DIEU, AURAIS-TU INVENTÉ LA TENTATION POUR LE SIMPLE PLAISIR DE NOUS ÉPROUVER DANS NOTRE VERTU?

 

Oui, je comprends tes allusions.  Vous que croyez que c’est moi qui, en Être sadique et arbitraire, vous ai placés dans un monde où vous êtes constamment soumis aux tentations et où, selon la force de résistance de chacun, les uns seront sauvés tandis que les autres seront voués à une damnation éternelle.  Mais tu ne vas pas me dire que tu crois encore à ces sornettes que vous proposent vos religions?

La vie sur Terre ne représente nullement ce genre d’expérience aberrante.  C’est vous qui, dans votre liberté nouvellement acquise, lors de votre séjour au Paradis terrestre, qui vibre d’une fréquence éthérique, avez prématurément désobéi à l’une de mes injonctions, celle d’éviter de consommer le fruit de l’Arbre des Opposés compatibtentation1ales et complémentaires, ce qui vous a rapidement entraîné dans le monde de plus grande densité de la matière.  Mais vous devez savoir que, derrière cette possibilité de chute apparente, qui n’était qu’une descente dans un plan de conscience inférieur, je portais une intention et veillais au grain.

Pour les religions, la tentation évoque ce qui éveille le désir et porte à enfreindre une loi religieuse ou un principe moral, donc une impulsion qui porte au mal ou au péché.  En spiritualité, vous parlez plutôt du mouvement intérieur qui porte à poser un acte interdit par le système de valeurs personnel ou à enfreindre un principe naturel ou une loi cosmique, un mouvement produit par un attrait presque irrésistible.  Dans les deux cas, vous référez à un appel des mauvais penchants qui, de simple étincelle, se transforme en brasier d’impulsion jusqu’à faire succomber un être ignorant ou fragile.  Et vous avez raison, la tentation procède de l’ego humain ou de la personnalité, une création du mental, qui, dans ses pulsions, s’oppose à la sagesse du Moi supérieur.  Mais, sans le mental, qui vous permet de discriminer et de faire des choix, vous ne seriez jamais parvenus à mener une vie libre et indépendante et à faire des choix personnels conscients.

Ce que vous ne semblez pas comprendre, c’est que la tentation joue un rôle constructif, parce qu’initiatique, et qu’elle se présente à l’heure marquée par l’Horloge de la destinée pour éprouver un sujet dans son aptitude à tenir ferme dans le bien et le droit, conformément à son degré de discernement personnel.  Au plan de la dualité, moi, le Créateur, qui ordonne et crée, Je Suis Tout, à la fois ordre et désordre ou lumière et ténèbres, des aspects opposés de la Réalité unique, seulement en apparence.  Aussi, effectivement, est-ce moi, qui ai instigué l’épisode de la tentation au Jardin d’Éden.  Mais je l’ai fait pour des raisons tout autres que celles qu’on vous a apprises.

Dans ma solitude éternelle, j’ai inventé le Jeu amoureux de me percevoir multiple dans mon Unité indissoluble en projetant des Étincelles de Lumière de ma Conscience cosmique à travers le temps et l’espace, afin d’explorer tous les aspects de mon Être éternel.  Dans ce Jeu divin, j’ai convié l’espèce humaine, le type particulier de créatures qui fait le Pont entre le monde abstrait et le monde concret, à découvrir sa liberté fondée sur sa volonté propre.  À travers elle, je voulais vérifier qu’un être qui peut apparemment choisir de se détacher de moi et plonger dans l’Ombre peut revenir de lui-même à la Source unique que Je Suis ou qu’elle est par moi.  C’est ainsi que l’espèce humaine s’est retrouvée comme momentanément privée de sa divinité afin que, à tâtons et de haute lutte, elle retrouve ses origines et se découvre, en pleine conscience, conçue à l’image et à la ressemblance de son Créateur.

Lors de votre séjour au Paradis terrestre, recourant à votre liberté nouvellement acquise, vous avez fait un choix prématuré qui vous a entraîné dans la densité de la troisième dimension.  Vous avez activé la Roue de la Vie, vous avez initié le cycle de l’incarnation et des réincarnations dans la matière.  À ce niveau, il existe la dualité du spectre de la Réalité, qui va de l’ombre absolue à la Lumière absolue.  Pour vous en dégager, vous devez, en déjouant les illusions, assurer votre maîtrise sur tous les aspects de votre être, des plus sombres aux plus lumineux.  Au terme de l’expérience, vous gagnez un degré de conscience qui vous permet d’en savoir autant que moi.  Alors, malgré les aléas de l’expérimentation, perdez-vous vraiment au change?

Dans le Grand Jeu amoureux de la Vie, la tentation ne représente rien d’autre que l’épreuve qui permet à un être de mûrir, de croître en conscience et de s’initier à sa Réalité divine, le faisant constamment grandir dans la transcendance.  Elle lui permet d’évaluer son degré de maîtrise.  En elle-même, elle ressort de la dynamique du désir, le mouvement de la sensibilité qui aspire à une satisfaction pleine et entière, attisant la hâte de sens à saisir leurs objets et à en jouir.  Car le désir naît de l’affect qui résulte des effets des aspects compatibles et complémentaires de la polarité, source du mouvement de l’activité de la Substance vive ou de l’Énergie vitale.  Sans le désir, qui sert de bougie d’allumage, l’être humain ne penserait jamais à mener la moindre expérience autonome.

J’en conviens, soumise à la tentation, selon la force du désir qui la sous-tend, une personne peut en venir à être prête à tout pour satisfaire son envie.  Elle peut aller jusqu’à agir contre son idéal, à manquer à sa parole, à mentir, à manipuler, dans l’intention de nuire ou de dominer, afin de satisfaire ses fins égoïstes.  Bien que ce ne semble pas très joli, elle peut même aller jusqu’à trahir ou à tuer, car, lorsqu’elle n’est plus menée que par sa passion, elle n’écoute plus ni son cœur ni sa raison.  Bien qu’ils n’aiment pas être abusés, les traîtres ne se privent pas de mentir, tentant de faire croire ce qu’ils ne croiraient jamais eux-mêmes.  Il faut dire à leur décharge que, pour parvenir à leurs fins, ils ont besoin de victimes, de gens suffisamment crédules ou inconscients pour croire les illusions qu’ils font miroiter ou éviter de se poser des questions sur leurs manœuvres.  Dans cette relation, les deux y gagnent en conscience, car la conscience ne peut grandir que par la force de l’affect qui devient tour à tour appétence, sensibilité, désir et motivation puissante qui active la volonté et la pousse à mener une expérience.

Ainsi, vous faites faussement une mauvaise presse à la tentation, qui ne représente rien d’autre que la puissance du désir qui active la volonté.  Au risque de vous surprendre ou de vous scandaliser, je vais vous dire qu’une bonne manière de régler le dilemme de la tentation, c’est d’y succomber.  Je n’ai rien créé de mal, d’où rien n’est mal en soit : le mal réside dans le mobile ou l’intention ou dans le manque de maîtrise de soi.  Le désir naturel représente la voie que je vous assigne pour mener une expérience qui augmente vos connaissances et vous rend plus conscients.  Ici, je n’inclus nullement l’aspect impulsif qui résulte de l’aspect insatiable du désir de celui qui a fréquemment expérimenté une réalité mais en est devenu l’esclave.  Encore que, si une personne choisit un comportement plutôt qu’un autre, c’est qu’elle a encore quelque chose à y apprendre, ne serait-ce qu’au niveau de son manque de maîtrise d’elle-même.

Par mes messagers, je vous ai fait savoir qu’il existe deux manières de vous sortir victorieux de l’expérience du désir : le transcender, si vous en avez la force, ou y succomber jusqu’à satiété, si vous n’en avez pas la force.  Dans le premier cas, vous ne saurez jamais ce que vous avez gagné ou perdu à refuser une expérience.  Dans l’autre, vous risquez de vous y perdre pour un temps, mais vous finirez tôt ou tard par vous en lasser.  La plupart du temps, vous parvenez à enlever toute emprise à une tentation en l’annulant par l’expérience de la réalité au lieu de la contourner par la morale.  En succombant à une tentation, vous la démystifiez progressivement, en commençant par lui enlever son aspect inconnu, donc fascinant et obsédant.  Ce qu’il -xfO9akqbmZDbNgTISlzF0E_zegfaut comprendre c’est qu’il ne convient pas que vous vous imposiez une manière de faire ou de vivre si elle ne se présente pas de façon naturelle.  Selon son degré d’intérêt, ce que vous refusez de vivre peut vous entraîner dans l’obsession et, ultimement, dans la folie et le désir d’annihilation.  Sans désir, la vie terrestre perd toute sa saveur et sa valeur.

Pourquoi avez-vous aussi peur de vos désirs, qui vous exposent à la tentation, dans un monde où dont vous ne pouvez vous extraire que par l’expérimentation qui vous confère la connaissance ou la sagesse?  Simplement parce que, supposément en mon nom, on vous a menacés de la damnation éternelle en enfer si vous permettiez certains types d’expériences que j’étais sensé réprouver.  Mais je vous le dis aujourd’hui, je ne réprouve aucune expérience si celle-ci ouvre davantage votre conscience et vous aide à transcender votre réalité dense.  Vous ne pourrez jamais atteindre un degré de savoir égal au mien si vous évitez trop des expériences qui se présentent dans votre chantier de travail parce que vous jugez qu’elles sont dangereuses ou de nature peccamineuse.  Moi, si vous voulez le savoir, je ne juge personne et je ne juge de rien.  Et, un jour, de la manière que j’ai conçu l’expérience de la Vie, vous parviendrez tous à vous sauver!

Si vous avez bien compris, le désir qui éveille la tentation constitue le levier de votre conscience.  C’est la première tentation qui a mené à la présumée faute originelle qui vous a lancé dans un mode d’existence où vous avez confirmé votre liberté et où vous avez pu progressivement découvrir que vous avez tous été créés à mon image et à ma ressemblance.

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