LES CATHARES, DES CHRÉTIENS SUR LA VOIE VÉRITABLE, TRAITÉS EN HÉRÉTIQUES

Le mot «Cathare», d’étymologie grecque, qui signifie «pur», désigne un membre d’un mouvement mystique remontant jusqu’au Perse Manès qui vécut au IIIe siècle av. J.-C.  Ce dernier opéra une synthèse de ses études bouddhistes, chaldéennes, égyptiennes et chrétiennes afin de présenter au mieux, sans dogmatisme, la Vérité universelle.  Avec le temps, ce mouvement avait intégré les rituels et les principes de la vie essénienne et ceux de la Tradition du Graal, leur lignage spirituel découlant des Chevaliers bleus, une ramification de l’Ordre de Melchisédech issu d’Arcturius.  Au XIIe siècle, ce groupement fut excommunié par Innocent III, d’où il fut presque exterminé par l’Inquisition, notamment à la citadelle de Montségur.  Les quelques survivants se cachèrent dans des grottes et des cavernes ou ils émigrèrent vers le nord de l’Italie.  On leur prêtait la croyance que Jésus avait épousé Marie-Madeleine, couple qui Cathares-Montseguravait donné le jour à une fille, Sarah, élevée en Provence (Gaule).  Ils croyaient à l’existence de deux énergies primaires : le bien et le mal.  Ils véhiculaient le message de Jésus, mais refusaient l’idée du salut par son sacrifice sur la croix.  Ils opinaient plutôt que la purification progressive, d’incarnation en incarnation, mène à la Libération.  Ils se promenaient avec l’Évangile de Jean sous le bras et guérissaient les malades.  Ils œuvraient de tout leur être à s‘élever spirituellement.  On pouvait reconnaître ces êtres parfaitement non violents à leur tunique bleu foncé. Les Cathares ont représenté un lien important dans la succession des ordres initiatiques, les adaptant au Christianisme.

En fait, les Cathares suivaient une doctrine véritablement inspirée du pur esprit de l’idéal chrétien primitif, avant qu’il n’ait été déformé par certaines fausses interprétations catholiques, progressivement érigées en dogmes.  Ils s’appuyaient notamment sur un manuscrit original du «Nouveau Testament» et sur un texte apocryphe du disciple Jean, conciliant encore les diverses sources religieuses de leur époque.  Ils croyaient en un Dieu unique, mais ils admettaient l’existence de deux principes opposés, la lumière et la matière.  Ils acceptaient une vision trinitaire de l’être humain : corps, âme et Esprit.  Pour eux, l’Humanité s’était perdue dans les Ténèbres, après s’y être plongée, et elle devait chercher le salut de son principe divin (son âme) par son travail et ses efforts évolutifs personnels.  Ainsi, ils refusaient le salut par procuration tel que préconisé par le Catholicisme.  Ils acceptaient la réincarnation qui permet à un être doté d’intelligence et de conscience de se délivrer peu à peu de ses karmas par le sacrifice, la charité et l’Amour.  De la sorte, tout être humain pouvait se libérer des illusions de la matière et s’unir progressivement à la Lumière divine de son  Créateur.  Dans leurs rituels, ils puisaient à la source chrétienne, mais, dans leurs chants, ils maintenaient des influences bouddhistes.

Les Cathares aidaient au lent et progressif développement de leurs adeptes par des initiations.  Mais les candidats devaient s’en rendre dignes en se purifiant catharisme_europepar une ascèse graduelle (jeûne, abstinence, continence, désir sincère de perfection).  On considérait la pauvreté comme un moyen de libération des entraves de la matière.  Pour eux, l’enfer n’existait pas, le Royaume des Ténèbres ne pouvant dépasser le niveau du monde terrestre.  Aussi, son feu ne pouvait-il figurer que les souffrances du monde matériel, vécues dans l’immédiateté (l’ici et le maintenant), et non dans une autre vie.  De ce fait, l’être humain pouvait se racheter lui-même par ses propres tribulations.  Leurs ministres ne cherchaient pas à imposer une foi aveugle, mais à convaincre par la persuasion, encore plus par le vivant exemple de leur pureté et de leur probité.  Ils étaient honnêtes et équitables à ce point, qu’ils n’acceptaient, pour tout engagement, que la parole donnée, interdisant les serments.  Plutôt, ils invitaient à respecter les second et huitième commandements.  Ils refusaient la validité des sacrements, ordonnant autant les hommes que les femmes dans la mesure où ils restaient célibataires.  Autant pour le baptême, l’ordination, le mariage que le secours aux mourants, leur rite principal consistait en l’imposition des mains d’un ministre ou médiateur, appelé le «consolamentum»).  On refusait le baptême par l’eau et on ne considérait le mariage que comme une union sans contrat, rejetant la licence qu’il pouvait recouvrir.  Aux Parfaits, les candidats avancés, ils recommandaient le célibat comme moyen de rester pur, de se libérer de l’empire des sens et d’écourter leur karma de réincarnation.  À cette fin, les gens mariés pouvaient rompre le lien matrimonial en tout temps.  (La carte qui accompagne, à droite, illustre l’extension que le Catharisme finit par prendre en Europe.)

Au résumé, les vérités fondamentales des Cathares témoignaient d’une ardente aspiration vers les réalités de l’Esprit et sur une réelle compréhension de la destinée finale de l’être humain.  Ils pourraient être les précurseurs des Templiers et ils auraient des continuateurs quelque part dans le monde.

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