L’ENSEIGNEMENT SPIRITUEL DÉCONSEILLE LA CONTESTATION ET LA CONFRONTATION

   Nul n’incarne parfaitement la Vérité, chacun suivant la voie de sa vérité.  Sauf qu’un aidant avéré reste un enseignant avéré, un être confirmé par une hiérarchie spirituelle, donc supposé détenir une sagesse qui dépasse la moyenne.  Si un assisté ne croit pas qu’il en soit ainsi, il peut toujours se retirer élégamment, pour rester près de ses croyances.

   Ainsi, pour comprendre un peu le titre étrange et dérangeant de cet article, il faut recourir à un exemple simple, tiré de la vie quotidienne.  Celui qui tente d’expliquer ce qu’est la lumière ou un arc-en-ciel à un aveugle de naissance sait fort bien qu’il ne réussira qu’à lui communiquer des approximations puisqu’il lui manque l’expérience de la vue.  Ainsi, il aura beau s’évertuer à lui expliquer ce qu’il voit lui-même, l’autre pourra toujours le contester ou l’interpréter à sa manière.  Il en est de même pour l’enseignement de la spiritualité ou de la métaphysique appliquée.  Dcontestationans le domaine de la crédibilité, un aidant avéré ne peut pas accepter d’être placé sur le même pied qu’un néophyte, même qu’un médium ou un transmetteur sans formation initiatique qui peut se croire informé de bonne source, mais qui, par manque de moyens de vérification adéquats, ne l’est pas.

   Il faut savoir que l’expression «aidant avéré», qui désigne celui qu’on appelait autrefois un guide ou un maître, désigne une personne dont la Hiérarchie invisible à vérifié la qualité de la conscience et la solidité de la formation initiatique avant de la mandater pour une mission particulière.  Or, pour être solide, une telle formation doit avoir été ponctuée d’expériences probantes répétées.  Un aidant spirituel ne peut se contenter de connaître les lois et les principes spirituels par cœur et de les expliquer de manière brillante parce qu’il a beaucoup lu dans les bibliothèques ou qu’il a assisté à un grand nombre de conférences dans un ashram.  Du reste, la première consigne donnée à un enseignant de la spiritualité consiste dans le fait de ne jamais aborder un sujet qu’il ne maîtrise pas parfaitement.  Ainsi, dans son enseignement, il doit clairement préciser les sujets qu’il connaît très bien, ceux dont il approche la connaissance et ceux qu’il ne connaît pas, donc qui restent des hypothèses à démontrer.  Car tout ce qui est enseigné doit découler d’un savoir personnel maintes fois confirmé par l’expérience personnelle, l’expérience d’autrui n’étant probante que pour l’expérimentateur.

   C’est ce qui explique qu’un enseignant de la spiritualité semble souvent s’exprimer de façon catégorique, voire péremptoire.  C’est également ce qui explique qu’il refuse toute contestation de ses exposés ou toute confrontation d’idées, sauf avec un être de conscience supérieure à la sienne.  Comment un être de savoir ou de sagesse pourrait-il se laisser juger, critiquer ou contester par un être lettré, mais ignorant ou inconscient, qui n’est pas passé par la même voie que lui?  Ne serait-ce pas laisser gros Jean tenter d’en remontrer à son curé ou le même ignorant qui essaie de se montrer plus catholique que le pape?  Il faut avouer que, dans le contexte actuel de la défection religieuse, la paraphrase de ces proverbes se veut un peu maladroite et peu probante.  Il est permis d’en rire ou d’en sourire.  Mais on devrait avoir compris le propos.

   En général, un aidant spirituel peut avoir cumulé des décennies d’apprentissage intense sur tous les sujets auprès d’un Maître spirituel, visible ou invisible, avant d’être invité à poursuivre la mission de la transmission de la Lumière divine.  Dans cet apprentissage, il ne pouvait jamais passer à un principe nouveau sans démontrer la compréhension parfaite de ceux qui le précédaient.  Ainsi, il est plus que certain qu’il sait ce dont il parle et qu’il ne peut accepter d’être repris par le premier sceptique ou un petit rigolo qui se présente à lui.

   À vrai dire, un aidant peut accepter le questionnement, même répété, d’un étudiant dans la mesure où il se montre sincère et ne vise pas qu’à tenter de le déstabiliser ou d’attenter à son autorité spirituelle.  Il n’y a rien de plus sain que le doute quand il vise à rester près de sa vérité et à se protéger contre les impostures.  Mais le doute systématique, qui provient d’un ego gonflé à bloc par l’intellect froid et aride, ne mène nulle part.  Les confrontations intellectuelles ne mènent qu’à opposer deux egos qui tentent de se dominer, ce qui entretient la division, plus que cela n’approfondit la connaissance.

   Dans l’opposition des idées, l’ego se braque et se cristallise sur ses croyances au lieu de rester ouvert, parce que son seul désir, c’est d’obtenir gain de cause en terrassant définitivement l’autre.  Autrement dit, son premier but, c’est toujours d’emporter la conviction totale au lieu de faire évoluer le débat vers la certitude.  L’ego veut toujours avoir raison, dût-il procéder par les moyens les plus vils, les plfemen-imageus triviaux et les plus mesquins.  À l’inverse, l’enseignement spirituel procède par la voie du cœur qui, bien ouvert, en vient à savoir sans explication.  La vraie connaissance procède d’âme à âme par la voie du cœur.  En cette matière, l’intellect a bien peu d’utilité à part de servir à préciser les définitions, à enregistrer et à classer les données des expériences et à formuler les bonnes questions.

   Pour terminer cet article comme on l’a commencé, afin d’étayer le propos, on peut donner d’autres exemples tirés de la vie courante.  Un parent accepterait-il de se laisser critiquer dans ses décisions par son jeune enfant au gré de ses impulsions?   Dans son enseignement quotidien, un instituteur ou un professeur se laisseraient-il contester pour le simple plaisir d’un écolier ou d’un étudiant, imbus d’eux-mêmes, sans les appeler à au moins mettre en pratique ce qu’il leur apprend pour en dégager des certitudes, au lieu d’émettre des hypothèses, qui ne pourraient être que des croyances ou des superstitions?   Mais c’est bien connu, dans sa vigueur et sa fureur de vivre, la  jeunesse, qui manque de sagesse et se croit invincible, croit tout pouvoir et tout savoir, d’où elle aime les débats d’idée et la contestation.  C’est la même chose pour l’ignorant et l’inconscient qui, dans son audace de néophyte, s’expose souvent à jouer au rebelle ou contestataire ou, pire, à l’apprenti-sorcier.  Par bonheur, le ciel reste fermé aux fourbes, aux imposteurs, aux importuns, aux impurs, aux inconscients, et il sait fort bien les rétrograder.  En matière de spiritualité, bien qu’il s’agisse d’un fait plutôt que d’une menace, il faut toujours faire attention à qui on s’attaque ou tente de s’attaquer, car l’aidant avéré est un être protégé du Ciel et de l’Univers!  Le Créateur, qui ne juge pas, est amoureux et clément, mais sa Loi, la Justice immanente, retourne souvent l’être imbu d’amour-propre à son propre tribunal, le forçant à s’y présenter, au moment le plus opportun, à sa courte honte!

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