DIEU, EXIGES-TU LA CHASTETÉ DE CERTAINS ÊTRES INCARNÉS OU LA PRÉCONISES-TU POUR EUX? 

 

Bien que je ne puisse rien exiger d’un être que j’ai créé libre, j’aimerais les voir se servir des facultés que je leur ai accordées dans le juste milieu.  Pour commencer, je vais tenter de résumer très sommairement les diverses acceptions du mot «chasteté» dans votre monde.  Ce mot peut désigner autant le vœu d’abstinence complète des plaisirs sexuels que l’usage de cette fonction dans un esprit de modération ou en conformité avec, selon les convictions personnelles, les valeurs supériechastetéures ou les préceptes moraux.  Quoique, généralement, dans ce dernier cas, vous parliez plutôt de «continence».  Quoi qu’il en soit, ces deux conceptions laissent entendre que la vie sexuelle n’aurait d’autre but que la procréation de sorte que ce qui ne sert pas cette fin devrait être évité afin d’aider à élever la conscience.

Sache que, à mes yeux, la chasteté, la continence et la pratique sexuelle reçoivent la même valeur et la même considération dans la mesure où ceux qui les choisissent s’en acquittent dans les normes prescrites par la Nature.  Dans ce cas, seul le but recherché diffère.  En effet, la chasteté vise à diminuer le nombre des désirs charnels qui lient à la matière et à économiser les énergies subtiles dans l’intention de conserver sa vitalité, d’accroître son magnétisme ou de favoriser sa transmutation spirituelle.

Au premier chef, dans ma Sagesse, la chasteté désigne l’aptitude d’un être à juger de façon juste, soit objective, neutre et impartiale, en se fondant sur des principes éthiques stricts de vérité, pour guider son choix final.  Ainsi, ce terme réfère souvent à une réflexion pure qui ne se fonde pas sur les sentiments et ne s’entache pas d’un désir personnel, mais sur la réalité telle qu’elle est en soi.  Accessoirement, elle identifie la pensée claire par laquelle un être maîtrise les pulsions de sa nature primitive ou inférieure, capable de défendre des principes spirituels plutôt que des besoins physiques et des passions grossières.

Pour le chercheur spirituel, la chasteté devrait moins évoquer la continence sexuelle complète que l’état d’un être nullement troublé par la tension sexuelle.  Alors, dans son sens le plus noble, elle désignerait la pureté d’esprit et d’intention qui implique de garder sa pensée et son cœur fermés à toute pensée impure et à tout acte méprisable.

Quant à la continence, l’abstinence ou abstention volontaire des plaisirs sexuels ou charnel, elle traduit la détermination à n’accepter les relations sexuelles que dans le mariage ou à la seule fin de procréation.  Pour le chercheur spirituel, elle ne comporte qu’un refrènement de la concupiscence et une acceptation d’exprimer la pureté d’intention ou la probité parfaite.

Le fait d’aborder la chasteté amène inévitablement à questionner la légitimité du célibat religieux, ce choix d’un être de prononcer le vœu de se couper volontairement d’une vie amoureuse et sexuelle pour se consacrer à Dieu.  À divers degrés, la vie religieuse, comme la vie monastique, expriment clairement une fuite du monde, considéré comme corrompu et tentateur, pour chercher dans la solitude et l’ascèse du cloître ou dans l’isolement et l’aridité du désert la liberté de servir Dieu dans le détachement de tout, un désir fondé sur le souci d’une perfection plus haute.

Dans ce cas particulier, la question qu’il faut se poser est la suivante : un être peut-il vraiment atteindre la Perfection qu’il cherche s’il nie un aspect de sa trinité corps-âme-Esprit?  J’ai déjà précisé antérieurement que, de ma part, au niveau contextuel, toutes les attitudes, par rapport à la sexualité, prennent la même valeur et reçoivent la même considération neutre dans la mesure où ceux qui les choisissent s’en acquittent dans les normes conformes aux lois de la Nature.  Puisque j’ai créé l’être humain libre, je ne peux l’empêcher de faire les expériences qu’il souhaite.

Cependant, au sens spirituel, je dois admettre que, dans nombre de cas, le choix de la chasteté peut engendrer des déséquilibres et entraîner des problèmes graves.  Il empêche notamment l’énergie du centre coccygien de circuler correctement, retardant la mutation cellulaire, ce qui prédispose à certaines maladies physiques (asthme, arthrite, hypertension, problèmes de la peau, dérèglement du sommeil, faiblesse intellectuelle), à certaines conditions psychiques (frustration, amertume, rigidité, agressivité, tristesse, sentiment d’abandon et d’isolement, dépression, contention) et à certains désordres spirituels (orgueil, esprit de domination, illuminisme, sentiment d’infaillibilité).

Quelques candidats choisissent cette voie, consacrée à la recherche du divin en eux-mêmes, dans l’espoir d’apaiser leur soif ardente de s’unir à leur Étincelle divine –une soif entretenue par cet étrange sentiment de nostalgie du Paradis perdu, commun à tous– de retourner à leur Patrie céleste d’origine, en apprenant à aimer ce mode de vie censé apporter la plénitude.  Mais plus souvent, un être choisit cet état pour cacher un déséquilibre préalable, souvent proche du désaxement, ce qui peut cacher diversement un complexe d’infériorité ou de supériorité, un manque de confiance en lui-même, un mépris de sa condition, un dédain de son apparence, un rejet du corps et de la vie matérielle, un manque de joie et de sérénité, une difficulté à entrer en relation avec les autres, surtout avec les personnes de l’autre sexe.  Alors, ne pouvant pas assouvir ses pulsions sexuelles et canaliser son potentiel amoureux, il choisit la réclusion des maisons religieuses.

Mais, est-ce la bonne manière de se tirer d’un complexe psychologique.  Il est évident que j’en doute.  Et si j’en doute, tu peux également en douter.

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