LES CROYANCES BIEN ANCRÉES, COMME LES SUPERSTITIONS, ONT LA VIE DURE…

Les fausses croyances bien ancrées, comme les superstitions, représentent un frein évolutif certain.  Qui donc pourrait expliquer pourquoi, dans le présent siècle, le XXI, qui se veut rationnel, technique, scientifique et très matérialiste, les gens croient mordicus à des hypothèses ou des propositions absurdes?  Quand les gens cesseront-ils de croire aux cartomanciennes, aux diseuses de bonne aventure, aux horoscopes, aux talismans, aux images pieuses, aux scapulaires et aux médailles, aux chapelets, aux messages des biscuits chinois, aux dogmes religieux?  Quand les gens cesseront-ils de recourir au Tarot, aux Runes, au Yi-King, à l’astrologie, au calendrier Maya, au récit de l’Apocalypse, aux prétendus livres sacrés, à l’administration des sacrements, pour se guider dans le quotidien ou accomplir leur salut?  Pourquoi ces mêmes gens sont-ils si inquiets de leur avenir et de l’avenir du monde quand ceux-ci ne peuvent que prendre la direction des pensées, des paroles, des actes et des ressentis conscients et inconscients des individus et de la collectivité?  Aussi, au lieu de craindre l’avenir, ne devrait-on pas choisir d’en créer un qui soit différent et, de préférence, enthousiasmant? Combien de fois faudra-t-il le répéter : il n’existe pas, sur cette Terre, ni dans aucun autre monde, de véritable livre sacré ou inspiré en provenance de la Source divine, quelle que soit la religion qui le prétende?  Les seuls livres sacrés sont le Cosmos et la Nature.  Le Vrai Dieu n’a jamais légué à l’humanité, par le biais de quelque émissaire, des textes qui pourraient faire foi de sa Parole, une fois pour toutes, puisqu’il continue d’entonner son Verbe créateur, qui dirige son Plan divin intangible, qui contient tous les destins particuliers, et de murmurer discrètement, mais constamment, dans le cœur de  chacun, la Voie qu’il doit suivre de manière à le garder en phase avec son temps.   Car, si Dieu est, d’un autre point de vue, il se fait aussi au gré des instants de l’Éternité, au gré de son Grand Jeu amoureux, d’où tout change sans cesse.  Ainsi, le Verbe divin doit s’adapter à l’époque.

 

D’abord, qu’en est-il des croyances?

La croyance désigne d’abord la pleine conviction en matière religieuse ou spirituelle.  Elle consiste à être certain d’une réalité, à penser qu’elle est vraie ou fausse, qu’elle va se produire, sans savoir ce qu’il en est vraiment, ce que l’on continue de croire jusqu’à preuve du contraire.  L’acceptation mentale d’un fait simplement parce que le raisonnement le trouve acceptable, parce qu’il se conforme à ses préjugés ou à ses espoirs ou qu’une autorité extérieure l’impose, ne comporte pas de fondements de vérité très sûrs ni bien solides.  Croire n’est pas savoir, car, lorsqu’on sait, on n’a plus besoin de croire ni de se faire dire ce qui est à croire.

Trinité-chrétienne La croyance résulte d’un assentiment sans fondement qui repose sur un espoir ou une hypothèse invérifiée.  Un être donne cet assentiment davantage sous l’influence d’une volonté faible, d’un préjugé plaisant, d’un sentiment d’appartenance, d’une préférence culturelle, que par conviction.  Par définition, la croyance ne repose sur aucune certitude, d’où elle ne peut exprimer que de l’obstination, du fait qu’elle n’a pas été confirmée par l’expérience.  Croire sans voir ou croire sous la menace, c’est généralement fort dangereux, même si ce que l’on croit provient de bonne source.  Il faut tout vérifier par soi-même, sans quoi on entretient son ignorance et son ineptie.  Une croyance est toujours plus ressentie qu’elle n’est pensée.  Mais ce qu’on ne maîtrise pas parfaitement peut inspirer la peur.

Dans leur enfance, tous ont hérité de leur entourage, surtout des figures d’autorité et des personnages influents, une conception générale de la vie et une vision générale du monde.  Dans la majorité des cas, cette transmission d’idées s’est faite de façon insidieuse, peu explicite et étoffée, sans que ses fondements véritables soient clairement révélés.  D’où la majorité s’est formée du monde et de ses phénomènes une vision assez vague ou négative, teintée de naïveté, de candeur, de puérilisme, d’irréalisme, trop souvent portée à généraliser.  Depuis, les gens se conditionnent et se programment à saisir le monde et ses réalités en les interprétant à partir de leurs données personnelles.  À titre d’enfant, un être ne pense pas spontanément à mettre en doute les affirmations des adultes, souvent autoritaires et peu nuancés, afin d’en vérifier la véracité.  Encore moins si elles provenaient d’êtres chers ou significatifs naturellement perçus comme crédible, jusqu’à ce qu’il déchante : parents, aînés, maîtres, enseignants, guides spirituels.  L’enfant accepte tout de suite ce qu’on lui dit, car il fait confiance.  Dans un monde idéal, cette confiance le servirait, mais dans un monde névrosé, sa confiance l’expose au danger.

Devenus adultes, bien peu de gens ont pensé remettre en question nombre d’affirmations proférées dans le passé qui ne reposaient que sur des croyances, des tabous ou des superstitions.  Aussi, lorsqu’ils les reformulent, sans réfléchir, ils peuvent payer pour leur ignorance crasse, pour leur audace, en se faisant tourner au ridicule ou en se faisant rouler davantage.  Ils ne peuvent que s’en tirer blessés dans leur amour-propre et plus confus.  Gros Jean essaie souvent d’en remontrer à son curé, mais il ne peut toujours échapper au fait d’être ramené à la réalité, appelé à témoigner de plus de simplicité et d’humilité.  La vie des gens ordinaires est peuplée d’une foule d’inadéquations, et ils se surprennent de vivre dans l’ignorance, dans le chagrin, dans la douleur, dans le rejet.

Nul n’a le droit, et cela devient risqué pour lui, d’affirmer pour vrai ce qu’il n’a pas fait passer à travers une démonstration personnelle.  Les adeptes de la spiritualité doivent particulièrement se méfier de leur propension à tout accepter ce qui vient d’un guide et qui devient, du fait de sa crédibilité et de sa pureté d’intention, une vérité de foi.  Dans la même veine, ils lisent trop pour ce qu’ils expérimentent, ce qui les amène à accepter sans discernement tout ce qu’ils lisent et entendent à propos de la vie spirituelle.  Il est menaçant de gaver son  intellect au détriment de son intuition.  Celui qui gobe tout sans vérification sérieuse n’ira jamais bien loin sur le Sentier de l’Évolution.

 

Et les superstitions, alors?

 

La superstition entraîne un comportement irrationnel, souvent formaliste et conventionnel, en regard du sacré et elle retarde l’évolution de la conscience humaine.  chat-noirElle recouvre les attitudes religieuses considérées comme vaines.  Mais surtout, elle évoque le fait puéril de croire que certains actes ou signes entraînent d’une manière occulte ou automatique des conséquences bonnes ou mauvaises.  La superstition, fondée sur l’ignorance, porte à attribuer aux actes et aux gestes un pouvoir qu’ils n’ont pas ou ne peuvent avoir par rapport au destin heureux ou malheureux d’un sujet et qui ne peuvent permettre d’anticiper le bonheur ou l’infortune.  Elle résulte de connaissances non vérifiées, donc dénuées de fondement, surtout au niveau du contenu religieux ou moral, auxquelles on recourt pour guider sa vie.  Comme le sujet ignore la cause subtile des incidents psychiques ou des accidents concrets, il ne la cherche pas dans ses motivations personnelles inconscientes, ses idées fixes, ses états obsessionnels, ses tendances refoulées de caractère hostile.  Quoi qu’il en soit des superstitions, innombrables et tenaces, elles restent infantiles et ridicules.  On peut tout de même mentionner la peur de passer sous une échelle, de rencontrer un chat noir, de répandre du sel, de croiser un infirme, de casser un miroir, d’écraser une araignée, d’échapper une pièce du couvert de table.  On peut ajouter l’habitude de dire ((Merde!)) à un artiste pour lui souhaiter ((bonne chance)) avant un spectacle – comme si la chance existait — de se signer avant de se lancer dans une rencontre sportive, de toucher un bossu pour s’attirer le succès, etc.

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