L’ÉCHANGE, UNE NÉCESSITÉ POUR GARDER L’ÉNERGIE EN MOUVEMENT, MÊME L’AMPLIFIER…

L’échange renvoie au principe cosmique qui précise que toutes les actions, dans le physique et le subtil, se fondent sur la circulation de l’énergie.  Ainsi, nul ne peut donner sans prendre, nul ne peut prendre sans donner, ni donner sans recevoir.  Seul celui qui donne avec amour, sans attente et sans jugement, est digne de recevoir.  Car tout doit circuler librement.  Ce qui est conservé dans une citerne et qui ne circule pas stagne et finit par se corrompre.  Nul ne peut croître que par le partage qui permet l’accroissement ou la multiplication.

Dans la vie, tout est en mouvement, tout bouge, tout circule, tout se mélange, donc tout s’échange et se partage.  Il n’y a rien de statique, rien de stagnant : tout avance et tout évolue ou tout recule et involue.  Le Maître Aïvanhov en a déduit un principe d’évidence : «Dans le monde, il doit exister une justice : si vous prenez, il faut donner;  si vous donnez, vous avez le droit de prendre.»  Dans un texte inspirant, Abd-Ru-Shin semble exprimer son accord avec ce propos quand il écrit : «Une Loi opère dans l’Univers : ce n’est qu’en donnant que l’on peut recevoir lorsqu’il s’agit de valeurs durables!  Cette loi agit en profondeur, elle pénètre toute la Création comme un legs sacré de son Créateur.  Recevoir c’est donner sans penser à soi, c’est aider là où cela est nécessaire, c’est comprendre les souffrances comme les faiblesses de son prochain;  car telle est la voie simple et vraie qui mène vers ce qu’il y a de plus élevé!»  échangeQuant à notre Maître, Janakanandâ, il confiait un jour : «Si vous voulez bien y réfléchir quelques instants, vous devrez admettre que la Vie vous a toujours demandé de donner une chose à laquelle vous tenez pour la remplacer par une autre, plus grande, que vous demandiez.  Au-delà des apparences, vous n’avez jamais dû donner plus pour recevoir moins ou vice versa.»  Qui donne ou laisse prendre plus qu’il ne reçoit épuises ses réserves d’énergie;  qui reçoit ou prend plus qu’il ne donne suscite la suspicion, ce qui le confine à l’isolement et à la congestion énergétique, ce qui l’amène à stagner avant de régresser, même de s’étioler.  

Tout le Cosmos, tous les Univers, toute la Vie sont régis par la loi de l’Échange, qui entretient le Mouvement perpétuel.  La Terre offre son sol à la graine, qui devient une plante et s’offre à nouveau au sol, à l’animal ou à l’homme.  La plante se donne à l’environnement, aux animaux et aux plantes.  L’animal se donne à l’homme.  Dans un sens bien compris, l’homme devrait se donner à lui-même, à ses congénères et à Dieu, comme toutes les Entités spirituelles se donnent au service amoureux de la Création.  L’homme capte l’oxygène qu’il remet en gaz carbonique et en autres constituants que son milieu capte à son tour, notamment les arbres et les plantes, qui absorbent le gaz carbonique pour le transformer en oxygène.  Les saisons se donnent les unes aux autres, pour faciliter le processus de la transformation planétaire, et le jour fait place à la nuit et la nuit au jour, pour réguler les cycles d’intégration et d’émission ou d’intériorisation et d’extériorisation.

En somme, la loi de l’Échange régit toutes les relations et les communications, permettant la construction et l’expansion de toutes les formes d’existence.  Nécessaire et impérieuse, nul être visible ou invisible ne peut s’y soustraire, au risque d’imploser, soit de se vider de son énergie ou de sa substance.  Elle signale son appel par le besoin ou le désir et elle confirme son atteinte par la satisfaction ou le contentement.  Le Cosmos représente la manifestation de l’Énergie divine qui s’insinue ou s’incarne dans des formes hiérarchisées, interdépendantes.  Dans notre monde connu, ces manifestations se révèlent par les minéraux, les liquides et les gaz, qui se transforment constamment au contact les uns des autres.  Ceux-ci construisent à leur tour des formes plus complexes comme les végétaux, les animaux et les humains.

Baird T. Spalding a souligné la puissance de la loi de l’Échange par ces mots : «Donnez sans arrière-pensée de recevoir, et votre récompense sera si grande que vous ne pourrez l’engranger.  Donnez d’abord votre amour à Dieu, et ensuite à toute la terre.  Quand il vous reviendra, il aura fait le tour du monde et il aura été multiplié mille fois par dix mille, car il aura traversé la pensée de millions d’hommes qui l’auront chacun amplifié à cette mesure.  À son retour, peut-il y avoir place sur terre pour sa plénitude?»  Mais il n’est donné qu’à celui qui possède déjà, parce qu’il sait donner, parce qu’il applique avec amour, sans attente, la loi de la Semence et de la Récolte.

Toutefois, le Créateur recommande de ne pas semer sur les pierres et dans les terres arides.  Il a été dit : «À celui qui n’a pas, il sera même enlevé ce qu’il a.»  Or, celui qui n’a pas, c’est le parasite qui manque d’esprit d’initiative ou de force de volonté et qui tente de vivre aux crochets des autres;  c’est l’individualiste ou l’égoïste qui garde tout pour lui, qui accumule les biens et qui refuse de partager;  c’est l’avaricieux qui tente de thésauriser et de maintenir ses avoirs par l’économie, plutôt que par l’échange, ou celui qui tente de croître en exploitant ses semblables, par exemple en leur chargeant des intérêts ou en tentant de leur soutirer un profit.  Ces êtres agissent ainsi parce qu’ils méconnaissent les principes de la Créativité cosmique ou parce qu’ils négligent de les appliquer, trouvant plus facile de puiser allègrement dans les ressources que les autres se donnent.  Ici, il faut comprendre qu’un être peut paraître démuni de sous et de biens, mais qu’il peut rester fort riche en talents ou en qualités du cœur.  On identifie l’«être sans avoir» comme celui qui quémande et qui s’installe en parasite dans la vie d’un autre, comme celui qui ne détient absolument rien à partager, ni au niveau du nécessaire (des biens concrets de la vie ou des biens putrescibles) ni à celui de l’essentiel (au niveau bienfaits ou des valeurs spirituelles, donc des valeurs imputrescibles) ou comme celui qui ne veut rien échanger pour mieux accumuler.  Quant à l’«être qui possède», il s’agit souvent de celui qui sait se servir utilement de ce qu’on lui offre ou qui sait retourner de l’amour à son bienfaiteur dans le silence et le secret.  Dans certains cas, le service rendu au moment opportun ou le conseil offert avec pertinence valent plus que l’offrande d’un bien ou le don d’une somme d’argent.  Quant au rayon d’amour pur, forcément offert dans l’intégrité et la pureté d’intention, il vaut toujours davantage que tous les services et tous les dons.

Plus un être possède et donne, plus il reçoit.  La graine consommée donne au corps sa teneur d’éléments nutritifs, mais la graine semée en bonne terre rapporte au centuple à l’heure de la récolte ou de la moisson.  La Loi divine dit : «Qui reçoit doit transmettre.  Qui reçoit et ne transmet pas est un voleur.»  Dans le présent contexte, le mot transmettre doit s’entendre au sens d’échanger, de partager, de donner ou de redonner.  Au niveau individuel, il n’est pas toujours possible et il est rarement loisible de redonner à celui qui a donné ou à celui qui a aidé, mais il est toujours possible et loisible de rester disponible à l’échange et de donner à d’autres dès qu’un appel est lancé.  Du reste, pourquoi chercher à redonner à celui qui a donné?  Celui qui donne est invité à puiser dans ses surplus, non dans son essentiel ou dans son nécessaire qui assurent son existence et sa vie.  Ainsi, quand il donne, il doit être assez riche ou abondant pour le faire et il doit s’exécuter sans attente de retour autre que le centuple, mesuré par le degré d’amour et la pureté d’intention de son geste.  Mais le retour du centuple est l’affaire de l’Univers, non de celui qui a reçu.  D’autre part, on pourrait légitimement croire que celui qui est dans le besoin restera déficitaire, pour un bon moment, sous l’aspect de la forme d’aide qu’il a reçue, par rapport à son bienfaiteur.

Dans la réalité, au niveau de l’échange, un donateur est rarement rétribué par celui à qui il a donné ou qu’il a aidé.  Dans le cas contraire, comment l’expansion, sous-entendue par la notion du centuple, pourrait-elle se produire?  Ce qui importe, c’est de bien se servir de ce que l’on reçoit, mais sans jamais se l’approprier ou se l’accaparer au titre de propriétaire.  Un être détient le droit de garder des instruments et des biens à son usage intime et exclusif tant qu’il en a un besoin licite et légitime, mais il doit les remettre en circulation dès qu’ils deviennent inutiles ou désuets.  Autrement, il endigue vainement les énergies vitales, entravant leur circulation et s’exposant à la pénurie.  Quoi qu’il en soit, tôt ou tard, le courant de l’énergie vitale fera céder le barrage qu’il a érigé par sa possessivité, emportant dans son cours cet ignorant ou cet inconscient.

Le Cosmos et la Nature donnent gratuitement.  Nul n’a passé de contrat d’achat avec le Cosmos ou avec la Nature.  De ce fait, nul n’est le propriétaire de ce dont il jouit ou bénéficie, il n’en est que le régent, qui doit agir en gardien intègre, donc vrai, sage et amoureux.  Tout appartient au Créateur et tout doit lui retourner, dans l’ordre des beséchanges-garçonsoins, non dans celui des traditions ou des transmissions héréditaires.  Dans l’ordre de l’amour impersonnel et inconditionnel, quand un être n’a plus besoin d’un bien, il doit le retourner immédiatement à la Nature ou le refiler à celui de ses semblables qui en est dépourvu et qui en a le plus grand besoin.  En cela, pas question d’accorder des privilèges ou des faveurs aux présumés êtres chers.  Tous les êtres sont égaux aux yeux du Créateur, tous ne font qu’un dans la Conscience de Dieu et ils y détiennent un degré équivalent de mérite, de dignité et de parenté.

Comme Jésus l’a rappelé, l’être humain doit être une source vive, ce qui garde son eau propre et saine, non une citerne hermétique, dans laquelle, par la stagnation, son énergie se trouble et se corrompt.  Mais, si on n’est pas capable de donner amoureusement, par exemple sans attente de retour et sans jugement de valeur, ou si on n’est pas convaincu de la pertinence du bienfait d’un don, il vaut mieux s’abstenir de donner.  Celui qui donne avec une attente réduit le retour au centuple à l’espérance qu’il entretient, d’où il diminue souvent l’ampleur du juste retour et se sent souvent mal récompensé pour son investissement.  Donner, partager et échanger amoureusement, voilà les moyens qui permettent d’ouvrir sa porte à la croissance et à l’expansion infinie.  Si cette porte n’est pas ouverte, aucun bien attendu ne saurait venir autrement que par l’effort laborieux ou par le travail à la sueur des bras.  Celui qui n’est pas spontanément disposé à l’échange ne peut engendrer l’état de réceptivité qui favorise un puissant retour.  Celui qui n’est pas capable de donner de bonne grâce, dans le détachement parfait, ferme toute porte à l’accomplissement des merveilles qu’il appelle ou souhaite.

La loi de l’Échange permet également de désencombrer son milieu, de libérer sa conscience et d’alléger son destin.  Celui qui accumule les biens craint toujours qu’un voleur vienne les lui prendre, d’où il vit constamment dans l’inquiétude.  Et s’il parvient à accumuler de grands biens, bien souvent, il vit plutôt dans l’angoisse et la peur.   Collectionner, empiler, accumuler, entasser des biens, investir des montants et placer des valeurs, c’est faire injure à la loi de l’Approvisionnement universel et se couper d’elle, s’exposant au manque, source de la pénurie.  Il faut savoir faire régulièrement le ménage dans son grenier, son hangar, ses placards, ses armoires et commodes pour en sortir tout ce qui est devenu stérile, désuet, obsolète, inutile, anachronique, inopérant, inefficace, tout ce qui a dépassé, au niveau de l’usage et de l’expérience, la date de péremption.  Nul ne peut s’attendre à s’élever bien haut en avion ou en montgolfière, s’il les surcharge.  Qui s’encombre n’ira jamais bien loin ni bien haut.  Alors, si vous saisissez la nuance, il convient de redonner à autrui, à la Vie ou à la Nature tout ce qui ne sert plus ou tout ce dont on ne se sert plus.

© 2001-12, Bertrand Duhaime (Dourganandâ).  Tous droits réservés. Toute reproduction strictement interdite pour tous les pays du monde.  Publié sur : www.larchedegloire.com.  Merci de nous visiter sur : https://www.facebook.com/bertrand.duhaime.

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