OUI, CHACUN PORTE SA VÉRITÉ, MAIS EST-CE DIRE QU’IL DÉTIENT, À TOUT MOMENT, POUR LUI-MÊME ET LES AUTRES, LA VÉRITÉ DES VÉRITÉS?

«Chacun porte sa vérité.»  Voilà un aphorisme spirituel à comprendre, pour qui veut éviter un relativisme malsain et un nivelage par le bas.  Chacun porte sa vérité signifie que chaque être incarné détient son propre plan pour accéder à la Vérité unique, ce qui passe forcément par des tâtonnements et des errances, des expériences, dans un plan de libre arbitre, qui révèlent, par «essais et erreurs »ou «échecs et réussites», son degré de maîtrise des Lois naturelles et des Principes cosmiques et son degré de conscience.

Dans le langage courant, on paraphrase cet aphorisme en disant: «À chacun sa vérité», ce qui ne peut que signifier «À chacun son opinion», puisque, ici-bas, tout est si subjectif et changeant. Voilà une exigence de tolérance ou d’acceptation qui frôle l’absurdité et qui s’oppose à la liberté de rejeter toute idée qui diffère des siennes propres.  D’une part, un tel énoncé propose qu’il n’existe pas de Vérité divine ou de vérité universelle, que la vérité ne peut-être considérée que comme subjective.  Or peut-il être possible qu’une vérité qui n’est valide que pour soi demeure une vérité applicable à tous?  Cvérité-et-doute-de-soi‘est du relativisme pur, fort dangereux.  Comme, dans son libre arbitre, l’être humain est capable de tout, soit du pire et du meilleur, une telle affirmation devient, même, inquiétante, menaçante.

La vérité personnelle, donc subjective, dépend des perceptions, des sentiments ou des opinions de chacun. Or, même dans une expérience aussi simple que celle de l’air extérieur ambiant, n’est-il pas possible que le même vent, qui semble à l’un glacial, puisse sembler tiède à un autre, de sorte qu’il serait à la fois vrai de dire que ce même vent est glacial et tiède.  Par un bon refroidissement, un Canadien qui visite la Floride ou un Norvégien qui visite le sud du Portugal ne portera pas les mêmes vêtements que les gens de l’endroit.  Cela semble démontrer que la connaissance ne puisse pas se réduire à la perception ou à l’opinion, puisque, par nature, elles sont subjectives et relatives, car il ne pourrait exister aucune science, ce qui abandonnerait l’humanité au relativisme et au scepticisme à l’endroit de tout.   Ce qui est vrai pour l’un n’est jamais forcément vrai pour un autre.

Mais ce relativisme engendre le scepticisme parce qu’il nie la possibilité de découvrir la moindre vérité authentique, ce qui, même dans le monde contingent, amènerait à renoncer à tout effort ou à toute recherche théoriques.  Les êtres humains devraient s’en tenir à une simple position de questionnement ou d’examen perpétuels, sans espoir d’obtenir de réponse claire, nette, précise, même à l’examen ou à l’expérience répétée.  En cela, l’énoncé populaire «À chacun sa vérité» est et reste illégitime et, de plus, contradictoire, en cela que, sans qu’on s’en rende compte, il affirme qu’il n’existe pas de vérité, qui, de par sa nature, se doit d’être universelle, donc applicable partout.  Même plus, cela reviendrait à dire qu’aucune vérité n’est accessible à l’espèce humaine ou à toute créature intelligente.  Alors, à quoi sert l’intelligence, à part d’assurer sa sécurité et sa survie?  Si la vérité de l’un est aussi universellement valable que celle d’un autre, cela devient un bien triste et désolant sort que de ne plus pouvoir se permettre de chercher, assuré de voir grandir sa vérité!

Il y en a qui se servent de la maxime spirituelle «Chacun porte sa vérité» dans une tentative de laisser croire que chacun détient un égal degré de compréhension de la dynamique de la Vie, alors qu’il n’exprime que la légitimité de toute expérience humaine qui, agréable ou désagréable, aide à grandir, à croître en conscience.  Autrement dit, l’expérience qu’il vit dans le moment, qu’il réussisse du premier coup ou pas ou qu’elle soit concluante ou non, devient un passage obligé licite et légitime pour lui révéler où il en est rendu dans sa quête du Savoir.

Ainsi, cet aphorisme spirituel ne signifie pas que l’enseignement d’un coach, d’un channel ou transmetteur, d’un médium sans formation, d’un gourou improvisé, d’un chercheur qui se forme sur le tas en lisant, sans trop de discernement, les écrits spirituels qu’il découvre à droite et à gauche, en assistant, au gré de ses moyens, à des conférences ici et là, ou en suivant stages après stages de gens sans formation spirituelle réelle vaut celui d’un être qui a suivi une formation initiatique.   En cela, il n’y a que l’Initié, parce qu’il a été confirmé par la Hiérarchie spirituelle, qui puisse se dire authentique et sur la Voie droite de la Vérité, même s’il n’a peut-être pas encore atteint le terme de la Voie.

Et, en cela, ne réside aucun problème, puisque les Maîtres spirituels ont bien prévenu tout enseignant désigné, donc légitime, qu’il ne peut transmettre aux autres, non ce qu’il croit savoir par croyances, mais ce qu’il sait de certitude, pour l’avoir suffisamment expérimenté pour en tirer une connaissance concluante.  Si, dans son enseignement, il dépasse cette norme, il doit avoir l’honnêteté de préciser, à ceux qu’il instruit, s’il évoque une hypothèse, une vérité qu’il est en train de se confirmer, plutôt qu’une vérité dûment vérifiée.  C’est ce qui amène à dire que, pour enseigner, un candidat à l’Initiation suprême n’a pas besoin d’avoir atteint cet état d’Illumination pour commencer à partager sa Sagesse.

En spiritualité, on dit qu’il lui suffit d’avoir accompli trois pas de plus que ceux à qui il enseigne, sur une Voie spirituelle particulière, pour laisser entendre que, s’il n’a pas encore atteint la Perfection, il connaît au moins assez bien le bout de la Voie sur laquelle il s’apprête à en amener d’autres, pour les y guider en toute sécurité, ce qui l’autorise à éviter les contestations et à prendre les mesures qui s’imposent pour les éteindre, s’il en surgit.  Parvenu au terme de ces trois pas, s’il n’a pas exploré la Voie plus avant, il doit impérieusement passer le relais de la transmission spirituelle à un Initié de degré supérieur, pour s’éviter de sombrer dans l’orgueil spirituel et l’imposture et de s’attirer le juste retour de ses choix malencontreux.

Ceux qui tiennent à interpréter la maxime spirituelle autrement, en lui donnant le sens que la vérité de l’un vaut la vérité de l’autre, au lieu de penser que la vérité de l’un vaut pour lui-même ou qu’elle est, en tout temps, d’égale dignité et légitimité à celle d’un autre, bien qu’elle ne soit pas forcément aussi lumineuse, témoignent de leur propre ignorance.  Car, si tous les êtres sont égaux en potentialités, ils ne le sont pas forcément, dans la compréhension du sens de la responsabilité personnelle, comme dans le nombre et la diversité des expériences en incarnation, dans leur présente vie ou même dans le cumul de leurs vies antérieures.

Ladite maxime spirituelle signifie plutôt que, quel que soit le degré de conscience d’un être, il garde, en tout temps sa dignité originelle, en dépit de ses choix, possiblement erratiques, parce que c’est à travers ces louvoiements qu’il va finir par découvrir la Vérité à sa manière.   Autrement dit, il a droit à sa vérité relative, qui ne peut que grandir, selon qu’il pourra se réjouir ou déplorer les choix qu’il se permet de faire dans son libre arbitre.  Mais elle ne signifie pas que, à la même époque, la vérité relative de l’un équivaille à la vérité relative d’un autre, elle appelle plutôt tout être à s’abstenir de juger des choix que son degré de conscience l’amène à poser, qu’il n’a pas plus à se prononcer sur eux qu’à intervenir dans sa vie.  C’est le sens de l’autre maxime : «Vivre et laisser vivre», qui invite chacun à bien s‘occuper de ses propres affaires et à laisser les autres faire de même.

Qui interpréterait autrement la maxime que «Chacun détient sa propre vérité» devrait du coup cesser de se plaindre des hommes d’église qui l’ont toujours gardé dans la noirceur, dans leur prêt-à-croire imposé, pour mieux le dominer; des politiciens qui lui mentent, le manipulent et le volent, pour se maintenir au pouvoir;  des banquiers et des commerçants qui l’exploitent pour continuer à faire partie de la minorité des richissimes;  des djihadistes qui, au nom de Dieu, répandent la terreur, pour imposer leur religion;  de tous les égarements et abus que connaît le monde.  Si tout est égal, à une même époque, tout se vaut, la Lumière comme les ténèbres!

Car, au cours de l’histoire récente de l’humanité, depuis l’Atlantide, tous ces fléaux représentent des inventions  des Forces sombres, adversaires et ennemies de l’Absolu et de l’humanité, les Maîtres de toutes les séditions, dans leur tentative de diviser, dans l’espoir de perpétuer leur régner, inventant sans cesse de nouveaux problèmes artificiels, mais très graves, pour lesquels, en apparents sauveurs, ils fournissent ensuite des solutions.  En cela, la dépravation actuelle des mœurs, suite à la perte du sens des valeurs, et la multiplication des enseignements spirituels, surtout dans leur relativisme, représentent leurs inventions les plus astucieuses.

C’est ainsi qu’ils parviennent parfois à amener jusqu’aux Phares de Lumière, de formation si différente et disparate, dans les présentes générations, à rivaliser sur l’apparente qualité de leur formation personnelle ou leur présumé degré de sagesse, par exemple en s’improvisant redresseurs de torts ou en moralistes jusqu’à s’impatroniser dans les affaires d’autrui;  en se querellant entre eux sur le sens des lois et des principes, même en discutaillant de l’usage des mots, ou à se lancer dans des discussions ou argumentations purement intellectuelles, qui titillent l’ego, ce qui tire momentanément de la quête de l’Unité, en attisant la séparativité, soit en lançant dans la concurrence qui peut aller jusqu’à la rivalité et à l’agressivité.

Il semblerait que ce droit à la libre opinion et à la libre intervention, qui cache pourtant de l’interférence et de l’interventionnisme, donc une transgression à la loi de l’Amour et à celle de l’Innocuité, ne permettrait même plus au titulaire d’un page de «Facebook» ou d’un site gratuit, pourtant du domaine privé, par les droits de propriété, d’émettre des règles et des limites aux amis virtuels et de les rappeler à l’ordre au besoin, par des mises au point, dans l’intention bien pure et amoureuse de protéger la teneur de son enseignement — proposé librement, jamais imposé — et le taux vibratoire de l’ambiance générale.  Car s’il se permet la moindre remontrance, même par la voie de l’humour, surtout s’il insiste pour y parvenir, il s’attire immanquablement, de gens qui se croient conscients ou évolués, des propos moralisateurs, de pompeuses remontrances, un tollé de protestations, une volée d’insultes, des manœuvres d’intimidation.  On le traite d’esprit obtus, d’égocentrique, de narcissique, de dictateur ou on l’accuse de se refuser à l’échange et au dialogue.

Pour ma part, des dialogues de ce genre, qui représentent des réactions d’un autre temps, plus que des désirs de partage et d’enrichissement, ou qui cherchent, consciemment ou inconsciemment, la confrontation des egos, ce qui ne tarde jamais à jouer dans les émotions et à semer la bisbille, je n’en tolérerai jamais et je maintiendrvérité-souvenirai mon droit absolu d’intervention énergique, par le moyen que je croirai approprié, assumant mon droit à l’«erreur», ce qui peut aller jusqu’à l’élimination injuste de certains abonnés ou à la fermeture pure et simple de la page… et, s’il le faut, du site.   Ainsi pourrai-je peut-être finir mes jours ici-bas dans la paix et la sérénité sans interventions indues.

En d’autres mots, si les gens qui me prêtent des intentions ou des sentiments, qui sont leurs et qu’un effet de miroir leur retourne, mais qu’ils prennent pour les miens, il s’agit d’un déni de crédibilité à mon endroit qui me rend impuissant à les aider et les coupe de l’énergie de mes textes.  En général, mes interventions sont inspirées et formulées de manière à amener un être dans un face à face avec lui-même, ce qui n’est pas toujours facile à prendre, surtout chez un intellectuel à tout crin ou chez un orgueilleux spirituel.   Je sais de quoi je parle pour m’être fait administrer la même médecine, du temps que je cheminais avec un Maître spirituel incarné, qui savait prendre tant de visages paradoxaux, non dans les intentions que je lui portais, mais dans la sagesse supérieure qui l’habitait, pour me guider, en se fichant bien des sursauts de ma personnalité.   Or, comme je ne suis pas là pour prêcher aux convertis, mais pour aider les âmes souffrantes, les gens qui se cherchent dans leur gloire ou les gens qui se leurrent sur leur degré d’évolution ou de sagesse, je n’ai plus grande utilité auprès des contestataires, de sorte que, s’ils croissent en nombre, il vaut mieux que je ferme boutique, soit que je ferme mon compte «Facebook» et ce site.  Car, pour en aider un autre, il faut que ce dernier commence par reconnaître que, sur certains points, celui qu’il choisit pour l’aider ou l’éclairer, sait mieux que lui, du moins sur certains points sur lesquels, consciemment, il se reconnaît des faiblesses ou des lacunes ou, inconsciemment, les porte.

© 2016, Bertrand Duhaime (Dourganandâ).  Tous droits réservés. Toute reproduction strictement interdite pour tous les pays du monde.  Publié sur : www.larchedegloire.com.  Merci de nous visiter sur : https://www.facebook.com/bertrand.duhaime.

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3 Responses

  1. Lise patenaude

    Bonjour Bertrand j’espère que je suis toujours correcte avec toi car je t’aime énormément je te considère comme mon frère même si je ne te vois pas souvent je pense souvent à toi et je te visualise toujours que ca va très bien pour toi et que tu prends du mieux continuellement.Je trouve que tu est un être d’une très grande valeur avec des connaissances extraordinaires tout ce que tu n’as enseigné je m’en sert souvent et je règle toujours mes choses comme ça.merci pour tout ce que tu m’as apprise,Ca changer ma vie merci encore SOIS BENI GRANDE ÂME dans un GRAND HOMME! Que j’admire de tout mon cœur prends soins de toi et quelque soit ta décision je vais te respecté ,même si j’aimerais vraiment que tu reste ta page ouverte comme ca j’ai de tes nouvelles

  2. Bloise

    Cher Monsieur,
    C’est toujours avec un grand intérêt que je vous lis. Vos thèmes sont toujours trés pertinents et vos analyses trés brillantes.
    Je vous remercie infiniment pour vos écrits qui m’aident dans le chemin de mon évolution, merci d’être cet humble éclaireur.
    Je connais qu’une seule vérité, c’est celle du coeur, comme vous !
    J’aime vous lire et espère du fond du coeur vous lire encore et encore…❤️
    Il y a quelques années, J’ai moi-même pris la décision de supprimer mon compte facebook et m’en porte pas plus mal…il y a plein d’autres sites bienveillants où l’on peut s’exprimer !
    Bien à vous.
    Sylviane Bloise

  3. charline

    bonjour de France Mr Duhaime

    votre message m a permis de comprendre enfin ce qui se répettait encore et encore
    dans ma vie ……
    merci pour tout ce que vos messages m ont apporté et comme le chêne ne vous laisser
    pas abattre par quoi que ce soit ou qui que ce soit ….
    le jugement ne compte pas sur terre….sauf pour ceux qui ont fait le mal
    avec toute mon respect Mr Duhaime.