LES DÉFAUTS, DES APPARENCES CHOISIES QUI NE SERVENT QU’À LANCER DANS UNE EXPÉRIMENTATION PARTICULIÈRE…

Il faut faire du mot «défaut» ce qu’on gagne à faire avec les mots «échec», «erreur», «faute» ou «péché», le redéfinir ou le laisser se perdre dans l’oubli.  En effet, à vrai dire, personne ne possède de défaut.  Un être manque plutôt d’expérience, de connaissance de soi ou de conscience parce qu’il se tire progressivement de l’obnubilation qui a résulté de son incarnation.  Le défaut désigne une impimageserfection physique, psychique ou morale.  Il révèle une partie imparfaite et perfectible d’un être.  Il peut exprimer un comportement habituel ou une tendance condamnable.  Ainsi, peu importe son acception, le défaut évoque simplement une manière incomplète d’aborder une situation, la part d’ombre qui subsiste en soi, par manque de connaissance, donc par ignorance, espérons-le, temporaire.  Mais, dans un esprit constructif, la part d’ombre ne doit jamais faire oublier la part de lumière acquise.

Personne n’a rien à gagner à réprimer ses défauts ou à lutter contre eux.  Il vaut mieux les repérer, les identifier et méditer sur la qualité contraire en les ressentant comme devenant partie intégrante de soi.  On ne guérira jamais d’une maladie en appelant sa délivrance, mais en méditant sur la santé et en l’appelant de tout son être à se manifester à travers soi.  Il faut faire de même pour ses défauts. Ainsi, dire: «Je suis un alcoolique» représente une hérésie et une injure au bon sens.  Puisque le «Je Suis» désigne l’Essence et la Nature essentielle de l’être, comment peut-on lui accoler une tendance temporaire comme l’alcoolisme?  Il vaudrait mieux dire: «J’ai abusé de l’alcool et je sais que je fais mieux de m’en tenir loin pour un bon moment.»

Du reste, ce n’est pas en affirmant une chose comme une réalité et en essayant d’affirmer son contraire qu’on la changera.  Comment peut-on sensément dire: «Je suis un alcoolique qui devient sobre» ou «Je ne suis plus un alcoolique, je suis un être sobre?»  C’est affirmer deux choses en même temps, dont le subconscient retiendra bien plus l’aspect négatif déjà présent que l’aspect positif appelé, mais non encore présent.  Dans son esprit, il vaut mieux sacrifier l’état négatif, c’est-à-dire cesser de l’affirmer comme une réalité encore active, et se concentrer entièrement sur la nouvelle réalité qu’on appelle, qui ne s’est, du reste, que voilée temporairement, en soi, faisant partie de sa nature éternelle.

Voici quelques autres pensées inspirantes, mais éparses, relativement aux défauts.  M. Von Ebner-Eschenbach a dit : «Beaucoup de gens croient que l’aveu de leurs défauts les dispense de s’en corriger. » E. Faguet a ajouté: «Ce qui fait que pour la plupart nous ne nous corrigeons pas de nos défauts, c’est que nous les prenons pour des qualités.»  Pour sa part, J. E. Buteau a observé : «Celui qui voit ses propres défauts est bien trop occupé pour voir les défauts des autres.»  La Rochefoucauld a inversé cette proposition en affirmant : «Si nous n’avions pas tant de défauts, nous ne prendrions pas tant de plaisir à en remarquer chez les autres.»

Pour tout dire, nul ne gagne à tenter d’extirper ses défauts.  Il vaudrait mieux apprendre à se centrer sur ses aspects positifs pour qu’ils s’étiolent d’eux-mêmes.  Si on ne cesse pas d’accorder de l’attention à ce qu’on n’est pas ou n’aime pas, on fait prospérer ses mauvaises herbes.  En se jugeant de façon négative, on concentre son attention sur les aspects qui sont déficients, les amplifiant du coup.  Si on accorde trop de temps et d’attention à ses actes manqués, on en intensifie l’impact, on s’enfonce dans ses travers.

Somme toute, il vaut mieux se concentrer sur ce qu’on veut devenir que sur ce qu’on n’est pas encore, ce qui permet à cette nouvelle énergie d’augmenter en soi et de devenir sienne.  La désolation n’arrange rien.  Un être ne gagne rien à s’en faire pour ce qu’il n’a pas fait,  pour son manque de force, pour ne pas avoir dit ce qu’il fallait au bon moment, pour ne pas arriver à faire ce qu’il veut, pour ne pas trouver le temps de faire ce qu’il souhaiterait.  Les regrets, les remords, les ruminations, la revanche, c’est du temps perdu en vain.  Car, alors, on ramène ces circonstances dans sa vie.  En outre, ce qu’un être rabâche en lui, qui ne sonne pas juste, il le fait sentir aux autres, perdant leur appréciation.

Tant qu’un être n’est  pas parvenu à s’élever au-delà du débat ou du combat entre le bien et le mal, il reste piégé dans la densité et la dualité, se maintenant dans l’Illusitéléchargementon.  Moins un être juge et se juge, moins il est jugé et plus il reçoit d’aide des instances cosmiques.  Ce qu’un être n’aime pas de lui, au lieu de s’en désoler, il n’a qu’à l’offrir à la Lumière divine afin que celle-ci le dissolve, au moment le plus opportun, lui assurant un meilleur équilibre et une plus grande harmonie.

Bien que les défauts des uns n’excusent pas les défauts des autres, tous ont des défauts, du moins en apparence.  Cela fait partie de l’aspect perfectible d’un être en évolution qui se tire peu à peu de son obnubilation et de son état de limitation.  Cependant, trop insister sur ses défauts démoralise, fait vivre dans la morosité, attire du négatif.  Trop regarder ceux des autres transgresse la loi de l’Amour, divise et désunit, fait vivre dans la crispation, rend étroit d’esprit, retarde le pardon, en plus d’entretenir une certaine douleur personnelle.  Car le défaut qu’un être reconnaît chez autrui, il signale qu’il le porte, du moins en possible conduite, sans quoi il ne pourrait le voir.  Le défaut ne représente jamais qu’un coin du psychisme qui n’est pas encore éclairé par la Lumière spirituelle.

De ce fait, au lieu de chercher à connaître ses défauts et à les changer, il vaut mieux d’adonner à la connaissance de soi.  Non à la connaissance de son reflet, de ce qu’on croit être ou veut paraître, mais de Cela qu’on est déjà de toute éternité au plus profond de soi et qui se découvre par l’intériorisation et la méditation.

 

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