UN MOUVEMENT D’IMPATIENCE INJUSTIFITÉ, MAIS BIEN HUMAIN…

Comme on dit si bien en français, un chat échaudé craint même l’eau froide.  À cause de l’intellect stéréotypé, source de la crainte, très porté aux jugements hâtifs et aux amalgames, celui qui a été la victime d’un phénomène ou qui a vécu une mauvaise expériene devient plus prudent, voire trop méfiant, face à un danger du même type ou en présence d’une situation d’apparence du même genre.  Comme la plupart d’entre vous, au cours des dernières années, j’ai eu mon lot de drames, pour affiner ma compréhension et me conformer à la dynamique de l’Ascension, en me ramenant dans l’amour de moi-même, la transparence, la simplicité, l’humilité… et l’esprit d’enfance dans le Grand Jeu amoureux de la Vie.

C’est ainsi que, un certain 31 juillet d’une année récente, alors que je flânais au lit, un long roulement de tonnerre m’a mis en alerte.  En ouvrant les yeux, par la fente de la toile de la fenêtre étroitement ouverte, que le vent commençait à agiter, j’ai constaté un subit assombrissement du ciel et j’ai entendu la levée, en bourrasque, d’un puissant vent, accompagné d’un torrent de pluie qui n’a pas duré.  Je me suis précipassombrissement-oragesité hors de ma couche, stimulé par l’intuition que le dernier chat de grange que j’ai adopté au cours de l’hiver, ce magicien farfelu à ses heures, mais que je délivre habituellement de son enfermement nocturne, aux premières lueurs de l’aube, par respect de sa nature de créature vagabonde, attendait paniqué sur le rebord extérieur de la fenêtre par laquelle je le laisse sortir, la plupart du temps.  Comme de fait, il s’y trouvait, à regarder à l’intérieur, comme ahuri, figé comme un bibelot.  Dès qu’il a perçu une ouverture suffisante, comme s’il reprenait soudainement vie, il s’est engoufré à l’intérieur de la maison et il a disparu à l’entresol, en quête d’une cachette bien sûre, n’en remontant que de longues minutes plus tard.

Pour ma part, à la vue de la chaussée de la route bien trempée, des arbres et arbustes dégoulinants, du gazon saturé d’eau, un peu dépité, je me suis dit que je n’avais pas à me presser pour passer mes vêtements et terminer, tout de suite après le petit déjeuner, la corvée que j’avais entreprise la veille : la tonte de la pelouse.  Alors, cette résolution de prendre mon temps à peine prise, m’approchant de l’évier de la cuisine où je comptais prendre un grand verre d’eau, par la fenêtre qui me faisait face, une soudaine éclaircie attira mon regard, parce qu’un soleil radieux, très chaud, surgissait de quelques nuages résiduels très minces qui se dissolvaient plus loin dans un ciel d’azur incomparable.

Ainsi renaissait mon espoir de pouvoir compléter la coupe du gazon avant la tombée du jour, en raison de son assèchement, à la faveur des rayons ardents du soleil, plutôt que de devoir le faire le lendemain ou quelques jours plus tard, ce qui, en plus de gruger du temps sur ma fin de semaine, m’imposerait d’égaliser les herbes de la part de la pelouse que j’avais déjà tondue.  Comme prévu, je n’ai pas tardé à pouvoir m’y mettre sans trop de problèmes, malgré que l’herbe fauchée, plutôt humide, fût portée à adhérer un peu aux roues et au carter de la tondeuse.

Ce qui me surprit et m’indisposa, c’est qu’en dépassant la première plate-bande de fleurs, j’ai réalisé que l’impétueuse tempête éclair n’était pas passée sans causer quelques dégâts.  Je dus couper quelques branches d’arbres cassés et en ramasser quelques autres qui jonchaient le sol.  Dans mon impatience, maugréant, je pris le Ciel à partie, lui soulignant  que, depuis de longs mois, il ne m’accordait plus la protection coutumière sur laquelle j’estimais pouvoir compter, en raison de ma bonne vie et de mes loyaux services, ne me privant pas d’ajouter que je ne pouvais que prendre ces destructions comme une atteinte personnelle dans la vie de solitaire que je m’impose depuis quelques mois, à sa demande, surtout depuis la fermeture de mon site de spiritualité, afin de me préparer à une nouvelle mission qui tarde à se préciser.

Soudainement immobilisé, pris d’un frisson, je captai le message suivant, que je paraphrase : «Comment pourrais-tu savoir que le Ciel veille toujours sur toi, te protège, pour avoir repris à tes côtés sa vigilance, après que tu aies dû subir des ajustements intimes qui l’ont forcé à te laisser livré à toi-même, si l’orage n’avait pas laissé quelques indices du pire qui aurait pu se produire dans le secteur que tu habites?»  Je compris surtout toute la pertinence de ce judicieux avis lorsque, me préparant à rédiger cette expérience — que certains mettront en doute, pendant que d’autres la trouveront banale — je réalisai, à la droite de l’écran, que nous étions entré dans le dernier jour du mois de juillet.  Dans ce constat, j’ai tout de suite saisi que, loin d’avoir voulu m’agresser dans ma dignité et attenter à mes biens, par sa rapidité et sa véhémence, l’orage, si promptement suivi du retour à un ciel éclatant, m’avait simplement signalé, comme je l’avais annoncé dans un certain «Cliché énergétique», le grand coup de balai des relents négatifs du semestre , qui a complété, pour les plus conscients, leur mise à nu et qui a produit le basculement qui les a induits dans une longue Ère de Grâce!

© 2014-15 Bertrand Duhaime (Douraganandâ).  Tous droits réservés. Toute reproduction strictement interdite pour tous les pays du monde.  Publié sur : https://www.facebook.com/bertrand.duhaime.

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2 Responses

  1. Gisele Latour

    Pas si farfelus, nos magiciens. Je le vois qui s’avance en ondulant, juste un trait de flèche dans mon regard pour vérifier que je suis bien là. Il se couche nonchalamment à 60 cm de mes pieds, pour le simple plaisir de partager ce moment avec moi. Avant, j’aurais tendu les bras et l’aurais saisi à pleine bouche (c’est mon chat, après tout), sans me soucier de le déranger. Maintenant, à force de vous lire, cher Bertrand, je contiens mes élans et me contente d’admirer ce prince de la lumière. Quel bonheur, quelle sagesse ! Savoir attendre la requête, être présent quand ils sont en détresse, mais surtout, les laisser vivre et ne rien leur imposer. J’en ai 7 comme ça, soit sept fois de l’amour, chaque jour. On dit qu’ils vivent davantage dans l’éthérique que dans la densité, j’ai tendance à le croire. Ils sont ma boussole en cas de danger, et je suis leur phare « ici-bas ». Étrange et simple à la fois.

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    • Bertrand Duhaime

      Il m’est loisible de comprendre votre amour de ces animaux si psychiques, si attentifs et vigilants, puisque, après avoir vécu avec deux compagnons, un chat et une chatte, respectivement transités après 15 et dix sept ans d’excellentes relations, le Destin m’en a également destiné sept nouveaux, cinq de mon choix, pour soulager la Société protectrice des animaux locale et des familles camapgnardes négligentes, qui ne savent pas faire stériliser leurs animaux, et deux réfugiés du dernier hiver, abandonnés dans mon secteur, qui se sont présentés directement chez moi, affamés et transis de froid et qui n’ont jamais quitté depuis, même si je les laisse traîner dehors à volonté. Ils sont, du reste, mes plus affectueux, comme pour exprimer leur reconnaissance, sauf que, en raison de certaines séquelles de leur atavisme sauvage, ils ne s’entendent pas toujours entre eux, bien que s’entendant à merveille avec les chats dont j’avais ait moi-même le choix. Pour ma part, bien que j’aime les chiens et tous les animaux, je ne comprends pas l’aversion ou la répulsion de certains humains pour les chats, quand je leur trouve tant de qualités et que je reçois de leur part tant de présence et d’affection. Merci du partage, chère Gisèle.

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