DIS, DIEU, LE SUICIDE MET-IL UN TERME À LA DÉMARCHE ÉVOLUTIVE?  

Il me faudrait être bien différent de ce que Je Suis essentiellement, soit Amour, pour qu’il en soit ainsi.  Dans le suicide, l’être incarné ne trouve temporairement que l’état qu’il recherchait, le temps de comprendre son erreur et de reprendre son  périple évolutif.  Comme il représente la plupart du temps un appel à l’aide de la part d’un être désespéré, donc qui croit avoir épuisé ses moyens pour se tirer d’une situation, il s’attire une aide discrète, le temps que passe sa rancoeur.  Mais, pour celui qui cherche l’anéantissement, sa transition présente d’autres complications, pour assez longtemps.

Entendons-nous d’abord sur le fait que le suicide désigne l’action délibérée d’une créature humaine de mettre un terme à sa propre vie, donc de causer volontairement sa propre mort, dans l’espoir d’échapper à une situation physique douloureuse ou à un état psychologique intolérable.  Il évoque un acte négatif qui, insuicideterrompant abruptement la vie à un niveau, ne peut aller sans conséquence.  Celui qui le commet cherche une façon de fuir la vie, la douleur, les épreuves inhérentes au plan de la densité et de la dualité.

L’un des vôtres, Lanza del Vasto a fort bien cerné le contexte du suicide et il a plutôt bien compris mon Système cosmique, quand il a dit: «Le suicide est le dénouement normal de la passion, parce que le goût de la mort en est l’essence. Le suicide se fait alors par un acte brutal et bref.  Mais le vice étant une passion mesquine, viscérale et sans aventure, le suicide prend la forme d’une longue déchéance.  Un autre vous a expliqué : Celui qui se pose la question du suicide se trouve en fait face à face avec le destin qui lui impose un dialogue sérieux.  Il ne se demande déjà plus s’il a le courage de le suivre ou s’il va l’esquiver lâchement.  Il n’y a plus moyen pour lui de lui échapper.  Le destin l’entoure de tous côtés, le soumet à son tribunal.  Il n’y a plus d’échappatoire: il faut se regarder en face et prononcer son propre verdict.  Il ne peut plus recourir aux circonstances malencontreuses ou atténuantes ni à la responsabilité d’autrui.  Il va accomplir une action dont il sera le seul auteur, son propre exécuteur.  Il va enfin se prouver qu’il existe, et ce qu’il est, incapable de se soustraire aux suites de son acte et de son refus d’agir.  Tragiquement, il est en train de s’assumer comme libre et responsable, sous sa véritable figure.  C’est pourquoi toute tentative de fuite lui paraît une puérile duperie.»

La question fondamentale que se pose le candidat au suicide, c’est : «À quoi cela sert-il de vivre?»  Mais vous savez pertinemment que la souffrance est très subjective : une même situation peut paraître banale pour l’un et dramatique pour l’autre.  Quoi qu’il en soit, le candidat au suicide démissionne par rapport au plan de vie qu’il s’était tracé.  Aussi, dès qu’il a franchi la trame, il se retrouve sur le plan de l’astral qui correspond à son état de conscience.  Comme son âme ne peut rejoindre le plan qui est le sien, elle reste emprisonnée dans un plan inférieur souvent inquiétant.  Alors, entouré d’entités déplaisantes et de forces hostiles, dès que le transité reprend conscience, il réalise l’aspect erratique de son choix, ce qui le rend très malheureux.  Pour cette raison, il ne lui est pas facile de trouver la Lumière par lui-même.

Malgré les apparences, le suicide représente le couronnement de la lâcheté et de l’impuissance.  C’est trop souvent une quête d’anéantissement dans la protestation.  Aussi, sur les autres plans, cet être se retrouve-t-il dans ce qu’il cherchait, la stase, l’ankylose, la paralysie complète, devant mettre des années pour se réveiller à ce qu’il ne pouvait échapper, forcé de réunir péniblement ses énergies dispersées.  Il entre dans un noir absolu, comme dans l’essence de l’obscurité, comme dans un monde de négation absolue, devenant l’esclave des forces ténébreuses, à titre d’ange noir.

Ainsi, celui qui a choisi ce moyen de transition prématuré par désir de se perdre dans le néant se retrouve d’abord complètement dans un état de stase qui correspond à son vœu.  Mais il ne peut demeurer éternellement dans cet état puisque des énergies cosmiques de diverses provenances continuent d’agir sur lui, le ramenant plus ou moins rapidement à la conscience.  D’autres, qui ont effectué le grand passage dans des conditions moins tragiques, par leur degré de désespérance, se retrouvent dans un état d’ankylose, un état moins comateux, mais ils n’en sont pas moins psychiquement affectés, à divers degrés.  On pourrait dire qu’ils sont malades, psychiquement fragiles, d’où ils ont besoin d’un cycle plus ou moins prolongé de convalescence avant de retrouver leur pleine conscience.

Tout suicidé doit reprendre son expérimentation là où il était rendu pour lui apprendre à accepter les épreuves qui correspondent à ses choix plutôt que de tenter de mettre fin à ses jours lorsqu’il traverse une phase de grandes difficultés.  Il peut même y apprendre la sublime leçon de moins charger son plan de vie d’une incarnation à une autre.  N’empêche que, en règle générale, le suicide reste le pire choix qu’un être humain puisse poser, car elle le retire, pour un temps plus ou moins long, de la séquence évolutive.

À ce propos, je dois vous rappeler que, depuis quelques années, par Décret cosmique, j’ai interdit à tout suicidé le retour en incarnation sur Terre puisque celle-ci est en phase d’ascension et qu’elle n’a nul besoin d’entités régressives ou réfractaires qui pourraient la ralentir dans son élévation, rendue déjà assez difficile par la somme d’endormis qu’elle porte encore.

Au moment de commettre son délit, plus le désespoir du candidat au suicide est grand, plus il s’enfonce dans le vide, errant, inconscient, à la dérive.  S’il peut encore reconnaître les impératifs de la vie, de l’autre côté de la trame, il reste incapable de s’élever, à moins qu’il ne reçoive une aide tutélaire et miséricordieuse, ce qui est rarement le cas.  Il peut errer ainsi, paralysé, des années, des siècles, des millénaires, le temps de se reconstituer, de récupérer ses énergies, de s’éveiller complètement.

Et, au moment de son réveil, quel effroi et quel vide il ressent!  Il doit tout recommencer, partant d’où il était rendu, sans aide et sans appui.  Car ceux qu’il aimait, s’il le pouvait encore, ont bien évolué, se sont élevés bien haut, à des hauteurs qu’il ne peut atteindre.  En conséquence, un froid glacial l’envahit, une nostalgie poignante l’étreint.  Il est seul à devoir faire face à son destin.  I1 était bien le seul responsable de son désespoir et il doit l’admettre pour se mettre à la tâche pénible d’accomplir ce à quoi nul ne peut échapper: s’accomplir dans la lumière.

Pourtant, il faut dire que, dans nombre de cas, le suicidé ne visait pas à se donner la mort, mais à lancer un appel de détresse.  Son désir d’annihilation, qui révélait une crise intime, résultait d’un acte de révolte, de désespoir, d’épuisement, de peur, de dégoût.  Il tentait maladroitement d’exprimer le rejet violent d’une situation ou la lassitude consécutive à un profond désarroi ou à une immense tristesse.  Car le candidat sérieux au suicide éprouve une douleur si intense qu’il n’entrevoit aucune autre option pour mettre un terme à son drame.   En réalité, dans la majorité des cas, ce n’est pas la mort qu’il recherche, c’est la fin de la souffrance.

Pour une personne de tendance suicidaire, le geste qu’elle s’apprête à poser représente la seule issue, d’où elle vit dans l’ambivalence des choix de vivre et de cesser de souffrir, non de vivre et de mourir.  Il n’en témoigne pas moins de pulsions hostiles latentes qu’elle retourne contre elle-même. Souvent, cette personne vit beaucoup de culpabilité et elle craint de faire subir sa détresse à son entourage.

À ce propos, peu importent  le statut social, le niveau de scolarité ou l’apparente qualité de sa vie, tout être humain peut, un jour ou l’autre, se sentir à ce point impuissant, devant certains événements, que l’idée du suicide peut naître et persister jusqu’à ce qu’il pose le geste fatal.  Votre société est axée sur la compétence, la performance, l’excellence et tant d’autres valeurs fausses, mais exigeantes.  De ce fait, elle laisse malheureusement peu de place à l’expression des multiples facettes de l’être humain, surtout dans ses aspects les plus fragiles.  N’empêche que, dans la vie, celui qui peur reconnaître ses points de vulnérabilité s’ouvre la voie vers l’acceptation et la résolution de ses manifestations les plus intenses.

Nul être humain ne devrait rester insensible à l’expression de son désespoir et, comme elle signale une fragilité mentale, il devrait apprendre à s’écouter, sans se juger, et, en cas d’impuissance, à faire appel à l’aide pour prévenir tout geste irréparable.  En fait, chaque suicide repose sur une histoire et il conserve un sens : c’est rarement un seul événement qui le cause.

Pour la majorité des candidats au suicide, le geste mortel représente la cessation de la souffrance ou la seule réponse face à leur désespoir.  Mais un être incarné peut trouver divers motifs d’attenter à ses jours, d’où ce geste n’implique pas toujours les mêmes conséquences karmiques.  Pour certaines personnes, le suicide constitue un appel à l’aide;  pour d’autres, il s’agit de l’expression agressive d’une haine de soi ou d’une haine entretenue à l’égard de quelqu’un d’autre.  Dans certains cas de deuil non résolu, il ressort d’un désir de réunion avec la personne ou l’objet perdu.  Pour d’autres encore, le sentiment de culpabilité est tellement grand que le suicide devient la réponse à leur désir d’expiation.  Enfin, le suicide peut découler d’une phase de délire.

Les facteurs qui prédisposent au suicide peuvent incliner plus facilement une personne vulnérable à opter pour cette issue. Ils résultent des antécédents familiaux (histoire familiale de suicide, de violence et d’abus, alcoolisme ou toxicomanie des parents, pertes vécues en bas âge, etc.) et de l’entourage (isolement, rejet, banalisation du suicide, etc.)  Ils comprennent de plus les facteurs individuels (problème de santé mentale, trouble de la personnalité, addition de deuils non résolus, tentatives de suicide antérieures, croyance que l’on n’est pas aimé et qu’on ne le sera jamais, etc.)

Les facteurs prédisposants, de plusieurs ordres, accentuent le niveau de risque déjà présent.  Aux dires de vos psychologues, les problèmes de santé mentale décuplent le risque de suicide. Selon des études, entre quatre-vingt et cent pour cent des personnes qui ont choisi la voie du suicide souffraient d’un problème de santé mentale, et notamment de dépression.  L’alcoolisme et la toxicomanie augmenteraient de vingt pour cent le risque suicidaire. Quant aux maladies chroniques, débilitantes ou invalidantes, elles accroitraient de vingt-cinq pour cent les risques qu’un être privilégie ce choix.  Il faut ajouter que les idéations suicidaires, avec les situations de stress psychosociaux (difficultés économiques persistantes, isolement affectif, problèmes d’adaptation, instabilité familiale, chômage, perte récente d’un être cher, etc.) représentent également des facteurs de risque importants.

Pour leur part, les facteurs précipitants agissent comme déclencheurs de l’acte suicidaire.  Il peut s’agir d’un événement déstabilisant vécu comme blessant, pénalisant ou humiliant ou comme tout cela à la fois.  Il se peut encore que le candidat au suicide ait atteint le seuil de tolérance à la souffrance.  Enfin, la disponibilité d’un moyen pour se suicider (voiture, médicaments, couteau, arme à feu…) peut précipiter le passage à l’acte.  Quant aux facteurs de protection, que vous ne devez pas négliger, ils désignent les dispositions personnelles (tempérament, habiletés intellectuelles, habiletés sociales, connaissance de soi, qualité des stratégies d’adaptation, utilisation de l’humour…) et des liens significatifs avec autrui.

Vous devez savoir que personne ne naît avec une tendance suicidaire.  C’est naturellement que toute personne cherche à maintenir un certain état d’équilibre et une certaine qualité de vie, ce pour quoi elle développe des mécanismes de protection et des stratégies d’adaptation. Cependant, face à certains événements perturbateurs, ces stratégies habituelles ne parviennent plus à fonctionner.  La personne dont les stratégies d’adaptation habituelles sont mises en échec entre alors une période de crise.  Elle vit une période de complète désorganisation et de trouble intense durant laquelle elle ne peut que tenter d’appliquer de nouvelles solutions de nature à l’aider à s’extirper de sa crise.

À vrai dire, la personne peut trouver une résolution adéquate de sa crise dans la mesure où elle parvient à développer de nouvelles stratégies d’adaptation et où elle atteint un degré de fonctionnement supérieur à celui d’avant son drame.  Ainsi, elle peut retrouver son équilibre antérieur dans la mesure où elle parvient à retrouver les aptitudes de fonctionnement qu’elle maîtrisait avant la crise.   En revanche, elle se livre à une résolution inadéquate de sa crise dès qu’elle recourt à des stratégies efficaces à court terme, mais néfastes à long terme, par exemple à des stratégies qui servent surtout à engourdir sa souffrance.  Tel est le cas de la psychosomatisation comme de la consommation d’alcool ou de drogues. Dans ce dernier cas, le candidat ne parvient qu’à se maintenir dans un état de vulnérabilité.  Enfin, il peut y avoir précipitation vers une crise suicidaire si le passage à l’acte apparaît comme la seule solution possible aux problèmes présents.

Dans ce contexte, si vous voulez aider convenablement un candidat au suicide, vous gagnez à retenir que le processus suicidaire atteint son état de cristallisation lorsque, après une longue rumination mentale, la personne ne réussit pas à retrouver son équilibre et ne trouve plus de moyens de mettre un terme à ses souffrances.  Alors, celui-ci retient le suicide comme la seule issue possible à son drame.  Dès lors, il prend la décision de mettre un terme à sa vie et il commence à élaborer un plan en déterminant où, quand et comment il va procéder.

Lorsqu’un candidat au suicide a complété la planification de son acte, il peut s’exécuter très rapidement, à moins qu’il ne le reporte par désir de l’associer à un événement particulier (date anniversaire, obtention de pilules, réponse à une demande, etc.)  C’est la période durant laquelle, subrepticement, la personne suicidaire rédige son testament, écrit des lettres d’adieu, donne des objets qui ont, pour elle, une valeur sentimentale, etc.  Dans certains cas, comme la personne entrevoit la fin prochaine de ses souffrances, elle peut donner des signes soudains de mieux-être.

Si vous n’êtes pas parvenus à aider un candidat au suicide à échapper à son geste, le plus grand service que vous puissiez lui rendre, c’est de prier pour lui, de lui envoyer de l’amour et de l’énergie très pure et de l’inviter à s’élever dans la Lumière divine.  Vous pouvez lui suggérer de requérir l’aide de la Source suprême et de la Hiérarchie divine, par exemple d’appeler à l’aide des anges ou un Maître réalisé particulier.  Car, selon l’aide dont il pourra bénéficier du plan matériel et des plans subtils, il verra son séjour écourté dans les plans qui ne sont pas les siens.

Si nul d’entre vous n’a rien à redouter la mort, qui est l’illusion des illusions, vous n’avez pas pour autant le droit de la provoquer, car, c’est seulement au niveau de l’expérience que vous pouvez évoluer.  Lorsque vous mettez arbitrairement fin à un contrat de vie, vous êtes obligés de reprendre, dans une autre vie, ce que vous n’avez pas mené à terme dans la vie antérieure.

À vrai dire, ce n’est pas tellement la mort que vous redoutez que ce qui peut la précéder, une maladie chronique débilitante ou une longue agonie, qui peut durer d’autant plus longtemps que vous ne parvenez pas à vous détacher de vos liens terrestres ou matériels.  Car, lorsque vous pressentez que le moment est venu de transiter, parce que vous avez complété une expérience, vous ne pouvez que vous en réjouir et vous abandonner à ce qui n’est qu’un grand passage dans un monde plus raffiné.

© 2009-2015 Bertrand Duhaime (Dourganandâ).  Tous droits réservés. Toute reproduction strictement interdite pour tous les pays du monde.  Publié sur : www.larchedegloire.com.  Merci de nous visiter sur : https://www.facebook.com/bertrand.duhaime.

 

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2 Responses

  1. Marie-Laure

    Merci pour toutes ces précisions sur ce sujet délicat cher Monsieur Duhaime.
    Je suis face au cas particulier de mon fils de 14 ans qui pense avoir accompli ce qu’il devait sur notre plan terrestre et parle de repartir très prochainement pour accomplir de nouvelles choses sur un autre plan… je suis vraiment désemparée car je ne sais comment lui parler pour l’empecher De transiter par lui même ce qui me semble ne pas pouvoir être juste au sens divin. Il pense en effet que la realité divine dépend des croyances de chacun et que le suicide n’est pas grave selon ses croyances.
    Ainsi je pense avoir besoin de vos précieux conseils et vous serais très reconnaissante si je pouvais bénéficier (ou peut être directement mon fils Merlin) d’une séance avec vous.
    Pouvez vous me transmettre les modalités (tarif, possibilité à distance et vos disponibilités?)
    Amicalement, avec toute ma gratitude.

    Marie-Laure

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    • Bertrand Duhaime

      Marie-Laure, je le déplore, mais je ne puis vous venir en aide du fait que j’ai pris ma retraite et n’accepte plus de consultations personnelles. D’autant plus que nous n’habitons peut-être pas le même continent. Mais vous pouvez toujours m’écrire par le biais du «Contact», si vous continuez de croire que je peux vous être utile.

      Répondre

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