ÊTRE N’EST PAS FAIRE, ACQUÉRIR, ENTASSER, JOUIR, BRILLER, DOMINER, SE SOUMETTRE, CONCURRENCER, ÉMULER, IMITER, SOMBRER DANS LA PERFORMANCE, TENTER D’ÉPATER OU DE LAISSER UNE TRACE À LA PROSPÉRITÉ…

Dans le langage courant, comme verbe, le mot «être» désigne le fait d’avoir une réalité;  comme substantif, il évoque le fait d’exister;  ce qui est;  tout être vivant ou animé;  une personne ou un individu.  En général, le concept de l’être gravite autour de ce qu’un sujet ressent qu’il existe, d’une manière ou d’une autre, par la perception, qu’elle soit sensible ou intelligible.

Au sens spirituel, le fait d’être prend une toute autre dimension.  Il s’exprime dans la nuance entre survivre (subsister) et vivre, dans le fait de vibrer à plein cintre, par fusion intime avec la Source de la Vie, au plus profond de soi.  Il désigne l’état d’Êtreté, qui est une totale présence à soi-même dans sa réalité multidimensionnelle, car c’est l’Esprit divin qui donne tout son sens à l’être.  Il appelle à laisser la Lumière céleste vibrer à travers soi à plein cintre, donc sans résistance, sans faire d’obstacle.  Pour être il s’agit de vivre consciemment au sein de l’Unité cosmique, centré sur son Centre divin, pour vibrer dans la Conscience unifiée?

Sur la planète Terre, l’être humain est la seule entité incarnée qui dispose d’une conscience réflexe, c’est à dire qui est capable de se penser elle-même et de se vivre dans la singularité.  En effet, il peut dire : «Je suis moi-même», ce qui revient à dire qu’il peut prendre conscience, autant  de son indmeditating_at_sunrise-flippedividualité que de l’altérité.  Il peut percevoir qu’il n’est pas un autre, ce qui ne peut que le mener à assumer la responsabilité de son originalité et l’amener à cultiver sa rareté, ce qui le rend si précieux dans le monde.

Mais, en même temps, ce qui représente tout un défi à l’authenticité, l’homme est aussi un être social qui subit l’influence des autres.  Alors, chacun peut se demander si, dans sa quête d’être, il ne penche pas le plus souvent du côté des idées reçues et du conformisme.  Pour ne pas détonner, pour être accepté plutôt que rejeté, il peut longtemps tenter de devenir une copie conforme des attentes d’autrui.  Ainsi, dans nombre de cas, selon le degré d’affirmation personnelle, les autres peuvent devenir l’obstacle qui l’empêche d’être ou, tout à l’inverse, le ferment de la constitution de son soi dans sa différence.

Un être dépersonnalisé, ce qui est le cas du plus grand nombre, surtout des plus âgés, peut avoir énormément de difficulté à comprendre la nécessité d’exprimer sa différence.  Et il faudra qu’il apprenne à le faire avant de penser à être tout court.  Car, tant qu’il reste déformé, projeté vers l’extérieur, dans sa quête de s’ajuster aux autres, de plaire ou de ne pas déplaire, il ne peut rien comprendre à la nécessité d’être pleinement lui-même.

Or nul ne peut penser à chercher à être tout simplement sans commencer par être pleinement lui-même, sans réaliser son droit de se choisir en premier et de s’accorder la première place dans sa quête d’accomplissement.  Car son sens des responsabilités resterait brouillé par les fausses responsabilités que son milieu ou la société lui impose.

L’être humain a du mal à être parce, toujours projeté vers l’extérieur, il n’a appris qu’à capter, regarder, analyser, percevoir, ressentir.  Autrement dit, il a surtout appris à faire puisqu’on lui a inculqué l’idée que sa valeur réside dans les réalisations tangibles qu’il peut accomplir et dans les démonstrations concrètes qu’il  peut donner.  Dans «faire», on peut comprendre l’intention d’agir, d’accomplir, de jouir, de paraître, de dominer, d’accumuler des biens.  De plus en plus, on cherche l’être en se procurant de vives émotions.  Quand on vibre intensément au plan émotionnel, on a l’impression d’être pleinement, d’où on cherche à se lancer toujours davantage  dans les grandes jouissances, les exploits dangereux, les sports extrêmes, les situations provocantes, les actes de délinquance.

Tout cela pour dire que faire, c’est agir concrètement pour se sentir être.  Ainsi, pour parvenir à sentir qu’ils sont, certains ont besoin d’augmenter leur réalité concrète afin de devenir plus visibles ou d’être mieux reconnus.  À cette fin, ils tentent d’imposer leur présence en augmentant leur ascendant, leur autorité, leur pouvoir, leur richesse, leurs possessions.  Dans tous les cas, ils ne contribuent qu’à activer leur mental et à exacerber leurs émotions, à s’user physiquement et psychiquement, ce qui se produit souvent à contretemps.  Surtout, ils passent à côté de leur but évolutif qui est d’apprendre à se connaître parfaitement afin d’être pleinement.

À l’inverse, être, c’est être.  Pour être, il faut se mettre à l’écoute silencieuse de l’énergie qui s’exprime à travers soi et autour de soi dans le moment présent pour mieux savoir comment se situer, agir ou réagir.  C’est encore tenter de vibrer au diapason de son Centre intime.

Plus le mental d’unGirl-Mud-Puddlel-200x300 être est occupé, plus il l’expose à être affecté intensément par l’énergie ambiante sans en avoir conscience.  À l’inverse, plus le mental s’apaise et entre dans le silence, mieux un être peut diriger ses énergies, car, dans ses échanges, il reste maître de ses réactions physiques et psychiques.

À vrai dire, être, c’est veiller, sans tension, mais dans la détente complète, à rester éveillé dans l’instant présent.  Mais encore, «éveillé» ne s’oppose pas ici au «sommeil», il signifie être présent, hors des vagabondages du mental, à la vibration qui, dans le moment, s’exprime à travers soi.  L’intention d’être commence dans le fait de se porter attention à soi-même, non pour se complaire en soi-même ou se contempler le nombril, mais pour prendre conscience de sa propre réalité et du monde dans lequel on vit.  Alors, on ouvre sa conscience aux messages intimes que l’on reçoit constamment des niveaux les plus élevés de son être et des forces les plus compatissantes de l’Univers.  Par la suite, on peut les partager avec les autres avec amour, donc sans désir de changer qui que ce soit, sans la moindre attente.

La faculté d’être se poursuit en prenant conscience qu’on est une manifestation de Dieu et en acceptant d’être la Volonté de Dieu en action.  Elle consiste encore à éveiller les forces de son amour, dans son cœur, car l’amour, qui donne la vie, représente l’énergie qui illumine et fusionne tout dans l’Unité.  Le Créateur n’a pas demandé de multiplier et de grandir, mais de s’appartenir à soi-même en se penchant sur soi-même pour se connaître parfaitement en s’intériorisant.  On sait être quand on fait ce qui est à faire au lieu de ce qu’on croit qu’il faut faire.  Le mode de vie des «je dois» et «il faut» est la meilleure façon de glisser dans la sujétion, de se dépersonnaliser, de s’écarter de l’être.  Même chose pour le fait de rester attaché au regard d’autrui et de répondre à leurs attentes plutôt que de rester soi-même et de faire ce que le cœur inspire.

Mais celui qui veut devenir ce qu’il devrait être doit commencer par cesser d’être ce qu’il est ou pense être.  La réalité d’être s’oppose à la quête extérieure pour se donner l’impression de poursuivre un but dans la vie et à l’excitation artificielle recherchée pour se donner l’impression d’être occupé, d’agir utilement, de rendre service, d’accomplir une mission ou de vivre intensément.

L’être ramène dans la haute fréquence.  Cette haute fréquence résulte du fait d’avoir réinventé le Point central à l’intérieur de soi-même, où tous ses pouvoirs sont en attente ou latents, là où ses besoins sont satisfaits, là où il n’existe plus de besoins ni de désirs, là où on retrouve la paix, son identité propre et sa force individuelle.  Elle réside dans la liberté de se glisser dans l’Énergie divine, volontairement actif en elle, pour elle et par elle, en privilégiant les valeurs de l’amour, de la paix, de l’honneur et du bonheur, au lieu des valeurs de performance (désirs éphémères de richesse, de gloire, d’hédonisme, de beauté et de domination).

Car nul ne peut jouer à être en s’emparant d’un pouvoir.  Chacun apprend plutôt à être en reconnaissant qui il est pour être pleinement.  Curieusement, cela requiert une coordination parfaite entre les perceptions et les sensations, soit entre la pensée, l’acte, le son, l’odeur et la lumière.  On accède à l’être en prenant conscience qu’on est une manifestation de la Source divine, en vibrant à plein régime, relié à elle, en acceptant d’exprimer dans son action la Volonté de Dieu.  Exprimer la Volonté de Dieu signifie vibrer dans l’instant présent de la fréquence même de son Centre intime, de son Atome divin.

La quête de l’être mène à s’identifier à son Individualité (ou sa Réalité divine) plutôt qu’à sa personnalité (ses apparences).  D’où cette étrange recommandation : celui qui veut devenir ce qu’il devrait être doit cesser d’être ce qu’il est, de tout faire, de tout chercher à savoir, de tant avoir et paraître.  C’est par l’être qu’un être se relie à la quatrième dimension et, par elle, aux autres.

Pour être pleinement, c’est d’abord dans la détente, le silence et la solitude qu’il faut s’entraîner à ne rien faire.  On peut commencer en pensant uniquement à sa manière d’agir ou de réagir, afin de mieux sentir l’énergie du moment présent.  Il suffit de rester simplement conscient des sons, des odeurs, des formes du lieu où on se trouve, des énergies ambiantes, en s’abstenant de poursuive un monologue intérieur.  Plutôt, on s’exerÊtre-jeu-amoureuxce à sentir et à ressentir.  On observe comment on se sent, ce qui se passe en soi, ce qui vibre dans le silence intérieur.  Avec le temps, on verra une foule d’informations surgir du plus profond de soi-même.

Même avec d’autres, on peut s’habituer à écouter dans le silence pour diriger ses énergies, sans pensées ni sentiments.  On écoute son corps, on surveille son mental, on reste branché sur la Source intime en soi-même.  Ce n’est qu’alors qu’on est vraiment parce qu’on est accordé à soi-même et qu’on comprend comment les autres envoient leurs énergies vers soi ou les retiennent.  Et on sait spontanément ce qu’il faut vibrer et ce qu’il faut en faire et en penser.

Il n’y a que dans la Lumière divine, en passant par le silence et la solitude, qu’un être peut trouver la certitude par rapport à sa Réalité vraie.  Mais, par solitude, il ne faut pas comprendre retrait du monde dans l’isolement et la fuite ou dans le mépris de ses semblables.  Tout le reste n’est qu’illusion, vanité et perte de temps.  L’être réside dans la Cause, non dans les effets, qui n’en démontrent jamais qu’un aspect, d’où ils en limitent la compréhension.

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