DEUX MOYENS DE MINER SA SANTÉ, DE DÉVELOPPER DE LA DÉPENDANCE… ET DE DÉPENSER VAINEMENT SON ARGENT…

Le tabac, une solanée géante, qui peut atteindre jusqu’à deux mètres, donne des feuilles qui se fument, se mâchent ou se prisent.  Ce sont les Amérindiens ou Premières Nations d’Amérique qui ont d’abord fumé le tabac, une coutume que les explorateurs ont rapidement adoptée et transportée en Europe.  C’est le Français André Thévet qui, en 1556, a introduit la plante en Europe, s’empressant de la cultiver près d’Angoulême.  Mais c’est plutôt Jean Nicot, un diplomate français au Portugal, qui a popularisé l’usage de cette plante en France. D’abord appelée «nicotiane», par association à son découvreur, le tabac ne tarda pas à rencontre tabac-et-alcoolun grand succès à la cour de France, où on lui prêtait des vertus médicinales. Bien que la cigarette n’ait été introduite en France qu’en 1825, l’usage du tabac, sous d’autres formes, devient la marque du raffinement dans la haute société à cette ère du Classicisme.

Les premiers habitants de l’Amérique prêtaient au tabac, mais avec raison, des pouvoirs magiques.  Ils affirmaient qu’il pouvait maintenir ou ramener la concorde, autant que provoquer la guerre, d’induire en extase ou d’anesthésier psychiquement.  À vrai dire, à l’état naturel, donc non transformée et additionnée de produits nocifs, cette herbe sacrée permet d’entrer en contact avec certains esprits des niveaux inférieurs de l’astral.  Elle aide à se couper de certains effluves, bons ou mauvais, qui peuvent déstabiliser, par exemple au niveau du septième chakra.  Activant notamment la vision subtile, elle peut aider à découvrir la qualité de ses potentialités secrètes.  C’est le sens du recours au calumet, qui pouvait suggérer un désir de pacification ou celui de lancer les hostilités.  En effet, dans les traditions des premiers occupants de l’Amérique, la pipe à long tuyau servait à sceller une alliance ou un traité.  Lors d’une cérémonie, elle invitait la Présence divine à présider la célébration par l’envoi de la fumée vers le zénith, puis vers les quatre points cardinaux.  Dans ce contexte, le «calumet de paix» continue de représenter l’emblème des pensées de l’esprit et des aspirations du cœur d’un homme intègre.  Il évoque aussi le besoin de s’ouvrir à la conciliation pour éviter l’antipathie ou l’hostilité.  Voilà pourquoi le fait de briser le calumet a toujours signifié le bris d’une trêve, la fin d’une alliance ou la rupture d’une union.  Quant au «calumet de guerre», peint en rouge, emblème du soleil, il lançait les hostilités du combat.

Contrairement à l’alcool, le tabac peut servir à se protéger contre les entités du bas astral.  En lui-même, il représente l’une des herbes sacrées auxquelles certaines traditions recourent  pour réduire les influences ténébreuses lors de certaines cérémonies.  Cette plante ne permet pas jusqu’à la dissociation du corps, aussi dite décorporation, mais, jusqu’à un certain point, il alourdit les vibrations du corps astral empêchant un sujet de percevoir ou de ressentir les entités néfastes de ce plan.  Toutefois, la consommation excessive peut produire tout le contraire : le sujet attire les entités parasitaires et espiègles du bas astral, du fait que, en dévitalisant et en épuisant son organisme, il devient ainsi plus perméable aux influences pernicieuses.  Tout est question de pondération et de dosage.  Ainsi, il faut distinguer entre l’usage ponctuel, recherché pour des effets précis ou utilisé dans un but précis, et l’usage régulier qui provoque la dépendance.  Même dans l’usage des plantes sacrées, la modération trouve sa place.   Associée à Mars et au Bélier, le tabac confère une intelligence claire, la vitalité, l’ardeur, l’audace sereine, la joie, la gaillardise, l’esprit de force, pouvant aider à purifier et à guérir.

L’abus du tabac peut entraîner certaines maladies, mais, en lui-même, il ne provoque pas le cancer.  Ce sont les additifs que les compagnies lui ajoutent, qu’on peut évaluer à près de quarante mille, qui produisent cet effet pervers.   C’est ainsi que, en thérapie, on l’utilise en décoction dans les cas d’asphyxie et d’apoplexie.  Comme vermifuge, on dilue l’eau de lavement pour éviter l’empoisonnement.  Mais surtout, le tabac, riche en nicotine, engendre une dépendance préjudiciable puisque sa fumée devient nuisible à plusieurs égards.  On affirme qu’il ralentit les facultés intellectuelles et qu’en cas d’abus il en arrête le développement.  Il entraîne la perte d’appétit, donc l’amaigrissement, compliquant les processus de la digestion.  Chez les sujets encore jeunes, il provoque un retard de croissance au point de réduire la taille.  En plus d’irriter l’arrière-gorge et le larynx, il favorise la constipation, gêne la respiration, provoque des enrouements et la toux, suscitant dans certains cas des palpitations cardiaques.  Il affaiblit progressivement la vue et développe le cancer des poumons.  Chose certaine, on se cause un grave préjudice en fumant à jeun.

Généralement, le tabagisme se contracte à l’adolescence comme moyen de se valoriser ou revaloriser, soit parce qu’on choisit de faire comme tout le monde pour ne pas se singulariser dans un groupe ou pour éviter d’en être rejeté, soit parce qu’on se donne l’impression de devenir adulte et d’assumer son autonomie, donc de s’affirmer.  À la maturité, la cigarette peut devenir un substitut du sein maternel, mais, par sa fumée, un être peut encore chercher un écran pour se voiler parce qu’il veut s’effacer ou craint d’être perçu dans sa fragile réalité.

La nicotine est une substance naturellement présente dans le tabac.  Du reste, c’est la seule plante au monde contenant ce produit.  Sauf que la nicotine représente une drogue redoutable parce qu’elle établit son empire sur le corps et l’esprit d’une façon très subtile.  Elle produit un effet agréable dans le cerveau, en stimulant la production de dopamine, sans perturber le comportement, c’est-à-dire en gardant normal, sans rendre euphorique, dépressif ou somnolent, sans provoquer d’hallucination.  Cependant, autant que les drogues dures, elle entraîne la dépendance.  L’accoutumance s’engendre par une réaction de tolérance du cerveau qui produit le besoin de renouveler la dose de nicotine, imposant de l’augmenter pour ressentir le même effet.  S’ajoute une dépendance physique qui s’exprime par des symptômes de sevrage déplaisants lorsque la quantité de nicotine devient insuffisante dans l’organisme.  Même si ceux-ci ne se démontrent pas aussi dramatiques que ceux causés par la désintoxication à l’héroïne ou à la cocaïne, l’emprise de cet agent psychotrope n’en entraîne pas moins une dépendance au moins aussi forte.

En outre, en raison des nombreux additifs nuisibles qu’on y trouve, le tabac finit par atteindre les poumons avant d’attaquer le cœur et les vaisseaux sanguins, pouvant dégénérer en cancer localisé, puis généralisé.  De solides preuves médicales révèlent que le tabagisme est associé à plus de deux douzaines de maladies et d’affections.  En fait, cette habitude produit des effets néfastes sur presque chaque organe du corps, en plus de diminuer l’état de santé général. Le tabagisme demeure la première cause de décès évitable et il engendre des répercussions négatives sur la santé des personnes de tous les âges : les bébés à naître, les nourrissons, les enfants, les adolescents, les adultes et les personnes âgées.  Bien qu’il figure comme l’un des principaux facteurs de risque de plusieurs maladies chroniques, comme le cancer, les affections pulmonaires et les maladies cardiovasculaires, son usage n’en reste pas moins très répandu partout dans le monde.

***

 Quant à l’alcool, qui détient quelques propriétés utiles, il peut aussi devenir un produit dangereux à proscrire et à combattre.  En tout cas, sa consommation est interdite chez les Musulmans, ce qui ne doit pas être sans raison.  Ne dit-on pas qu’il peut rendre l’être humain semblable à une bête dégénérée?  Pour ce produit, ce qui est très curieux, c’est que, sous plusieurs formes, il favorise l’élévation du taux vibratoire, ce qui est notamment le cas du vin de Champagne.  Attention, l’affirmer n’invite à la consommation immodérée de l’égayant liquide à bulles.  Il n’empêche que, entre autre, le vin, ce don du Père divin fait aux êtres humains, porte en lui les notions d’amour, de sagesse, de joie et de délices spirituels, et il stimule le désir ardent de ressembler à sa Source.  Il est associé au Soleil, soit au principe mâle, à l’agent actif et générateur du Grand Œuvre.  Il exprime la Lumière qui brille en tout lieu, au-delà des apparences, l’Existence véritable et l’appel véridique à sa mission évolutive.  Ainsi, il n’est pas surprenant que, dans l’Ancien Testament comme dans le Nouveau, souvent associé au pain, il figure dans les libations sacrées.    Mais s’il est la boisson de joie des vivants, pris en excès il peut devenir la joyeuse boisson des bons vivants, bien capables de devenir pervers.  En effet, dans son sens inversé, le vin, comme tout alcool, incite à la débauche, amène à s’égarer dans les joies profanes, ce qui risque d’éveille la colère des Dieux, disaient les anciens manuscrits.

Toutefois, l’abus de l’alcool, plus précisément de l’éthanol, mène à l’alcoolisme, qu’on appelle aussi alcoolo-dépendance ou maladie alcoolique, désigne l’addiction à l’alcool, plus précisément à l’éthanol), contenu dans les boissons alcoolisée, en raison de l’absence de la sensation de satiété pouvant indiquer qu’on a bu suffisamment.  Une fois ingéré, ce produit est directement absorbé au niveau du tube digestif, ne nécessitant pas de processus de digestion.  À très court terme, il provoque une augmentation de l’alcoolémie sanguine et une ivresse aiguë.  L’ivresse, ou état d’ébriété, se caractérise par un ralentissement des réflexes, une diminution de la vigilance, un état d’euphorie ou, au contraire, de tristesse, une mauvaise appréciation des situations, des troubles de l’équilibre ainsi qu’une vasodilatation. L’ivresse peut conduire au coma éthylique, une situation qui peut conduire au décès.

À court terme, la consommation d’alcool peut provoquer une gastrite, un reflux gastro-œsophagien, une hépatite alcoolique aiguë, des nausées, des vomissements et, en effet secondaire, le syndrome de la «gueule de bois».  À court terme, l’alcool produit un effet dit anxiolytique;  à long terme, il engendre souvent des angoisses et de la dépression.   La consommation chronique d’éthanol a des répercussions directes sur différentes fonctions et organes du corps : pour le système nerveux (neuropathie alcoolique), la névrite optique rétro bulbaire, l’encéphalopathie hépatique, la démence alcoolique, l’hallucinose alcoolique; pour le foie, la cirrhose avec insuffisance hépatocellulaire ; pour le pancréas, pancréatite, qui peut devenir aiguë ou chronique;  pour le système digestif, une insuffisance exocrine (mauvaise digestion) et endocrine (diabète) ; pour le cœur et ses annexes, l’hypertension artérielle, la cardiopathie, l’hypertension portale avec varices gastriques et œsophagienne, l’insuffisance veineuse; pour les organes génitaux,  une diminution du désir sexuel, l’impuissance, l’éjaculation précoce, l’anorgasmie, des dyspareunies et l’aménorrhée.  La consommation chronique augmente le risque de cancers : globalement un cancer sur dix chez l’homme et un sur trente chez la femme sont attribuables à cette dépendance.  Il s’agit essentiellement des cancers du foie, du pancréas, des voies aérodigestives supérieures (cancer de la bouche, de la langue, du rhinopharynx et des lèvres) de l’œsophage et de l’estomac.  Chez les femmes, dit-on, on peut ajouter la menace du cancer du sein.

En d’autres termes, l’alcoolisme chronique peut provoquer une atteinte hépatique (cytolyse hépatique, la macrocytose, l’augmentation des y-GT (Gamma-glutamyl transférase), l’insuffisance hépatocellulaire, notamment l’hypoalbuminémie, la baisse des facteurs de la coagulation et la thrombopénie, une atteinte pancréatique (augmentation des enzymes amylase et lipase, insuffisance pancréatique exocrine et endocrine), une hypertriglycéridémie, une carences vitaminiques (surtout du groupe B), l’augmentation du CDT (transfert déficient des carbohydrates) et une modification de laalcool-vin numération de la formule sanguine (augmentation du volume des globules rouges ou macrocytose).  Sans compter que la consommation immodérée d’alcool peut être responsable de morts violentes, notamment par accident de la route, chutes, homicides ou suicides.

En effet, la consommation chronique d’alcool inhibe les facultés et elle augmente le risque des troubles dépressifs et anxieux.  Elle peut dégénérer en une

situation de dépendance, soit en incapacité de mettre un terme à sa consommation ou de la réduire.  Mais les abus en la matière sont difficilement évitables puisque, depuis l’Antiquité, il persiste un certain nombre d’idées reçues relativement tenaces selon lesquelles la consommation d’alcool démontrerait la virilité, favoriserait la sociabilité et améliorerait les performances sexuelles, cette dernière attente étant plutôt notable chez les alcoolodépendants.  En réalité, l’alcool produit un effet sédatif sur l’appareil sexuel dès le premier verre, faisant ainsi diminuer la réactivité sexuelle physique.  En revanche, il provoque simultanément une excitation psychologique subjective inversement proportionnelle.   N’empêche qu’il est désormais nettement établi que l’alcool facilite les comportements sexuels à risque (rapports sexuels non protégés, agression sexuelle…)

Il existe une forte corrélation entre dépendance à l’alcool et la dépendance, même qu’on évalue qu’entre 85 à 90% des alcooliques fument.  Dans un cercle vicieux, boire de l’alcool donne l’envie de fumer, tandis que le fait de fumer, associé à l’alcool, éveille le goût de prendre de l’alcool lorsqu’on fume, surtout en présence d’un groupe.  De même, la stimulation cérébrale de l’alcool est plus faible que celle qui est liée à l’absorption de nicotine, mais une stimulation faible de fumer induit une envie de fumer toujours davantage.

© 2012-15, Bertrand Duhaime (Dourganandâ).  Tous droits réservés. Toute reproduction strictement interdite pour tous les pays du monde.  Publié sur : www.larchedegloire.com.  Merci de nous visiter sur : https://www.facebook.com/bertrand.duhaime.

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Une réponse

  1. Isabelle Droz

    Bonjour Bertrand,
    Une amie m’a dit, il y a qq années: « lorsque tu as envie de fumer, attends, et observe ce qu’il se passe en toi ». Je ne parviens toutefois toujours pas à savoir ce qu’il se passe, c’est comme un « banc », un vide. Du coup, je me demande si cette dépendance est un « vide de Vie » que je parviens pas encore à regarder en face.
    Q’en pensez-vous ?
    Bien cordialement
    Isabelle

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