LA LOI DE L’ÊTRE: ÊTRE PLUTÔT QUE FAIRE, AGIR, CHERCHER… 

Comme verbe, le mot «être» désigne le fait d’avoir une réalité.  Comme substantif, il évoque le «fait d’exister»;  «ce qui est»;  comme il peut désigner tout être vivant ou animé.  Au sens plus commun, comme substantif, il réfère à une personne ou à un individu.  Au sens spirituel, le fait d’être s’exprime dans la compréhension de la nuance qu’il existe entre survivre (subsister) et vivre, soit dans le fait de vibrer à plein cintre, par une fusion intime avec la Source unique de la Vie.  En spiritualité, avec une majuscule, l’Être désigne l’état parfait de l’action juste, consistant à vivre lêtre-de-Lumièree moment présent, l’Éternité de l’Instant, en se situant dans la Vérité, au-delà des mirages des phénomènes, par un abandon intégral et inconditionnel à la Lumière divine.  Pour l’individu, l’être invite à sortir du déroulement spatio-temporel et de sa perpétuelle illusion, par l’action et réaction, pour pénétrer dans son Instant d’Éternité.

   À vrai dire, l’Être ne se définit pas : il est Ce qu’il est, il est Ce-qui-est, et il est immuable.  Il est objectif, Un et multiple.  L’idée qui en découle, c’est qu’il est essentiellement Vérité, au sens que celle-ci exprime la Réalité telle qu’elle est, plutôt que comme elle semble être.  Sa connaissance fonde la science par le biais de la raison et la sagesse par le biais de l’intuition.  Son activité s’exprime par la création dans l’amour, l’ordre, l’équité et l’harmonie.

   Tout ce qui est, hors de Dieu, représente une pensée plus ou moins cristallisée.  C’est à partir de ce concept que l’être particulier doit partir pour comprendre son état, sa situation, et évoluer, c’est-à-dire atteindre plus d’être ou découvrir une plus large part de son être.  Ainsi, l’être incarné devrait-il moins penser à ce qu’il doit faire qu’à ce qu’il doit être, afin de mettre plus d’être dans son faire quand vient le moment d’agir ou de créer.  Chacun est ici et maintenant quand il se ressent dans cet état, dégagé du passé et de l’avenir.  Car c’est par sa qualité d’être qu’il augmente la valeur et l’efficacité de ses pensées, de ses ressentis, de ses paroles et de ses actes.

   Celui qui exprime essentiellement son être et se perçoit dans sa totalité, découvre son rapport à la vie et il maîtrise rapidement les événements, sachant qui il est et maîtrisant lui-même.  Ainsi, pour l’être incarné, la première démarche qui puisse le porter sur le Sentier évolutif, c’est la motivation de rentrer en pleine possession de son être, de se connaître parfaitement.  Car cette motivation lui confère inévitablement l’audace et le courage d’être dans la situation qu’il se crée, à chaque instant, en s’acceptant comme il est, là où il en est rendu dans sa découverte de lui-même, ce qui l’amène à rejeter les illusions, les artifices, les fausses images de sa réalité.  Au-delà du faire, du paraître, de l’avoir, du jouir, il ne tarde pas à se mettre en quête de ce qu’il voudrait être, pleinement lui-même dans sa pleine liberté.

   Dans l’ordre évolutif, nul ne doit s’offenser de découvrir qu’il est moins que ce qu’il croyait être, qu’il occupe apparemment un niveau inférieur à ce qu’il pensait.  N’est-ce pas une prise de conscience préférable au leurre qui entretient dans l’imposture?  Qui pourrait avancer, c’est-à-dire progresser dans la découverte de son Être total sans être à ce point conscient de son expérience dans la densité et la dualité?  La Grande Vie n’est-elle pas inépuisable?  Et n’aura-t-il pas toujours à apprendre et à comprendre de nouvelles réalités pour être davantage?

   En spiritualité, un être est rapidement amené à comprendre qu’il ne peut entacher la notion de l’être d’aucun jugement fondé sur le sens moral d’un groupe ni sur son sens personnel des valeurs.  Car l’Être transcende les notions de bien et de mal, les recouvrant tous pour les unifier dans sa Sublime Réalité.  Le bien et le mal ne sont que des appréhensions relatives de la Lumière â partir du point où un être se situe.  Ainsi, pour s’élever au-delà de la dualité, engendrée par les aspects de la polarité, chacun gagne à se convaincre qu’il n’existe ni bien ni mal, ni mieux ni pire, ni grand ni petit, ni supérieur ni inférieur, ni caprice ni nécessaire.  Pour chacun, la seule chose qui compte, c’est la connaissance de son être, de son identité propre, à l’intérieur de la Source divine.  Quand un chercheur a exprimé son être, quel qu’il soit, tout ayant été dit, il n’y a plus rien à dire.

   Dans le Cosmos, chaque être prend une forme qui correspond au degré de conscience, franchissable, du niveau où il se trouve, ce qui, essentiellement, lui confère une différence vibratoire.  Ainsi, si l’être humain, d’une grande densité, est à base de carbone, les êtres de cristal, de la lignée des Élohim, ont une base siliciée et ils vibrent au niveau de la onzième dimension.  Les êtres de diamants, à base de cristaux, vibrent à la dix-huitième dimension.  Metatron, qui ferme la lignée, à la pointe de la Pyramide cosmique, prend la forme d’un tube d’énergie.  Il n’est surpassé que par la Source divine.

   L’être humain a du mal à être parce que, très extériorisé, il n’a appris qu’à agir et à faire.  Faire, c’est agir concrètement, mais c’est, avant cela, activer son mental souvent à contretemps.  Être, c’est se mettre à l’écoute silencieuse de l’énergie qui s’exprime dans le moment présent pour mieux savoir comment agir ou réagir.  Plus le mental d’un être est occupé, plus il l’expose à être affecté intensément par l’énergie ambiante sans en avoir conscience.  À l’inverse, plus le mental est apaisé et silencieux, mieux un être peut diriger ses énergies, car il reste maître de ses réactions physiques et psychiques dans ses échanges.

   Être, c’est apprendre à rester éveillé dans l’instant présent.  Le fait d’être commence par se porter attention à soi-même, non dans une attitude nombriliste, mais pour prendre conscience du monde dans lequel on vit.  Alors, un être ouvre sa conscience aux messages intimes qu’il reçoit constamment des plans les plus élevés et des forces les plus compatissantes de l’Univers.  Et il les partage avec les autres avec amour, surtout par l’exemple.  Le fait d’être s’affermit par la prise de conscience d’exprimer une manifestation de Dieu et d’accepter d’être la Volonté de Dieu en action.  Le fait d’être consiste à éveiller les forces de son amour, dans son cœur, car l’amour donne la vie, l’énergie qui illumine et fusionne tout dans l’Unité.  Le Créateur n’a pas demandé de multiplier et de grandir, mais de s’appartenir en se penchant sur soi-même pour se connaître parfaitement en s’intériorisant.  Celui qui veut devenir ce qu’il devrait être doit cesser d’être ce qu’il est ou pense être.

   La réalité d’être s’oppose à la quête extérieure pour se donner l’impression de poursuivre un but dans la vie et à l’excitation artificielle recherchée pour se donner l’impression d’être occupé, d’agir utilement ou de vivre intensément.  Cette haute fréquence résulte du fait d’avoir réinventé le Point central à l’intérieur de soi-même, où tous ses pouvoirs sont en attente ou latents, là où ses besoins sont satisfaits, là où il n’existe plus de besoins ni de désirs, là où on retrouve la paix, son identité propre et sa force individuelle.  Elle réside dans la liberté de se glisser dans l’Énergie divine, volontairement actif en elle, pour elle et par elle, en privilégiant les valeurs de l’amour, de la paix, de l’honneur et du bonheur, au lieu des valeurs de performance (désirs éphémères de richesse, de gloire, d’hédonisme, de beauté et de pouvoir dominateur).

   En effet, nul ne peut jouer à être en s’emparant d’un pouvoir.  Chacun doit plutôt reconnaître qui il est pour être pleinement.  On dit que cela suppose une coordination parfaite entre la pensée, l’acte, le son, l’odeur et la lumière.  Un être accède à l’être en prenant conscience qu’il est une manifestation de la Source divine, en vibrant à plein régime relié à elle, en acceptant d’exprimer en action la Volonté de Dieu.  Cela le mène à s’identifier à son Individualité, son Centre divin, plutôt qu’à sa personnalité.  D’où cette curieuse recommandation : celui qui veut devenir ce qu’il devrait être doit cesser d’être ce qu’il est, de tout faire, de tout chercher à savoir, de tant avoir et paraître.  C’est par l’être qu’un être se relie à la quatrième dimension et, par elle, aux autres.

   C’est d’abord dans le silence et la solitude que le chercheur doit s’entraîner à ne rien faire, en pensant uniquement à sa manière d’agir ou de réagir de manière à mieux sentir l’énergie du moment présent.  Il lui suffit de rester simplement conscient des sons, des odeurs, des formes du lieu où on se trouve, des énergies ambiantes, sans jugement ni monologue intérieur.  Alors, il s’exerce simplement à sentir et à ressentir en observant comment il se sent, ce qui se passe en lui, ce qui vibre dans le silence intérieur.  Ainsi, n’étant sollicité par rien de particulier, une foule d’informations peut surgir du plus profond de lui-même.

   Même en présence d’autres personnes, un être peut s’habituer à écouter dans le silence afin de diriger ses énergies, sans pensées ni sentiments.  Il lui suffit d’écouter son corps, de surveiller son mental, de rester banché sur la Source en lui-même.  Ce n’est qu’alors qu’il est parce qu’il en vient à comprendre comment les autres émettent leurs énergies vers soi ou les retiennent, découvrant spontanément ce qu’il gagne à en faire et à en penser.  En étant pleinement, un être se relie à la Vérité totale.  Ainsi, il n’a rien à chercher, étudier ou apprendre pour devenir omniscient, omnipotent, omniprésent, omniagent, bref complet et parfait, à la manière de son Atome spirituel.

CHOISIR D’ÊTRE TOUT SIMPLEMENT

   Les messagers ne cessent de le répéter, le premier devoir d’un être humain incarné, c’est d’apprendre à être, non de tant faire et de tant accumuler de bien.  Il faut croire qu’il n’est pas facile de convaincre l’humanité que celui qui cherche d’abord l’essentiel, soit le retour au Royaume originel, reçoit le reste par surcroît, tandis que celui qui cherche le surplus avant le Ciel ne trouve ni l’un ni l’autre.  En fait, il peut trouver le premier dans la mesure où il accepte de se mettre à exploiter ses semblables ou à se transformer en bête de somme, soit en s’investissant dans un dur labeur.  Pourtant, la vie pourrait devenir si facile et son évolution si rapide s’il comprenait le bon sens.

   Car, si l’être humain doit trimer aussi dur, c’est parce que, manquant de confiance en son Créateur, il préfère s’occuper lui-même de son destin au lieu de compter sur Celui qui l’a engendré, qui sait tout, pour l’inspirer et lui faciliter la tâche.  Son problème, c’est qu’il n’a pas compris que la Source suprême, qui est Esprit et parle le langage de l’EHexagrammesprit, l’inspire constamment sur ce qui est à faire dans l’immédiat, pour se maintenir sur le bon sentir, plaçant sur cette route une infinité de symboles pour compléter cette œuvre d’instruction.  Dans son rôle de motivateur à l’aspiration, le rôle de Dieu, une Réalité neutre, qui appelle l’être humain à redécouvrir son Essence et sa nature, n’est pas se s’abaisser au niveau de sa créature, en ayant recours à ses moyens limités, mais d’inviter celle-ci à comprendre les siens de manière à progressivement se hisser à sa stature infinie.

   En fait, dans sa patience infinie, Dieu continue de parler à tout être à chaque instant par ces deux moyens privilégiés que sont la voix intime et les symboles.  Mais s’il y a une chose à laquelle l’être humain répugne, c’est bien de faire silence, de se mettre à l’écoute de cette voix subtile, qui parle dans un murmure, et de veiller à interpréter correctement les symboles par lesquels Dieu lui confirme la validité des messages intérieurs qu’il reçoit, de manière à lui éviter des louvoiements et des errances inutiles dans les ténèbres, pouvant s’accompagner de douleurs et de souffrances.

   Pourtant, par définition, l’intuition ne se définit-elle pas comme la voix spirituelle authentique et infaillible du Créateur, qui se fait entendre à travers chacun et qui porte en elle-même sa vérité, n’ayant aucun besoin d’explication?  Et le symbole comme un message codé, adapté à chacun, qu’il suffit de décrypter de manière à comprendre une énigme apparente, de trouver une réponse, de découvrir une solution?  Si un être le comprenait vraiment, il se hâterait sûrement à chercher les moyens de devenir plus intuitif, puisque chacun est doté de naissance de cette faculté.  Et il se hâterait tout autant de se mettre à l’étude de la valeur symbolique des diverses réalités de manière à vivre dans une plus grande clarté et une plus grande sérénité.

   C’est ainsi que, en observant la manière que l’être humain choisit d’évoluer, on constate qu’il aime se compliquer inutilement la tâche.  Peut-être ne perd-il rien au change, chaque expérience lui fournissant sa part de lumière, sauf qu’il s’expose à vivre plus longtemps dans les ténèbres et à prolonger son dilemme existentiel, s’exposant à des aléas plus ou moins agréables.  Cette étrange créature, pourtant imbue de liberté, mais lancée dans une quête de plaisir, dont elle devient l’esclave, confond trop longtemps la finalité de son existence terrestre avec les moyens pour la comprendre et la réaliser.  Même qu’il lui arrive de vivre en cherchant à cumuler les moyens sans poursuivre la moindre finalité, autre que le plaisir immédiat qu’elle en tire.  En pareil cas, en quoi se distingue-t-elle de la bête?

   Si l’être humain s’occupait vraiment de ce qui importe le plus, par rapport à son destin ultime, il pourrait savoir à chaque instant s’il se maintient sur la voie ou s’il s’en écarte.  En effet, tout autour de lui contribue à lui en donner l’évidence.  Sauf qu’il ne prend pas le temps d’observer, d’écouter et de s’écouter, à l’intérieur de lui, pour se munir de ce savoir si sécurisant.

   Qu’on lui donne les noms divers de «signal intime», de «perception interne», de «voix de la conscience», de «sixième sens», de «souffle divin» ou de «murmure de l’Esprit», l’intuition ne s’en définit pas moins comme la perception particulière qui est dispensée directement par la Conscience subjective et qui aboutit à l’inspiration.  Elle implique une saisie soudaine, sans délibération, d’une réalité de la vie intérieure, qui résulte d’une mise en harmonie de la conscience personnelle avec la Conscience cosmique qui sait tout.  Elle résulte d’une mise en harmonie du Moi intérieur avec l’Esprit divin de l’Être suprême.  Elle amène à reconnaître une réalité comme vraie avant de savoir pourquoi et comment.  Elle exprime la perception des relations avec l’inconscient, le subconscient et le superconscient.  Elle représente la petite voix douce de la conscience intérieure qui réunit la pensée, le sentiment et le ressenti pour sonder les choses du de dans et du dehors.  Autrement dit, c’est la voix de Dieu qui parle dans le silence du cœur.  Nul ne peut entrer en communication avec cette source de savoir ou de sagesse tant qu’il se fonde sur ses idées toutes faites, élaborées par son mental, ou sur l’opinion d’autrui, pour mesurer sa science, évaluer sa valeur, savoir qui il est.

   Pour ce qui concerne le symbole, plus dense, il sert à illustrer plus clairement un message intuitif.  Ainsi, il fournit une réponse condensée, dépouillée, réduite à l’essentiel, en provenance de la Nature éternelle, pour jeter un pont entre deux mondes, le Ciel et la Terre.  Tout symbole porte un message utile puisqu’il établit un pont entre le conscient et l’inconscient et entre le visible et l’invisible, assurant un passage entre ces deux instances, afin qu’elles puissent échanger, vivre et réaliser une cohérence harmonieuse.  Le symbole fournit le sens extérieur et visible d’une réalité intérieure et spirituelle dont l’expression se poursuit sur le plan physique par la force de la vie intérieure qui y est incorporée.  Il surgit du subconscient, de ce niveau de conscience situé derrière la conscience objective ou au-dessous d’elle, selon les points de vue.  Il détient cette propriété exceptionnelle de synthétiser dans une expression sensible toutes les influences de l’inconscient et du conscient, ainsi que les forces instinctives et spirituelles, dans leur degré relatif d’harmonisation à l’intérieur de chaque être.  Il relie la pensée personnelle à la sagesse de l’âme et au pouvoir de l’Esprit révélant les sources mêmes du Savoir.

   Le symbole exprime le langage intuitif qui permet de dépasser les limites de la raison.  Il exprime une signification qui dépasse le signe évident pour exprimer ce qui échappe au mental.  Il constitue un langage qui fonctionne par analogies, similitudes et complémentarités dans une longue chaîne de significations cachées.  Il apprend à penser en images plutôt qu’en sons.  Il porte un enseignement qui révèle un archétype ou une vérité qui se dévoile et s’active dans la conscience de l’être humain, mais au niveau de l’inconscient, provoquant en lui une résonance profonde.  De signification et de potentiel infinis, il révèle l’Esprit, mettant à la portée une part de son contenu, selon le degré de conscience de chacun.

   Si on comprenait bien ces deux moyens spirituels d’information, on en ferait sûrement un autre usage, du moins un usage plus fréquent.

L’ART D’ÊTRE

   Jusqu’à ce jour, dans le plan de la densité, en instance de devenir un Maître-Artisan, l’être humain a appris à s’extérioriser, ce qui l’a amené à prendre les reflets pour la cause.  Depuis longtemps, il cherche à connaître le monde et les choses par le mental ou l’intellect.  Aussi s’amuse-t-il à les observer, à les toucher, à les peser, à les disséquer, à les classer, en les comparant à ce qu’il croit déjà connaître.  Sauf que, depuis qu’il a commencé à scruter le ciel de plus près, par exemple avec l’installation du télescope géant Hubble dans l’espace, il s’aperçoit que nombre des lois et des principes qu’il tenait pour immuables ne tiennent plus, pouvant changer selon les systèmes et les schèmes universels.

   Quelqu’un a dit que lÊTRE-SIMPLEMENTe XXIᵉ siècle serait spirituel ou qu’il ne serait pas.  Jusqu’à un certain point, cette assertion s’avère déjà, puisque l’être humain réalise qu’il doit relativiser tout ce qu’il apprend par la raison, ne pouvant plus obtenir de certitudes par ce moyen.  Aussi accepte-t-il de plus en plus de croire qu’il gagnerait peut-être à procéder par une autre voie, la voie spirituelle, celle qui ouvre à l’intuition.

   L’Initié sait depuis belle lurette qu’autant les sens peuvent tromper, parce qu’ils sondent la réalité par l’extérieur, donc dans son aspect illusoire, la réalité ne se révélant pas dans l’effet, mais dans la cause.  Ce qui confère un si grand degré de précision et de certitude à la quête intérieure, c’est que, du fait que tout est une manifestation de l’Esprit et que tous les êtres et toutes les choses, comme tous les phénomènes, se tiennent et ne font qu’un dans l’Unité cosmique, elle permet de pénétrer dans la chose étudiée et de se faire elle, par une identification totale avec elle.  Or, connaître, c’est précisément naître avec une autre réalité, la découvrant part de soi ou se découvrant part d’elle.

   Lorsqu’il pénètre au centre de lui-même, tout être devient omnipotent, omniscient, omniprésent et omniagent.  Dans cet état, il devient la chose qu’il considère, d’où il peut ensuite l’aborder avec lucidité par la pensée et l’imagination, plutôt que de continuer à la regarder, pour en parler, par l’extérieur.  On pourrait dire que c’est seulement alors qu’un être devient créateur, car, dans cette faculté ou cet art, il tire une chose de l’invisible, n’importe laquelle, pour lui donner, par l’attraction, une existence tangible.

   L’art d’être ne découle jamais de la science, qui ressort de la connaissance extérieure, mais du Savoir, résumé de la Sagesse, obtenu par l’intuition ou l’inspiration.  Nul ne peut comprendre sa réalité en observant uniquement ce qui peut se placer sous le microscope ou, pour le plus Grand Soi, ce qui peut se placer derrière le télescope.  L’être humain est plus que son corps et son psychisme : il est une Cause divine en action, quand une cause ne peut se comprendre que par l’intérieur.  Son rôle, c’est de se connaître parfaitement, en désencombrant sa conscience de ce qui l’a obscurcie, pour obtenir, par le Savoir, plus d’être.  Or l’Être total, que chacun est, représente l’état de celui qui vibre à plein cintre dans la Conscience de l’Absolu.

© 2013 Bertrand Duhaime (Douraganandâ).  Tous droits réservés. Toute reproduction strictement interdite pour tous les pays du monde.  Dans certains cas, ce document a pu être emprunté, avec la permission expresse de l’auteur, au site www.lavoie-voixdessages.com.  Merci de nous visiter sur «Facebook» : www.facebook.com/bertrand.duhaime.

© 2012-16, Bertrand Duhaime (Dourganandâ).  Tous droits réservés. Toute reproduction strictement interdite pour tous les pays du monde.  Publié sur : www.larchedegloire.com.  Merci de nous visiter sur : https://www.facebook.com/bertrand.duhaime.

A propos de l'auteur

2 Responses

  1. Toinette

    J’aime cet article, il parle vraiment subtilement (à notre ‘Savoir’ déjà là).
    Je garde le lien pour le relire encore car il y a des phrases qui résonnent vraiment, beaucoup, et par ailleurs, qui rendent la démarche pour Etre, plus humble. Rien d’ « ascentionnel » sans effort (effort d’humilité, et de lucidité et d’acceptation de notre mental super actif)… car même si cela (être) est en soi simple et fluide, sans effort pour ressentir cette simplicité et s’y laisser aller, on bloque, reste bloqués dans je ne sais quel état d’attente. Etre n’est pas attendre (« l’ascension » dont on parle tant, trop à mon avis).

    Je parle de ‘mental’ super actif : En fait, je me disais récemment que notre mental (qui pour moi n’est finalement qu’un de nos sens, outils, parmi les autres, que nous avons juste surdéveloppé) était super actif pour bien faire. En effet, face à un ressenti confus d’insécurité dans le monde (les luttes d’égos, les formatages dans lesquels nous naissons, également l’inconfort face au milieu naturel dans lequel on a à vivre, notre habitat, à expérimenter, ressenti a priori comme hostile -de tout temps, l’homme a chercher à dominer, maîtriser la nature, ressentie comme un lieu d’accueil inconnu, et en ce sens potentiellement hostile, et qu’il faut adapter à son corps pour le garder en sécurité, et même aussi peut-être -?- l’inconfort de l’âme incarnée dans un corps, l’inconfort de son expérience de la densité – et oui au fond, c’est une sacrée aventure incertaine pur l’âme quand même!), notre mental s’est mis à l’ouvrage, à fond, a pris les manettes, pour bien faire : pour adapter, s’adapter, du moins tenter de le faire, et s’est finalement agité, et nous perd au final. C’est bien je pense de l’accepter comme cela, notre mental, sans lui en vouloir de sa prise de pouvoir. Cela permet ensuite de l’apaiser : chut, tout va bien, on va essayer de faire autrement maintenant, et sans que tu aies à t’épuiser de la sorte, et pour au final, toujours buter et rester dans les mêmes difficultés.

    En lisant votre texte, je me disais aussi que calmer, et donc maîtriser, son mental, c’est aussi reconnaître (par le mental lui-même en personne !) que le Savoir, l’Etre, était le plus fort, le plus juste… (Et c’est clair que oui, quand on le vit, il n’y a pas de doute, on se sent mieux, intègre, juste, en paix, etc). Mais, le mental est un rebelle, une entité libre en quelque sorte, qui a besoin de savoir par lui-même, en expérimentant, en essayant son pouvoir, ses solutions. C’est tout à fait légitime ! Comme un enfant qui grandit, un adolescent qui essaie sa prise de responsabilité dans la vie, en lançant des actions dans le monde. Si on ne fait pas, on apprend mal (pédagogie active, participative, c’est nécessaire).
    …. Ainsi, l’humanité serait-elle, aujourd’hui, au sortir de son adolescence ?

    Répondre
    • Toinette

      (suite) : je complète car
      1/ je voulais avant tout vous remercier pour le développement des idées dans cet article, je trouve cela à la fois ‘inspiré’, ressenti, et traduit, transcris pour le raisonnement (bel exemple ‘d’état parfait de l’action juste’ ?)
      2/ compléter mon idée de l’adolescence de l’humanité : ce que je voulais dire c’est qu’il est légitime pour le mental de ne pas simplement reconnaître Dieu, le divin, l’Etre, etc. Il ne peut le faire spontanément en évoluant dans la vie, car il a besoin d’expérimenter pour Savoir, d’essayer… Sans cette expérimentation, sans ses erreurs, sans se tromper, il serait difficile de reconnaître qu’il y a une ‘force’ au dessus, car se serait alors se plier aveuglément, obéir, être seulement discipliné et donc non responsable. L’homme et son mental ont d’abord besoin d’essayer et de se tromper, pour, à force de se retrouver toujours dans les mêmes boucles, impasses, manques de sens, peurs et tristesses irrésolues, sentir, savoir, qu’il y a autre chose.
      3/ Le tout étant ensuite effectivement comment on mène sa vie, son expérimentation terrestre, avec le foi et le ressenti de cet autre chose, et là, votre article nous en dit beaucoup. Je bloque toujours un peu sur ce ‘Etre et non faire’, sur ce ‘Ne plus intervenir’, être dans le courant. Si je ressens la belle évidence de cela, je trouve ça à la longue bien gentil et joli… mais bien long et difficile ! Mais cet article est un de ceux qui mettent des petites pierres concrètes sur le chemin, à mon goût en tout cas. Merci

      Répondre

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *