EXCALIBUR, L’ÉPÉE DES VALEUREUX

Dans l’Épopée arthurienne, Excalibur désigne l’épée qui gît au fond d’un lac et qui doit un jour ressurgir dans la gloire du Soleil, une épée de Lumière cristalline destinée à trancher les ténèbres, une épée de sagesse qui ne peut être tirée que par celui dont la conscience amoureuse est suffisamment vibrante.

Cette épée conquise par le jeune roi Arthur Pendragon, qu’on dit chanter la note «fa», celle du cœur, symbolise le Verbe créateur, l’autorité divine, la force souveraine et la puissance royale qui inculque la volonté, dissipe la peur et le doute sur soi-même.  Elle exprime la maîtrise du destin par la puissance du mental illuminé, la fore de la pensée claire qui met au pas l’armée des soucis et de l’indécisioExcalibur-télén et qui met en œuvre la puissance incroyable de l’intuition que tous ne peuvent pas forcément saisir.  Excalibur représente une épée mythique ayant appartenu  au roi Arthur, roi des Bretons, dans les textes légendaires de la matière de Bretagne rédigés à l’époque du Moyen Âge.  Même que, sous ce nom, elle apparait d’abord sous la plume de Chrétien de Troyes (1135-1183), un poète français, l’un des premiers auteurs de romans de chevalerie.  Et, au XIIe siècle, Geoffroy de Mommouth (1100-1150), un évêque et historien anglo-normand qui écrivait en latin et qui a publié «Vita Merlini» (Vie de Merlin, le célèbre druide magicien), est le premier auteur à nommer cette épée dans une autre langue que le gallois.

Arthur était le fils du roi Uter Pendragon de Bretagne et de la duchesse Ygerne de Cornouailles.
Sa mère avait été mariée une première fois à Gorlois, duc de Cornouailles et vassal d’Uter.  Grâce à Merlin, l’enchanteur, un soir Uter prend l’apparence du duc et couche avec Ygerne.  Pendant cette même nuit le duc meurt dans une escarmouche hors de son château. Uter épouse alors Ygerne.   Selon les auteurs, à sa naissance, Arthur est confié soit à Merlin, qui a exigé ce don en paiement de ses services et va l’élever comme un chevalier dans l’ignorance de ses origines, soit à Ectorius et Flavilla, vassaux loyaux et justes, qui l’élèvent alors avec leur fils Keu.

À la mort d’Uter, la succession se révèle un problème épineux et douloureux car il n’a pas de fils légitime.  Mais à la sortie de la messe, après l’enterrement, on découvre sur le parvis de la cathédrale une épée enfoncée dans une enclume et un roc (stèle de granit). On peut y lire une inscription selon laquelle seul le roi légitime pourra arracher l’épée de la pierre.  De nombreux chevaliers tentent l’épreuve, mais l’épée reste à sa place. Ce n’est que plusieurs années après qu’un adolescent parvient à l’extraire : il s’agit d’Arthur.  À ce chapitre, se dessinent deux versions.  Selon la première, les barons refusent de reconnaître l’autorité de cet adolescent.  Finalement, Merlin intervient pour révéler qu’Arthur est le fils d’Uter et d’Ygerne, donc l’héritier légitime du trône.  Selon la seconde, Arthur arrive volontairement pour obtenir ce qui lui revient de droit.  Et c’est lui-même qui révèle, devant un parterre de chevaliers ébahis, ses origines, confirmées par Ygerne et Merlin, présents à cette scène.  D’autres divergences ont lieu quand à l’acceptation du nouveau roi, parfois la bataille est rude et Arthur doit y prouver sa valeur, d’autres fois, il est accueilli dans la joie, comme un libérateur.

Avec son épée Excalibur, «la foudre durcie», le roi Arthur détient le pouvoir de relier le monde matériel au monde spirituel – le haut et le bas, comme l’éclair.  Mais réExcalibur-Arthur-et-Gwengner se démontre exigeant puisqu’il ne faut pas usurper le pouvoir.  Car, dans une société traditionnelle, seul celui qui accomplit son devoir d’humanité peut détenir un pouvoir dans la collectivité.  Au milieu du récit légendaire, Merlin se retire.  Il laisse à Arthur la liberté d’exercer son pouvoir d’être humain, le livrant à ses propres choix. Or Arthur, à la première opportunité de choisir, sera conduit par son orgueil et il plantera furieusement Excalibur dans le sol.  Dès lors, le monde matériel, sans lien avec le spirituel, tombe à l’abandon.

Symbole de la vérité agissante, de l’intégrité, de la simplicité, de la franchise, du partage et de la protection, elle exprime le choix de l’Unité dans la dualité et de la Lumière, malgré les influences de l’Ombre, ce qui permet de recevoir l’adoubement et d’entrer dans la Grâce.  Elle traduit l’état de conscience ou l’état d’esprit de l’être éclairé.  Arme du Guerrier pacifique qui relie les opposés apparents, transformant les aspects contradictoires en compatibilités et en complémentarités,  parce que seule une âme pure peut la manier, assuré de son pouvoir, Excalibur l’amène à suivre sereinement son destin.  L’ignorant qui s’en emparerait ne pourrait que la déprécier et la mettre hors de sa portée, après l’avoir tenue en main, par méconnaissance de sa valeur.   Au terme de l’expérience évolutive, elle se transforme en un instrument inspirant, une «flûte enchantée», un «flambeau allumé», une «baguette magique» ou une «plume de paon».

Excalibur, l’arme invincible, évoque la lutte menée contre l’ancienne énergie pour préparer le Nouvel Âge de Lumière.  Chacun la reçoit pour percer le voile d’Illusion qui le sépare de sa véritable Essence spirituelle.  Elle tranche les obstacles à l’Éveil spirituel, dissolvant les désirs, détruisant les passions, éliminant la rêverie, mais illuminant l’âme.  On l’attribue souvent à l’archange Michaël qui retranche l’injuste du juste, avec patience et lucidité.  Car Michaël ne détruit rien ni personne, il écarte ce qui ne s’apparie pas et se fait violence.  Dans la spiritualité contemporaine, il s’agit du nom d’un vaisseau-mère spatial.

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En vérité, on ne peut faire l’étude d’Excalibur sans inclure une étude assez exhaustive de l’épée qui prend un sens symbolique assez majeur en spiritualité.  En effet, cette arme blanche formée d’une lame d’acier droite et aiguë, à deux tranchants, insérée dans une poignée munie d’une garde et conservée dans un fourreau au niveau de la ceinture.  Symbole d’autorité suprême, de puissance royale et de volonté puissante, se relie à la puissance du Verbe, comme à l’expression et à la protection de la Vérité, au tri de l’énergie d’Amour pur et à la force incisive de l’intuition.  En spiritualité, il s’agit d’abord de l’attribut de la discrimination qui tranche net.  Alors, l’épée sert à trancher l’obscurité de l’ignorance et le nœud des enchevêtrements et à faire triompher les nouveaux paradigmes sur les anciennes valeurs.  Au niveau individuel, elle sert à établir la maîtrise de son destin par la puissance du mental illuminé.  Ainsi, elle révèle la pensée claire qui dissipe la peur et le doute sur soi-même, pourfend l’armée des soucis, met fin à l’indécision.  En fait, elle s’étudie toujours par rapport à la possibilité de recourir au glaive, cet instrument à deux tranchants, sans fourreau, image du châtiment immédiat ou incisif, dans son combat ardent, âpre et incessant contre l’injustice et l’erreur, révélant que la justice peut frapper en faveur ou en défaveur de chacun des partis en litige.  L’épée, conservée dans un fourreau, symbole de la Justice, comme pouvoir de trancher et de sanctionner, décrit de la force d’appliquer les décisions et elle révèle plutôt l’aspect répressif de la Justice et l’application des peines après jugement.  À partir du Moyen Âge, elle désignait en France la puissance du roi, chef de l’État souverain sur les citoyens du royaume.  En spiritualité, elle dévoile l’instrument de la Vérité agissante, telle que défendue par Michaël, l’archange des Armées célestes.

L’épée à deux lames identifie l’arme du renoncement qui écarte ce qui empêche d’arrive au but.

L’épée aiguisée implique qu’on s’apprête à un massacre.

L’épée d’acier, qui porte un tranchant pour le bien et peut guérir et un tranchant pour le mal et peut châtier, sert à l’exécution des hommes inférieurs (peu évolués) après leur jugement.

Les épées croisées soulignent la prévalence de la dualité et la présence de conflits au niveau du mental.

L’épée d’Astrée évoque la puissance de cet Élohim.  Elle est illustrée ci-contre.

L’épée de bois sert d’insigne au prédicateur.

Dans la Tradition antique, l’épée de Damoclès fut suspendue au-dessus de sa tête attachée à un simple crin de cheval, ce qui exposait sa vie à tout moment.  Elle symbolise un danger menaçant, indépendant de la volonté, qui peut se manifester à tout moment.

Souvent, l’épée de Dieu réfère à la corne torsadée de la licorne pour exprimer la fulguration de Jupiter.

L’épée de feu renvoie généralement au Logos et au Soleil.

Quant à l’épée de feu tournoyante, associée aux Chérubins, Gardiens du Paradis, elle illustre le mouvement universel.

L’épée de Flamme bleue, aussi appelée Excalibur ou l’épée des Sept Vertus, constitue l’attribut de Michaël, tandis que l’épée de Flamme indigo se rapporte à la puissance purificatrice de Tzadkiel, capable de dissoudre les racines des éléments négatifs.

Dans l’Épopée arthurienne, l’épée d’airain fichée dans un rocher symbolise le détournement de l’Énergie vitale ou de la Force créatrice (involution) du Serpent qui circule dans l’être humain et qui se manifeste particulièrement par l’énergie sexuelle.  Dans cette inversion, l’Humanité a oublié à Source divine dont elle était issue.  Alors, dans son corps de chair, l’être incarné a mésusé du Feu divin, créateur de Lumière, détournant pour son plaisir égoïste la force d’Éros.  En conséquence, il a engendré des enfants à son image, par le feu de Prométhée, et non plus à l’Image de Dieu, s’enlisant dans la Ronde de la filiation humaine.  Les enfants créés dans cet état de conscience vivent avec leurs parents des relations où l’amour véritable, libre de toute attache, a bien du mal à triompher.  Les corps qui naissent dans cette hérédité humaine sont séparés de la Vie divine, restant programmés pour vieillir et mourir, jusqu’au jour du Salut.  Voilà pourquoi seul un être pur, parfaitement amoureux, peut retirer l’épée de sa fâcheuse position, ce qui révèle, du même coup, son droit de souveraineté.

L’épée de l’Esprit, l’arme de l’Essence ou Père divin, reste au service d’un groupe de dévots et elle peut, sous les yeux de cette collectivité, abattre les obstacles qui barre la route de son progrès ou de son évolution.

L’épée de l’intellect, dédiée à Athéna, illustre la Raison pure transcendante.

Dans la Tradition celtique, l’épée de Nuada voile «Excalibur», l’arme du roi Arthur.

L’épée des chevaliers porte les attributs individualisés de son propriétaire.  On range dans cette catégorie «Joyeuse», «Durandel», «Hauteclaire», «Corte», «Bantraine» et «Musaguine».

En Alchimie, l’épée des philosophes réfère au feu du creuset.

L’épée d’or désigne l’arme du Roi de la Justice, qui juge rigoureusement selon les mérites et les vertus de chacun.  Dans la Tradition grecque, elle sert d’attribut à «Chrysaor», le Géant, géniteur des Titans, dont Géryon, qui sortit du corps mutilé de Méduse cette arme à la main.  Attribut d’essence divine, elle porte la vraie puissance et elle identifie son propriétaire comme roi.

L’épée des Sept Rayons ou des Sept Vertus, aussi désignée comme l’«épée du Premier Rayon divin», appartient à Michaël.  Il s’agit de l’«épée de la Flamme bleue» ou «de l’Arc-en-ciel», celle du Vouloir et du Pouvoir divins, qui instille les vertus de pureté, de force, de valeur, de courage, de persévérance, de loyauté et de véracité.  L’individu doit s’en servir de façon responsable, trempé d’amour et de compassion, afin d’éliminer l’erreur et de terrasser l’adversité (non l’adversaire apparent) qui émergent des ombres multiples de l’illusion dans la Lumière éternelle de la Vérité.

Selon le contexte, l’épée enflammée illustre un pouvoir insatiable ou une âme invincible.

L’épée flamboyante souligne l’œuvre de la Vérité.

L’épée nue souligne une absence de retenue qui confirme l’agressivité ou confine à la témérité.

L’épée plantée au sommet d’une montagne exprime l’Activité céleste.

L’épée pointée en l’air (ou vers le haut) révèle la maîtrise, soit la force et la puissance de celui qui est en pleine possession de ses moyens.

L’épée polie donne un indice d’étincellement et de rayonnement.

L’épée sans garde démontre un abus du pouvoir ou des énergies.

Les épées unies par la pointe témoignent de l’unité d’action ou d’intention ou d’un degré de concentration qui mènent droit au succès.  On les associe diversement aux relations responsables, aux liens loyaux de l’amitié, à la compréhension d’un idéal commun, à l’atteinte d’un sommet, à l’inspiration divine, au contentement de soi, à la satisfaction personnelle, à l’esprit de service fondé sur la clarté mentale et l’ouverture du cœur.

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