POUR VRAIMENT VIVRE DANS L’ENTHOUSIASME, IL FAUT COMMENCER PAR SE PERCEVOIR UN ET DIVIN…

   Il faut éviter de confondre l’enthousiasme avec la passion, l’excitation ou l’euphorie.  Si ce mot provient bien du mot grec ἐνθουσιασμός, qui signifie «possession par le souffle de Dieu», «transport divin», soit «inspiration» ou mieux «inspiré de Dieu», «possédé par Dieu» (soit ἐν qui signifiant «en» ou «dans» et θἐoς, qui signifie «Dieu»), par définition, l’enthousiasme signifie que, dans son élan ou son aspiratenthousiasme-prendre-son-envolion, on se sent porté par la Force divine elle-même.  ».  C’est l’état d’un être qui vit «en Dieu» ou qui est «saisi» par lui.   Il s’agit alors du délire sacré qui s’empare de l’interprète de la Divinité.  À l’origine, ce mot exprimait une transe, un ravissement divin, une relation à Dieu, l’amour dirigé vers une idée, un objet, une finalité.  Alors, un être se sent habité par un sentiment extatique qui prend une dimension d’infinité et d’éternité.

Ainsi, à l’origine, ce mot exprimait l’état de celui-ci se sent élevé dans un transport qui dépasse sa propre force et lui donne le goût de vibrer plus intensément, de s’élever plus haut, de prendre plus d’expansion ou de devenir infiniment créatif.  Il se sent inspiré d’entreprendre de grands projets, dans le sens de ses valeurs profondes, bien disposé à les mener à terme.  Il s’apprête à agir dans la joie et l’inspiration.  Ce mot implique un empressement agréable qui dispose tout l’organisme à bien répondre, amplifiant l’élan vital.  Au final, un l’être se sent en transporté dans tout ce qu’il est, d’où il offre une dévotion complète à un but, à une cause, à une quête, à un idéal. Avec le temps, ce même mot dériva progressivement dans le sens d’inspiration et de souffle créateur qui anime un être, notamment un écrivain ou un artiste.  C’est alors la motivation dynamique qui amène à travailler sans relâche à atteindre ses buts.  De nos jours, il n’exprime plus qu’une excitation joyeuse, généralement éphémère, transitoire ou passagère.

   Mais, en raison de son héritage judéo-chrétien, qui a attaché les gens à la notion de la souffrance salvatrice, l’enthousiasme n’a pas bonne presse en Occident où il est considéré comme suspect, comme l’inspiration d’un illuminé un peu dérangé ou redoutable.  Il a deux ennemis : la passivité et la peur de l’échec.  Chez nous, le manque d’enthousiasme traduit un désabusement ou un désenchantement, un manque de confiance en soi et dans l’autre.

   L’enthousiasme est la vibration qui donne l’allure et assure la persévérance.  Il aide à croire en quelque chose du fond de son âme, menant à se sentir plus fort que le monde, mais dans cet état de sérénité qui provient de la certitude que rien ne pourra vaincre sa foi.  Cette force étrange fait toujours prendre les bonnes décisions au moment voulu, surprenant sur ses capacités lorsque son objectif est atteint.  C’est une forme d’agapè, l’Amour pur, qui dévore.  Au cours de sa vie, on le perd à cause des petites et nécessaires défaites qui amènent à perdre le véritable sens de sa vie de façon imperceptible.  Alors, on commence à accuser le monde de son ennui, de sa défaite.  On oublie cette force supérieure, captivante, tournée vers la victoire finale, qui justifie tout.

   Être enthousiaste, c’est, par définition, être supporté par la force divine, c’est être élevé dans un transport qui dépasse la force propre de l’être individuel et lui donne le goût d’être créatif.  Ce sentiment intense pousse à agir dans la joie et l’inspiration.  Il se traduit par une excitation agréable qui dispose tout l’organisme à bien répondre, à se faire coulant, amplifiant l’élan vital. Par lui, on vient à bout de tout comme par enchantement.  C’est comme un feu qui consume les obstacles, tout ce qui est négatif.

   Il faut se garder de confondre l’enthousiasme avec l’exaltation, l’excitation, voire avec la fougue passionnée pour ce qu’on aime ou aime faire, car l’enthousiasme est un état d’âme rempli d’ardeur qui exprime un contact intime avec sa Source intime et qui en fait ressentir la joie sereine, l’aspiration à exprimer plus de vie, à connaître plus de beauté, à découvrir d’autres horizons, à mener d’autres expériences.  Il donne l’impression de voler, ce qui rend tout facile et agréable, masquant les efforts à produire ou aplanissant les difficultés, rendant magnétique et contagieux, rend apte à soulever les gens.  En présence d’un tel être, on se sent capable de se dépasser, mais, en son absence, on sent un vide, on perd un peu d’intérêt.

   Pour vivre dans l’enthousiasme, un état de dynamisme accru, presque extatique, il faut vivre en contact étroit avec son Centre divin.  C’est le fait d’un être éclairé de l’intérieur.  C’est là, dans sa Source intime, qu’il peut puiser cette énergie d’aspiration qui permet de venir à bout de tout comme par enchantement, car ce feu consume tout ce qui est négatif, dissolvant les obstacles.  Rien de grand ne peut se faire sans l’enthousiasme.  Mais qui s’en remplit peut déplacer les montagnes et soulever le monde, portant tout l’être vers le but qu’il poursuit. Il détruit l’ennui, le sentiment d’isolement, les barrières, les résistances.   Alors, dans l’action même, l’ardeur augmente, le courage s’affermit, l’audace emporte, estompant et aplanissant toutes les difficultés.  Il se fonde sur un sentiment irrépressible de foi dans la vie, dans ses capacités personnelles, pour engendrer le bonheur de vivre dans le monde tel qu’il est.  Mais, une fois activé, il attire, il motive, il unit, il cimente les gens de qualité, les gens lumineux.  Mais son plus grand prodige, c’est de transformer le monde, en commençant par le monde intime, pour s’étendre au monde ambiant.

   À ce propos, André Cotty, un auteur d’œuvres spirituelles français, a écrit : «Lorsqu’on voit arriver la mort, on constate que l’on a vécu en ne pensant qu’aux choses terrestres.  Ce faisant, on a tellement ralenti le mouvement de l’Esprit en soi, c’est-à-dire ce qui est lumineux, qu’on est devenu une pierre.  Une plante, un animal, vivent encore un peu;  mais une pierre vit au ralenti, elle n‘a aucun enthousiasme!  L’homme devenu pierre dit de ceux qui vivent qu’ils sont des «illuminés».  Pourquoi? parce qu’ils vivent dans l’enthousiasme.  N’interrompez jamais cet enthousiasme pour les choses divines, parce qu’il vous rajeunit et vous rend beau.»  Sauf que l’enthousiasme, bien que contagieux, ne s’impose pas, ni à soi ni à autrui.  Il faut le puiser dans le Génie brûlant qui sommeille en soi.  Et ce feu ne s’allume que lorsqu’on s’adonne à une activité qu’on aime ou qu’on est entouré de gens pour qui on accepterait de faire beaucoup.   Sans une motivation profonde, rien de grand ne peut être accompli.  Sans elle, il vaut autant s’abstenir, car on s’expose à de grandes désillusions.

   L’enthousiasme désigne l’élan spirituel, de provenance intime, qui pousse un être comme par un mouvement extraordinaire de l’âme.  C’est un emportement irrépressible qui provient de l’intérieur, se démontrant sa propre source, ce qui le rend inépuisable.  Il s’agit d’un sentiment vif, en provenance de l’âme, qui manifeste le bonheur d’être.  Aussi remplit-il d’une énergie qui pousse un être à poursuivre un grand but, parce qu’il le sent possible et réalisable.  Il inculque une confiance inébranlable qui amène à exposer une idée avec ardeur, devenant contagieuse.  Il remplit d’une puissance créatrice pour mener à terme un projet ambitieux, qui porte à donner le meilleur de soi, à se dépasser sans cesse, à surmonter tout obstacle avec aise.

   L’enthousiasme, c’est la vibration qui donne l’élan, marque l’allure, maintient l’énergie, assure la persévérance.  Il aide à croire en quelque chose du fond de son âme, menant à se sentir plus fort que le monde, mais dans cet état de sérénité qui provient de la certitude que rien ne pourra vaincre sa foi.  Il s’accompagne de la bonne humeur, d’un regard étincelant, d’une démarche souple et légère, de force dans la main, exprimant l’irrésistible jaillissement de ce qu’un être a décidé.  Cette force étrange fait toujours prendre les bonnes décisions au moment voulu, surprenant sur ses capacités lorsque son objectif est atteint.  C’est une forme d’«agapê», l’Amour pur, qui dévore.  Au cours de sa vie, un être le perd à cause des petites et nécessaires défaites qui amènent à perdre le véritable sens de sa vie de façon imperceptible.  Alors, il commence à accuser le monde de son ennui, de sa défaite.  Il oublie cette force supérieure, captivante, tournée vers la victoire finale, qui justifie tout.

   L’enthousiasme apparaît comme le meilleur carburant de la vie car, dès qu’il coule de source, il amène à déplacer les montagnes.  Ainsi, on ne s’étonnera pas que Henry Ford ait dit : «L’enthousiasme est au fondement de tout progrès» et que Ralph Waldo Emerson ait renchéri en disant : «Rien de grand n’a jamais pu être réalisé sans enthousiasme.» Ce même auteur a su encore écrire: «L’enthousiasme est la mère de l’effort et, sans elle, rien de grand ne peut être accompli.»  Il voulait sans doute dire qu’il est l’essence de la motivation qui facilite l’effort, ce qui aurait été mieux dit et accepté.  Premier signe d’une unité d’intention, d’un accord profond avec soi, il donne des ailes, il inculque de la force dans ses activités, il fait oublier la peur ou la fait mettre de côté, car il enhardit face aux obstacles et aux difficultés, amenant à persévérer.  Cette force venue de l’intérieur, qui naît chez un être qui a conservé son pouvoir d’émerveillement, motive et enflamme, amenant à regarder les choses avec un regard d‘enfant.  Il procure l’éveil qui amène à aimer la vie et à savourer chaque instant.

   On l’a bien dit, être enthousiaste, c’est, par définition, être supporté par la force divine, c’est être élevé dans un transport qui dépasse la force propre de l’être individuel et lui donne le goût d’être créatif.  Ce sentiment intense pousse à agir dans la joie et l’inspiration.  Il se traduit par une excitation agréable qui dispose tout l’organisme à bien répondre, amplifiant l’élan vitaenthusiasme-enthousiasml. Par lui, on vient à bout de tout comme par enchantement.  C’est comme un feu qui consume les obstacles, tout ce qui est négatif.  Il porte à se lancer dans des projets ambitieux, il donne envie de transcender le monde et de produire le sublime.

   Rien de grand ne se fait sans enthousiasme.  Il peut soulever le monde, car c’est un élan de tout l’être vers le but qu’il s’est fixé.  Le courage s’anime alors dans l’action, estompant et aplanissant toutes les difficultés.  C’est un sentiment irrépressible de foi dans la vie, dans ses capacités, dans le bonheur de vivre, dans la force de l’homme éclairé par son Dieu, consacré à un idéal, celui d’être pleinement.  Il détruit l’ennui, l’isolement, les barrières.  Il attire, unit, cimente les gens de qualité.  Son prodige, c’est de transformer le monde, d’abord son monde intime, puis le monde ambiant.

   Mais il faut savoir que l’enthousiasme, un état durable, ne s’impose pas : il est le signe de la vie pleine de sens de celui qui reste lié à son Centredivin.  Hélas, ce sujet est devenu le thème fétiche des enseignants de la pensée positive et des coachs de tous acabits qui oublient que personne ne peut allumer l’enthousiasme par des moyens artificiels, comme la répétition de phrases motivantes, car, alors, il ne peut que s’éteindre rapidement comme un feu de paille.  En affirmant l’un, il tente d’annuler ou de nier l’état contraire, ce qui finit par ramener dans la dualité, la démobilisation et la dépression.  L’enthousiasme naît chez celui qui fait ce qu’il aime et aime ce qu’il fait, qui accorde ses projets à ses valeurs profondes.  Mais il n’en représente pas moins la clé de la perpétuelle jeunesse d’esprit.

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