LA TRANSMISSION SPIRITUELLE: CE QU’IL FAUT BIEN SE GARDER DE RÉPÉTER À PROPOS DES MENTORS SPIRITUELS, CES RELAIS INCARNÉS DE LA HIÉRARCHIE SPIRITUELLE…

En principe, l’être incarén n’a pas besoin de mener une longue quête spirituelle, d’abord généralement livresque, pour achopper sur les mots «maître» et «disciple».  Ces mots, abusivement employés en Occident, peuvent facilement l’attirer, le séduire, le confondre et le dévoyer, du fait que celui qui commence à se questionner sur le sens et les raisons de son passage sur Terre ressent rapidement le besoin d’être aidé dans son tri de toutes les propositions philosophiques et spirituelles qui lui sont faites, parce que, comme tout le monde, dans son manque de compréhension et de moyens, il ne souhaite pas se fourvoyer ni pemontreur-de-voierdre du temps.  Alors, il se cherche, de son mieux, des sources fiables et, pourquoi pas, un maître avéré.  Or, un maître avéré, c’est un être qui, dans la succession disciplique, a suivi un long entraînement spirituel et a dû faire ses preuves avant d‘être confirmé, dans sa mission d’aide auprès de ses semblables, par la Hiérarchie spirituelle légitime.

Le problème, c’est que, depuis quelques années, Dieu, qui a repris les rênes de la gestion du système solaire, a demandé aux instructeurs incarnés de se retirer de la scène du monde, notamment pour éviter qu’ils lui fassent ombrage dans son lien direct avec tout être incarné.  Ce retrait visait à forcer les aspirants à la Lumière à comprendre que tout enseignement, parce qu’il s’adresse d’abord à l’intellect, sollicite le mental à un point qu’il peut limiter la compréhension de la Réalité qui s’exprime d’abord en vibrations et se capte de façon intuitive.  Surtout dans les cours publics où fusent trop de questions disparates, souvent inutiles, parce que les réponses ne font que nourrir une raison déjà surchargée.  Pour qu’il soit porté par l’intuition, un message doit d’abord s’adresser au cœur, plutôt qu’à la tête.  En outre, l’être humain, dégagé de tout ascendant, ne pouvait que plus facilement se ressentir l’égal de tous ses semblables.

Surtout, l’aspirant était forcé de reconnaître sa responsabilité d’assumer son destin par lui-même, à sa manière, en puisant dans les profondeurs de son être, plutôt que d’accepter un enseignement extérieur qui reste, à divers degrés une interprétation de la Réalité infinie, bien mystérieuse à plus d’un point de vue, parce qu’elle dépasse l’entendement.  Sans compter que la tentative de se conformer à un enseignement extérieur, parce qu’il est teinté d’altérité, dépersonnalise toujours davantage qu’il ne forme.

Du reste, l’idéal d’un aspirant n’est pas d’apprendre pour connaître, au sens d’augmenter ses connaissances mentales et sa culture, mais d’apprendre à se connaître pour mieux être dans sa perfection du moment.  La maxime spirituelle fondamentale reste : «Connais-toi toi-même, à l’intérieur de toi-même, et tu découvriras le Ciel et les Dieux, te découvrant leur égal.»  Ainsi, en sondant son monde intime, dans l’intériorisation et la méditation, avec l’observation de sa propre expérience, il peut découvrir tout ce dont il a besoin pour grandir en conscience.  Ainsi, comme privé de guides extérieurs, l’être humain n’a plus d’autre choix que de se prendre personnellement en main et de mettre en œuvre le mandat qu’il s’est donné avant de s’incarner, s’il veut s’éviter de régresser et de manquer le coche dans le présent processus de l’Ascension.

Mais tous savent fort pertinemment qu’un néophyte curieux, impatient, surtout s’il est habité par la peur de se tromper et le manque de confiance en lui, n’allait pas respecter aussi facilement le décret cosmique de s’assumer dans l’indépendance et l’autonomie afin de récupérer sa pleine liberté et son entière souveraineté.  C’est ainsi que, par son appel inconscient à l’aide, pour occuper la place vacante laissée par les instructeurs légitimes, des channels et des psychothérapeutes de tous acabits ont surgi de partout, se multipliant à une vitesse phénoménale.  Il avait été prophétisé que, à la fin des temps, avec le rehaussement des énergies, les fils et les filles de l’homme s’ouvriraient de plus en plus à diverses formes de médiumnité ou d’habilité psychique, mais que les contemporains devraient faire preuve d’une vigilance d’autant plus grande pour éviter de tomber dans les rets des faux prophètes et des Forces sombres, tendus dans le bas astral.

Pour répondre aux besoins des chercheurs, pourquoi Dieu aurait-il installé deux systèmes parallèles ?  Car il s’agit, pour la plupart de ces prétendus aidants spirituels parachutés, de gens qui ne détiennent aucune formation délivrée par une École spirituelle authentique, mais qui auraient bénéficié d’enseignements subtils directs, comme infusés par une intervention du Saint-Esprit, ou qui résulteraient d’un entraînement spirituel dans de nombreuses vies antérieures.  Ainsi, ils n’ont pas à avouer que, en fait, ils se substituent frauduleusement aux vrais maîtres, qui continuent pourtant d’agir dans les coulisses, de concert avec le Créateur, mais dans des attributions nouvelles, grandement voilées.  Mieux, souvent, ils se disent instruits directement par des maîtres de l’Au-delà aux noms évocateurs, parce qu’ils ont été pigés sans discernement et, souvent, en engendrant une bien grande confusion, dans la liste des Instructeurs avérés de l’histoire antérieure de l’humanité.

Pour la majorité, s’ils veulent bien se démontrer sincères un instant, les médiums se croient divinement mandatés, mais ils ne se savent pas l’être, d’où ils ne pourraient jamais s’en faire la démonstration.  Autrement dit, à peu près aucune d’eux ne pourrait affirmer avec certitude que ses présumés guides subtils sont des membres de la véritable Hiérarchie spirituelle, attestés par la Conscience christique,  et qu’ils lui fournissent un enseignement judicieux, vraiment utile à l’humanité.  Et c’est sans compter ceux qui jouent aux channels et aux instructeurs pour s’y trouver un gagne-pain plus que rentable.

Tout se passe comme si ces compagnons de vie ne savaient pas que, dans le bas astral, un plan de libre arbitre, les Archontes ont installé une réplique du Gouvernement spirituel véritable, qui sert d’écran empêchant d’accéder facilement aux plans supérieurs, afin de fausser toutes les données et de retarder l’évolution spirituelle de l’humanité.  Par exemple, pour l’archange Michaël, ils ont inventé un sosie astral, de sorte que tout appel à cet archange éveille d’abord un écho dans ce plan.  Encore, c’est ainsi que, pour augmenter leur crédibilité, ils se disent reliés à la Hiérarchie des Maîtres, à la Fédération galactique, à la Régence d’autres galaxies, inventant des personnages parfois ridicules, comme un Jésus, qui serait une incarnation de Sanandâ, alors que, comme avatar de l`ère des Poissons, ce Grand Instructeur du monde est simplement relié aux fréquences de Yeshoua ou de Maître Isa et, plus haut, directement au Christ.  Et que dire du présumé Commandant Ashtar, ce grotesque personnage subtil qui est peut-être une déformation délibérée, par manque de culture ou par désir de fourvoyer, d’Ishtar ou Astarté?

Pourtant, l’enseignement spirituel continue de provenir de la Synarchie divine, même si le Créateur occupe davantage, depuis sa reprise de la gouverne de la Voie lacté, l’essentiel de la scène du monde invisible.  Dans ce système, les maîtres incarnés agissent comme des Piliers et des Phares de Lumière plus ou moins anonymes qui s’adressent désormais directement au cœur.  Car un Maître véritable, comme par le passé, fait apparemment bien peu pour un disciple, surtout, il ne s’impose à personne, se contentant de rester disponible, mais sans plus jamais s’identifier.  Il sait trop bien que chacun est à la fois l’artisan et le disciple du processus d’Éveil qu’il s’invente, conformément à son rôle fonctionnel.

Il faut comprendre la principale raison pour laquelle les Maîtres se sont apparemment retirés de la scène du monde concret.  Ils devaient le faire pour permettre le changement de la grille énergétique de la Terre.  Ils ne pouvaient transporter dans la Nouvelle Réalité les moyens traditionnels d’une Ère révolue.  Dès lors, ils devaient réinventer tous leurs moyens d’intervention, en retenant de plus subtils.  Assistant la Hiérarchie de Support, les Maîtres de sagesse appartiennent à la Hiérarchie de la Remontée.  Ils font partie de cette lignée fraternelle qui s’est perpétuée sur la planète de façon immémoriale et qui, jusqu’à récemment, dans son immense compassion impersonnelle, éclairait la voie de ceux qui cherchaient avec sincérité et audace.

Quand le «chela» s’était dûment préparé, le Maître approprié apparaissait.  Pourtant, contrairement à ce qu’on peut croire, c’est le maître qui, incognito d’abord, trouve le disciple, cet être digne de la transmission parce qu’il détient la force de supporter la Lumière, qu’il n’a besoin d’explications, de conseils, ni de techniques pour reconnaître, dans son expérience, la Réalité.  Le maître fait tant de choses à l’insu de celui ou de ceux qu’il guide.

Aussi l’humanité gagnerait-elle à remercier et honorer tous ces éclaireurs qui ont planté des balises au gré de leur ascension, sur la Voie du Retour à la Patrie éternelle.  Ils gagneraient à reconnaître que, probablement, dans leur immense compassion, ils ont laissé sur Terre des relais simples et discrets, pour servir de modèles à l’humanité et, le cas échéant, leur assigner la bonne direction à prendre et à maintenir.  Car il faut savoir que, dans un amour incommensurable et une tendre patience, des coulisses de l’Au-delà, les Maître continuent, d’une nouvelle manière, plus discrète, de rappeler où se trouve la Vraie Voie.  En général, ils n’ont pas besoin du semblable d’un aspirant pour s’adresser directement à son cœur, ce qui ne veut pas dire qu’ils les ont éliminés et ne les postent pas au bon endroit au bon moment pour encourager ou éclairer un autre humain incarné dans une mauvaise passe.  On reconnaît ces êtres discrets, retirés et généralement silencieux, au fait qu’ils s’y expriment avec amour, simplicité,  vérité, sensibilité, bonté, fermeté, ajoutant le dénuement et l’anonymat requis.

N’empêche que chacun gagnerait à de poser la question, à savoir pourquoi Dieu, les Anges et les Maîtres invisibles parleraient à travers tant de médiums si, déjà, un être incarné ne veut pas les y écouter là, au plus profond de lui-même?  Ce qui laisse clairement entendre que la majorité des channels sont des imposteurs, de plus ou moins mauvaise volonté, qui s’attribuent eux-mêmes pour satisfaire leurs fallacieuses prétentions égotiques, leurs énormes ambitions narcissiques.  Car, dans l’intégrité, la question que doit se poser tout médium est de savoir s’il sait de toute certitude ce qu’il dit et s’il peut en témoigner en conscience plutôt que de croire qu’il sait ce qu’il dit.

Jusque dans la première moitié du vingtième siècle, les différentes Écoles spirituelles ont enseigné dans le secret, s’encadrant de règles précises en correspondance avec la culture et la tradition auxquelles ils s’adressaient.  Dans la deuxième moitié du même siècle, elles ont été appelées à diffuser plus largement leur message, en occupant la part qu’ils pouvaient de la place publique.  Mais, dès que, suite au retour de Dieu, les Maîtres magnétiques de la Géométrie sacrée ont commencé à changer la grille énergétique de la Terre, sur les ordres de Krom, cette forme d’enseignement, trop fortement mentalisée et codifiée, devait s’assouplir ou disparaître.  En effet, la Manifestation divine, éternellement libre et mouvante, ne s’inscrit pas dans le temps, elle ne se laisse jamais figer en lui.  Avec l’installation de la nouvelle grille terrestre, qui visait le retour à l’Unité, elle a consumé les résidus de toutes les expériences reliées à une tradition particulière qui, par ses différences et ses rigidités, pouvait retarder l’expression de la Conscience unifiée.  C’est ce qui explique l’apparente disparition des maîtres incarnés avérés.

En effet, les Énergies de la Nouvelle Ère, beaucoup plus fines, ne permettent pas qu’un maître continue de fournir des enseignements qui renforcent le mental ou qui font sans cesse passer d’un extrême à l’autre, soit du mal à rejeter pour passer à un présumé bien idéal à atteindre, ce qui enferme dans la densité et la dualité.   En outre, à l’approche de l’ère de Grâce, il n’était plus réaliste qu’ils révèlent des exercices ou des techniques de Libération qui induisent dans l’effort, celui de se conformer à un idéal, parce qu’ils l’amènent à se projeter dans le passé d’un état apparemment peccable pour se projeter ensuite dans le futur d’un état impeccable.  En réalité, dans sa mission propre, chacun est parfait en lui-même de toute éternité, ce qui ne requiert aucune transformation, plutôt une simple reconnaissance.  À chaque instant, sans possibilité de hasard, un être vit spontanément la perfection du moment qui le mène vers la réalisation de son état de Perfection des Perfections.

C’est sans compter que, provenant de l’extérieur, les méthodes reliées à des cultures, à des religions ou à des systèmes philosophiques précis ne peuvent jamais s’adapter à ce qu’un disciple est en lui-même dans une expérience qui change constamment.  Chacun suit une voie unique.  Désormais, le maître, qui le sait, ne peut plus rien imposer : il doit s’adapter à ce présent sans cesse renouvelé, d’où il ne peut que briller la Lumière qu’il porte, dans le silence, espérant qu’elle touche le cœur du disciple qui le choisit.  Discret, il ne révèle jamais ce qu’il partage, qui est fonction de l’ouverture de conscience de l’aidé.

Il faut savoir que les maîtres spirituels, même des maîtres incarnés, existent toujours.  Mais il importe que tout être humain qui appelle une instance supérieur à l’aide comprenne cette nouvelle dynamique de la transmission spirituelle.  Il doit s’assurer de choisir un être qui a lui-même exploré le Sentier de l’Évolution, qui en connaît parfaitement les méandres, avec leurs montées et leurs descentes, de manière à ne pas être dirigé vers des illusions nouvelles.

Le tort de plusieurs révélations des channels, c’est de faire croire que les maîtres incarnés n’ont plus de place, dans l’évolution planétaire, ce qui leur permet de tenter de les ignorer ou de leur passer par-dessus la tête, en plus de faire croire à un être qu’il est parvenu au but avant même de s’être mis en marche.  Une telle affirmation porte au rejet de l’engagement, mine le sens des responsabilités, encourage l’apathie, induit dans une sorte d’indifférence à la vie, le dernier refuge d’un ego qui se croit éveillé.  Certains messages, intellectuellement flatteurs, engendrent comme état d’être une vacuité intérieure stérile qui s’apparente au néantement ou au nihilisme plutôt qu’au Néant plein de l’Absolu.

Révéler à un être qu’il est parfait tel qu’il est de toute éternité ne signifie pas qu’il parvient en un instant à en prendre conscience.  Un être n’arrive au terme de son pèlerinage spirituel qu’après avoir réalisé le saut ultime dans le Moment d’Éternité.  Le choix de cheminer sous l’œil éclairé, mais discret, d’un maître, peut aider à éviter bien des écueils, surtout en phase d’accélération des énergies.  Il peut surtout aider un être à s’aimer et à s’apprécier à sa juste mesure, lui rappelant son droit de se façonner à sa manière, à son rythme, à sa propre image et ressemblance, conformément aux moyens qu’il s’est découvert.

Mais comment reconnaît-on un Mentor spirituel ou un Monteur de Voie, dans la Nouvelle Ère?  On le reconnaît dans un être joyeusement serein, qui, dans sa stabilité, s’émeut de peu et parle peu, surtout de sa relation avec celui qu’il aide et de ce qu’il lui apporte.  Mine de rien, dans une ambiance pure, il offre sa présence lumineuse qui permet à l’autre de s’éclairer de sa lampe et de faire des prises de conscience, celle-ci dissolvant les illusions qui font écran à la vision claire.  Il amène à tout regarder d’un regard paisible, sans cesse renouvelé.  Il amène à entrer en lui-même afin de s’affranchir, en se libérer de ses faux liens et en assumant son autonomie,  de manière à avoir de moins en moins besoin de lui.

Le maître ne porte plus de titre, ne s’accoutre pas d’habits spéciaux, ne s’entoure plus de décorum, ne possède plus d’ashram ou de centre d’enseignement.  Il ne recourt plus jamais aux comportements compassés, ostentatoires, trop sérieux, n’étalant jamais de présumés pouvoirs.  N’ayant pas besoin d’honneurs ni de publicité, il ressemble à un homme parmi les autres hommes, mais un peu fou de Dieu, de sorte que seul un disciple qui aspire à l’essentiel parvient à le reconnaître de l’intérieur.  Il lui suffit parfois de s’asseoir en sa présence, dans un contexte vide de mots, pour reconnaître sa vérité vibrante et sa force de réconfort, bien qu’il ne puisse expliquer cet apparent mystère.

Simple en tout, jamais subjectif ni partial, le maître, expression extérieure et visible de la Réalité unique, fait ce qu’il sait avoir à faire plutôt que de répondre aux attentes de son disciple.  Il est d’abord chargé d’imprégner par la voie subtile une vibration unique qui provient de la Conscience suprême.  Il veille à produire l’Éveil qui est la reconnaissance immédiate, dans la conscience, de l’Essence lumineuse de l’Absolu.  Puisque l’extérieur représente l’éphémère, entre un maître et un disciple, l’essentiel se passe toujours dans l’invisible, où, sous l’instigation muette du maître, se produit le bond dans le vide qui permet à l’aidé de découvrir ses ailes au moment où il croit plonger dans l’Abîme.

Le maître ne se présente jamais comme une autorité qui pourrait servir de refuge à son disciple et cultiver chez lui une certaine paresse.  Il lui indique la direction du Ciel sur Terre : il ne lui prépare jamais un paradis conforme à ses conceptions et à ses désirs, chargé qu’il est de le délivrer de ses prétentions égotiques.  Ainsi, il ne lui ménage jamais sa vérité, sachant le déstabiliser au bon moment, mais sans l’ébranler au point de le culpabiliser, de le démotiver, de le décourager, de le désespérer.  Tantôt comme un père tantôt comme une mère, il sait apparaître et disparaître, s’approcher et s’écarter, selon les besoins réels de son disciple.

Mais ne restera jamais auprès d’un maître que celui qui, oublieux de lui-même, acceptera de traverser la nuit la plus noire, qui l’amène à se connaître dans tous ses aspects, sans même penser à douter, se laissant porter, sans rien demander, évitant de chercher à ajouter ou à supprimer quoi que ce soit.  En fait, pourquoi un disciple accompagnerait-il un maître dont il doute puisqu’une telle attitude ne pourrait que rompre le lien lumineux qui les lie et biaiser la relation?  Il vaudrait mieux qu’il avance tout seul.

Le maître représente un relai qui, temporairement, facilite l’absorption totale dans l’Absolu.  C’est pourquoi il peut être visible ou invisible, donc incarné ou pas.  Mais il vient toujours un moment où ce dont le disciple a besoin, ce n’est plus de discours, de lectures et de conférences, mais d’une transmission directe de l’Énergie divine.  Ainsi, un aspirant n’a pas forcément besoin d’un maître incarné s’il connaît et choisit, pour se guider, une autre entité authentiquement réalisée.  Ce qui importe c’est qu’il s’assure que son modèle ou mentor puisse le guider vers la fusion, en commençant par la leur, celle du maître et du disciple, ce qui ne revient pas à l’abdication de sa souveraineté ni à une prise en charge.

N’empêche que la relation la plus salutaire, entre un maître et un disciple, c’est la relation d’amour dans laquelle le partage peut se faire directement de cœur à cœur pour produire la fusion de deux âmes.  S’il doit parler ou écrire, le véritable maître n’accepte de prononcer que des paroles que le disciple peut accueillir, comprendre et supporter, qui forment son discernement et sa sagesse, qui peuvent toucher et éveiller son Centre intime.  Car un maître ne peut intervenir efficacement auprès de lui que par le partage d’un même feu et d’un même souffle.  Mais il ne le fait jamais en son nom, il se fait le témoin de la Grande Présence omniprésente.  Il rappelle à son protégé le sens du voyage, tout intérieur, qu’il a entrepris, dans un monde où il ne reste qu’un passant.  Car l’être incarné peut être de ce monde, mais il n’y appartient pas et il ne peut s’y établir à demeure.

Voilà ce qu’il ne fallait pas dire pour s’éviter d’être traité de faux maître, d’être qui finit toujours par se contredire.  Mais l’expérience de la vie n’est-elle pas, elle-même, des plus paradoxales puisque, une fois qu’une vérité semble avoir été établie, en conscience, elle fait toujours la surprise d’en présenter un nouvel aspect, pour rappeler que tout n’a pas été dit et ne pourra jamais l’être dans la Manifestation éternelle?

© 2014-15, Bertrand Duhaime (Dourganandâ).  Tous droits réservés. Toute reproduction strictement interdite pour tous les pays du monde.  Publié sur : www.larchedegloire.com.  Merci de nous visiter sur : https://www.facebook.com/bertrand.duhaime.  

 

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2 Responses

  1. Jacqueline

    Bonjour , j’ai apprécié grandement ton message car il correspond a ma vision , et aussi au résultat d’une longue vie de travail ….. Je suis souvent moi aussi très surprise du nombre de maitres supposés qui apparaissent sur »la toile’ et des discours sucrés qui ne peuvent que laisser pantois quand on sait la somme de travail qu’il faut fournir pour installer en nous le vrai regard , et le vrai détachement du monde des désirs multiples et des croyances …
    …. Je me dis aussi que même si de se tromper de chemin amène un jour au discernement , je plains tous les néophytes qui se laissent prendre par les beaux discours qui en fait ne viennent souvent que les conforter dans leur personnalité .. bonne journée à toi , Jacqueline

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    • Françoise

      Bonjour Jacqueline
      Effectivement, la voie n’est pas de compter sur l’autre pour accomplir son soi ni de se caresser le cerveau en écoutant de beaux parleurs. Comprendre le fonctionnement de ma personnalité pour discerner l’authentique de l’illusion est ma tâche quotidienne. Je travaille seule, je suis seule et je serai seule dans mon exploration intérieure en espérant de tout coeur rencontrer qui je suis et qui « tu es ».
      Belle journée.
      Françoise

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