LE CHRIST, C’EST L’ÂME UNIVERSELLE, DONT CHACUN FAIT PARTIE, CE QUI EN FAIT UN FILS DE DIEU…

Le mot «Christ» est un terme qui dérive du mot grec χριστός, dont la racine «kriw» ou «kriô», signifie «oindre» ou «enduire», et qui dérive de «krusoz», signifiant «or» ou «ce qui brille» ou «ce qui est illuminé».    Il est probable qu’une étymologie très ancienne puisse plutôt lui donner le sens de «Lumière» ou de «Fils ardent du Soleil».  Certains y voient plutôt, mais à tort, la traduction du terme hébreu מָשִׁיחַ (mashia’h), dont dérive le nom français «Messie», qui, alors, signifierait «l’oint [du Seigneur]», c’est-à-dire une personne consacrée par une onction divine.  De toute manière, cette étymologie ne peut que lui rendre hommage puisque l’Être oint désigne celui qui a pleinement été investi et rempli de la Lumière divine, le
Conservateur qui dissipe les Ténèbres.  Cette Réalité cosmique, considérée comme la deuxième hypostase de la Trinité, aurait été engendrée, à l’Origine des Temps, par le Père divin (le Principe ou le Logos) et la Mère céleste (la Substance primordiale) et constituerait l’Âme universelle ou cosmique.  C’est le Seigneur de l’Amour et de la Vie dont la cellule devient le prototype de l’Homme universel ou du Fils de Dieu et dont une parcelle anime le corps de chaque homme individuel, lui conférant la conscience.  Car cette Étincelle de vie éternelle se divise et peut se reproduire à l’infiTrinitàni, retenant l’image de l’Esprit divin projeté et implanté en elle.  Il constitue le Foyer central, le Lieu de Pouvoir, la Place de la Suprématie, le Médiateur entre l’Essence (ou l’Esprit) et la Matière (ou la Nature), le Lien unique par lequel le Créateur (la Source de toute vie) s’unit à sa Création (Tout ce qui est).  Ainsi, il devient la Vie insufflée dans la Forme, l’Éternité qui s’unit au Temps, l’Infini qui s’unit au Fini, dans un jeu d’image et de ressemblance.

Le mot Christ ne désigne en rien Jésus de Nazareth, dit le Sauveur, bien que Jésus soit parvenu à l’état christique ou atmique, lors de la Transfiguration, comme tout être humain peut le faire, en œuvrant avec la Lumière divine qui l’habite, ce qui en fait un Christ dans le Christ, l’Âme universelle.  Du reste, tout être humain est un Christ qui n’attend qu’à se révéler à lui-même, une réalité toute accomplie de toute éternité, au-delà des apparences.

D’une part, le Christ mène une vie libre et sans contingence, mais, d’autre part, il fait l’expérience d’une existence apparemment fragmentée et séparée, par la focalisation de sa conscience sur une pensée.  En fait, il oscille constamment entre l’être abstrait et l’être concret, tout en restant l’Être unique, totalement unifié, participant pleinement à la Conscience globale du Créateur.  Voilà pourquoi il a été dit : «Qui veut aller au Père doit passer par le Fils… mais qui a vu le Père a vu le Fils… car le Père et le Fils ne font qu’un.»  En tant que vie totale qui participe de l’Esprit et de la Matière, comme substrat animique de la Totalité, le Christ s’individualise à divers niveaux en chaque être humain et en chaque être vivant.  Dans l’Émanation, il accède à l’expression individuelle et vivante de lui-même, focalisée à travers le temps et l’espace, l’énergie et la matière.  Alors, il devient capable d’expansion et de contraction en fonction de la centration de son attention, renseignant ainsi le Créateur sur la réalité de sa Nature et de ses besoins et maintenant sa Nature reliée à son Essence éternelle.  Il reste toujours assez vaste pour comprendre la Totalité de la Création, mais assez petit pour se mouvoir en elle, l’animant et l’explorant.

Voilà comment on peut parler du Christ unique tout en l’évoquant diversement, pour les besoins de la cause, comme Christ cosmique, Christ systémique, Christ galactique, Christ universel, Christ planétaire ou collectif et comme Christ individuel.  En fait, le Père Créateur imprègne toute la Manifestation, mais de façon différente, soit en restant extérieur ou transcendant à la Nature.  De son immensité, il sature le Cosmos, son Corps divin, mais il s’appuie sur la centration du Christ pour l’imprégner, s’allier à lui, comme passant à travers lui, pour lui accorder une attention particulière, s’émerveillant des multiples formes qu’il peut revêtir temporairement.  Pour ainsi dire, à travers le Christ, il observe les incroyables transformations de l’Évolution dans le temps et l’espace dans les divers champs de gravitation qu’il traverse de son énergie omniprésente : Cosmos, Système central, galaxies, systèmes solaires, système planétaires et êtres individuels.  En somme, le Christ constitue l’Émissaire vivant du Père, capable de concentrer son attention sur toutes les réalités, voguant à l’aventure à travers les mondes et les univers.

En cela, le Christ résume la réalisation de la Promesse de l’Alliance cosmique de l’Être suprême et de la Matière par l’attention du Père qui les engendre.  Il devient l’Esprit qui habite la Matière et la perçoit de l’extérieur et de l’intérieur, le voile léger des apparences recouvrant sa Nature véritable.  Par son intermédiaire ou son service, le Père, l’Impulsion primordiale, se projette dans la forme, explorant les êtres, d’une variété infinie, à l’aventure dans des mondes d’amour et de lumière.  Alors, forcément, à travers chaque être individuel, le Christ fait simultanément l’expérience d’une individualité particulière, d’un monde au temps linéaire dans un espace défini, tout en demeurant conscient de son Unité avec le Créateur.  Par là, il conserve son état ontologique tout en jouant un rôle spécifique dans la forme, qu’il transmute, raréfie, spiritualise.  Au cours de ses incursions dans les univers physiques, la Conscience christique ne se fond jamais tout à fait dans la Matière qu’elle explore et anime, n’y posant que les pieds pour mener ses expériences.  Ainsi, par une nouvelle idée ou une nouvelle aspiration, elle peut s’en détacher complètement et retourner à la Source unique et primordiale.  Hors de l’incarnation, la Conscience christique réintègre l’Un.

De ce fait, on pourrait définir le Christ, si cela était vraiment possible, comme l’Observateur et l’Animateur des processus créatifs du Cosmos.  Le Christ, c’est l’Entité psychique et spirituelle, l’Être cosmique ou le Cosmique qui anime le Cosmos, son Corps divin.  Le Christ, c’est la Conscience collective unifiée du Cosmos, la véritable identité de tous les êtres, le lien unissant l’Esprit et la Matière, le Créateur et sa Création, la Vie aux formes qu’elle anime, la Lumière totale en expression, le Maître du karma, le Grand Agent magique de toutes les réalisations.  Le Christ cosmique s’incarne sporadiquement dans les mondes évoluants pour y inculquer une nouvelle impulsion évolutive sans laquelle les êtres se densifieraient dans le coagula saturnien.  Par ce phénomène de cristallisation constante, régie par l’attraction, une âme incarnée deviendrait ultimement incapable, sans aide, de reprendre la route de l’ascension vers son Royaume d’origine.  En outre, par cette expérience, il acquiert une connaissance expérimentale de la vie dans la forme, pouvant mieux comprendre les besoins des êtres vivants incarnés et de compatir à leurs douleurs et à leurs souffrances.  En descendant sur une planète dense, régie par la dualité, forcé de s’astreindre à ce qu’on appelle allégoriquement les travaux de la Terre,  il peut s’initier à la trajectoire évolutive que le Père a assignée, comme destin, aux êtres vivants.  Alors, lorsqu’il retourne au Plan de conscience qu’il régit et reprend sa place sur le Trône universel, il sait exactement quelle rétribution appliquer aux êtres vivants, dans l’équilibre de la miséricorde et de la rigueur, parce qu’il a partagé le labeur quotidien et les limitations apparentes de l’incarnation.  C’est ainsi instruit qu’il leur prépare une place au Ciel.  À chacun de ses séjours en incarnation, de plus en plus conscient de la racine des maux qui pèsent sur les humanités captives, il peut mieux contribuer à leur libération en leur rappelant la Voie à suivre dans un enseignement adapté.  Il faut comprendre que le Père Créateur préside aux destinées du Cosmos et des Univers au-delà des contingences.

Ceint dans sa Perfection, imbu de son Unité, éternellement impassible, le Créateur suprême reste inconscient des douleurs et des souffrances des êtres vivants.  Il est séparé des mondes formels par un Espace infini appelé l’Éther.  En raison de la Puissance de sa Lumière infinie, il ne pourrait pénétrer directement un monde formel sans le pulvériser instantanément.  Aussi doit-il charger un autre aspect de lui-même d’aller vérifier la validité de ses concepts au niveau de l’expérience concrète, tangible et palpable.  Et c’est le Christ qui s’en charge, s’incarnant à point nommé, généralement au terme d’un cycle évolutif, pour initier le suivant.  Accessoirement, le Christ, c’est le nom qu’on donne à l’Homme éveillé ou au Fils de Dieu qui a abandonné le poids de la matière, le nom de l’Être un et unifié qui est la Totalité de la Conscience collective des êtres humains, mais aussi des êtres de tous les règnes vivants.  Il figure l’Énergie de la Manifestation et le Code de l’Amour universel tels qu’ils sont encodés dans l’ADN.

En Alchimie, le Christ désigne la pierre philosophale, résultat de l’œuvre au pourpre, qui révèle pleinement son pouvoir de transmutation, où l’Enfant devient Roi, doté d’un Pouvoir absolu.  Le véritable nom de cet Être unique, le Seigneur qui développe l’Énergie primordiale afin de créer des terrains fertiles pour les autres formes de vie, devrait être Manarah.  Pour ce qui concerne Jésus, le Maître de l’Ère des Poissons, il n’était pas plus Fils de Dieu qu’un autre être humain, bien qu’il ait détenu les prérogatives et les privilèges de sa mission particulière ou de son rôle fonctionnel spécial.  Autrement dit, Jésus n’était pas le Christ cosmique, bien qu’il fût habité par son Christ personnel.  À la suite de Krishna, qui avait révélé au Monde terrestre le christ mental, il venait révéler l’existence du Christ personnel, comme le prochain Avatar, Maitreya, révélera l’existence du Christ collectif.

La Gnose le présente comme Christos, l’Éon mâle de la sixième syzygie qui, avec sa compagne Pneuma-Agion, instruisit les autres éons du Grand Mystère de l’Être suprême.  Ils étaient issus du couple d’Éons Noùs et Alethéïa.  C’est cet Éon qui s’incarnera ensuite dans la Vierge Marie pour instruire l’Humanité, mais il sera crucifié et il ressuscitera pour retourner ensuite au Plérôme.  Par ce fait, il aura laissé la parole de vie rédemptrice I.N.R.I. qui procurera aux chercheurs l’Initiation suprême.  Ce qui laisse entendre que Jésus était le Grand Maître de l’Ère des Poissons qui venait révéler l’existence du Christ, l’Âme universelle, et de la Communion des Saints à la multitude.

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Le Christ personnel représente l’Initiateur de toute âme vivante.  Après diverses épreuves initiatiques réussies sur la Voie de l’accomplissement christique, tout être humain, fils de l’homme, confronte et terrasse le Gardien du Seuil de l’Échelle évolutive et il acquiert alors le droit d’Être appelé être christique, être réalisé ou Fils de Dieu.  En fait, il retrouve la nature innée de Concept immaculé.  Comme Jésus, le Grand Modèle ou le Grand Frère, le fit au moment de sa transfiguration sur le mont Thabor.  Car c’est à ce moment qu’il fusionna avec son Christ personnel.  Présentement, on annonce souvent le Retour du Christ, tel que promis par Jésus avant son Ascension dans le Ciel.  Il faut savoir que le Christ reviendra toujours, au terme d’un cycle évolutif réussi, pour en initier un autre, qui révélera un aspect plus achevé de la Réalité divine.  Mais le prochain Émissaire christique reviendra sur les nues, c’est-à-dire qu’il reviendra en esprit, se révélant à la collectivité vivante par le cœur de chacun.  Alors, si on vous dit que le Christ est ici ou qu’il est là, n’allez pas vous déplacer pour le rencontrer, car vous ne pourriez qu’être la victime d’une imposture.  Chacun doit faire revivre ou éveiller cet aspect de la Conscience christique en lui-même, s’il veut le connaître et l’expérimenter.  Car le prochain Christ ne peut revenir que pour l’ensemble de la Terre et de l’Humanité, donc de tous les règnes vivants, au niveau subtil, pour ramener avec lui les Élus, c’est-à-dire tous ceux qui seront prêts, dans la Cinquième Dimension, par le Grand Enlèvement, soit par le phénomène de l’Ascension collective.

Le Christ cosmique exprime la Perfection ultime, l’Être couronné, le Verbe divin qui émane un aspect de lui et le fait descendre dans un monde matériel pour rétablir le Royaume du Père à la fin de chaque cycle évolutif.  Alors, il descend pour livrer le combat final et juger les créatures, portant le Glaive et le Bouclier de miroirs.  Par son Glaive impitoyable, mais juste, il décapite et tue les méchants, car il met fin à la tolérance.  Il revient restaurer la Svastika solaire, la Roue du Feu sacré, aux couleurs des étoiles d’or, concrétisant le Soleil central du Cosmos et la fusion des milliards de Soleils centraux.  Il écrit le Livre des Temps nouveaux éliminant ceux qui tentent de se mettre en travers de sa route, les dévorant de son Feu activé pour éviter que leur poids de méchanceté n’alourdisse plus le destin du Monde où il se présente.  Il met fin aux vielles alliances par le pain et le vin puisqu’il a fini de porter le fardeau des fautes, célébrant la Nouvelle Alliance par la communion dans l’OM ou le AUM du cœur.  Il vient pour témoigner de l’Unité de la  Vérité, refusant tout compromis, toute douceur, toute compassion et toute innocuité.  Il exprime la Colère du Tout-puissant sur son Chef sacré.  Expression royale du Feu divin, Grand Agent de transmutation des péchés en Lumière de vie, le Christ finit toujours par mettre fin aux karmas (dettes résultant de la Causalité éthique), accordant le Grand Pardon de la Source originelle, offrant au moins une occasion de rachat en tant que Serviteur d’un Nouvel Âge d’or.  Dans cette perspective, le Christ représente la cristallisation cosmique de milliards et de milliards de Lumières planétaires que Dieu a envoyée vers ceux qui l’ont invoqué pendant la période de la nuit dans les Ténèbres.  Ainsi, il se présente généralement à la fin d’un Âge de fer, en différentes phases indispensables pour que son rôle soit bien compris et retenu.  Il met fin à la séparativité, aux querelles de clocher et à tous les crimes commis contre Dieu, rétablissant fermement l’unité du Diamant cosmique.

Le Christ psychosomatique désigne une notion inventée par le médecin psychiatre suisse, Balthazar Straechelin, pour faire ressortir la dimension spirituelle de la relation âme-corps.  C’est l’Essence de l’être qui établit sa patrie dans le psychisme et le corps, illustrant la plénitude d’une existence personnelle, sa ressemblance parfaite avec Dieu, sa nature christique potentielle en eux.  Il soignerait les énergies végétatives permettant de rayonner efficacement et d’exercer une influence constructive sur la réalité.

Le Christ universel représente le Médiateur entre les plans de l’Esprit et ceux de la Matière, veillant sur l’évolution de l’Âme universelle et des âmes particulières.  Il supporte le point d’union de la Conscience divine dans la lemniscate de l’infini.  Par lui passent et en lui circulent les énergies du Père vers ses créatures afin que les efforts de leur âme produisent la cristallisation de la Flamme divine dans le sein cosmique de la Mère terrestre.  Il figure le Verbe incarné, la Porte ouverte du Ciel et de la Terre, que personne ne peut fermer, à qui toute autorité a été dévolue au Ciel et sur la Terre, vivant pour les siècles des siècles.  Il détient la Clé du Royaume des Cieux, la Clé de la mort et de l’Hadès, la donnant au nom du Père à qui le Père le veut et la destine.

© 1990-2016, Bertrand Duhaime (Dourganandâ).  Tous droits réservés. Toute reproduction strictement interdite pour tous les pays du monde.  Publié sur : www.larchedegloire.com.  Merci de nous visiter sur : https://www.facebook.com/bertrand.duhaime.

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