LE DISCERNEMENT EST, DANS LE PLAN CONCRET, CE QUE LA SAGESSE EST DANS LES PLANS SUBTILS… 

Voisin du bon sens ou du sens commun, le discernement représente la faculté de reconnaître distinctement une réalité en faisant un effort des sens ou de l’esprit, ou de ces éléments conjugués.  Dans l’ordre matériel, le plan apparemment extérieur de la conscience, il aide à déterminer ce qui est vrai et juste pour soi, ce qui convient à ses intérêts.  Plus précisément, il désigne la sage évaluation de ce qui est vrai, de ce qui est appropriée et de ce qui sert le plus grand bien pour soi, pour l’Humanité, pour planète, pour l’Univers, pour le Cosmos.  Il devient la conscience intrindiscernementsèque de ce qui est à faire et à éviter conformément à son évolution spirituelle.  c’Est la faculté qui permet de faire le choix entre ce qui est bon pour soi et ce qui ne l’est pas et qui permet ainsi de reconnaître sa propre vérité intérieure.  Associé à la Terre et aux expériences planétaires, il représente le premier pas sur la voie de la Sagesse.  En Orient, on l’appelle surtout la «vision éclairée».  On le considère comme la sagesse mise en pratique dans le monde contingent.  Cependant, pour Ignace de Loyola, le fondateur des Jésuites, il
devient l’aptitude à reconnaître l’action de Dieu dans la vie de tous les jours.

Dans un univers où prévaut le libre arbitre, toutes les formes de vie trouvent une place légitime.  De ce fait, le bien et le mal ne se trouvent pas dans les choses et les réalités, mais dans l’usage qu’un être en fait et le résultat évolutif ou régressif qu’il en obtient.    Alors, il doit comprendre comment discerner les énergies pour éviter qu’elles le piègent.  Fruit de l’expérience, il permet par exemple d’appréhender l’iceberg autrement que l’ignorant, comprenant que le danger peut venir de ce qu’il ne voit pas.

Le discernement vise plusieurs buts.  Il permet d’écarter les craintes et les peurs du passé pour permettre de prendre de l’expansion.  Il instaure dans l’ordre de la certitude que sa parole du moment portera fruit.  Il aide un être à transformer son destin en écartant les limites qu’on s’imposait antérieurement, par un recours à sa logique, à son aspect rationnel et raisonnable.  Il développe la compétence.  Il amène à faire le bon choix de manière à écarter le résultat qui n’est pas souhaité.  Il permet d’aboutir à une sûreté qui confirme le ressenti.  Ainsi, il permet d’ouvrir les horizons.  Mais surtout, le discernement mène à faire des choix judicieux, à s’investir de façon libre (indépendante et autonome), à se maintenir, à sa manière et à son rythme, selon sa compréhension et ses moyens personnels,  sur la Voie de l’Évolution.

Le discernement naît de la discrimination.  Or, la discrimination mentale constitue l’action de distinguer les choses les unes des autres ou de distinguer deux objets de pensée concrets l’un de l’autre.  A proprement parler, le discernement et la discrimination ne font qu’un.  En conséquence, on peut définir le discernement comme l’utilisation judicieuse du mental pour analyser les choses et les séparer les unes des autres.  Elle vise, comme le dit l’Évangile, à faire le tri entre le bon grain et l’ivraie.  Le Maître, Janakanandâ, disait: «Le discernement est l’aptitude naturelle de faire le tri parmi les comportements possibles, dans toutes les circonstances, pour se maintenir dans l’harmonie.  C’est également la capacité de reconnaître le degré d’harmonie qui s’exprime dans les autres et de comprendre pourquoi il en est ainsi… Par le discernement, un être peut percevoir clairement l’échelle des valeurs et exercer une influence sur lui-même et sur la société, ajustée à cette vision éclairée.»

À vrai dire, le discernement implique une découverte plus qu’un jugement.  C’est la faculté de l’esprit qui découvre que tout se tient et qui invite à vivre en conséquence de cette conclusion.  On l’a appelé la clé de voûte du sens commun.  C’est la qualité maîtresse des gens qui ont l’esprit illuminé, mais les deux pieds sur terre.  Le discernement est la pierre angulaire de l’édifice spirituel.  Discerner, c’est s’éclairer de l’intuition pour prendre les choses pour ce qu’elles sont, les situer dans leur juste perspective, en cessant d’être dupe.  Pour discerner correctement, il faut savoir accepter la vérité et laisser passer le reste.  Il laisse la peur mourir de peur, l’angoisse crever d’angoisse, la mesquinerie s’étouffer d’elle-même; il chasse les sangsues et les parasites.  La maison du disciple est le Temple de Dieu: il n’y laisse aucune place pour les voleurs du Temple.

Le discernement est une faculté de l’esprit, la qualité maîtresse du disciple, celle qui lui révèle le réel.  Discerner implique qu’on sait ce qu’on veut et qu’on prend les moyens pour y arriver: on s’y investit de façon responsable.  Par inversion, il en vient à trouver le Réel dans l’abstrait et l’irréel dans les illusions du monde.

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