DIEU, QU’EST-CE QUE LA CRÉATION?  COMMENT A-T-ELLE PU SE PRODUIRE?

 

En vérité, je crains de devoir changer le mot que tu as employé en parlant de «Création».  Car, dans vos dictionnaires, on définit ce terme comme l’acte par lequel Dieu, recourant à sa Toute-Puissance, tire de rien l’existence et la totalité des créatures.  Or, tout Dieu que je sois, comme le rien ne contient rien, je ne peux pas en tirer quoi que ce soit.  En revanche, je peux tout tirer du Néant dans la mesure où il désigne le Chaos primordial, le Réservoir ou la Somme totale des Énergies informelles et indifférenciées.  En ce sens, comme le Néant représente la Totalité des mes potentialités, de mes virtualités, de mes possibilités créatrices, je peux y puiser à volonté pour manifester tout ce que je désire.  Voilà pourquoi je préfère employer les expressions «Émanation» ou «Manifestation cosmique».  Alors, le Cosmique que Je Suis peut se donner un Corps concret (le Cosmos) pour mener le Grand Jeu amoureux de l’exploration du phénomène de la Vie.

créationL’Émanation, c’est la Grande Illusion qui surgit de l’Être-Un et unique qui fait le Rêve éveillé, en se contemplant, qu’il est à la fois Un et Multiple.  Eh oui, je suis un grand rêveur!  Pour mieux te faire comprendre, je vais t’expliquer quelque chose que ton intuition va trouver très simple et abordable, mais que ta raison va trouver très complexe et compliqué.

Alors, il faut savoir qu’avant l’Origine, Je Suis.  Ce qui signifie pour toi, qui perçois tout à travers la dimension spatiotemporelle, qu’avant l’Existence, j’étais complètement replié sur moi-même dans le Grand Vide absolu, parfaitement neutre, inerte et silencieux.  Dans cet état premier, j’étais et il me suffisait d’être, avec tous mes potentiels latents, sans penser à mon existence.  Rien n’existait en dehors de moi-même.  Mais, à titre de Dynamique intrinsèque de Tout ce qui est, je ne peux rester indéfiniment neutre et inerte.  Et ce qui devait arriver arriva!

Progressivement, bien que j’eusse pu continuer à me complaire dans ma Béatitude, j’ai commencé à m’ennuyer dans ma Solitude.  Je t’exprime de façon allégorique le fait qu’il a commencé à se produire en moi un mouvement intérieur, que l’on appelle l’affect et qui, progressivement est devenu une appétence, une inclination, un désir, une motivation, puis une volonté ferme et délibérée de me connaître dans ma Totalité.  C’est ainsi que j’ai patiemment conçu à l’intérieur de moi-même, dans un Archétype unique, le Projet sublime d’émaner le Monde.

Voilà que, dès le départ, je rencontrais un immense dilemme puisque, à tire d’Être unique en potentiel d’émanation, je ne pouvais pas trouver de support extérieur sur lequel m’appuyer pour y parvenir.  Dans ma cogitation, il s’est produit une tension qui a attiré mon attention sur moi-même.  Alors, il me vint l’idée lumineuse de me prendre moi-même comme support de mon Projet de Manifestation.  Ainsi, Je, le Sujet, je trouvais Moi comme Objet à contempler.  Mon désir de connaître a produit une inversion qui m’a permis de m’apercevoir et de me contempler.  Et, au premier regard contemplatif, ébahi, je me suis trouvé tellement sublime que je me suis épris de moi-même et que j’ai voulu tout savoir de l’Être grandiose que j’apercevais.

C’est ainsi que la Source suprême et unique que Je Suis éternellement à établi une scission ou une division apparente dans son Être-Un.  De cette auto-contemplation, a surgi le Père divin (l’Image, l’Énergie électrique ou positive, l’Essence primordiale, l’Acteur ou l’Émetteur suprême, le Maître de la Hiérarchie lumineuse, au sens de subtilisante, unifiante ou raréfiante) et la Mère céleste (la Ressemblance, l’Énergie magnétique ou négative, le Réceptacle réceptif, la Nature naturante, la Substance primordiale ou l’Éther subtil, la Maîtresse de la Hiérarchie ténébreuse, au sens de densifiante, agrégative ou coagulante).  Par l’Amour infini qu’il éprouva pour la Mère (son Reflet parfait), il engendra le Fils (l’Âme universelle dotée d’un psychisme conscient).  Tirée de sa passivité, animée par cet Amour pur, la Mère retourna au Père cette Énergie subtile, concevant, dans une gamme plus dense, la Fille.  Ainsi apparaissait la Nature naturée ou la Matière dense qui pouvait servir de substrat ferme, solide et stable au Fils qui pouvait dès lors mener son expérience d’exploration de tous les aspects de son Père et de sa Mère.  Ainsi, de l’Unité indissoluble naissait la Multiplicité apparente.

En engendrant le Père et la Mère, j’ai engendré deux Hiérarchies : une Hiérarchie de support et une Hiérarchie d’évolution, le Haut qui se réfléchit dans le Bas.  En quelque sorte, la Hiérarchie de support représente les différents attributs de mon Être.  Il donne naissance à des entités dépourvues de liberté dont le rôle consiste à exécuter ou à transmettre mes commandements ou à exécuter mes décrets.  Ces différents aspects de moi-même fonctionnent un peu à la manière des membres et organes de ton corps qui répondent mécaniquement à tes injonctions, n’ayant aucun intérêt à refuser de contribuer au bien-être et à l’accomplissement de ton être.  Car, avec ta perte, ils disparaîtraient également.  Quant à la Hiérarchie évolutive, elle est composée d’Étincelles divines qui plongent jusqu’au plus profond de la Densité, jusqu’à s’incarner, si tel est leur désir, subissant, dans ce processus laborieux, un phénomène d’oubli important de leur origine, de leur essence, de leur nature et de leur plan ou de leur but.  Leur rôle consiste justement à redécouvrir ce qu’elles sont et peuvent accomplir, en s’intériorisant, par l’activation progressive de toutes leurs potentialités.  Ce phénomène d’obnubilation presque totale s’impose chez des entités qui veulent se tirer complètement de leur conditionnement en exerçant tout le registre de leur libre arbitre.  Ces entités n’éprouveraient aucune joie à devoir obéir constamment à mes injonctions alors qu’elles sont dotées d’une conscience qui leur permet de ressentir leurs propres inclinations, leurs propres désirs et leurs propres besoins et d’élaborer leurs propres concepts.

Pour en revenir à notre sujet de l’Émanation, la tension qui a résulté du fait de porter mon attention sur moi-même a produit le Tout, tout ce qui est.  L’Émanation entière s’est produite dans l’Instant d’Éternité où, me contemplant, enamouré de moi-même, j’ai ressenti le désir de me connaître parfaitement dans tous mes aspects.  Comme il vous a été dit : J’ai proféré le Verbe et Le Verbe s’est fait chair.  J’ai dit : Que la Lumière soit, et la Lumière fut!  C’est spontanément que j’ai exprimé le Son primordial qui correspondait à mon désir originel et il a apparemment pris corps en tant que Réalité cosmique.  Pour ainsi dire, avant ce Moment d’éternité fatidique, j’étais, mais je ne savais pas ou je ne pensais pas au fait que j’étais.  Pour savoir que Je Suis, il faut que, en Essence, je contemple ma Nature, il faut que ma Sagesse s’offre à mon Intelligence (ou à ma Vérité) dans un Amour parfaitement limpide.

Ainsi, l’Émanation représente le résultat, à divers degrés de densifications, de la contemplation de moi-même.  En me contemplant, j’ai conçu un Archétype qui s’est reflété de multiples façons dans l’Éther, d’où il a progressivement engendré la Multiplicité en s’écartant du Point central d’Énergie concentrée que Je Suis.  Par ma Volonté, en s’écartant du Centre unique que Je Suis, l’Énergie est successivement devenue Son, Lumière, Chaleur, Vapeur, Substance plastique et Matière dense avant de servir de Miroir qui, désormais, reflète ma Splendeur.  En s’écartant du Centre unique, en ondes souples et fluides, cet Archétype s’est apparemment morcelé, condensé et densifié.  Cette Multiplicité a résulté précisément de mon désir de me connaître dans tous les aspects de moi-même au moment où je me suis contemplé et me suis épris de moi-même.  Et, m’éprenant de moi-même, j’ai éprouvé un amour infini pour toutes mes apparentes parties, d’où tu peux être assuré d’être pleinement, ardemment et tendrement aimé pour l’Éternité.

À l’origine, ma plus grande énigme résidait dans le fait que, pour me connaître parfaitement à tous égards, il me fallait trouver le moyen d’explorer ma Nature infinie sans quitter mes Hauteurs sublimes.  Je ne pouvais pas le faire en tant qu’Être unique ou en tant qu’Essence suprême, car j’aurais pulvérisé toute forme de la Nature naturée de la Puissance de mon Énergie originelle (de ma Lumière divine), je l’aurais instantanément ramenée dans le Point originel, dissolvant simultanément tous les plans de la Conscience cosmique, ce qui m’aurait empêché de pousser plus loin mon expérience d’auto-connaissance.  Alors, j’ai dû faire semblant de me morceler en une infinité de Rayons individuels, des Étincelles divines qui contenaient tout de mon Essence et de ma Quintessence.  En mon nom, je les ai envoyées en mission d’exploration de mon Être total.  Je les ai chargées de vérifier à tous les niveaux de la Réalité la véracité et l’authenticité de l’ensemble des concepts que j’avais formés à propos de moi-même dans ma Subtilité première.  En fait, j’ai toujours su ce que tout cela représentait, mais j’ai feint ne pas le savoir pour me permettre d’engendrer toutes les créatures, ce qui me tirait de mon apparente solitude d’Être un et unique.

En effet, de plan en plan, ces Étincelles divines (que d’autres appellent les Atomes divins, les Monades spirituelles ou les Étoiles de Lumière) avaient tout le temps de s’entourer successivement de corps protecteurs, de plus en plus denses, pour descendre de l’Essence suprême jusqu’aux plus grandes profondeurs de la Nature infinie, en se permettant d’explorer à volonté, dans leur descente, tous les plans de ma Conscience divine.  Celles-ci pouvaient entrer, pour moi, dans le Grand Jeu amoureux de la Vie en allant explorer tout mon Cosmos (mon Corps divin).

C’est ainsi que j’ai émané le Monde en six jours et que le septième, je me suis reposé, pour contempler la Perfection de mon Œuvre.  Autrement dit, j’ai fondé l’Évolution du Monde sur sept cycles fondamentaux qui figurent l’Échelle qui sert à descendre ou à monter la Montagne sacrée (que d’autres appellent la Pyramide cosmique).  Pour satisfaire votre mental, de façon arbitraire, vous divisez généralement mon Chef-d’œuvre, de haut en bas de l’Échelle évolutive, en divers plans : monadique, atmique (intuitif ou christique), causal, mental, astral, éthérique et physique (ou matériel).  En fait, il n’existe aucune séparation réelle entre ces plans, il n’existe qu’un taux vibratoire qui s’abaisse ou s’élève ou s’élève ou s’abaisse, dans une continuité vibratoire, selon qu’on descend ou monte dans l’Échelle évolutive.

Enfin, comme Je Suis l’Éternité des Éternités, au terme de chaque Grand Cycle évolutif d’une Éternité, je me replie ou me rétracte sur moi-même pour concentrer mes Énergies divines et pour cogiter un Nouveau Plan de Manifestation.  Mais, à chaque fois que, pour ainsi dire, je ressors de moi-même, j’émane une Réalité plus subtile, plus délicate, plus finie, plus achevée, plus raffinée.  Et il en sera ainsi pour toujours puisque je m’ai, Moi l’Infini, à sonder dans toutes mes virtualités illimitées.

Pour toi, ce qu’il importe de retenir de cette brève explication, c’est à quel point je t’aime d’un amour éternel pour t’avoir ainsi associé à mon Œuvre d’exploration de moi-même, toi qui pourras, éventuellement, une fois ta Maîtrise totale reconquise, t’associer à moi à titre de Co-créateur de Nouveaux Univers.  Car une fois que j’ai accordé l’individualité à un être, je la lui maintiens d‘une Éternité à l’autre, s’il a bien évolué, lui révélant d’autres facettes de mon Grand Mystère, ce qui lui permet de toujours mieux découvrir que je l’ai véritablement engendré à mon Image et à ma Ressemblance.  S’il n’évolue pas convenablement, je peux toujours le dissoudre et le retourner à l’Essence suprême pour le mélanger ou l’associer à d’autres énergies plus dynamiques, puis le retourner à l’expérience de la Vie universelle.

Bien-aimé, pour satisfaire la curiosité de ton mental, je viens de résumer succinctement ton Destin éternel tout entier.  Et je crains bien qu’au lieu de t’avoir simplifié la tâche, je te l’ai compliquée, si tu n’as tenté de comprendre qu’au niveau intellectuel.  Mais c’est bien fait pour toi qui demandes toujours à comprendre ce qui dépasse largement ton entendement.  Et tu n’as pas tort : il faut bien que tu accordes un minimum d’explication à ton mental si tu comptes qu’il te fiche la paix un moment.  Alors, comme tu as demandé, j’ai dû te répondre.  Il ne te reste qu’à tirer de cette expérience une leçon de sagesse.  Sache que tu n’as pas grand-chose à retenir de cette explication puisque tu découvriras, au moment opportun, tout ce Savoir, car je l’ai déposé en toi à l’Origine des choses.

Dans le monde où tu vis, mais auquel tu n’appartiens pas, ton rôle consiste d’abord à te connaître toi-même à l’intérieur de toi-même afin de te découvrir l’égal des dieux et le Fils du Dieu suprême.  Et tu ne peux y arriver qu’en vivant intensément le moment présent dans la spontanéité en recourant à ta créativité pour changer ce que tu peux et t’adapter au reste.  Il t’appartient de découvrir tes pouvoirs latents pour te créer, comme je t’en ai donné l’exemple, un monde à ton image et à ta ressemblance.

© 2009-15 Bertrand Duhaime (Dourganandâ).  Tous droits réservés. Toute reproduction strictement interdite pour tous les pays du monde.  Publié sur : www.larchedegloire.com.  Merci de nous visiter sur : https://www.facebook.com/bertrand.duhaime.

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