LA LUCIDITÉ

 

La lucidité, c’est la qualité de celui qui témoigne d’un esprit clair, d’une rectitude de jugement, d’un discernement lumineux, d’acuité des sens, de finesse des sentiments, parce qu’il allie les qualités de la tête et du cœur.  Elle s’exprime par l’observation silencieuse et sereine dépourvue de jugement, donc de condamnation et d’identification, car nul ne peut comprendre ce qu’il réprouve et qui suggère un parti pris ou une résolution prise d’avance.  Logique, cohérent, ouvert à l’intuition, proche de ses ressentis, donc en pleine possession de ses instruments de compréhension, l’être lucide se montre pénétrant et perspicace pour ce qui concerne ses attitudes, ses comportements et ses choix de vie.  Il exerce sa faculté dans l’instant, selon le degré de son intérêt, car il n’y a pas de lucidité dans l’habitude, la routine, l’accoutumance.  Clairvoyant, il parvient à saisir ce qui est caché au commun des mortels qui ne vivent pas assez d’attention et de vigilance.  Surtout, il comprend parfaitement la différence entre la fin et les moyens et la hiérarchie de ses priorités.  Comme on dit, il a toute sa tête, il est conscient de ses idées, il a le cœur ouvert, de sorte qu’en réaliste, en attendant de réaliser les impossibles, il accepte les choses comme elles sont pour le moment, sachant où il vaut la peine de s’investir pour rester vivant et efficace par rapport à son accomplissement.

DU BON GOÛT

 

Le mot «goût» vient indéniablement du latin «gustus» qui, par le grec, dérive probablement du sanscrit «gush» qui signifie «aimer» au sens de «trouver bon» ou de «capter la saveur».  Au sens figuré, il a été élevé au sens de faculté de percevoir, dans les domaines esthétique et intellectuel, le degré de conformité aux critères de la beauté ou de l’ordonnance logique, ce qui peut former des critiques, malgré que tous les goûts soient dans la nature, comme on dit.  Mais l’appréciation à laquelle il mène désormais peut se justifier dans la mesure où il exprime une perception qui se fonde sur la contemplation de l’excellence ou de la perfection et l’espérance de l’atteindre, au sens d’une réalité qui comporte plus de lumière que d’ombre, dans la mesure que ces critères ne limitent pas à l’appréciation du bien et du mal ou du bien et du mauvais, ce qui perd dans la dualité, alors que, en lui-même, il ne vise pas à porter à la condamnation des étapes nécessaires de l’Échelle évolutive, mais à susciter un dépassement de soi.  Il doit alors s’agir d’un simple constat par rapport à l’Idéal absolu.  Dès lors, il sert à inciter à l’expression personnelle dans le rejet d la répétition et de l’imitation, qui, en plus de limiter, comportent un renoncement  au progrès ou à l’expression de l’unicité et de l’originalité personnelles.  Il porte vers l’excellence qui suggère de dépasser le mieux, ce qui commence par le dépassement du passable, après avoir exploré le pire, soit par l’écartement de ce qui restreint ou contraint.  Il aboutit à une expression dans la simplicité d’un juste milieu, source d’équilibre et d’harmonie, puisqu’il ne supporte pas les excès en trop ou en trop peu.

Je serais curieux de savoir qui a compris le sens de cette digression pourtant lumineuse!

 

DE LA CHARITÉ

 

Les êtres religieux et les chercheurs spirituels ont souvent plus de difficultés à exprimer la charité que les gens du peuple en raison de leur rigorisme moral ou de leur orgueil spirituel.  Bien sûr, celui qui cherche encore ne peut pas prétendre avoir trouvé.  Cela provient souvent du fait qu’ils croient comprendre trop bien le sens de cette vertu pour ce qu’ils le comprennent réellement, du fait qu’ils n’ont pas pensé à s’appliquer à le découvrir ou à réviser leurs notions en la matière.

Fondamentalement, le mot «charité» provient du latin «caritas» qui signifie «ce qui est cher à…»  De là, au premier sens, il exprime l’amour surnaturel envers Dieu, le Tout, qui impose d’inclure d’abord en lui le prochain, une créature humaine, et même toutes les créatures dont ils sont une émanation.  Cette obligation s’imposer à partir de la profonde correspondance qui existe entre les âmes qui amène à reconnaître autrui, même tout ce qui relève apparemment de l’altérité, comme un autre soi-même.  Dès lors, un être ne peut traiter autrui que comme il aimerait être traité.

En fait, la charité n’exprime rien d’autre que l’Amour pur ou spirituel qui amène à s’exprimer de manière impersonnelle et inconditionnelle envers tous les êtres, soit en évitant de faire autant des acceptions que des exceptions, à exprimer du favoritisme ou de la subjectivité.  Elle porte à intervenir sans acception ni exception, sans favoritisme, dans la plus parfaite objectivité.   Mais cette expression doit s’exprimer dans le silence, le respect et la discrétion en rejetant les préjugés, les attentes, les efforts, la contrainte, l’immixtion dans les affaires d’autrui, les conditions de temps et de lieu.  Elle doit d’abord viser à répandre la Conscience divine à travers le monde, en commençant par aider les démunis, les faibles, les pauvres de son entourage, tous les êtres temporairement en état de carence ou d’ignorance.  Nul ne peut atteindre certains états lumineux sans d’abord aider l’humanité à s’élever au plan le plus élevé qu’il est parvenu à s’élever.  Mais cela ne doit pas s’exprimer au détriment de la Loi universelle ou de la Volonté divine par des interventions auprès d’un être qui n’accepte pas de s’aider, de se prendre en main, de se préparer à régir souverainement son univers, à titre de créateur de son propre destin, parce qu’il se complait dans ses malheurs ou s’apitoie sur son sort.  Nul ne gagnerait de bénéfice spirituel à aider un être qui n’en est pas digne parce qu’il s’oppose au Plan divin ou lui résiste.

Visant à purifier le cœur et à rapprocher de l’Idéal, la charité revient à l’application de la Règle d’Or des anciens qui enseigne la reconnaissance de soi en l’autre et invite du coup à le traiter comme, en toute conscience, on aimerait être traité, plutôt que comme il aimerait être traité.  Cela ne devient possible que chez un être qui a saisi sa propre Essence spirituelle au plus profond de lui-même et qui l’amène à reconnaître que tout est partie d’un même Tout unique.  Il se reconnaît comme une Étincelle de l’Absolu ce qui le porte, par extension, à comprendre que ses semblables, comme tous les êtres, participent de ce Tout, et que, en les aimant, c’est Dieu qu’il aime.  Aussi, dans son discernement, n’oserait-il jamais leur exprimer autre chose que l’amour le plus pur, certes jamais de la pitié, de la miséricorde, de l’indulgence, de la bienveillance ou tout autre sentiment trop purement humain, ce qui, reposant sur un jugement de valeur, serait indigne d’eux, surtout de Celui qui les habite comme il l’habite lui-même.  C’est en ce sens qu’il est dit qu’elle doit naturellement s’exprimer dans le souhait du bien à tous, la collaboration au bien commun, sans effort ni sens d’obligation, donc dans le désintéressement complet.

Puisque la charité vise à rapprocher de la Perfection spirituelle et que, pour cette raison, toute charité bien ordonnée commence par soi-même, après avoir aidé à trouver son propre bien et à bien ordonner ses priorités en regard de son Idéal suprême ou de son But ultime, la charité peut disposer à des entreprises philanthropiques telles que le volontariat ou le bénévolat, l’expression de la bienfaisance et de la générosité, jusqu’à l’offrande d’oboles ou d’aumônes, mais sans désir de prendre en charge ou d’asservir, en retenant qu’il vaut mieux apprendre un être à pêcher qu’à pêcher pour lui toute sa vie.  Mais surtout, et bien avant l’aide aux pauvres et aux faibles, pour permettre de semer en terre fertile, elle doit incliner à supporter les projets voués à l’expansion de la Lumière divine.  Ainsi, pour aider à sortir de soi, elle doit d’abord porter à aider les chercheurs et les aidants spirituels qui consacrent leur vie à cette œuvre.

En cela, tout acte charitable posé avec effort ou par obligation relève davantage de la passion que de la sagesse.  Encore, toute charité qui encourage le maintien de la priorité de la quête des plaisirs relève de l’ignorance, voire de la perversion.  Enfin, toute charité accomplie pour faire de l’épate ou jeter de la poudre aux yeux ou pour mousser le prestige personnel relève de l’égotisme et amène à stagner avant de faire régresser rapidement.  La charité bien ordonnée augmente la circulation de l’énergie spirituelle, dissout les blocages et les entraves évolutifs, rapproche de l’Illumination.  L’énergie de la vie n’est nulle autre que celle de la charité, qui est l’expression dans la simplicité, l’humilité et l’esprit d’enfance de l’Amour pur émanant de l’Absolu et lui retournant toujours.

 

DIGRESSION SUR L’AMOUR

 

Il n’y a pas d’amour dans la dépendance, l’idolâtrie, la sentimentalité, l’émotion, le plaisir, l’attirance, la passion ou toute autre disposition instable, puisque, par essence, il est impersonnel, inconditionnel et, surtout, gratuit, commençant par un état de conscience, témoin de l’ouverture du cœur.  Les effets qui en découlent, comme la tendresse, l’estime, le respect, s’ils sont légitimes, ne participent pas de son essence, mais en deviennent des fruits naturels.  Les effets contraires, comme l’angoisse, l’envie ou la jalousie, le caricaturent tout autant, s’inscrivant dans l’ordre des désordres psychiques.  Lorsque le sentiment, l’émotion et la passion précèdent l’amour, il ne peut s’exprimer de manière authentique et loyale, puisqu’il devient une imitation ou une contrefaçon, celle d’un être qui cherche à remplir un vide ou s’attend à l’expression d’une image idéale.  En pareil cas, l’autre devient une réalité dont il a besoin à titre de force, de sécurité, de stimulation, ce qui revient à confondre ses besoins personnels avec la réalité de l’autre, dans la mesure qu’il les comble.  Il n’est plus une personne, mais un objet qui restera utile le temps qu’il comblera ces carences.  Dans toute prétendue relation amoureuse où il y a une attente, il y a moins d’amour que de possessivité, le résultat de requêtes subtiles fondées sur l’envie, le néant personnel.  Chacun aime un autre de la manière et dans la mesure qu’il s’aime et est plein de lui-même.  Il n’y a qu’un être plein de lui-même, au sens de maître de ses moyens et de sa destinée, d’autonome et de libre, qui puisse vivre une relation dans l’égalité et le détachement, ce qui assure qu’il ne soit, sans s’en rendre compte, un prédateur, un exploiteur, un parasite, un dominateur ou un esclave.

 

LE VIEIL HOMME EST CORIACE

En chacun, le vieil homme a la vie dure. Ainsi, il est vain et d’un ridicule achevé de tenter de le changer ou de le réformer par l’effort, car il n’existe aucun moyen de l’améliorer de cette manière. C’est la faute commune et le grand piège que d’ignorer que cette entreprise reste stérile et que, dans des interventions répétées à son encontre, il risque même de le renforcer. Chacun gagne plutôt à travailler sur lui-même sur le plan des pensées et des ressentis pour s’ouvrir à de nouveaux états d’être, en veillant à faire toujours plus de place à son Centre divin. Pour le reste, dans son expérience courante, chacun gagne à partir d’où il en est, dans la juste reconnaissance de ses grandeurs et ses faiblesses apparentes, sans se prendre pour un autre, sans s’identifier jusqu’à se confondre aux images que sa propre négativité et le regard d’autrui peuvent lui projeter. Il n’y a que l’Esprit de Vie qui puisse parvenir à dissoudre le vieil homme, qui n’en est que la caricature, puisque, en réalité, il n’a aucune existence propre, à part celle des prétentions de son intellect, ne représentant jamais qu’une émanation arbitraire de ses pensées erratiques d’être qui vivre seul, séparé de l’Absolu, appelé à s’y prendre seul, alors que, s’il détient une volonté, il ne détient aucun pouvoir. C’est par ses pensées et ses ressentis intimes qu’un être lui donne une apparence de consistance, ce qu’il renforce par ses paroles. Ainsi, chacun gagne à éluder cet ego imaginaire qui prend toujours trop de place afin de vivre du Centre de son être, au lieu de se perdre dans les illusions et les apparences. Une excellente manière d’y arriver, c’est d’apprendre à méditer en écartant cette odieuse prétention de toujours avoir réponse à tout ou cette audace de vivre de croyances et de présomptions plutôt que de certitudes. Avant de recourir à l’imagination, pour créer, chacun gagne toujours de s’inspirer dans l’intuition, ce qui lui évite de constamment chercher des moyens quand il oublie presque toujours sa fin.

LA PURETÉ

Un être sait qu’il est pur dans la mesure de son authenticité, de sa simplicité et de sa transparence qui l’amènent à apprécier à sa juste valeur chaque expérience qu’il a vécue, sans avoir honte d’aucune d’entre elles, puisqu’elles représentaient un passage obligé dans son parcours évolutif. En effet, la pureté évoque la conscience claire et limpide, parce qu’elle ne comporte plus de mélange, d’élément étranger, de tache ou de souillure, d’altération, de corruption, de défaut. Elle résulte d’une conformité avec la part du Plan de Dieu qui lui revient lui parce qu’il reconnaît cet Absolu comme la Cause et la Puissance uniques de sa vie et qu’il aspire constamment à lui ressembler toujours davantage. Un tel être ne peut qu’avoir le cœur ouvert, ne porter que des intentions sincères autant à son endroit qu’à celui des autres et respecter toutes les créatures de l’Univers, incapables de les juger tellement il les comprend.

DE L’ABNÉGATION

Comme peut si bien l’enseigner la femme, l’abnégation consiste à cultiver le don de soi, à se détacher progressivement de ses motivations purement égoïstes et individualistes pour s’ouvrir à l’altruisme et devenir de plus en plus impersonnel, participer au bien commun, se mettre à l’écoute du besoin des autres, mais surtout pour se dégager des faux liens de la matérialité, afin de réintégrer la dynamique cosmique qui favorise l’expansion de la conscience. Elle implique le renoncement volontaire à son intérêt purement personnel, qui ne trouve aucun écho cosmique, dans la pensée que chacun est une part de la Conscience atmique et un membre de l’Humanité, partie prenante de l’expérience commune. Mais elle ne doit jamais impliquer l’abdication de sa liberté, de son autonomie, de son indépendance, de sa souveraineté, ni le sens de la dignité personnelle, de l’estime de soi, de la confiance en soi, du respect de soi, avec ce droit de s’accorder la première place. Car celui qui donne plus qu’il ne reçoit s’établit en déficit et s’expose à péricliter dans une mort lente. Chacun soit savoir se recharger afin d’avoir ce qu’il faut à partager et à échanger, à commencer par ce qui fait son unicité, sa différence dans l’expérience collective.

LA FÉLICITÉ OU LA BÉATITUDE 

Il y a le plaisir, d’un goût de terre; il y a la joie, d’un goût de Ciel; il y a la Félicité, d’un goût d’Absolu! Tout être aspire à accéder à la Félicité, cet état extatique et béatifique dont ont parlé tant de saints et de Maîtres. En effet, il s’agit de l’état du nec ultra, du ravissement suprême de bonheur dans la Conscience cosmique, un état qui participe de l’atteinte de l’Absolu, de la nature de l’Esprit de Vie, et qui se fait ressentir quand l’âme se fond en lui, lorsque disparaît la personnalité. Elle exprime l’état de satisfaction complète de l’âme parvenue au terme de son périple évolutif, donc qui a accompli ses plans et ses objectifs jusqu’à son But ou à son Idéal suprême. Pourtant, ce n’est jamais pour elle qu’un rappel d’un état qu’elle avait connu antérieurement pare qu’il représente son essence première et originelle. Mais pourquoi aspirer à un tel état de perfection qui préexiste déjà, derrière le voile d’Illusion et qu’il suffit d’accueillir, sans réserve, dans son cœur? Dans la réalité de chacun, la Félicité ne peut-elle pas être pour maintenant? Mais bien sûr!

LAISSER RAYONNER SA LUMIÈRE

Il est vain et inutile, voire nuisible, de tenter de convertir les autres à ses idées, de leur imposer les convictions que l’on se forme, qui deviennent sa vérité, à travers ses expériences personnelles.  Il s’agit d’une motivation égotique qui n’est que vanité subtile et dangereuse et amène à régresser.   Il vaut mieux comprendre que sa manière de vivre devient, de lui-même, le meilleur témoignage de ses certitudes, car elle finit par magnétiser, impressionner, produire sa contagion.  C’est ainsi que, attirées comme par un aimant, les consciences ouvertes en viennent à accourir vers soi afin de s’enquérir discrètement de ce qui se passe, avant de se permettre de demander à partager le trésor qu’elles soupçonnent qu’on possède.  L’âme qui prend sereinement de l’expansion dans l’Amour, la Vérité et la Sagesse ne peut rester cachée bien longtemps, tellement elle devient transparente et émet une Lumière intense et bienfaisante.  Même dans le silence, elle s’exprime spontanément, accomplissant son œuvre salutaire, parlant plus fort que les mots.  D’une part, elle dérange, déstabilise, pouvant brûler les papillons de nuit, qu’elle éblouit, tandis qu’elle imprègne et nourrit les papillons de jour.  L’unique devoir de chacun, c’est de se connaître lui-même à travers de lui-même, afin d’être davantage, en s’assumant lui-même dans l’indépendance et l’autonomie, détaché du regard et des attentes d’autrui.  Comme cette quête le même à renouer avec l’Absolu, en trouvant plus de place à travers cet être, celui-ci commence à s’irradier sur les autres dans la mesure que son canal le permet.

LA RÉALISATION TRANSCENDANTALE

L’expression fait rêver les fans spirituels de l’Hindouisme ou du Bouddhisme, imbus d’exotisme plus que de réalisme, qui oublient que Dieu, dans sa sagesse, a placé leur Maître en eux-mêmes et que, au besoin, il peut trouver un allié d’Éveil dans un mentor qui se cache dans leurs parages, mais qu’ils auront du mal à reconnaître tant qu’ils s’attendront à ce qu’il réponde à leurs stéréotypes, notamment à ce qu’il ressemble à l’idée qu’ils se font d’un Maître spirituel, qu’il leur dise de manière béate ou complaisante ce qu’ils veulent entendre de la manière qu’ils souhaitent l’entendre.  Pourtant, il n’y a pas même l’épaisseur d’un cheveu entre le monde des apparences concrètes et le monde des réalités subtiles, que celle de l’épaisseur du voile d’Illusion.  Ainsi, la réalisation transcendantale ou l’accès à la Maîtrise totale se produit par la dissolution du voile qui permet de redécouvrir ce qui s’y trouvait de toute éternité, qui n’avait été qu’oublié pour un temps, celui de passer de l’inconsciente de l’immersion complète dans l’Absolu à la conscience connaissante de l’individualisation, par une plongée dans la densité et la dualité.  La réalisation transcendantale se produit d’autant plus rapidement et sûrement que, cessant de se disperser et de louvoyer, un être remet les choses en place et se resitue dans l’exacte perspective de la Réalité divine, mettant ses moyens au service de sa fin et faisant de l’essentiel sa priorité.  Dans la sérénité joyeuse et le détachement parfait, c’est en avançant sur cette corde raide, située entre deux extrêmes, qui porte nom de Voie droite et directe du Juste Milieu, qu’un être réintègre le Centre de lui-même, la Porte d’accès à l’Absolu.  Poser ainsi l’expérience de l’Évolution, c’est dire qu’un être gagne à abandonner toute quête de Dieu pour le trouver dans la conquête de lui-même, soit dans l’acceptation de vivre amoureusement l’expérience lourde de sens et d’enseignement, agréable ou désagréable, qui s’offre à lui dans le moment présent, la seule capable de l’aider à faire le point sur ce qu’il gagne à comprendre et transmuter dans l’immédiat et qui évite que les problèmes s’accumulent dans sa vie à son insu.  Cette expérience fait le plus sûrement partie du plan de son âme émané du Plan divin lui-même qui, à son rythme, selon sa compréhension et ses moyens, le mène à la Réalisation transcendantale.

L’IMPORTANCE DE LA PONDÉRATION

 

Pondération : la clé de la maîtrise de soi et du bien-être personnel.  Pondération : elle signifie étymologiquement l’équilibre des poids ou des tendances contraires qui résulte de l’examen approfondi ou du contrôle, un mot qui prend désormais généralement le sens d’équilibre et de mesure dans les manières, dans les prises de position, les appréciations et les constats.  Elle se caractérise par le calme qui régularise et stabilise la dépense d’énergie et met à l’abri des sautes d’humeur et des mouvements émotionnels.  Elle décrit un être qui reste lui-même, égal à lui-même, mais dans un sens plus dynamique que passif.  C’est-à-dire qu’on a affaire à quelqu’un qui sait agir plutôt que réagir, ce qui lui permet d’affronter toutes les circonstances, même adverses, avec la même sérénité et la même assurance qui lui permet d’ultimement connaître le triomphe ou le succès.  Elle provient d’un être qui, au lieu de s’évaluer à partir de l’appréciation des autres, se conçoit comme son propre centre, indépendant de tout le reste.  Plein d’estime de lui-même, de respect personnel, de confiance en lui, d’assurance, il se possède parfaitement, évitant de donner prise à la négativité.  En outre, il sait identifier ses besoins réels ce qui lui permet d’écarter les fausses attentes et les faux désirs.  En toute connaissance de cause, il se fait cause au lieu de subir et céder, sinon, il s’adapte et s’abandonne.  Il reste branché sur le courant de l’Évolution.  Dès lors, il ne peut que régir la plus large part de son univers, en déterminer l’ambiance constructive et, du coup, avancer sans cesse, tout en produisant une influence bénéfique sur son milieu.

DU SENTIMENT DE LIMITE ET DE PÉNURIE

 

   Chacun gagne à s’abstenir de chercher toute privation, qu’elle s’appelle manque, carence, pauvreté, pénurie, indigence, dans un court-circuit qui a fait dévier ou coupé le cours de la force vitale.  L’être qui connaît ces états signale simplement que par fermeture du cœur, dans une confusion des moyens avec la fin, un refus d’échanger ou de partager de manière équitable, il s’est vu forcé de puiser à une source secondaire plutôt que directement dans l’Absolu, par la réponse de sa Providence ou se son Approvisionnement universel.  La limite est le salaire de l’inconséquent qui s’entête à transgresser les lois de la Nature et les principes cosmiques.

À DÉFAUT D’INTUITION, DU DISCERNEMENT

 

À défaut d’être suffisamment intuitif, il faut faire preuve de discernement, puisque la sagesse peut encore faire défaut.  Ainsi, lorsque vous vous apprêtez à faire un choix, si vous ne détenez aucune certitude par rapport à sa légitimité et à sa licéité, donc de sa conformité avec votre conscience, vous ne pouvez que gagner à comprendre les explications qui suivent.  En général, l’envie d’agir, qui révèle un mouvement vers l’avant de l’âme, signale un bon choix, alors que la réticence appelle à une reconsidération de la situation.  La prise du choix valable, parce que conforme à ses besoins évolutifs et au respect d’autrui, s’accompagne du maintien de la sérénité intérieure, d’une impression d’accord avec soi-même, du sentiment de la conscience bonne.  Si, au contraire, il éveille la moindre culpabilité, de l’angoisse, des regrets ou des remords, de l’hostilité, il indique qu’il reste quelque chose à comprendre et à harmoniser avant de passer à l’acte, car le choix actuel ne semble pas servir utilement.  Peut-être même qu’il vaudrait mieux le changer tout simplement dans la perspective du bien commun, d’un gain de la part de toutes les parties impliquées.

Toutefois, chez certains, il reste le problème de l’entêtement dans les mauvais choix ou l’endurcissement dans le mal, qui résulte de l’ignorance de ces signaux et qui, maintenu sur une longue période, peut avoir fini par éroder le discernement et voiler la conscience.  Puisque, chez eux, les sentiments se sont atrophiés et que la bonne conscience, la complaisance dans les mauvais jugements de valeurs, ou la conscience élastique, le laxisme d’un choix arbitraire qui, par un manque de rigueur, porte à élargir à son avantage les sens des prescriptions de la charité ou des principes de la vie et dispose à des accommodements simplistes, la méchanceté, la mesquinerie ou la perfidie peuvent avoir obtenu la préséance ou la prépondérance dans leurs décisions.

Il n’empêche que, même chez l’être le plus endurci, sa nature première ne disparaît jamais complètement, ce qui peut par exemple l’amener à s’amender à l’occasion d’une grande épreuve ou à l’heure de l’échéance fatale, se signalant souvent par une angoisse sourde, un mal de vivre, des échecs répétés, des blocages  ou des difficultés relationnelles récurrents qui l’isolent, qui maintiennent dans l’impatience, voire la colère.  Longtemps, dans leur désir de se mesurer aux forces subtiles de la vie et de tout contrôler, ces signaux d’alerte peuvent contribuer à renforcer leurs fausses convictions de simplement incarner leur vérité individuelle, puisqu’ils sont devenus les esclaves de leurs impulsions négatives, souvent destructives.  Mais, tôt ou tard une répercussion, que d’autres préféreront appeler une charge karmique, un coup de fouet psychique, un choc en retour ou un effet de boomerang, ne manquera pas de les ébranler dans leurs convictions, peu se tirant de l’existence complètement impénitents.

LE VIOL PSYCHIQUE

 

Il a été dit que l’adultère dans le cœur se démontre aussi grave que l’adultère de fait.  Bien sûr, en spiritualité, l’adultère désigne moins la transgression du devoir de fidélité entre des époux que les errances de l’intellect, dépourvu de discernement et d’aspiration, qui porte à des choix régressifs parce qu’ils favorisent davantage l’appel des sens que le renforcement du lien intime avec son Centre divin.  Sauf que cette considération rappelle que l’intention mauvaise produit des effets aussi dévastateurs que les actes, surtout que l’intéressé ne la voit pas venir, n’en soupçonne que difficilement l’existence.  Le viol psychique, parfaitement interdit et sévèrement réprimé par le choc en retour de la Loi divine, consiste à tourner son regard intérieur vers un être ou ses possessions, à son insu, animé du désir d’en jouir, sans son consentement, même si ce désir ne devait rester qu’un désir.    Dans l’expression viol psychique, on peut autant inclure la pollution de son univers personnel par des pensées délétères que le parasitage d’autrui, retenant que le désir entretenu devient de plus en plus difficile à contrer, ce qui dispose peu à peu à passer de l’intention ou de la parole aux gestes.

QU’EST-CE QU’UN INITIÉ?

On dit, avec une certaine crainte sourde, qu’un Initié est une personne qui a été admise à la connaissance et à la participation de certains cultes ou rites secrets. En fait, il s’agit simplement d’un être qui a accédé à un savoir peu répandu parce qu’il a suivi l’enseignement d’un Maître spirituel et a développé des certitudes d’expérience en s’adonnant à certaines techniques, mais surtout en appliquant les lois naturelles et les principes cosmiques. Dans la vie, il y les êtres qui vivent au jour le jour, se laissant guider par leur Conscience intime ou leur Centre divin, ce qui leur permet d’approfondir par eux-mêmes la dynamique de la vie à travers l’expérience personnelle, ce qui peut représenter la voie laborieuse et longue de l’être qui avance à tâtons, mais qui finit par approfondir les choses. Puis il y a celui qui choisit de s’en remettre à un Instructeur spirituel, qui n’est rien d’autre qu’un être qui l’a précédé sur la Voie évolutive, qui peut faciliter et raccourcir sa recherche à travers la révélation de secrets spécifiques et la mise en garde contre des embûches communs selon son rythme d’apprentissage, donc sa vitesse d’intégration et d’assimilation. Dans ce contexte, l’Initiation ne représente essentiellement que l’accès au Savoir supérieur, plus généralement appelé Sagesse spirituelle, une réalisation menée par soi-même ou avec le concours d’un enseignant avéré. Mais, dans un cas comme dans l’autre, n’étant pas l’esclave des messages et des moyens qu’il reçoit, tout être est appelé à s’en remettre à lui-même pour établir ses choix et prendre les décisions ultimes. Car le premier rôle d’un maître, c’est d’aider son protégé à accéder à la liberté et à récupérer sa souveraineté dans le partage amoureux de la Vérité. Même guidé, l’être incarné ne doit jamais s’ouvrir complètement en conscience qu’à l’Absolu, obligé de s’en remettre d’abord à lui, autant pour son évolution globale, que pour les notions à adopter que pour les comptes à rendre. C’est la raison pour laquelle un Initié véritable se reconnaît surtout à sa simplicité, à son indépendance, à sa joie sereine, à son humilité, à son altruisme sans éclat ni étalage, à sa profonde bonté, à sa claire compréhension, bref à son degré d’Amour pur.

PRÉFÉRER LA VÉRITÉ AU MENSONGE

 

Puisqu’il vaut mieux être abasourdi par la vérité que torturé par le mensonge, rappelons que chacun crée aussi bien son ciel que son enfer.  Aussi faut-il du courage pour choisir de s’accorder une vie meilleure, mais il faut trop d’énergie investie en vain, contre soi, pour se maintenir, par insécurité, indécision ou lâcheté, dans une vie déplaisante qui peut représenter un véritable enfer.  Se libérer, cela ne passe-t-il pas par la nécessité de quitter ce qui ne sert plus, ne correspond plus à sa réalité, fait stagner ou régresser?

DU SENTIMENT DE LIMITE ET DE PÉNURIE

 

Chacun gagne à s’abstenir de chercher toute privation, qu’elle s’appelle manque, carence, pauvreté, pénurie, indigence, dans un court-circuit qui a fait dévier ou coupé le cours de la force vitale.  L’être qui connaît ces états signale simplement que par fermeture du cœur, dans une confusion des moyens avec la fin, un refus d’échanger ou de partager de manière équitable, il s’est vu forcé de puiser à une source secondaire plutôt que directement dans l’Absolu, par la réponse de sa Providence ou se son Approvisionnement universel.  La limite est le salaire de l’inconséquent qui s’entête à transgresser les lois de la Nature et les principes cosmiques.

LES PULSIONS HUMAINES, QUE TROP DE GENS APPELLENT LES INSTINCTS

En général, en psychologie, on réserve le mot «instinct» aux animaux pour désigner la partie héréditaire et innée des tendances comportementales des êtres vivants, soit des impulsions qu’ils doivent à leur nature et communs à leur espèce, parce qu’il s’agit d’inclinations réflexes irraisonnées.  Mais, du fait que l’être humain peut corriger certains comportements innés, on parle plutôt, dans son cas, de «pulsions».  Il s’agit donc des énergies physiques et mentales à l’état brut, difficiles à réprimer, qui forment la gangue du Diamant cosmique chez chacun.

DÉVELOPPER LA MAÎTRISE

On s’exclame trop souvent à tout propos, comme pour se sentir moins irresponsable : «C’est la vie, que voulez-vous!» Mais n’est-ce pas omettre la vérité que chaque être peut toujours déterminer, conformément au plan de son âme, les événements de son destin à son gré. Car s’il n’a pas toujours d’emprise sur la leçon de vie à apprendre, il lui reste toujours le choix des moyens de l’assimiler. Au lieu de se laisser envahir par des malaises, la nervosité, la tension, l’angoisse, un être ne gagnerait-il pas à se rappeler cette vérité fondamentale que, loin de lui arriver par hasard, ceux-ci lui signalent une quelconque transgression aux lois naturelles ou aux principes cosmiques, plutôt que de devenir une frauduleuse justification après coup? L’inquiétude et la peur, comme toutes les autres émotions, ne surgissent jamais que d‘une fausse notion relative à la réalité de son être. Tout être peut accéder à la maîtrise quand il cesse de projeter ses torts, d’ignorer ses lacunes, de s’excuser de ses carences, en être irresponsable et incohérent.

INTERPRÉTATION ET CONSTAT

Beaucoup de gens ont de la difficulté à distinguer un jugement, qui relève d’une interprétation subjective et partiale des faits, et un constat, qui confirme leur réalité objective et impartiale.  En effet, l’interprétation, qui surgit de la reconnaissance de soi dans le miroir d’un autre, consiste à donner aux choses et aux événements le sens que l’on veut, plutôt que le sens qu’il a.  C’est de cette manière que chaque être incarné démontre la manière qu’il conçoit un événement et qui fait la multiplicité des points de vue, selon le degré de conscience auquel il a accédé.  Pour chacun, les choses et les événements ne peuvent jamais paraître que ce qu’il croit qu’ils peuvent être tant qu’il ne parvient pas à co-naître, c’est-à-dire à fusionner avec une autre âme pour percevoir une réalité du même point de vue.

LA CLARTÉ MENTALE, DITE LUCIDITÉ

La  clarté mentale désigne la vision adéquate ou éclairée, l’adéquation au réel, ce qui résulte d’un juste discernement entre ce qui convient et ne convient pas, fait évoluer plutôt que régresser.  L’être lucide est clairvoyant, pénétrant, perspicace : en pleine possessions de ses moyens intellectuels, il parle ou écrit facilement, choisit bien ses mots, pondère ses affirmations et il s’exprime à travers des pensées claires, nettes, précises parce que, serein et objectif, il détient une juste vision des choses.  C’est un être conscient, formé au discernement, amoureux de la vérité et de la sagesse.

L’ÉTERNELLE JEUNESSE

 

L’éternelle jeunesse échoit à celui qui se fonde sur l’éternité du Moment présent, du Moment unique, qui n’amène pas à vieillir, mais à simplement changer, à croître en vitalité et à grandir en conscience.  Elle appartient à celui qui reste relié à son Centre divin par son âme qui ne prend jamais de l’âge, vibrant simplement sa réalité et la déployant lentement dans ses multiples facettes.  Plus un être permet à son âme d’agir à travers lui, plus il reprend de la vigueur et se régénère.  Car la jeunesse désigne moins une phase d’un cycle de vie en incarnation qu’un état d’esprit, l’effet d’un choix, une qualité de l’imagination créatrice, une intensité du ressenti.  Elle se manifeste par l’audace, le courage, le goût de l’aventure, l’ouverture au changement, la largesse d’esprit, la qualité de la conscience.

À vrai dire, un être commence à vieillir lorsqu’il déserte son Idéal de Réalisation.  Le poids des âges résulte du fruit des préoccupations, des soucis, des peurs, des doutes, des chagrins, mais encore plus de ce qui est perçu comme des erreurs ou des échecs, plutôt que comme une expérience qui enrichit et fait grandir.  En revanche, garde sa jeunesse celui qui reste curieux, mais sans indiscrétion, qui sait s’enthousiasmer pour la beauté, reste capable de s’étonner des merveilles, de ressentir la bonté et l’Amour de la Vie.  C’est dire qu’un être reste aussi jeune que sa foi, que son estime de lui-même, de sa confiance en lui-même, de son respect de lui-même, et qu’il garde l’espoir d’un destin meilleur.  Un être reste jeune aussi longtemps que, dans l’échange et le partage, il cultive l’esprit d’enfance et qu’il s’ouvre à accueillir autant qu’il donne, qu’il reste réceptif à la Lumière, à la Nature, à ses semblables, aux autres créatures, à l’Infini.

LA MISSION DE L’HOMME

 

Au cours de son incarnation, l’être humain est appelé à se connaître intégralement, afin d’être pleinement.  En cela, il a moins à apprendre qu’à désapprendre, pour dissoudre le voile d’Illusion.  Il doit commencer par se libérer de ses mauvais conditionnements, de ses habitudes délétères, des ornières de ses cercles vicieux, de ses fausses croyances, de ses pensées limitatives, de ses émotions dissolvantes.  Et il peut y arriver sans d’autre effort que d’offrir tout ce qu’il a densifié, mais qui n’a pas de fondement réel, à la Lumière divine qui l’habite.  Sauf que rien de nouveau ne peut survenir dans la vie d’un être sans qu’il procède à un changement qui permet le renouvellement et le rechargement là où les habitudes maintiennent dans la routine et confinent à la monotonie, source de l’ennui et cause de la perte du goût de vivre.

LES DANGERS DE LA RÉVOLUTION

 

Dans son livre La Politique, Louis Latzarus, un journaliste et écrivain français, a écrit : «Toute révolution est commencée par des idéalistes, poursuivie par des démolisseurs et achevée par un tyran.»  Il rappelait par là que, au-delà de ses illusions, nul homme ne gère une révolution, c’est la révolution qui finit par le mener, puisque les moyens lui échappent rapidement.  La révolution peut tenter de supprimer des privilèges ou d’éliminer des aberrations, elle ne fait que les changer de mains ou de place.  Surtout, celui qui n’est pas du nombre de ceux qui triomphent ne peut qu’exposer sa vie.

Par révolution, il faut entendre le geste radical de provoquer, de se provoquer soi-même ou de provoquer les autres, à travers un changement brusque et radical, souvent violent, mais passager, dans une démonstration de pouvoir, suite à un changement profond dans ses valeurs fondamentales.   Or personne ne gagne quelque chose de durable et de valable à chambouler son existence ou à forcer son évolution à travers des actes désordonnés.  Tout changement efficace ne peut que passer par une transformation attentive, menée dans le calme, la méthode et la circonspection, dans le respect de son rythme personnel.  Un être suit mieux le cours normal des événements dans le respect de l’ordre naturel de chaque réalité.

Le danger de la révolution ressort du fait que chaque être est une globalité.  Ainsi, dès qu’il tente d’accélérer ses dynamismes positifs, il accélère dans la même mesure ses mécanismes négatifs, ce qui amène beaucoup trop de poussières à se soulever et de marmites à surveiller et peut engendrer bien des inconvénients.  On l’a souvent répété, il n’existe pas de raccourci sur la Voie spirituelle.  La révolution ne peut qu’entraîner des résistances et des retards, parfois des retours en arrière, produire des dommages collatéraux, entre autres des victimes innocentes, ce qui peut confiner au sentiment d’impuissance et à la démission.  Au lieu de contribuer à la manifestation paisible et certaine des conditions qu’il souhaite, il s’oppose à leur établissement.

Tout changement constructif ne s’obtient que dans une implication conforme à la loi de l’Évolution, ce qui force au respect de son rythme personnel, de son degré de compréhension et des moyens en sa possession dans l’immédiat.   Cela laisse entendre que le travail soigneux sur la conscience vaut mieux que la révolution.

LE «JE SUIS»

L’expression «Je Suis» découle de la présentation de l’entité qui s’est manifestée à Moïse dans le buisson ardent du mont Sinaï.  Pour attester de l’authenticité du témoignage que celle-ci lui demandait de rendre, en révélant le Décalogue (en présentant la Table des Commandements) au peuple élu, le visionnaire lui avait demandé de lui révéler son nom.  Après lui avoir appris qu’il n’en portait pas, puisqu’il représentait l’Absolu ou le Grand Tout cosmique, devant son insistance, il finit par lui dire de le présenter comme «Je Suis Je Suis», que la plupart traduisent  à tort par l’expression «Je Suis Celui Qui Suis» ou «Qui Est».   En fait, cette expression exprime l’État atmique ou christique, le premier degré d’individuation de l’Absolu dans le lien invisible de toutes les créatures vivantes, souvent appelé la Communion des Saint ou la Sainte Assemblée, présentée du point de vue des multiples plans de la Conscience cosmique.

Dans la réalité contingente de l’être humain en incarnation, le «Je Suis» exprime ainsi la reconnaissance de l’Être, de l’Individualité, dans un apparent écartement de la Source divine unique.  Elle ramène dans le moment présent et éternel en évoquant l’Alliance éternelle de Dieu avec ses créatures au-delà de la séparation apparente qui se dégage de la descente à travers les plans jusqu’à la densité et la dualité.  Elle atteste de la fusion individuelle possible avec le Centre divin et le Père-Mère, dit le Créateur.  Elle rappelle à l’être encore pris dans l’enfermement, à défaut d’avoir complété sa conversion ou son retournement de conscience, d’avoir amorcé le périple de son Retour à la Maison originelle, qu’il doit s’établir la priorité de réaliser son état christique avant de recouvrer son état cosmique.  Car : «Nul ne peut aller au Père-Mère que par moi», a dit Jésus christifié.  Ainsi, la Voie n’est pas Jésus, mais le Christ avec lequel il venait de fusionner.

Cette digression sert à faire comprendre que, dans son entreprise d’Éveil, tout être incarné gagne à prêter une oreille attentive, dans le silence, à la Voix de sa Conscience ou le Sentier du cœur, le canal intérieur direct par lequel l’Absolu peut l’atteindre, lui parlant constamment dans un doux murmure.  Elle rappelle que tout n’arrive à un être que pour être utilisé à bon escient et que tout n’existe que pour être transformé, jusqu’à l’Illumination suprême.  Chez chacun, cela commence par le rétablissement de l’équilibre, source d’harmonie et de sérénité, dans les paires d’opposés apparents afin de parvenir jusqu’au «Je Suis».  Puisque le Maître intime parle sans cesse par l’intuition et les ressentis, que gagne un être à ne pas l’écouter avec attention, dans le vide du mental?  Car le «Je Suis» ne cesse de rappeler : «Apaise-toi et sache que Je Suis».

RAYONNER SA LUMIÈRE

Il ne passe pas un jour sans que, par courrier, quelqu’un m’exprime qu’il vit dans un milieu où il ne trouve personne pour partager l’expérience de son cheminement spirituel.  Pour ma part, j’ai le problème inverse, j’en attire trop pour le temps que j’ai à ma disposition.  Mais remarquez que, à une époque j’ai déjà vécu le même problème parce que je ne réalisais pas que je vivais dans un monde clos, que je fermais inconsciemment par mon orgueil, cette prétention élitique d’être différent, supérieur aux autres.  Ou il aveugle, scandalise ou culpabilise par son rayonnement trop cru.  Dans une position du genre, comment un être peut-il se démontrer crédible dans sa manière de rayonner une fausse lumière ou une trop puissante Lumière?

En effet, cet être ne rayonne aucune Lumière spirituelle, il croit la rayonner, parce qu’il s’en tient à un éclairage intellectuel.  Par sa présumée supériorité, révélée par  ses jugements de valeur sévères, il se discrédite sans s’en rendre compte.  Ou, il se gausse de beaux principes dont il a la tête remplie, mais qu’il n’a pas vraiment intégrés et assimilés, dans l’expérience personnelle.  Méprisant, buté, il vit de croyances plutôt que de certitudes, ce qui n’est pas trop magnétique pour les autres.  Il cherche avec intensité, il lit beaucoup, il médite souvent, mais il ne croît pas en Lumière, il ne s’initie pas, il se forme une bibliothèque mentale.  Ainsi, il ne supporte pas ce qu’il prétend ou avance, il n’est pas crédible.  Soit qu’il manque d’estime de lui-même, de confiance en lui-même ou de respect de lui-même.  La preuve en est qu’il écarte les gens qu’il juge moindre que lui, les disant vides et ennuyeux, au lieu de les laisser s’imprégner de la chaleur de son cœur.

Chacun est entouré de ce dont il a besoin, mais il ne peut le reconnaître ou l’attirer s’il ne le porte pas ou ne s’ouvre pas à l’échange et au partage, tentant de s’entourer d’un décorum ou d’agir comme une citerne hermétique.  Dans ce qu’un être ne parvient pas à se procurer ou s’entourer, il y a toujours la faille ou la lacune qu’il ne voit pas ou ne veut pas admettre, car, dans son sentiment de petitesse ou d’impuissance, transformé en présomptions, en arrogance et en condescendance, il n’est pas encore lui-même convaincu de la vérité de ses nouvelles positions spirituelles.  Un indice de ce problème, c’est que cet être passe son temps à élaborer de grands arguments ou à citer à temps et à contretemps les propos d’un autre être éclairé, dans une tentative de se convaincre lui-même plus que de convaincre autrui, parce que ces comportements dénotent un manque de substance ou un manque d’intégration.

L’être qui sait vraiment parle peut, sauf s’il est en mission ou est interrogé, et encore, avec parcimonie, laissant la contagion de son exemple produire ses effets lumineux.  L’exemple de celui qui laisse l’Énergie divine couler à travers lui, plutôt que de tenir de grands discours, produit la Magie divine.

L’AUDACE 

Il est dit que le Ciel appartient aux audacieux, qui calculent les risques, ce qui n’est pas le cas du téméraire qui présume de ses forces ou de l’activiste qui s’épuise dans l’action frénétique.  L’audace exprime l’action confiante et créatrice qui surgit de la confiance en Dieu et de l’absence de crainte.  Elle surgit de l’activation du feu, par le degré d’aspiration, dans le plexus solaire, qui s’exprime en ardeur, en assurance, en courage et en enthousiasme, la ferveur spirituelle.

L’audacieux comprend qu’il ne peut se dépasser qu’en entretenant un idéal élevé dans lequel, par sa foi en lui-même, il se sent victorieux dès le départ.  Il comprend qu’il ne peut parvenir à se dépasser qu’en sortant des habitudes et des sentiers battus, ce qui commence par la nécessité de s’essayer, ce qui peut autant lui attirer une réussite qu’un échec apparent, ce dont il ne se décourage pas, sachant que, même à tâtons, un être finit, en affinant sa technique, par développer une compétence ou gagner un savoir.  Responsable, il sait prendre des décisions dont il accepte les conséquences, sans penser à  projeter ses torts sur autrui.  Il considère plutôt la leçon qu’il peut tirer autant d’un succès que d’un revers.

Ce qui caractérise surtout l’être audacieux, c’est que, fidèle à lui-même, plutôt qu’aux autres, il agit, plutôt que de réagir, parce qu’il a pris conscience qu’il est le seul maître et le seul directeur dans son univers, qu’il est entièrement responsable de son destin et qu’il détient le droit d’intervenir comme il l’entend sans rendre de comptes à qui que ce soit, sans se fier au regard d’autrui, sans chercher d’approbation à l’extérieur, malgré les interdits des bien-pensants.  Il s’accorde le droit de faire des choix personnels, de suivre sa route à sa manière, d’agir pour son bon plaisir, dans le désir de s’accomplir, sans penser à plaire ou satisfaire.  De même, il ne remet rien au lendemain, convaincu du fait que chaque chose se produit à la bonne heure, parce qu’il sait ce qu’il est prêt à se donner pour obtenir ce qu’il cherche ou convoite.   Original, il incarne sa spécificité, sa rareté, son unicité qui le rend précieux, s’évitant de vivre dans l’émulation, la comparaison ou la concurrence.  Surtout, il parle moins qu’il n’agit, sachant passer promptement de la parole aux actes.  Désireux de rendre les impossibles possibles, il a réalisé que rien ni personne ne peut l’empêcher d’agir et même que, s’il est authentique, intègre, amoureux et pur d’intention il peut compter sur le support du Cosmos.

Mais il ne dédaigne pas d’exprimer dans la confiance et le courage, la première audace de rejeter ses attachements stériles, ses croyances fausses, ses entreprises vaines ou stériles, ses critères relatifs, ses stéréotypes limitants, de ses préjugés oiseux, ses tabous inutiles qui finissent par produire des blocages.  Surtout, il applique la maxime que le changement attire la transformation et la nouveauté, les réalités nouvelles.

Oser contribue à ouvrir l’un des Portails subtils, permettant de se diriger vers un autre.  Oser, le progrès et la réalisation sont à ce prix.

L’IGNORANCE

C’est Rabelais qui, je pense, a dit : «L’ignorance est la mère de tous les maux.»  Sauf qu’il faut moins référer ici au manque d’instruction, ce défaut général de connaissances ou d’expérience dans un domaine particulier, qu’au manque de Savoir ou de Sagesse, le premier ennemi de l’être humain, puisqu’il plonge dans le scepticisme et la peur qui amènent à se méprendre sur tout, par manque de vision spirituelle.  Car une réalité a beau être objective, sur son plan, comme l’existence des causes subtiles et la Cause de ces causes, l’Absolu, mais comment peut y croire celui qui ne peut y accéder et qui, du coup, ne cherchera pas avant longtemps à y accéder?  Alors, il se laisse envahir d’approximations et de faux concepts, dont il se targue, mais qui voilent de plus en plus la Lumière qui pourrait tout lui apprendre, par qu’il laisse former autour de son être des coquilles opaques d’illusions, ne pouvant même pas s’en rendre compte.  Autrement dit, il ne sait pas qu’il ne sait pas, ce qui l’amène à rester prisonnier des apparences, ne pouvant accéder à leur valeur symbolique ou à leur principe archétypal.  Aussi ne peut-il apprendre qu’à tâtons à travers les jugements de valeur qui rangent tout en blanc ou en noir, en bien ou en mal, oscillant longtemps entre les aspects extrêmes de la polarité, ce qui s’appelle la dualité, la cause première de l’enfermement dans le labyrinthe obscur.

LA CONFIANCE

La confiance se fonde sur la compréhension de la Providence, le Principe de l’Approvisionnement universel, et elle se définit comme la certitude inébranlable que l’Absolu, dont il est issu, comblera toujours ses désirs licites, ses besoins réels et ses aspirations légitimes, au moment le plus opportun. Ainsi, il vit constamment dans l’espoir justifié que, s’il ne reçoit pas toujours selon toutes ses attentes, il recevra toujours au bon moment l’indispensable pour s’accomplir sans distraction. Ainsi, il vit dénué de toute crainte par rapport à son avenir, même au point que, s’il lui était demandé de vivre seul, sans soutien humain, sans certitude d’un autre soutien, il maintiendrait la certitude que l’Absolu pourvoira à tout puisque, dans son omniscience, il sait tout sur les intentions de chacun. Ainsi, ce n’est jamais le mérite qui compte, mais la simple reconnaissance d’être une entité divine qui vit dans l’Amour pur, l’aspiration vers la Lumière et la pureté d’intention, au service du bien commun. Avec une telle conviction, l’être exprime la foi qui déplace les montagnes et rend les impossibles apparents tout à fait possibles, car il sait qu’il lui suffit de rester attentif à la voix de sa conscience, qui parle par le cœur, plutôt que par la tête, pour être bien guidé et être bien pourvu. Il sait que, uni à son Centre divin, il n’est jamais seul à se débattre dans une énigme initiatique et que par l’Absolu qui le connaît et le reconnaît, il forme une majorité et que, dès lors, au-delà des apparences, il détient l’appui de tout le Cosmos.

DU LIBRE-ARBITRE

Le libre-arbitre désigne la faculté de choisir et de se déterminer par soi-même.  Tous les bonheurs et tous les malheurs d’un être dépendent de lui puisque chacun devient ainsi responsable de son destin.  C’est ainsi que, ignorant sa vraie nature, se prenant pour ce qu’il n’est pas, un être peut se livrer à l’imposture : celui de s’y prendre seul en tout, alors que, s’il détient le vouloir, il ne détient aucun pouvoir.  Dès lors, son Centre divin cesse d’intervenir, ne laissant plus couler que l’énergie dont il a besoin pour se maintenir tout au long du jour, ce qui lui impose de vivre dans l’effort, à la sueur de ses bras, le recours à la force et à la contrainte, plutôt qu’à celle de son front, la créativité spirituelle.

Mais nul ne peut s’en plaindre puisque l’Absolu ne peut le réduire à l’état d’automate et de serviteur, tandis que la loi en fait une bête de somme.  Car le Maître du Cosmos ne peut intervenir que suite à la demande expresse d’un être incarné qui reconnaît que, s’il détient la faculté de choix, il ne détient pas l’assignation du but, qui est du ressort de son âme.  Autrement dit, placé face à un éventail de choix, il doit veiller, en s’inspirant de l’intérieur, à faire le meilleur.   C’est ainsi qu’une vie dans la Grâce ne devient possible que pour celui qui, au timon de sa charrette, assigne la destination qu’il veut prendre, qui doit être celle de son accomplissement complet, laissant ensuite son Centre divin la pousser.                

LA DÉRISION

Ce qui est vérité pour l’un est fausseté pour l’autre;  ce qui est sagesse pour le premier peut représenter de la folie pour le deuxième.  Aussi, faut-il laisser rire les gens puisque ce plaisir de l’ignorant ou de l’aveugle spirituel n’infirme en rien la réalité de ce qu’il ne perçoit pas.  Quant au fait de rire de soi, il ramène à la simplicité, dédramatisant les expériences.

De toute manière, avec tout le respect qui est dû à chacun, la planète reste remplie d’aveugles de de morts-vivants qui ne croient à rien d’autre que ce qui leur pend au bout du nez.  Celui qui a modifié ses antennes psychiques, par écartement de la Source, devient bien intellectuel et sceptique, puisqu’il ne peut plus capter d’autres réalités que celles de l’extérieur, les autres fréquences lui parvenant trop brouillées.

D’ailleurs, n’est-ce pas la croyance qui diffère de la sienne qui aide à se confirmer sa vérité ou à l’infirmer, ouvrant la porte, dans les deux cas, à un changement pour le mieux, préparant le renouvellement évolutif?  Le changement, qu’il vienne d’un choix, d’un choc ou d’une risée, ne reste-t-il pas une condition indispensable permettant de rester dans le mouvement de la Vie?  Ainsi, à bien y penser, la seule absurdité vraiment risible, c’est de cesser ou de refuser de changer, d’accepter un service fourni dans une forme que la susceptibilité personnelle amène à réprouver, ce qui permet de s’accomplir pas à pas, à travers des hauts et des bas qui élargissent le spectre de la vision spirituelle.

À ce propos, Annick de Souzenelle a fait remarquer : «La dérision est toujours l’arme facile de ceux qui, mobilisés à un niveau subtil de leur être qu’ils n’ont pas encore pénétré, refusent et détruisent alors l’agent mobilisateur.»  Quant à Owler, il a écrit : «On appelle absurdité toute déclaration qui diffère de la nôtre.»

LES QUATRE CARACTÉRISTIQUES PRINCIPALES DE L’AMOUR PUR

L’être vraiment amoureux est impersonnel parce qu’il ouvre sa conscience à la dimension universelle et cosmique de la Réalité.  Autrement dit, il ne choisit pas d’êtres  auxquels, par divers degrés d’attachement, il donne plus qu’à d’autres, restant égal pour tous, dans ses échanges et ses partages, ce qui l’empêche de colorer, de réduire ou de bloquer les énergies supérieures qui circulent à travers lui.  En outre, il n’agit pas pour attirer l’attention sur lui, mais par simple désir d’incarner la Loi.  Il agit de la même manière pour n’importe qui.  Ce qu’il fait pour l’un, il reste disponible à le faire pour n’importe qui d’autres qui se trouve dans la même situation.

L’être vraiment amoureux est inconditionnel, à savoir qu’il ne met pas de conditions à un être pour lui accorder son amour.  Il n’aime pas si…, il aime sans réserve, soit qu’il n’aime pas l’autre que s’il agit comme il l’espère ou que ceux qui font comme il l’entend.

L’être vraiment amoureux est objectif ou impartial au sens qu’il s’investit de façon objective, équitable, sans parti pris ni préférence.  Neutre, il ne recourt qu’à un poids et à une mesure à l’endroit de tous : il apprécie tous les êtres également et il les rétribue selon leurs efforts dans l’accomplissement de leur devoir, en plus d’éviter de prendre parti ou de se ranger dans un camp.  Il traite les autres comme des êtres d’égale importance.

Enfin, l’être amoureux est détaché, à savoir qu’il n’exprime jamais d’attentes et ne s’attend pas à un juste retour, qu’il sait s’appliquer par lui-même, mais sans agir dans ce but que la vie serve l’un de ses intérêts.  Il n’agit pas pour se faire remarquer, mais pour servir l’Absolu à travers ses semblables.  Ainsi, gratuit dans son intervention, il n’expose jamais un autre à un plus grand malheur en l’exploitant ou en lui imposant une dette dont il ne pourrait s’acquitter.

LE DÉTACHEMENT

Le détachement suppose le renoncement à ce qui encombre la Voie et fait obstacle à l’Évolution.  Il n’appelle jamais à renoncer à quoi que ce soit qui fasse la joie de l’existence, à se sacrifier inutilement, à accepter des souffrances apparemment méritoires.  Il consiste d’abord dans l’application de l’injonction spirituelle : «Faites d’abord ma Volonté, afin que le vôtre se fasse», qui peut aussi se formuler par : «Cherchez d’abord le Royaume des cieux et le reste vous sera donné par surcroît».  Ces maximes expriment la nécessité de distinguer la vérité de la fausseté, l’essentiel de l’accessoire, le permanent du transitoire, le réel de l’artificiel ou de l’illusion, l’utile du capricieux, l’éternel de l’éphémère, dans la quête des valeurs imputrescibles.  Il gagne à discerner entre ce qu’il convient de retenir, pour en faire bon usage, les moyens servant la fin, et ce qu’il faut laisser aller, parce que cela fait d’autant plus sûrement obstacle que cela est vain, stérile ou désuet.

Ainsi, le détachement représente une invitation à être pleinement, avant de penser à avoir, et de mettre l’avoir au service de l’être.  C’est dans le détachement, quand un être n’attend plus rien de précis, qu’il peut être inspiré et guidé vers une existence nouvelle où le monde intérieur et le monde extérieur peuvent fusionner pour lui révéler d’autres dimensions de sa propre réalité.  C’est alors seulement qu’il peut être vidé de ce qui n’est pas lui, ce qui dissout d’autant le voile d’Illusion, pour mieux percevoir Qui il est vraiment.  Un verre plein, que ce soit d’illusion ou de réalité, ne peut accueillir davantage.  Tout changement de réalité dimensionnelle passe par l’abandon du paradigme précédent au profit du paradigme nouveau.

PHASE DE PALLIER

L’Ascension représente l’élévation du taux vibratoire personnel ou collectif au point d’amplifier les registres de la conscience et de franchir un nouveau barreau de l’Échelle cosmique pour entrer en communication avec un plan supérieur peuplé de réalités et d’entités nouvelles.   Pour chacun, elle représente la transition irréversible qui dirige vers le grand Face à face qui permet la Révélation de son Identité profonde et véritable.  Ainsi, chacun gagne à laisser la Lumière intérieure doucement émerger du chaos personnel engendré par les débris qui remontent des profondeurs et parviennent à la surface suite à l’exposition à une plus grande intensité de la Lumière spirituelle qui assure ainsi le nettoyage, la purification et sa mise à nu.

Comme dans un escalier qui conduit très haut, il se présente une phase de pallier entre tout cycle évolutif, même entre tout sous-cycle du genre.  Par moments, comme c’est présentement le cas, il est normal, même nécessaire, que les gens se sentent comme immobilités, entravés, incapables de procéder plus avant et de prévoir ce qui va constituer la suite de leur histoire.   Tout passage d’une réalité à l’autre passe par une phase de plateau, de repos ou de pause, qui permet d’intégrer et d’assimiler d’une phase évolutive, de remettre le compteur à zéro et de procéder à une réinitialisation.  Alors, chacun est convié à abandonner les vieux vêtements de sa personnalité et de son animalité, même de son humanité, pour revêtir ceux de sa divinité.  En ce moment, tout être incarné est appelé à réintégrer l’Éternité pour entrer dans la sérénité bienheureuse en laissant l’éphémère et l’irréel se dissoudre afin qu’émerge son Joyau intime, son Noyau originel, soit le Centre du centre de votre être, afin de tout réunir dans l’Un.  C’est ainsi que, pendant cette étape cruciale, il étend la perception de sa conscience intime à de réalité multidimensionnelle tout en gardant les deux pieds sur Terre, dans la matière vraie, sur le sol du Nouveau Monde.

À vrai dire, le présent équinoxe du printemps sert à initier en chacun, comme dans le monde et tout le système solaire, un changement significatif de direction, préparant la planète et l’humanité à exprimer une forme supérieure de l’Amour divin.

DES DÉFAUTS

Nul ne possède de défauts, ses tâtonnements et ses apparentes limites n’expriment que le reliquat du degré d’obnubilation qui perdure, dans une expérience immémoriale encore incomplète.  Car, puisque tout détient sa raison d’être, ce qu’un être prend pour un défaut représente très sûrement la dose d’ignorance qui représente son plus grand atout dans sa quête de mieux se connaître, de maîtriser davantage son univers et d’accomplir à sa manière la mission qu’il a choisie, conformément au plan plus vaste de son âme.  Le défaut ne représente que l’obstacle temporaire qui permet à un être de prendre une leçon de vie et récupérer son pouvoir et sa souveraineté, avec son droit de parole et d’occupation d’un territoire, afin d’accéder à plus d’être.  Pour cette raison, il devrait aller jusqu’à en tirer gloire et à rendre grâce pour ce travers apparent au lieu de s’en plaindre et de s’en formaliser ou de se laisser culpabiliser.  Comment un être réprouverait-il ce qui lui permet de s’initier?

L’APPARENTE IMPUISSANCE DU CIEL

Puisque vous êtes présentement propulsés et élevés vers l’Ultime, qui est indicible, comment pourriez-vous demander aux entités subtiles de vous exprimer, de vous décrire et de vous expliquer, mieux que vous, ce que vous ne pouvez plus que capter à l’intérieur de vous, au-delà des mots, sans que vous puissiez vous-même davantage le formuler, mais que vous pouvez pourtant simplement le vivre.

Plus un être intègre en lui de sa divinité, par le renforcement de son lien intime avec son Centre divin, dans l’intériorisation et la méditation, moins il a besoin d’enseignement. Pouvant obtenir les clés et les codes directement à l’intérieur de lui, il ne lui reste qu’à produire l’effort de trouver la bonne serrure, qui manque un peu de lubrification, afin de l’y insérer et de l’y tourner, pour que s’ouvre devant lui une nouvelle Porte dimensionnelle et qu’il accepte à un nouvel aspect de sa propre Réalité divine.

Présentement, nul n’a quoi que ce soit à redouter puisque chacun recevra selon ses semences, sans être pris au dépourvu.

DISSOLUTION DES REMORDS

 

«Va, je cesse de m’inquiéter dans ce rappel que l’Esprit de la Vie m’aime tel que je suis, dans mon apparente évolution. Il sait que je représente la perfection du moment qui me guide sur la Voie de la Perfection. L’Absolu aime et il m’aime personnellement, se gardant bien de me juger, de me punir, de me condamner. Mes erreurs apparentes relèvent seulement de mon moi inférieur, qui, à tire d’illusion mentale, n’est en rien responsable, même quand il gravite hors de la Lumière. Du reste, comment trouverait-il le juste milieu sans connaître les écarts dans les extrêmes?

En vérité, l’Absolu, qui est moi et que Je Suis, ignore mes faiblesses, ne les voyant que très peu, et il s’en amuse, bien qu’il s’attende de moi que je les dépasse et les transcende, en commençant par cesser de me tourmenter et de me culpabiliser en vain, afin que je puisse me tourner vers lui, obtenir le courage, quand il insuffle en moi généreusement le courage, la force et l’audace.

Même si, pour arriver à bon port, je devais chuter et chuter encore, errer longtemps, il ne retiendrait rien contre moi, m’accueillant en Père magnanime et généreux, parce que, dans son aptitude à sonder les cœurs, il connaît mes difficultés et ma sincérité et que ce n’est que par ignorance temporaire, le temps d’apprendre, que je simule de m’y complaire.

Alors, désormais, en tout temps, j’agis dans la certitude que, jamais seul, abandonné à moi-même, la Lumière divine m’habite et m’entoure pour me protéger et me combler, tandis que l’Amour de l’Absolu me supporte à chacun de mes pas. J’ai confiance en lui, j’accepte de changer à mon rythme, ce qui lui permet de m’envahir de sa paix et de restaurer dans mon être la compréhension, le pardon, l’indulgence, facteurs de la liberté intérieure.»

 

© 2015, Bertrand Duhaime (Dourganandâ).  Tous droits réservés. Toute reproduction strictement interdite pour tous les pays du monde.  Publié sur : www.larchedegloire.com.  Merci de nous visiter sur : https://www.facebook.com/bertrand.duhaime.

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