DIEU, POURQUOI FAUT-IL T’ADORER?

M’adorer?  Non, mais tu rêves, tu sombres dans l’anthropomorphisme ou quoi?  Tu me prends pour l’un de ces êtres humains orgueilleux, vaniteux et prétentieux, toujours jaloux de son image et soucieux de son prestige, imbu de sa personnalité?  Tu crains que je fasse une crise d’ego si tu ne me traites pas avec tous les égards que tu imagines devoir me rendre et que je me venge en projetant sur toi mes foudres célestes?  Mais je n’ai vraiment rien à faire de tes salamalecs.  Comme je n’ai rien à faire de tes rites, de tes rituels, de ta liturgie, s’ils deviennent rigides, figés et mécaniques et coupent du cœur.  Ne suis-je pas l’Être unique et suprême, impassible, Source du Tout?  Qu’est-ce que l’adoration ou les sacrifices peuvent bien m’ajouter?  Je Suis déjà Tout et j’ai déjà tout puisque Tout adoration-devotionm’appartient.

Explique-moi pourquoi, puisque tu es mon Fils, tu devrais t’agenouiller devant moi pour m’adorer?  Est-ce qu’un Prince de sang s’incline devant son Roi, s’il est son père?  Lorsqu’il rencontre son Souverain, ne se contente-t-il pas d’une petite révérence polie, courtoise, cordiale?  Je veux bien admettre être le Roi des Rois, mais n’est-tu pas, de plein droit, mon Fils bien-aimé, créé à mon image et à ma ressemblance?

D’abord, qu’est-ce pour toi que l’adoration?  Dans vos peuplades animistes, il s’agit d’un culte rendu à une divinité ou à un objet divinisé pour lui témoigner un amour ardent, une forte révérence, des louanges sincères, une soumission complète.  Dans vos cultes monothéistes, ce culte sert surtout à reconnaître ma transcendance sur toutes les autres entités spirituelles.  Vous le définissez comme l’acte spirituel par lequel l’être humain me rend hommage en tant qu’Être suprême et Souverain Maître de toutes choses.  Dans les faits, elle ne consiste qu’à me reconnaître dans mon aspect providentiel, donc comme le Dispensateur ou le Pourvoyeur de tous les biens, donc également du vôtre, et à chercher refuge en moi pour échapper aux dangers et aux misères humaines inhérentes à l’Évolution.

Ainsi, l’adoration t’invite à me reconnaître comme l’Auteur unique de toute création présent partout dans le Cosmos.  Elle peut encore consister en la profonde concentration et en la contemplation de la Perfection sublime de la Nature que j’habite.  Chez mes enfants que sont les êtres humains, l’adoration, si elle doit se produire, doit surgir d’une dévotion naturelle et spontanée et viser à reconnaître ma Grandeur incommensurable en raison de mes attributs grandioses et de ma nature d’être digne d’être aimé.  Alors, elle implique qu’un être conscient mobilise les pouvoirs de sa personnalité, sous la gouverne de son âme, afin de se soumettre à la volonté ou aux directives de son Esprit personnel, qui est une parcelle de moi.  Dans cette perspective, cet acte devrait se suffire en lui-même, ne devant jamais inclure ni attente ni intérêt.

Pourtant, c’est en cessant de m’adorer, parce que tu te reconnais toi-même comme mon Fils ou comme ma créature, que tu peux trouver le Sentier du Retour vers ta Source, donc vers moi.  Pour ce qui me concerne, je ne t’appelle nullement à m’adorer, pas plus toi qu’une autre de mes créatures.  Il me suffit que tu reconnaisses l’importance de mon rôle dans ta vie, que tu communies avec moi en tant qu’Être-Un, que tu m’aimes et me respectes dans tout ce que je suis et fais.  Mais si tu ne le fais pas, le ne te ferai pas tomber mon ciel sur la tête.  Ne sais-tu pas que je n’ai besoin de rien et que je ne juge jamais personne?

Adorer, c’est simplement poser l’acte de reconnaissance de Qui Je Suis en esprit et en vérité.  Or il est vrai que Je Suis l’Esprit unique, l’Essence suprême, la Réalité unique, le Fondement de toutes choses.  En elle-même, l’expérience de l’adoration résume l’inclination spontanée et sublime de toute Étincelle divine, en chacune de mes créatures, de me communiquer les élans et les aspirations indicibles des âmes, jointe à la pensée qui me cherche.  De là, en principe, toute attitude véritable d’adoration devrait se fonder sur trois faits : l’expression de l’amour, la conception de sa propre vie et le fait de l’accepter pleinement.  Accessoirement, l’adoration peut servir à me rendre hommage, mais elle ne doit jamais conduire l’un d’entre vous à me percevoir comme un Être distant, inutilement autoritaire, arbitraire, tyrannique, impérieux, exigent, sérieux et sévère.

Si l’un d’entre vous tient absolument à m’adorer, qu’il commence par se percevoir comme mon Fils bien-aimé, comme l’être digne et fier qui est le dépositaire de toutes mes potentialités, l’héritier de tous mes bienfaits, le sujet de toutes mes bénédictions, l’objet de toutes mes sollicitudes, tout en restant, pour toujours, redevable de rien.  Que son adoration serve à me rendre un hommage de révérence amoureuse en tant qu’Être à la fois rigoureux et clément, par ma Loi unique.  Mais que cet hommage ne passe jamais par un rituel compliqué, compassé, béat, rigide, servile ou empreint de religiosité ou de bigoterie.  Au contraire, qu’il fasse plutôt passer cet hommage passe par un élan spontané, dans une communication simple et candide, présentée dans ses propres mots, des mots pleins d’amour et de dévotion.

Pour tout te dire, ce n’est pas moi qui ai besoin de l’adoration, mais toi.  Ce n’est pas moi qui en ai imposé l’exigence, c’est l’être humain qui en a reconnu la valeur.  Pourquoi?  À cause de l’état de gratitude et de réceptivité dans lequel il place la créature si elle ne tente pas d’exprimer uniquement de la flagornerie.

L’adoration ne doit servir qu’à reconnaître le fait inéluctable que celui qui se coupe de moi, sa Source unique d’approvisionnement, ne peut que s’étioler et périr.  Mais c’est un choix que je respecte en toute grâce et en toute sérénité, car je sais l’avoir doté du libre arbitre qui lui permet de le faire.  Quand je donne, je donne pour l’éternité, je ne reprends jamais.  De même, quand je promets, je tiens éternellement ma promesse.  Tout compte fait, le meilleur geste d’adoration, c’est de rester constamment uni à moi pour être bien alimenté et pourvu d’énergie.  Que celui qui m’adore pense simplement que, lorsqu’il s’unit à moi, il peut rendre possible tout impossible apparent.  Sans moi, il ne peut rien, mais avec moi, il peut tout.

À titre de Dieu, c’est la seule fin que je puisse reconnaître à l’adoration.  Pour le reste, rappelle-toi que, pour ma part, je n’en ai nul besoin.  Et si jamais tu devais cesser de m’adorer, sache que jamais tu ne seras damné ou condamné, parce que je continuerai de t’aimer, pour toujours, du même amour pour toujours, parce que je ne damne ni ne condamne jamais rien ni personne.  Au lieu de tant chercher à m’adorer, apprends à t’aimer et à aimer tous tes semblables et toutes mes créatures.  En retour, au centuple, tu recevras tout mon Amour.

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