois invisibles.  La beauté résulte de l’ordre et de l’harmonie, mais elle prend sa source dans l’âme de celui qui regarde.  Car, en fait, tout est beau, à chaque instant, pour qui sait voir au-delà des apparences.  Une âme évoluée a besoin de s’entourer de beauté.  Or rien n’est plus beau que ce qui est sain et naturel.  La beauté suscite un plaisir admiratif, pour ainsi dire extatique, par sa forme ou sa conformation de noblesse esthétique ou éthique, de supériorité mentale, de parfaite adaptation ou de totale conformité à ce qui doit être.  Dans sa recherche, l’être pensant commence par désirer les éléments et les instruments utiles qui comblent ses besoins.  Il s’appuie alors sur la valeur pratique des choses.  Une fois bien nanti, physiquement et psychiquement, il pense à enjoliver les choses, à les orner, à les décorer, à les rendre plus conformes à sa sensibilité intérieure.  Ainsi, l’ordre pratique relève des besoins physiologiques et mentaux; l’ordre esthétique relève des besoins de l’âme.

Du point de vue cosmique, la beauté émane de l’ordre du Sagittaire, sur le rayon bleu ombré, pour engendrer l’énergie créatrice.  Ce rayon fait comprendre à l’homme qu’il a besoin de développer en lui tout ce qu’y a déposé le Créateur: aspirations matérielles, psychiques et spirituelles.  Il y parvient en cherchant à comprendre et à observer la Loi naturelle.  En vérité, toutes les formes de vie et de matière ne font qu’un et proviennent de la même Essence créatrice de Dieu.  Tout est Esprit, même la matière, en tant qu’Esprit cristallisé.  La conscience naît de la sensibilité et s’achève dans la beauté.  Au niveau de la matière, la Vie est la Loi des lois.  Le Rayon de la Beauté vise à embellir l’environnement et à porter la conscience, au-delà du bien-être, jusqu’à la félicité.  Il vise à forger les moyens qui rajeunissent et enjolivent sans cesse l’Univers (nouvelles méthodes, nouvelles pédagogies, nouveaux critères esthétiques et éthiques).  Il vise à faire sortir des sentiers battus, à initier des concepts nouveaux, à fournir une manière différente pour faciliter la compréhension chez les autres, en vue de former l’Homme nouveau.

La beauté assouplit les principes rigides de l’ordre par la spontanéité, la sérénité (paix d’esprit), la stabilité, l’équilibre et la mesure.  Elle vise la modération en tout.  Pour exprimer la Beauté, il faut être souple, tolérant, capable de s’adapter.  L’harmonie présuppose qu’on sache se dégager du désordre, de l’impatience, de l’inconstance, de l’agitation, de l’angoisse, de la dichotomie mentale et qu’on sache faire face à la frustration et se libérer de ses réticences et de ses résistances.  Pour connaître l’harmonie, il faut entrer dans la danse cosmique.  L’harmonie ne s’expérimente qu’en vivant dans l’ici et le maintenant, en acceptant les tâches peut-être répétitives et fastidieuses, mais qui instruisent et développent le sens de l’ordre, de la méthode, de la discipline, de la précision, de la rigueur, donc qui, en somme, forment la compétence.  Le dynamisme et la rigueur émanent de Mars; l’harmonie, la langueur et la volupté qui les pondèrent viennent de Vénus.  Par ces deux planètes, s’opèrent l’équilibre fondamental entre le sens pratique et le sens évolutif, qui impliquent la versatilité et la flexibilité.

La beauté, qui repose sur l’harmonie, implique encore qu’un être soit capable d’apprécier ce qu’il possède déjà et qu’il soit capable d’approfondir ses relations.  Il doit modifier les choses et les événements en fonction de leur utilité et de leur agrément.  Il doit être capable de se maîtriser et de modérer son caractère.  Il doit intervenir avec compréhension dans ses rapports interpersonnels sans jamais s’abandonner à ses impulsions primaires.  Il doit maîtriser ses tendances violentes, agressives, opportunistes.  Il doit trouver l’équilibre en tout, ce qui implique le calme, la patience et la persévérance.  Il doit comprendre comment la Vie crée continuellement, établissant une continuité entre le passé, le présent et l’avenir.  Il doit savoir s’adapter aux diverses situations et toujours agir dans un esprit d’union avec le Tout.  Il doit être en mesure d’identifier les phénomènes physiques et psychiques pour les intégrer en lui dans une fusion harmonieuse.  Voilà pourquoi il doit développer une réflexion calme et une confiance inébranlable en Dieu et dans son destin.

L’homme doit évoluer dans le discernement, la circonspection et la prudence.  Il doit comprendre la vie de l’Univers et la manière dont elle se renouvelle constamment à travers les êtres, comme à travers lui.  Il doit fuir les conflits d’intérêt, les désaccords, les incertitudes, pour se faire un pour tous, afin que tous se fassent un.  Il doit éviter les vains efforts autant que l’instabilité émotive de manière à bien exploiter ses capacités, ses aptitudes et ses talents, et à toujours intervenir dans un esprit de collaboration.  Il doit faire preuve d’initiative dans la recherche des moyens pour résoudre ses conflits intimes autant que ses conflits interpersonnels.  Il doit chercher à réaliser un idéal élevé, établi à partir de la compréhension de ce que l’esprit humain est venu incarner dans son pèlerinage à travers la matière.  Il doit raisonner sur les relations qui unissent les causes et les effets et apprendre à s’accomplir dans la maîtrise parfaite.  Il doit intégrer en lui la bonté, l’intégrité et la justice.  Il doit se forger un esprit pacifique.

La beauté ne peut naître que dans une âme cordiale, d’humeur joviale, qui, dans son amour, sait accueillir tous les êtres à bras ouverts.  La beauté s’exprime dans le respect des lois naturelles, des principes cosmiques et des valeurs fondamentales.  Elle naît dans le soin méticuleux de maîtriser ses appétits, ses désirs et ses passions pour incarner des idéaux élevés, toujours nobles, en se tirant des conventions, des coutumes et des traditions, de l’esprit de routine.  Elle passe par la confiance en soi et l’amour de soi.  Elle vise à accomplir la plénitude dans la joie, le changement, la nouveauté sans cesse renouvelée.

Alors, qu’en est-il de la laideur, cet autre critère mental, qui aspire à devenir éthique.  Celle-ci se définit comme le fait de heurter, par son aspect désagréable, le sens esthétique, la notion qu’un être se fait du beau.  Que c’est, bien dit, «la notion qu’un être se fait du beau».  Dons, la beauté, comme la laideur, ne sont que les critères d’un être encore plongé dans la dualité, qui ne peut qu’être diviseur par son attitude face à diverses réalités.  Les animaux et les autres créatures se moquent que l’être humain soit beau ou laid, riche ou pauvre, car ils aiment d’un amour inconditionnel, sans porter de jugements de valeur.

Quelqu’un a dit : «Du temps où j’avais la raison diviseuse, bien des choses me répugnaient.  Plus tard, quand je l’eus perdue dans la vision, j’ai beaucoup cherché de par le monde le laid et le repoussant, mais n’arrivais plus à le trouver.»  Comme il avait raison de se prononcer ainsi puisque la beauté et la laideur, on le rappelle, représentent des critères culturels que les êtres humains ont élaborés au cours de leur éducation.

En soi, rien n’est beau, rien n’est laid: tout est.  Ce qui paraît beau à l’un révèle son état d’accord avec cette chose; ce qui lui paraît laid révèle son état d’inharmonie avec cette chose.  Ainsi, le laid laisse entendre son état d’inadéquation avec une chose parce qu’il n’est pas en état d’harmonie avec elle ou qu’il vaut mieux qu’il s’en abstienne, pour le moment, tout simplement.  Prenons l’exemple du fumier.  Son odeur indique à l’animal une nourriture dont il ne peut plus rien retirer lui-même, qu’il a pour cela éliminée, à laquelle il doit renoncer.  Mais ce même fumier, par son odeur, attire des insectes qui peuvent en tirer quelque chose et s’en délectent avidement.  Et la terre en fait des merveilles: elle en nourrit prodigieusement les plantes, jusqu’aux légumes que consomme l’être humain.

Le degré de répulsion d’un être en présence d’une réalité démontre simplement son degré de dualité qui l’empêche de tout percevoir dans la réalité plus grande de l’Unité.  Il lui révèle la part de lui-même qu’il n’a pas encore apprivoisée.  Comme on dit au Québec : «Ce que l’un aime est «quétaine», qui veut dire «sans originalité« ou de «mauvais goût»,  pour un autre.»

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