LE DOUTE : DU POUR ET DU CONTRE…

Le doute désigne l’état d’incertitude par rapport à la réalité d’un fait, à l’exactitude d’une déclaration, à la vérité d’une assertion, à la certitude de l’existence d’un être, à la validité d’un principe, à la conduite à adopter dans une circonstance particulière.  Il exprime une démonstration d’incrédulité et il traduit l’état d’esprit de la personne qui refuse son adhésion à des croyances ou à des affirmations généralement admises.  Il représente la disposition ou la propension à croire rien d’autre que ce qu’on a appris, senti ou expérimendouteté dans le monde physique, ce qui maintient dans un cercle vicieux qui rend inapte à se dépasser.  En philosophie, le doute est exalté par le scepticisme, la doctrine qui soutient que la vérité absolue n’existe pas et que, en conséquence, il faut suspendre son jugement.

Le doute peut rendre bien des services, mais il peut devenir l’un des pires dissolvants psychiques.  En effet, il peut mener à manquer de confiance dans la sincérité de quelqu’un, dans la vérité d’une énonciation ou dans la réalisation de quelque chose.  Surtout qu’on oublie d’y voir un problème qui provient de soi, non d’un autre.  Comme la peur, l’indécision et la tension, il retarde ou annule ce qu’on appelle à se manifester dans la vie.  Il est particulièrement néfaste dans les affirmations créatrices puisque, lorsqu’on sème une graine en terre, il ne faut pas commencer à la déterrer à tout bout de champ pour voir si elle pousse: il serait préférable de faire confiance à la terre qui sait la nourrir, sinon, on risque de la faire mourir.  Celui qui doute dessèche ses semences en les exposant au soleil trop cru de son intellect.  Comme on le sait, l’intuition sème le bon grain, mais l’intellect sème l’ivraie.

 Le doute s’engendre dans l’esprit, commençant par un murmure de suggestion qui s’amplifie, si on n’y prend garde, jusqu’à devenir refus complet ou reniement total.  À l’extrême, entièrement dénué de foi, il rejette tout bien et il renie le Créateur, enlevant toute place à l’espoir et toute possibilité d’accéder à la sérénité.  Cet ennemi intime ruine spirituellement puisque, empêchant de garder l’esprit ouvert, il mène au péril.  Il limite l’œuvre de l’Esprit, le coinçant, paralysant sa pleine expression et retardant son évolution.  Il réduit les possibilités de croissance et d’expansion, emprisonnant dans un monde sombre et étroit, empêchant d’atteindre ce qui dépasse les sens et l’entendement.  Il fait incliner vers la mort par un effet suicidaire.  Il contamine les esprits limités, ouvrant un abîme de douleur et de souffrance, réprimant toute possibilité d’entendre la voix intérieure qui témoigne de l’existence de Dieu.  Il trouve son antidote dans la confiance et l’acceptation.

Pourtant, le doute détient ceci de bon qu’il permet d’affirmer sa différence et de rester près de sa vérité.  Il n’y a jamais de mal à douter quand on cherche à pousser plus loin une lumière.

Le scepticisme désigne l’état d’esprit incrédule qui amène à douter de tout, à refuser d’admettre quoi que ce soit sans examen critique, à se défier des opinions et des valeurs reçues, à manquer de confiance dans la parole des autres, à considérer comme impossible la réussite d’une entreprise, à écarter un fait même évident, sous prétexte que tout est relatif ou que la raison ne peut acquérir aucune certitude.  Cet état peut conduire, progressivement, au doute systématique.  La foi aveugle n’a sauvé personne, mais le doute divise les consciences, sépare les êtres, entrave l’doute-2action.  On peut douter de ce qu’on ne parvient pas à se prouver, mais il faut au moins essayer d’en faire la preuve avant de le nier.  D’ailleurs, on peut échouer dans la tentative de se donner une preuve par erreur de technique.  Croire sans voir, c’est absurde. Mais ne pas essayer de voir, c’est purement de la bêtise.

En lui-même, le doute systématique, celui des sceptiques, confine à l’intolérance et devient diviseur.  D’autant plus qu’il peut souvent servir au jeu de l’avocat du diable, à masquer la paresse intellectuelle ou à éviter de réviser sa conduite personnelle    Mais le doute rationnel et sincère constitue un réflexe sain et il comporte des avantages : il permet d’analyser ses croyances pour en évaluer le degré de certitude.  Ainsi, il permet d’approcher de plus près sa vérité personnelle et de lui rester fidèle.  Chacun porte une vérité qui trace le sentier par lequel il peut accéder à la Grande Vérité.  La vérité des autres, mal intégrée, déforme et dépersonnalise, car elle écarte de sa propre vérité et, du même coup, de son sentier.  Au niveau contingent, l’erreur serait de croire qu’il n’existe qu’une vérité ou qu’un seul point de vue qui puissent être admissibles.  Dans la vie de Jésus, Thomas n’a-t-il pas illustré la valeur du doute sans s’attirer les foudres de son Maître?  Il a validé le droit naturel de tout être libre, doté de raison, de se permettre de bien voir pour mieux croire.  Il n’y a qui a la foi fragile comme un château de cartes qui craigne les remises en question.  Toute personne a le droit d’accéder à la vérité qui transcende les croyances.  La juste discrimination permet de faire pénétrer en soi de l’air frais et de s’adapter à son temps.  En acceptant de considérer le point de vue d’autrui, on se permet de faire un bond dans l’inconnu et de pousser plus loin sa propre vérité.

Pour ce qui concerne les principes qui peuvent mettre en cause son évolution, l’être humain ne doit jamais croire en ce qu’il ne peut concevoir ou se démontrer.  C’est avec des certitudes uniquement qu’il peur se réaliser.  Alors, souvent, avant de passer à l’action, il devra plutôt chercher à savoir, obtenir une certitude plus ou moins absolue.  Car, dans le langage métaphysique, il y a toute une différence entre savoir ou connaître et croire.

Un texte d’intérêt pour compléter

Pour compléter notre propos, nous vous soumettons un texte que nous avons retenu, il y a un bon moment, mais dont nous avons oublié la provenance, qui complète admirablement bien notre exposé…  Merci à l’avance à ceux qui nous la rappelleront.

«Nous aimerions vous aider à comprendre un élément important ici.  Si le doute n’existait pas, vous n’existeriez pas non plus dans la troisième dimension.  Car c’est précisément le doute qui a permis à la réalité tridimensionnelle de prendre forme. Surprenant?  Suivez-nous et vous comprendrez.

Lorsque les Dieux que vous êtes avez voulu créer une réalité séparée de la Source de toute vie, il vous manquait un ingrédient unique pour que l’aventure puisse prendre forme.  Vous avez cherché un moyen de permettre à l’expérience d’oubli d’exister en y ajoutant l’élément tant attendu, celui qui viendrait véritablement honorer la notion de liberté des participants.  C’est précisément dans ce contexte unique que le doute est apparu.  Il provient d’une création divine et est directement lié au concept de libre arbitre.

Sans les doutes, vous n’auriez pas pu créer ce monde dans la dualité.  S’ils n’existaient pas, vous ne pourriez choisir de revenir à la Source, car vous ne l’auriez jamais quittée.  Elle se serait présentée comme étant la seule voie possible et aucune autre avenue ne serait envisagée.  Avec l’expérience de l’oubli, le doute était donc l’ingrédient qu’il vous fallait ajouter dans l’équation pour que la troisième dimension puisse prendre forme. C’était en quelque sorte le «chaînon manquant» de l’expérience humaine.

Imaginez un instant que tous les Êtres humains de cette planète savent maintenant avec certitude que cet Univers est conscient.  Ils savent qu’ils sont des Dieux, qu’ils proviennent tous de la même Source unique de vie et qu’ils sont arrivés sur terre en provenance des Étoiles.  Ils savent qu’ils sont ici pour vivre une expérience d’oubli de qui ils sont, et ce dans le but de choisir de s’en souvenir par la suite.  Ils savent tout cela avec conviction et n’ont aucun doute sur le sujet.

Maintenant, imaginez ce que serait l’évolution dans un tel contexte.  Où serait l’apprentissage, s’il n’y avait qu’une seule voie possible?  Comment pourriez-vous vous détourner de la Source, si vous saviez avec conviction comment y revenir.  Croyez-vous vraiment qu’il y aurait possibilité d’évolution?  Où serait la notion de dépassement de soi et d’audace?  Et qu’en serait-il de la notion de choix?  Quels choix y aurait-il à effectuer, puisque tout serait si évident?

Sans le doute, la dualité telle que vous la connaissez n’existerait tout simplement pas.  Elle ne pourrait prendre forme.  Le doute est la matrice qui vous permet de vivre votre expérience actuelle sur terre.  Il accompagne la vie tridimensionnelle, que vous le vouliez ou non.

Le problème actuel sur terre n’est pas le doute, chers amis.  C’est plutôt le fait que la majorité des humains entrevoient cet élément comme s’il s’agissait d’une erreur de la nature, une faiblesse qu’ils portent en eux et avec laquelle ils doivent composer.

Ils se disent: «Lorsque je ne douterai plus, ma vie deviendra plus facile et mes choix se feront plus clairs».  Mais non, chers amis, ça ne se passe pas comme cela, votre vie ne serait pas plus facile, car il n’y aurait plus d’apprentissage.  Et puisque votre âme veut apprendre et expérimenter sur terre, elle serait bien dépourvue sans les doutes.

Le premier élément que nous tenons à rectifier ici concerne votre relation avec ces doutes.  Il faut bien comprendre qu’ils ne sont pas vos ennemis, mais plutôt vos alliés.  Vos principaux obstacles ne proviennent pas de vos doutes, mais plutôt de votre lien avec eux. Sont-ils les maîtres de votre vie ou est-ce plutôt vous qui l’êtes?

Ici, le piège réside dans le fait que vous vous exposez à attendre que les doutes se dissolvent pour vous mettre en mouvement.  En agissant ainsi, vous risquez d’attendre longtemps, car les doutes se présentent dans votre vie précisément pour vous permettre de vous dépasser et d’oser avancer.  Croyez-vous vraiment que votre âme, qui cherche à grandir et à évoluer sur terre, va éliminer les doutes de votre voie pour simplifier vos choix?  Ce serait fort mal la comprendre que d’imaginer cette issue.  Car nous le répétons, les doutes vous permettent d’évoluer sur terre.  Sans eux, l’apprentissage n’existe plus.

La plupart des humains sont conditionnés à croire qu’il leur faut attendre de ne plus douter avant de prendre une direction.  Ils se disent que tout se clarifiera sous peu, lorsque les doutes se seront dissipés.  Et après un temps, les doutes ne semblent pas s’être dissipés au contraire, ils sont encore plus présents.  Ils se disent alors: ((Mais ce n’était peut-être pas la bonne voie, puisque tout semble encore si confus)).  Mais pourtant, c’était peut-être une voie stimulante.  Ce sont les craintes et les doutes ici qui sont venus brouiller la piste, pas l’incertitude de la voie.  Ils ont entraîné une paralysie chez l’Être.

Maintenant, si vous observez la fonction des doutes dans votre vie, vous comprendrez qu’ils visent à vous pousser à vous dépasser vous-même.  Ils sont naturellement présents dans votre vie dès qu’une voie stimulante se présente à vous.  Dans ce contexte, les doutes vous invitent à vous surpasser en stimulant l’audace en vous.

Comprenez ici que les doutes s’amenuisent avec le temps, mais ils sont tout de même présents tout au long de votre parcours dans la troisième dimension.  Sachant cela, nous vous invitons à transformer votre relation avec eux pour qu’ils deviennent vos alliés, et non vos ennemis.

Concrètement, lorsque les doutes se présentent dans votre vie, nous ne vous invitons pas à les nier ni à les occulter, au contraire.  Nous vous invitons à la sincérité avec vous-même, dans tous les aspects de votre vie, incluant la cohabitation avec vos doutes.  Mais lorsque vous sentez une avenue se dessiner devant vous, sachez ressentir l’attraction que cette voie exerce en vous avant de vous abandonner à vos doutes.  Laissez-les de côté pour un temps au début, ils sauront bien vous rattraper par la suite.  Vous savez qu’ils seront toujours présents dans cette réalité de toute façon.  Apprenez à cohabiter avec eux en ressentant d’abord l’attraction que la voie exerce en vous.  C’est ainsi que vous saurez distinguer ce qui résonne pour vous, de ce qui ne résonne pas.  Par la suite si vous le souhaitez, reprenez vos doutes.  Ils ne seront pas très loin de toute manière.

L’élément clé, ici, est la reconnaissance de la première sensation de joie qui se manifeste en vous en contemplant une avenue.  Cette sensation est généralement inspirée par votre âme.  Par la suite, lorsque les doutes s’ajoutent à l’équation, vous pouvez sentir que la voie devient plus confuse.  Mais la première inspiration spontanée provient la plupart du temps de votre âme.  Après ce moment, c’est le mental humain qui se manifeste en vous, parce qu’il vibre à la fréquence du doute et de la peur. Il vient en quelque sorte ((s’ingérer dans le dossier)) en vous rappelant que vous êtes humain et vivez encore dans la troisième dimension.

Sachez qu’il n’y a pas de drame en cela.  Il n’y a que le constat que lorsque vous laissez les doutes gérer votre vie, cela vous limite et ne stimule pas la grandeur de votre Être.  Inversement, en devenant Maître de vos doutes, vous deviendrez en mesure de mieux les comprendre et de cesser de vous opposer à eux.

Nous le répétons, les doutes ne sont pas vos ennemis.  Ils sont même vos alliés dans l’incarnation.  Apprenez à cohabiter avec eux et votre vie va se simplifier de façon considérable.

Les humains qui vous inspirent tant ne sont pas ceux que vous croyez.  Ce sont des humains ordinaires, comme vous.  Ils ont simplement su cohabiter divinement avec leurs doutes.  Voilà ce qui les différencie de vous.  Ils ont douté et avancé, alors que la plupart des humains doutent et attendent.»

Pour la première partie du texte : © 2011-16, Bertrand Duhaime (Dourganandâ).  Tous droits réservés. Toute reproduction strictement interdite pour tous les pays du monde.  Publié sur : www.larchedegloire.com.  Merci de nous visiter sur : https://www.facebook.com/bertrand.duhaime.

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Une réponse

  1. Nathalie

    J’ai maintenant une autre vision du « doute », un allié, je n’y aurais jamais pensé !!!
    Merci Bertrand, c’est toujours un plaisir de vous lire.

    Répondre

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