DIEU, À QUOI PEUT SERVIR LE JEÛNE?

 

Mais à maigrir, mon cher!  Hors de cette plaisanterie, rappelons que vous définissez le jeûne comme l’abstinence volontaire d‘aliments par esprit de purification, de pénitence ou de mortification.  Alors, pourriez-vous me dire en quoi, à titre de Dieu, Source d’Amour, j’aurais besoin de vos privations et de vos moyens d’ascèse?  Dans certaines circonstances, je concède que le jeûne peut contribuer à restaurer votre vitalité, accroître la qualité de vos cellules et la jeunesse de votre corps, rétablir la vigueur et la paix dans votre esprit et augmenter votre lumière spirituelle.  Pourtant, moi je préfère définir le jeûne comme l’effort quotidien pour vous libérer de vos attaches matérielles vaines et illusoires.

jeuneÀ une époque, alors que les gens du peuple ne connaissaient pas les règles d’une saine alimentation et qu’ils devaient consommer ce qui s’offrait à eux, la privation temporaire de certains aliments ou de tous les aliments répondait à une nécessité naturelle.  Cette ascèse permettait d’accorder à l’organisme un repos et de le nettoyer, en le libérant de ses surplus de gras, de ses déchets, de ses toxines et de ses miasmes.  Vos voyants et vos initiés ont toujours pu attester de ce fait par l’élévation du taux vibratoire du jeûneur, bien que vos instructeurs spirituels ne pussent pas toujours expliquer facilement ce phénomène aux gens ordinaires qui ne comprenaient pas grand-chose à la science ni à la spiritualité.

Dans les temps présents, le jeûne peut encore servir, mais vous devez surtout l’appliquer par la limitation de votre ration alimentaire quotidienne à une quantité raisonnable;  par le choix d’aliments plus sains que ceux que vous consommez habituellement, retenant les plus frais et les plus vivants;  par l’élimination des produits toxiques qui vous empoisonnent à petit feu;  par la réduction des produits stimulants qui agissent dans votre organisme en coup de fouet et des produits lourds qui encrassent et surchargent.

À un moment ou à un autre de l’année, un jeûne intégral bien mené peut produire de grands bienfaits dans la mesure où son aspect privatif ne vous agace pas trop.  Il se fonde sur le pouvoir d’auto-guérison de l’organisme.  Au cours d’une telle phase, votre corps se désintoxique, se régénère et rajeunit.  Ce processus s’accompagne d’un grand travail de libération aux niveaux psychique et spirituel, transformant vos aspects mental et émotionnel.  Pendant ce temps, votre inconscient procède à un grand ménage dans votre organisme entier.  Alors, chacun de vos systèmes (digestif, immunitaire, rénal, respiratoire, cardiovasculaire, nerveux, lymphatique) se remet au point et vos sens reprennent leur acuité.  Mais, selon la longueur de votre jeûne, vous devez penser à en récupérer tout aussi soigneusement que vous avez mené votre jeûne pour vous éviter des problèmes de santé.

À l’occasion, brièvement, sans brimer votre nature, vous pouvez vous astreindre à cette abstinence complète d’aliments, afin de régénérer votre être, mais gardez-vous d’en faire un devoir et d’établir des normes générales.  Dans les pays tempérés, cette pratique peut notamment convenir après un long hiver, alors que, par nécessité, vous avez consommé moins de plantes alimentaires fraîches ou variées et que vous avez pu intoxiquer votre organisme ou prendre du poids.  Ce qui importe, c’est que vous ne vous astreigniez jamais à ces pratiques dans un but de privation ou de mortification pour expier vos péchés et gagner votre ciel, car je ne vous ai jamais imposé de telles exigences.  Le salut s’obtient autrement, c’est-à-dire par une conduite amoureuse, menée à votre rythme évolutif, selon votre degré de compréhension et vos moyens.  C’est cela vivre de façon «évolutive», soit recouvrer sa complète conscience.

Dans cette recommandation, je n’exclue pas ce que vous appelez, en Orient, le «karmayoga», cette pratique qui consiste à vous imposer par vous-même, en guise de juste compensation, une petite expérience difficile dans le détachement complet, ce qui inclut le silence et le secret, pour diminuer l’effet de la Causalité éthique.  Par exemple, si vous avez invectivé à tort l’un de vos voisins, dans un moment d’impatience, vous pouvez incognito lui rendre un petit service, même si cela vous coûte un peu.

Mais retenez que cette pratique spirituelle ne suffit pas, à elle-seule, à vous conduire à l’Illumination que vous cherchez.  Elle réduit tout simplement vos dettes karmiques.  Or, à ce propos, il y a quelques années, j’ai annulé tous vos fardeaux karmiques résiduels, bien que je n’aie rien modifié à la loi universelle de la Causalité.  Ainsi, dans les plans inférieurs, vous pouvez encore vous créer des répercussions karmiques.

Pour ma part, au jeûne par ascèse, j’aimerais mieux vous voir adopter la pratique de la culture du détachement ou du lâcher prise, surtout dans l’oubli temporaire de vos problèmes, que vous pourriez me confier, dans le silence méditatif.   Alors, je pourrais vous suggérer mes solutions divines et vous indiquer la direction de la Voie intérieure.  Car le temps que vous consacrez bien inutilement à nourrir vos inquiétudes et vos peurs ne sert qu’à accumuler le débit négatif de votre compensation, dans le jeu de la Causalité.  À l’inverse, lorsque vous vous adonnez à des expériences qui attirent la Lumière, vous élevez votre taux vibratoire, vous éloignez les pensées délétères et vous faites fuir les esprits mauvais.

Bien des pratiques rituelles des temps anciens s’expliquent par une impossibilité des instructeurs religieux à contenir autrement un peuple ignare, frustre et barbare.  C’est notamment le cas dans les interdictions de boire du vin ou de consommer de la viande de porc.  Chez des petits peuples entourés d’ennemis, il fallait ériger certaines pratiques en tabous autant pour éviter leur dégénérescence que leur extinction.  Les meneurs du peuple n’avaient pas intérêt à laisser leurs soldats s’enivrer quand ils devaient faire preuve d’une vigilance de tous les instants pour se défendre contre les attaques de voisins envieux, cruels et sanguinaires.  Quant à la viande de porc, la viande la plus infestée de tænia et de salmonelle, elle n’était pas facile à conserver dans des pays chauds dépourvus de moyens efficaces de conservation.  Qui vous dit que la monogamie n’a pas été largement instituée dans une intention de protéger les gens contre les ravages des maladies vénériennes?

Si vous faites abstraction des considérations nutritionnelles et alimentaires, notamment des récriminations du végétarisme, certaines prescriptions éthiques doivent-elles toujours tenir aujourd’hui?  Comme vous êtes libres, c’est à vous d’en décider.  Mais dans le choix que vous retiendrez, sachez clairement pourquoi vous le faites et évitez de perpétuer des normes périmées et des tabous fallacieux.  Rappelez-vous que le mal ne réside pas dans une chose ou une réalité, mais dans leur usage quand vous manquez de pureté d’intention et d’amour ou que vous vous livrez à l’abus.

Vous qui trouvez déjà la vie sur Terre si compliquée, pourquoi continuez-vous à vous encombrer de faux préceptes et d’aberrations spirituelles?

© 2009-2015 Bertrand Duhaime (Douraganandâ). Tous droits réservés. Toute reproduction strictement interdite pour tous les pays du monde.  Publié sur : www.larchedegloire.com.  Merci de nous visiter sur : https://www.facebook.com/bertrand.duhaime.

A propos de l'auteur