DIEU, LES SECTES REPRÉSENTENT-ELLES VRAIMENT UNE MENACE OU SI CE SONT LES ESPRITS FAIBLES QUI SOMBRENT DANS LA PARANOÏA EN RAISON DE LEURS PRÉVENTIONS À LEUR ENDROIT?

Depuis toujours, vous considérez comme secte un ensemble de personnes professant une même doctrine philosophique, religieuse ou spirituelle.  Avec le temps, vous avez réduit ce terme à un groupement religieux clos sur lui-même et créé en opposition à des idées et à des pratiques religieuses dominantes.  Tout récemment, dans le cadre juridique, vous avez attribué ce mot à un groupe qui poursuit des activités ayant pour but ou pour effet de créer, de maintenir et d’exploiter la sujétion psychologiques ou physique des personnes qui participent à ces activités, par l’exercice de pressions graves ou réitérées, ou de techniques propres à altérer leur jugement pour les conduire à un acte ou à une abstention qui leur sont gravement préjudiciables.

Vous avez tous en mémoire les expériences dramatiques des mouvements sectaires du «Temple du Peuple» de Jim Jones (États-Unis), des Davidiens de David Koresh (Vernon Howell) établis à Waco (États-Unis), des membres du «Temple solaire» (Canada, France, Belgique et Suisse), de l’«Aum Shinrikyo» (Japon), du mousectesvement pour la «Restauration des Dix-Commandements» (Ouganda), du «Covenant, the Sword and the Arm of the Lord» (États-Unis, 1985), des adeptes de Moïse (Québec) et de quelques autres.

Nul ne peut nier les dérives de ces organismes dont il n’est pas question de réduire la gravité et les horreurs.   Ces traumatismes vous ont rendu plus ou moins allergiques aux sectes au point que, dans l’esprit de la plupart d’entre vous, le seul fait d’adhérer à une secte devient synonyme de crime, de danger pour la tradition ou de menace à l’ordre social.  Et vous craignez que leurs membres, forcément pervers et subversifs, infiltrent vos industries, vos services publics, vos institutions, vos États et qu’ils en viennent à menacer les assises de vos démocraties.   D’après vous, ces groupes, mal intentionnés, ne peuvent que mettre en danger les valeurs chères à vos sociétés, d’où leur expansion peut les conduire au chaos.  Pour vous faciliter la vie, il vous plaît de créer un amalgame du fait que vous n’avez pas les moyens de distinguer entre une activité dangereuse et une croyance marginale inoffensive, une tendance que vos médias ne dédaignent pas de supporter et de propager.

Surtout, on vous a habitués à croire que les chefs ou gourous de ces sectes, des êtres nécessairement avides de pouvoir, de prestige ou d’argent, assurent leur subsistance, leur crédibilité et leur puissance en recrutant des adeptes faibles et démunis de ressources, des êtres sans discernement et sans méfiance, ce qui en fait des êtres crédules et vulnérables.  Alors, d’après vous, dans le présent climat de totale remise en question des valeurs traditionnelles, ces êtres démunis de ressources, souvent des malades, des exploités ou des dépendants chroniques, ne peuvent que désespérément chercher à donner un sens à leur existence.  D’où ces utopiste se mettent en quête d’une recette de prêt-à-penser, capables de se repaître de toute nourriture spirituelle nouvelle le moindrement hermétiq ue, magique, fumeuse, ne tardant pas à trouver chaussures à leurs pieds.   Ainsi, ils subiraient tous les effets de ce que vous appelez diversement de la manipulation psychique ou de lavage de cerveau pour induire chez eux une psychomutation permettant de les exploiter au service du groupe auquel ils ont adhéré.

Au lieu de ranger tous ces mouvements dans une catégorie suspecte, vous gagneriez à changer votre regard sur un phénomène qui ne se confine plus à quelques groupes marginaux, mais qui éclaire l’état de désarroi général des sociétés contemporaines, insatisfaites des traditions religieuses et idéologiques qui dominent actuellement le monde, dans une quête de nouvelles valeurs et d’un nouveau sens de l’existence humaine.  Vous feriez preuve d’intelligence en cessant, par amalgame, de prendre tant de simples rêveurs pour des criminels, car il s’agit souvent de la part de mes enfants qui cherche à mieux comprendre la Création universelle et à restaurer le véritable sens de l’Évolution cosmique.  Le problème actuel des sectes dérive directement de la multiplication des nouveaux mouvements religieux, mystiques et spirituels parce que les Tradition établies ne sont pas parvenues à confirmer leur légitimité et leur crédibilité en matière de dogme.

N’est-il pas inquiétant que, au début du XXIe siècle, mus par une répulsion fantasmagorique, fomentée par les bien-pensants des domaines religieux, sociaux et politiques, appuyés par les médias, vous ne parveniez pas à faire preuve de plus de tolérance face à la nouveauté et à la différence?  Dans le Monde nouveau, vous n’en finirez pas de devoir interroger votre aptitude à intégrer les points de vue divergents et les nouvelles tendances!  Si vous considérez les quelques études sérieuses qui ont été menées sur le sujet, au lieu de vous en remettre aux préjugés du milieu, des études qui ont conclu que la majorité de ces mouvements religieux, spirituels ou idéologiques non conformistes n’ont rien de dangereux ni d’offensif, vous devrez accepter de traiter le sujet avec rigueur, donc avec objectivité et équité.  Alors, force vous sera d’admettre que la soumission, la séparation totale, le langage hermétique, les mœurs pernicieuses et l’aliénation ne font pas partie des traits habituels des groupes que la populace ignare qualifie de sectes.  Pour la plupart d’entre eux, même une recherche approfondie n’a jamais permis de mettre sur la piste de techniques de manipulation mentale ou de pratiques pouvant causer des problèmes de santé physique ou mentale.

Mais que pourrais-je en dire quand, pour des raisons de facilité, en raison de vos jugements simplistes, vous aimez tant persister à le croire.  Je ne vais pas vous faire l’apologie des sectes qui morcèlent les croyances et divisent les forces spirituelles, vous écartant de la Religion ou de la Spiritualité unique dont Je Suis la Source, mais je vais au moins vous demander d’éviter les amalgames faciles et tendancieux.  Il n’empêche que trop d’entre elles cultivent les tares et les vices, dont l’esprit de domination et l’esprit mercantile, en plus d’exploiter d’autres bas instincts.  Mais j’aimerais vous apprendre à moins les redouter.

En effet, de mon point de vue, malgré les dérives fatales et les aspects farfelus de certaines d’entre elles, comme les Raéliens, les «Témoins de Jéhovah» et l’«Église de Scientologie», le «Temple du Soleil», il est abusif de voir en elles, à prime abord, un danger ou une supercherie.  Par votre définition, vous en venez à croire qu’une secte ne pense qu’à appâter, infiltrer, arnaquer, abuser, autant de moyens qui lui permettent de prospérer en douce.  Pourtant, leur diversité ne cherche qu’à répondre à la multiplicité des expériences spirituelles que vous désirez mener pour mieux vous connaître, mieux sonder votre univers, mieux vous rapprocher de moi.  Selon votre pays, il ne viendrait à personne l’idée d’organiser une étude scientifique sur les aspects criminologiques de la religion dominante qui s’y exprime, même si elle n’a toujours donné l’exemple des plus hautes vertus, au cours de son histoire, même récente.  Cela ne vous empêche pas de scruter à la loupe les faits et gestes des mouvements que vous qualifiez de sectes et de les tenir à l’œil en dépit de la rareté des dérives criminelles.  Sur le nombre de mouvements religieux et philosophiques qui existent, les faits du passé ne justifient en rien votre chasse aux sorciers et aux sorcières.  Surtout qu’ils ont l’heur d’ébranler vos fausses convictions et de favoriser l’évolution des mentalités.

Dans ce domaine, vos médias, qui se font souvent les alliés de gouvernements suspects ou des vétustes institutions établies, détiennent une large part de responsabilité dans la diffamation des nouveaux mouvements religieux, mystiques ou spirituels.  Ils forment l’opinion publique en se faisant les interprètes des faits sociaux, voire, trop souvent, leurs juges.  Ainsi, à leur insu, ils se font les défenseurs de la pensée unique et du statu quo, devenant eux-mêmes les ennemis de la démocratie, de la liberté d’opinion et d’expression, qu’ils revendiquent pourtant si instamment pour eux-mêmes.  Dans leur milieu, ils finissent par imposer une vision spécifique de ce qu’est une secte, ne dédaignant pas de dramatiser tout, pour faire sensation et s’attirer des adeptes, ajoutant à l’ampleur du moindre drame.  En raison de l’éphémérité des messages qu’ils véhiculent, à cause de leur manque de maîtrise des sujets et à défaut d’une analyse approfondie, ils empêchent la mise en perspective des faits, rendant rapidement le discours homogène.  De ce fait, ils ne n’accompagnent pas toujours les divers points de vue qui animent une controverse d’une présentation respectueuse, évitant la recherche sereine d’une version de compromis.  Et, bien qu’ils assument un rôle de contre-pouvoir, face aux institutions établies, notamment à l’État, ils sombrent souvent dans la collusion, s’ils y trouvent leur intérêt, du fait qu’ils visent à renseigner la même masse qui fait sa rentabilité et forme l’électorat.

Si vous y pensez bien, le mot «secte» s’emploie d’abord et avant tout dans le domaine religieux, mystique ou spirituel.  Ce mot ne peut se concevoir sans l’instance d’une Église, d’une Tradition ou d’une idéologie dominante.  Dans vos temps, il devient le succédané de l’«hérésie» qui désigne le choix d’adhérer à une école de pensée particulière, mais dissidente.  De toute évidence, ce terme prend un sens dépréciateur visant à qualifier un groupe qui porte présumément atteinte à la pureté d’un enseignement et à l’unité de l’Église majoritaire, menaçant ses principes et son autorité.  Au point de vue religieux, la secte représente une excroissance condamnable qu’il faut éliminer ou dont il faut restreindre le rayonnement.  Il n’y a qu’sectes-religieusesun pas pour l’élargir de manière à englober toute association dont l’activité apparaît dangereuse pour l’Église dominante, pour la société civile ou pour l’État dit légitime.  Dans la plupart des cas, il vaudrait mieux dire les choses comme elles sont et parler de nouveaux mouvements religieux ou spirituels pour éliminer l’aspect péjoratif du mot secte.

Dans vos sociétés actuelles, la peur des sectes a engendré sa propre corruption dans l’esprit des uns et des autres.  Et le réflexe de qualifier de secte le moindre groupe qui dérange ou qui ne correspond pas à ses croyances devient un moyen facile et commode de le stigmatiser.  Il est devenu presque aussi insultant que de traiter quelqu’un d’ésotériste ou d’émettre des pensées ésotériques.  Pourtant, tous le savent, la dérive n’est pas l’apanage propre d’une secte, il est celui d’une autorité impérieuse ou charismatique qui, dans n’importe quel domaine, flattée dans son ego et grisée de son pouvoir,  s’affole, perd le nord et cherche par tous les moyens à établir et à maintenir son hégémonie.  Mais avez-vous déjà songé que toute organisation qui ne parvient pas à obtenir l’unanimité ou à asseoir son universalité ne peut être considérée que comme une secte?  Alors, celle qui se considère comme une institution légitime, parce que majoritaire sur son territoire, n’est jamais considérée que comme un mouvement dissident ailleurs, donc comme une secte.   En Chine, de quoi retourne le Catholicisme qui, par tradition plus que par pratique, fait la fierté de la France et du Québec?  Et l’Islamisme aux États-Unis?

Toutes les sectes ont atteint un certain but louable, puisque, visant l’élévation de l’état de conscience général, elle n’ont pu qu’atteindre leur but.  Puis, pour la plupart d’entre elles, vous devez leur reconnaître le fait d’avoir largement contribué à l’oeuvre de de l’éducation et à la dissémination des oeuvres de bienfaisance.  Dans le passé, plusieurs d’entre elles occupaient la place que vos gouvernements n’osaient pas s’imposer.   D’autre part, si vous poussez plus loin votre réflexion, comment votre propre religion était-elle considérée à ses débuts?  Comment est-elle parvenue à survivre ou à prendre le pas sur les autres croyances de l’époque?  Uniquement par des moyens licites et légitimes?  Qui a le plus contribué à la montée de la religion chrétienne en Europe si ce n’est l’empereur Constantin qui l’a imposée comme religion d’État?  Et de quelle manière et à quel prix?  Quant le pouvoir civil et le pouvoir religieux s’allient quelque part, vous pouvez commencer à tout redouter.  D’ailleurs, ils ne tarderont jamais à tenter de se dominer mutuellement eux-mêmes!  Au nom du maintien de l’ordre établi, l’un et l’autre ne sont-ils pas portés à se réclamer, à tort, je le confirme, de droit divin?

© 2009-2015 Bertrand Duhaime (Dourganandâ).  Tous droits réservés. Toute reproduction strictement interdite pour tous les pays du monde.  Publié sur : www.larchedegloire.com.  Merci de nous visiter sur : https://www.facebook.com/bertrand.duhaime.

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