DANS L’ORDRE ÉVOLUTIF, L’INTELLECT N’EST JAMAIS QU’UN MOYEN, QU’UNE FACULTÉ PÉRISSABLE…  MAIS UN  MOYEN BIEN UTILE DANS LE PLAN DE LA DENSITÉ ET LA DUALITÉ…

On identifie généralement l’intellect comme la faculté de connaître et de comprendre.  Au lieu d’amener à tant raisonner, spéculer et émettre des hypothèses, de juger, d’analyser, d‘induire, de déduire, de comparer, de disséquer, de morceler la réalité, de proposer des solutions logiques, plus ou moins mécaniques et approximatives, amenant toujours à chercher dans la réalité extérieure, jusqu’à ce qu’un être ait la tête bien pleine ou bien faite,  ce qui finit par gonfler l’ego, il devrait veiller à diriger vers l’Esprit qui préside à un degré supérieur de la conscience.  Car il devrait servir d’instrument d’expérimentation avant de servir d’instrument de spéculation du fait que toute vérité, applicable à l’être incarné, préexiste déjà à un degré de perfection à l’intérieur de chacun.

Dans sa quête incessante, menée au mauvais endroit, qui n’apporte jamais de complète certitude, l’intellect, même brillant, ne peut qu’amener un être à se torturer, à se tourmenter intérieurement et à vivre dans la résignation à son sort.  N’est-il pas évident que la vérité du passé est promptement devenue la demi-vérité d’hier et l’hérésie d’aujourd’huMentali, ce qui ne pourra que se reproduire à l’infini dans le champ de la science et de la connaissance?  Le problème de l’intellect, c’est que, abordant la réalité par la voie qui va de l’ignorance complète au Savoir absolu, qui est infini, il reste toujours à la remorque des découvertes nouvelles qui ne tardent pas à se révéler partielles, ce qui lance et maintient pour toujours dans le cercle vicieux de la recherche.

Le chercheur spirituel doit comprendre que l’intelligence et l’Esprit font deux à la manière de l’huile et de l’eau.  L’Esprit se charge des opérations supérieures tandis que l’intelligence, même mûre, ne dirige pas forcément vers l’Esprit, d’où elle ne suscite que très rarement l’éveil à la Lumière intérieure.  Vivre des ressources de l’intellect revient à se frayer un sentier dans la jungle.  Un être en viendra à bien connaître la jungle uniquement par les données qu’il aura glanées sur le sentier qu’il y a défriché, jusqu’à la destination qu’il souhaitait atteindre, mais si l’important était d’atteindre la destination, il aurait probablement mieux valu qu’il choisisse un autre moyen plus rapide de s’y rendre.

Or, dans la vie, ce qui importe pour un être en évolution, ce n’est pas de connaître tous les détails de son corps physique et de son environnement, de manière à mieux les dominer et les exploiter, mais de combler ses besoins primaires, sa priorité restant de se connaître lui-même, à travers de lui-même, soit de redécouvrir ce qu’il est de toute éternité pour prendre conscience de sa totalité.  En cela, c’est l’Esprit, qui sait tout, qui produit la magie et qui donne des ailes.  Tous admettront que, pris dans un problème angoissant, il pourra le soumettre à son intelligence, le tourner et le retourner sous tous ses angles, sauf qu’il s’expose davantage à attiser une plus grande angoisse qu’à découvrir une réponse à son dilemme.  À l’inverse, le simple fait de le soumettre à son Esprit, dans une attitude fantaisiste, dans l’esprit d’enfance, avant de s’endormir, amène souvent l’intuition à lui donner, au cours de la nuit ou au réveil, la précieuse réponse dont il a un si grand besoin.  C’est ce qui a amené l’invention du proverbe qui dit que la nuit porte conseil.

En conséquence, l’être vraiment intelligent penserait plus naturellement à s’en remettre à son Esprit, pour ce qui a trait à sa vie, au point de s’abandonner à lui, qu’à son intelligence.   Car si un être cherche en lui une vérité dans sa limpidité, dans toute sa lumière, il la lui révèle dans sa multiplicité.  La leçon à tirer de ce constat, c’est qu’on est souvent mieux avisé de fréquenter des gens simples, portés à s’intérioriser et à vivre guidés par le cœur, que de s’allier à des intellectuels à la tête bien pleine, souvent si arrogants, qui se complaisent dans leurs approximations, leurs croyances et leurs illusions.  Car l’intellect ne pourra jamais accéder au monde des causes, ce qui la confine à l’étude des effets et des reflets, qui ne peuvent lui fournir que des informations incomplètes, tronquées, donc peu sûres ou peu fiables.

À titre d’exemple, on pourrait donner celui de l’acide acétylsalicylique, vendu sous le nom d’«Aspirine», l’un des médicaments les plus utilisés dans le monde, dont, tour à tour, on a fait un produit révolutionnaire, puis un produit à utiliser avec parcimonie, en raison des effets secondaires de plus en plus nombreux qu’on lui découvrait, pour finir par le déclarer moyen efficace, dans un usage régulier, de réduire certaines pathologies cardiaques.  N’a-ton pas connu le même phénomène avec les gras, alors que nos ancêtres se délectaient, sans trop se soucier, du porc bien dodu, en raison du combustible physique qu’il leur offrait dans un climat rude, dont on a dit tant de mal par la suite pour finir par parler des bons et des mauvais gras, même par produire une viande porcine maigre.  Et, dans les deux cas, la saga des découvertes positives et négatives, utiles et nocives, n’est probablement pas terminée.

Dans la vie, l’attitude et le comportement, qui font la conduite, importent plus que les mots et les discours.  L’exemple, qu’on dit contagieux, surtout dans la phase de l’enfance, entraîne.  Un humoriste anonyme a même osé dire : «Personne n’est inutile, tout le monde peut servir de mauvais exemple.»  C’est un fait que le rayonnement silencieux, dépourvu de jugement et d’attente, se démontre infiniment efficace, parce que nul n’y sent de coercition ou ne le sent venir, ne pensant pas à s’en protéger.  La sagesse du cœur vaut infiniment plus que le bagage cérébral.

À vair dire, la pensée, qui reste quand même un instrument utile, ne paraît vraiment intelligente que lorsqu’elle reste en contact avec l’âme et se garde à son service.  Sinon, elle devient l’Adversaire, le pire instrument de contestation et de rébellion, l’arme insidieuse des sceptiques.  En fait, c’est l’âme qui engendre l’activité de la substance mentale, mais sans se confiner à ses limites, puisqu’elle transcende les relations de l’espace et du temps.  Dans l’Ordre de la Totalité, la connaissance intellectuelle, qui est une fonction de la vie et n’est alors reconnue que comme un instrument, se démontre extrêmement utile et enrichissante, tant qu’elle ne dépasse pas le degré de sagesse de celui qui y recourt.  Son rôle consiste à étudier les lois des relations entre les choses afin d’assurer la survie.  Le développement de l’intellect doit rester un moyen, mais, on gagne à se garder d’en faire une fin.  Car, pour induire dans la vie, dans la Vraie Vie, il n’y a rien comme le cœur, qui ramène à l’âme, intermédiaire de l’Esprit.

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En vérité, l’intellect désigne la faculté de connaître diversement appelée entendement, esprit ou intelligence.  Il s’agit du mental inférieur, appelé l’esprit rationnel ou raisonnant, qui régit les processus abstraits du cerveau (comme l’analyse inductive ou déductive, la synthèse, la comparaison, la visualisation, l’imagination, le classement, la mise en ordre) à partir des signes, des indications et des données recueillies.   Mais ce perroquet bavard, qui ne connaît pas un instant de silence, pousse toujours à penser, à cogiter, à parler, quoi qu’il porte rarement à dire des choses qui en vaillent vraiment la peine, minant une bonne part des énergies vitales.  Il établit des normes, acceptées par la majorité, fondant la mode, l’habitude, la routine et la coutume.  Car il forme des schémas rigides, formés d’éléments pourtant transitoires, qui amènent souvent à rejeter la substance et à faire perdre le fond de la réalité.  Curieusement, l’intellect ou sens logique est peut-être régi par le cerveau, mais il est modulé par le centre sexuel.  Il fait passer de l’âge de l’innocence et de l’intuition à l’âge de la raison et de la gravité, à la maturité de celui qui assume ses responsabilités concrètes.

L’intellect ou le mental représente la faculté de forger, de concevoir, de connaître, de saisir des concepts.  Synonyme d’entendement, il s’applique plus spécifiquement à la connaissance et il se distingue du pouvoir de sentir et de vouloir.  Source de la compréhension, il permet de raisonner, de juger, de discriminer, d’analyser, etc.  Dans la langue ordinaire, l’intellect se confond avec le mental, l’entendement, l’esprit, l’intelligence.  C’est la faculté qui conçoit des idées et structure des pensées pour connaître et comprendre le monde dans tous ses aspects.  Cette faculté, qui permet de penser par concepts, abstrait l’universel du particulier, en dépouillant les images perçues par les sens de leurs conditions sensibles, mais elle est conditionnée par la réception de la similitude abstraite.  Elle produit l’idée, le concept, le verbe mental, pour achever la connaissance mentale.  Sa fonction première est de donner de l’expansion au mental en le conduisant vers des niveaux de conscience supérieurs, ce qu’elle fait en lui proposant des hypothèses de manière plus ou moins mécanique.  L’intellect peut procéder à un raisonnement logique, à un jugement, à une induction, à une déduction, à une comparaison, à une association, etc.

La connaissance intellectuelle est extrêmement utile et enrichissante dans la mesure où elle ne se limite pas à la science et ne tente pas de se supplanter à l’intuition.  Le mental ne peut appréhender le savoir spirituel parce qu’il le dépasse.  Mais il tente souvent de le réduire à sa mesure ou d’en douter.  On ne peut pourtant pas s’attendre à ce qu’un verre à eau contienne l’océan.  L’intellect permet notamment d’analyser les données sensorielles et d’assurer l’intégrité du corps physique.  Mais, dans l’ordre cosmique, il reste un moyen bien limité.  Il doit plus servir comme instrument d’expérimentation que de spéculation.  Il est incapable de conférer l’initiation, bien qu’il puisse y préparer.  Il y parvient s’il sait guider la foi en puisant dans la sagesse.  Il faut cultiver l’intellect dans la mesure que l’on nourrit sa foi (tête et cœur).  Mais, en lui-même, l’intellect est lié à l’espace et au temps, d’où il lie à la matière.

On ne saurait associer correctement l’intellect à la conscience.  En effet, de nombreuses fonctions relèvent de l’intelligence tout en échappant au cerveau.  Ces fonctions ne peuvent être développées du fait que l’expérience et l’exercice ne peuvent les affecter.  Elles opèrent tout au long de la vie en faveur du bien-être de l’homme, guidées par leur propre objectif divin.  L’intellect, pour sa part, ne peut que produire des idées et des concepts pour donner la connaissance intellectuelle.  On l’appelle souvent le mental physique ou inférieur.  Son objectif est de donner un objet à l’action.  Mais pourquoi tant chercher les causes, questionner les faits pour savoir ce qu’il en est, pourquoi tant chercher une explication mentale à ce qu’il suffit d’expérimenter en soi, de ressentir, de trouver une solution dans son sentiment ou dans son agir? Dans sa quête spirituelle, l’homme devrait faire table rase de son instruction et de son éducation matérialistes pour s’abstraire de ses croyances, de ses superstitions, de ses approximations, de ses clichés, de ses stéréotypes, de ses arrières pensées et de l’opinion d’autrui.  L’être humain a moins de choses à apprendre qu’à désapprendre.  Il devrait apprendre à se désencombrer, à écarter l’inutile, à renoncer au désuet, aspirer à la certitude intérieure qui confère la maîtrise.  L’être humain n’a rien à apprendre: en lui, il sait tout; il n’a rien à devenir, il est déjà ce qu’il a oublié être.

Sri Aurobindo Ghose disait diversement: «L’intellect raisonneur se fonde sur l’expérience normale de l’homme, sur le fonctionnement d’une perception externe superficielle et sur une conception des choses qui ne joue aisément que lorsqu’elle travaille sur une base mentale formée par l’expérience terrestre et les données qu’elle a accumulées.  Le mystique passe au-delà, dans une région où cette base mentale tombe, où ces données sont dépassées, où sont en vigueur d’autres lois, d’autres canons de perception et de connaissance…Un mystique qui aborderait le domaine de l’Esprit ou de l’occulte avec l’intellect comme seule ou suprême lumière ou guide risquerait de ne rien voir du tout ou bien d’arriver uniquement à une réalisation mentale déjà formulée pour lui par les spéculations du penseur intellectuel…La logique est le pire ennemi de la Vérité, de même que le pharisaïsme est le pire ennemi de la Vertu; car l’un est incapable de voir ses propres erreurs et l’autre, ses propres imperfections.»

À vrai dire, le savoir de l’intuition ne se révèle pas de façon logique mais de façon symbolique, par éclairs soudains.  La logique peut faire un retour sur les données intuitives, les analyser, mais elle ne peut les provoquer, les déclencher ni les comprendre toutes.  Ce qui faisait dire au Maître Janakanandâ: «Ce qui apparaît farfelu à l’esprit contient souvent plus de vérité que la réalité qu’il prend pour la vérité.  Satprem a plutôt dit: «Le mental, c’est notre instrument de vérité provisoire ou de falsification entêtée, selon que l’on regarde d’un coté ou de l’autre.  C’est le formidable formateur qui a tout déformé.  On ne peut pas battre un cil sans qu’il soit là immédiatement pour donner son explication du battement de cil.  Il a tout expliqué, c’est cela la difficulté, ou il veut tout expliquer et il couvre l’univers comme une trame épaisse au point que nous ne vivons pas vraiment l’univers mais une explication de l’univers.»  Aïvanhov pouvait dire, comme en insistant : «Il faut que vous sachiez que la force unique qui permet d’accomplir les miracles dans la vie ne se trouve pas dans les connaissances philosophiques et théoriques, mais dans la simplicité de l’existence et dans la manifestation de l’amour, de la foi et de l’espérance…Bien sûr, l’intellect a de grandes possibilités, de grands pouvoirs pour exintellect-1plorer, pour s’exprimer, pour inventer, pour comprendre.  Mais la véritable compréhension ne se trouve pas là.  L’intellect a seulement le pouvoir de connaître objectivement les choses.»

L’être humain détient deux facultés de connaissance: l’intuition, qui délivre le Savoir; l’intellect, qui délivre la science.  Or, l’être humain doit transmuer le Savoir en connaissance, non en science.  Par l’intériorisation, l’homme doit donner la priorité à l’intuition, s’il veut vraiment connaître, et se servir ensuite de son intellect pour structurer sa pensée créatrice.  Abd-Ru-Shin disait pertinemment: «Or, puisque Dieu, tout comme le spirituel, reste totalement en dehors du savoir intellectuel terrestre, c’est précisément l’intellect qui constitue le seul et véritable obstacle! Par conséquent, il est, par sa nature même, l’adversaire de tout ce qui est divin et spirituel! Et le sont donc logiquement avec lui tous les hommes qui croient à la prééminence absolue de leur intellect et ne se fondent que sur lui.»  Presque à cent pour cent de son temps, l’être humain accepte la tyrannie de son intellect qui s’est établi en roi et maître dans son cerveau.  Il n’écoute que rarement l’intuition, quand elle parle, et il se mord ensuite les doigts de ne pas avoir suivi sa première idée.  Sitôt que l’intuition s’exprime, l’intellect s’empresse de le recouvrir ou de questionner sa pertinence.  Non, il ne faut pas brimer l’intellect, l’abolir, il est souvent utile, mais il faut le mettre à sa place, lui enlever toute emprise sur soi.  Son rôle, c’est de fournir des hypothèses de travail et d’analyser ensuite l’efficacité des moyens employés.

On tient à ses idées personnelles, à sa logique, même si on doit piétiner longtemps sur place.  Il faut toujours tout questionner pour tout expliquer.  Pourtant, il y a des choses qu’il faut accepter de mettre en pratique sans trop de discrimination car leur compréhension ne suit que l’expérience.  A-t-on besoin de savoir ce qu’est l’électricité pour s’en servir? A-t-on besoin de savoir d’où elle vient? On n’a qu’à s’en servir correctement.  La seule chose utile, c’est de savoir s’en servir, ce que peut nous indiquer l’intellect, après nombre d’expériences.  Quand on s’adonne à ses spéculations et à ses opinions, plutôt qu’à la certitude qui naît de l’expérience, l’intellect prend toute la place, reléguant à l’arrière plan la voix de la sagesse intérieure.  Les choses apprises par les études restent théoriques, superficielles, tandis que ce que l’on sonde par le sentiment atteint le fond de l’être.  La connaissance par le cœur reste donc la plus importante.  Par l’intellect, on effleure à peine la surface des choses.  Ces connaissances empruntées, qui ne sont pas devenues part de soi-même, par l’expérience intime, on ne peut pas les apporter avec soi sur les plans supérieurs de conscience.

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   Intellect et Sentiments : L’intellect étudie le monde extérieur et ses réactions qui se traduisent en images qu’il associe.  Les sentiments, eux, se rapportent aux modifications de l’Esprit, provoquées non seulement par les perceptions externes, mais aussi par les stimuli simples et complexes qui viennent de l’intérieur.  L’intellect est soumis à un développement permanent et, grâce aux apports constants du monde extérieur, il ouvre toujours de nouvelles branches scientifiques.  Les sentiments sont, pour leur part, toujours en expansion.  Ils comprennent les mouvements de l’âme les plus élémentaires pour inclure ceux de tous les êtres dispersés sur toute la surface du globe.  L’intellect trouve son plaisir dans la connaissance de l’univers physique.  Les sentiments expriment les effets de l’expérience de l’Esprit dans ses rapports avec ses semblables.  Alors que l’intellect est le fruit de la sensation, les sentiments viennent de l’appétence et des désirs, expressions des besoins profonds de l’être.

   Intellect et Impulsions : Les idées de l’intellect ont tendance à se traduire en pensées et en paroles.  L’intellectuel est toujours très volubile.  Les impulsions colorent les actions, constituant en fait le pouvoir qui se trouve à leur fondement.  L’intellect peut aussi ériger des systèmes qui exigent l’action, mais, en tel cas, l’être ne passe à l’action que s’il est stimulé par ses sentiments.  Le désir meut la volonté.  On passe toujours plus spontanément et plus efficacement à l’action si l’intérêt s’en mêle.  L’efficacité de l’action est précisément déterminée par la force de l’intérêt bien dirigée.  Si l’intellect prévoit un plan, suite à un long et ardent entraînement, il limite, peut même inhiber, le pouvoir naturel du sentiment et du désir s’ils ne sont pas d’accord avec sa décision.  Ainsi, l’intellect et le sentiment agissent et réagissent vraiment l’un sur l’autre.  Les sentiments, mus par le désir, tendent à former une synthèse et à s’allier à l’intellect, dans une parfaite unité et un tout harmonieux, dans ses efforts pour amener l’individu à l’extase, dans un contact intense avec Dieu.  C’est l’intellect qui peut tromper les sentiments du fait qu’il se développe, fondamentalement, par l’intermédiaire du monde objectif, soit au moyen des impulsions prédominantes venant du monde extérieur, qui peuvent l’abuser.  L’intellect se développe en effet par les sensations, qui deviennent des idées, puis sont combinées par le raisonnement en pensées, grâce à l’exercice de la volonté.  Mais l’intellect couvre tout de son froid, tandis que les sentiments mettent le feu au désir et à la volonté pour stimuler le courage, l’audace, le zèle, l’ardeur, l’enthousiasme, la patience, la persévérance.  Pour son bonheur ou son malheur, l’intellectuel investit toute sa foi dans la suprématie de l’intelligence rationnelle.  Pour lui, tout devrait réussir par la précision et la prévoyance, ce sur quoi il fonde sa supériorité.  Sceptique, il dénie tout intérêt pour les forces sensibles et les méprises.  Comme il méprise les autres intellectuels, qui ne peuvent être que moindres que lui.  Il craint constamment d’avoir à admettre des limites au pouvoir de sa logique, de sa raison, de se tromper dans ses jugements.  Il se méfie de tout ce qui est impondérable, spirituel, invisible.  L’intuitif ne se trompe jamais, il puise son savoir directement à la Source, faisant l’envie de l’intellectuel.

© 2012-16, Bertrand Duhaime (Dourganandâ).  Tous droits réservés. Toute reproduction strictement interdite pour tous les pays du monde.  Publié sur : www.larchedegloire.com.  Merci de nous visiter sur : https://www.facebook.com/bertrand.duhaime.

MAIS UN MOYEN BIEN UTILE DANS LA DENSITÉ ET LA DUALITÉ

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