LES ÉONS, LES INTELLIGENCES DE NATURE DIVINE DE LA GNOSE

Dans la Gnose, il s’agit d’une entité diversement appelée Archée, Esprit du Temps, Esprit de la Personnalité, une Intelligence de nature divine, émanée de la Source suprême, pour gouverner les Époques (Cycles).  En passant, le Gnosticisme désigne un mouvement religieux qui regroupait des doctrines variées du bassin méditerranéen et du Moyen-Orient qui se caractérisaient généralement par la croyance que les êtres humains sont des âmes divines emprisonnées dans un monde matériel, créé par un dieu mauvais ou imparfait, appelé le Démiurge.  Il comprenait trois grades : les «commençants», les «progressants» et les «parfaits», ce qui établit un lien, notamment, avec les Cathares.  Le mouvement connut son apogée au cours du IIe siècle, mais il a connu de npombreuses résurgences, généralement secrètes, au cours des siècles suivants.  Il a encore cours sous certaines formes diluées.

 Pour en revenir aux Archées, cet ensemble de Puissances éternelles, émanées de la Divinité, elles rendent possible l’action de la Source suprême ou de la Cause première sur les choses.  Ces Électrons spirituels prennent racine dans les Profondeurs de la Nuit des Temps et ils s’élèvent vers la Lumière éternelle.  Ainsi, les Éons désignent premièrement les émanations successives des aspects de la Trinité, les Trois Hypostases de l’Absolu.  Celle-ci est formée de l’Ogdoade, de la Décade et de la Dodécade et elle comprend  notamment le Fils de Korê, la Vierge, qui a incarné le Nouvel Ordre du Monde.

L’Absolu émane des forces divines qui sont des hypostases. Ces émanations sont projetées par couples (Syzygies) de séries décroissantes, ce sont les Éons.  Au commencement était le Silence, l’Éon éternel, source des Éons, l’invisible silence, l’innommé, l’ineffable, l’Abîme ; la langue vulgaire l’appelle Dieu.  Principe et cause, infini, enveloppé de lui-même, il n’agissait pas. Mais dans son silence inviolé deux engendreurs, le principe mâle et le principe femelle, l’un, le mâle, illuminateur d’en Haut, l’autre, la femelle, illuminateur d’en Bas, contenaient la racine, la source de l’Être, ou plutôt étaient eux-mêmes la racine et la source.  L’Abîme (Buthor), s’enveloppant ainsi à lui-même, se contemplait avec sa coéternelle épouse, la Pensée (Ennoia). Silencieuse comme lui, Ennoia recevait dans cet inexprimable embrassement le germe fécond, le germe divin des Émanations. C’est par Ennoia que l’Abîme allait engendrer. Car il était amour, et l’amour aspire à se répandre. Et il n’y a pas d’amour qui ne veuille quelque chose à aimer.

L’Abîme voulut donc se répandre, et avec la pensée  il émana l’Intelligence, l’Eon Noûs, le premier-né (Monogenâs), seul capable de comprendre la grandeur de son Rêve. C’est le premier des Eons, l’Archée, un mâle, et Dieu se révèle par lui. L’acte qui l’émane émane en même temps de sa compagne, sa parente, l’absolue Vérité (Alêthéia), Eon femelle à côté de l’Eon mâle, subjectivité à côté de l’objectivité. C’est ainsi que se constitue la première Tétrade : 1-2, Sigê-Ennoia (Silence – Pensée) et, 3-4, Noùs-Alêtheia (Intelligence – Vérité).  Cette première Tétrade représente la manifestation intérieure, interne, de l’Absolu.

Les Éons sortis de Dieu émanèrent à leur tour, à la manière de Dieu. Noûs et Alêtheia engendrèrent la Parole et la Vie (Logos et Zoê).  Logos et Zoê émanèrent l’Essence humaine (Anthropos) et l’Assemblée (Ecclêsia).  On doit savoir qu’Anthropos est l’Homme-type dont notre humanité n’est qu’une copie lointaine, et qu’Ecclêsia est l’Ensemble du Cosmos.  De sorte qu’Anthropos, mâle, et Ecclêsia, femelle, sont les deux archétypes du monde de l’Intelligence et de celui de la matière.  C’est la seconde Tétrade : 5-6, Logos-Zoê et, 7-8, Anthropos-Ecclêsia.  Avec la première tétrade, cette deuxième tétrade constitue l’Ogdoade qui condense les ineffables beautés de l’Un, de l’Absolu.

Comme leur Père, les Éons allaient émaner, toujours par syzygie, par couple, par principe mâle et femelle.  C’est ainsi que Logos et Zoê émanèrent et projetèrent : 1-2, Bythics et Mixis;  3-4, Ageratos et Hénosis;  5-6, Autophyês et Hedonê;  7-8, Akinétos et Synkrasis;  et, 9-10, Monogenês et Makana.  Ces dix Eons forment la Décade.

Anthropos et Ecclêsia émanèrent et projetèrent : 1-2, Paraclutos et Pistis;  3-4, Patricos et Elpis;  5-6, Métricos et Agapê;  7-8, Aeinous et Sunêsis;  9-10, Ecclêsiasticos et Makaridès;  et, 11-12, Thélêtos et Sophia.  Ces douze Eons forment la Dodécade.

La réunion de l’Ogdoade, de la Décade et de la Dodécade, manifestant par degrés successifs et descendants la Source suprême ou l’Absolu, constituent la plénitude ou le Plérôme.  Chacun des Éons est une hypostase de la vie de l’Abîme Divin, un type qui le reproduit, un échelon mystérieux pour monter jusqu’à lui.  Pour être très clair, l’Ogdoade est plus élevé que la Décade, et la Dodécade moins élevée.

Fondamentalement, il existerait trente Éons, des Puissances émanées de la Divinité, formés de quinze Couples ou Syzygies d’Entités spirituelles mâles et femelles, aptes à se multiplier par voie de génération, formant le Monde suprasensible et divin, appelé le Plérôme.  Comme on l’a vu, ce Royaume divin est divisé, suivant les degrés de perfection, en trois séries : l’Ogdoade, la Décade et la Dodécade.  À travers les générations successives, l’Élément divin primitif s’est atténué et le dernier couple, Volontaire et Sagesse, et, par nature, déjà très inférieur à l’Être suprême et aux premiers Éons.  Aussi «Sophia», la Sagesse, jeta-t-elle le trouble dans l’harmonie sublime par son désir téméraire de connaître le Père, l’Ineffable et l’Inaccessible, et de découvrir le secret de sa nature.  Elle s’épuisa en vains efforts qui engendrèrent chez elle des passions.

Il faut comprendre que Sophia est tombée du Plérôme, du cœur de la Voie lactée, et que, dans sa chute, elle a provoqué l’apparition de la Terre.  La déesse Sophia, par la puissance de son rêve, en vient à se métamorphoser et à s’incorporer dans un astre, la Terre.  Ainsi, la substance première de du corps de notre planète serait composé de la «lumière organique» et «sophianique».  Par allégorie, on peut dire que Sophia est tombée amoureuse de son rêve de création, et comme hypnotisée, elle a fini par s’incarner dans la Terre, devenue une planète consciente. C’est lors de cet incident et du dégagement d’énergie immense provoqué par sa chute de la déesse, qu’a malencontreusement surgi le Démiurge ou l’Architecte de l’univers le Grand Archonte, une entité inorganique, (donc dépourvue de lumière organique) qui s’est prise pour Dieu et qui a généré des sortes d’aides, des assistants : les archontes. Le système planétaire s’est alors développé et est devenu le royaume des archontes, par opposition à la Terre, siège de Sophia ou de Gaïa.  Pour défier Sophia, ces archontes ont voulu créer la vie.  De leur tentative, une première créature monstrueuse a surgi.  Après avoir constaté le sort peu enviable de cette nouvel être, Sophia lui a fait don d’une étincelle divine, le « p (2)Noùs » ou Âme éternelle dont sont dépourvus les archontes. Les archontes ont alors tenté de soumettre et de subjuguer l’humanité détentrice de cette aspect spirituel qui leur accordait une connexion avec la Source de Tout.

Heureusement, «Horos» (la Limite) l’obligea à prendre conscience des marges de sa nature et la fit rentrer dans l’Ordre, rétablissant l’équilibre et l’harmonie dans le Plérôme.  Racontée autrement, on peut dire que les passions nées du désir de la Sagesse s’étaient détachées d’elle et qu’elles avaient continué à subsister hors du Plérôme.  De ce fait, elles donnèrent naissance aux éléments de la matière et au Démiurge qui fut son organisateur et créa des hommes composés d’un corps et d’une âme.  À son insu, un germe divin, dernier souvenir du Plérôme, s’était introduit dans ces êtres dans d’inégales proportions qui donnèrent naissances à trois classes d’êtres humains : les spirituels, les psychiques et les matériels.  Cependant, le Père ne voulut pas abandonner l’élément divin enfermé dans la Matière et il envoya un Sauveur.  Tout le Plérôme concourut à sa formation, chacun des Éons donnant ce qu’il avait de meilleur.

De cet ensemble résulta le Christ, fils de Korê.  Il apporta du ciel son corps qui passa par Marie comme l’eau à travers un canal, sans rien prendre d’elle.  Il habita le Monde des mortels où il opéra la rédemption à l’endroit des êtres incarnés qui portaient un potentiel de salut.  Il se contenta de présenter la Gnose aux spirituels et de les faire participer aux Mystères, car cela leur suffisait pour se dégager des éléments mauvais grâce à la parcelle divine qu’ils détenaient.  Il accorda son secours aux psychiques dont la rédemption est plus difficile puisqu’ils sont déjà moins divins que les spirituels.  Quant aux matériels, incapables par nature d’entrer en relation avec le Monde supérieur, auquel rien ne les rattache, il les abandonna à leur sort, sachant qu’ils périront simplement avec l’extinction de la Matière.

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