LE CHÂTIMENT: DIEU LUI-MÊME NE CHÂTIE PAS! 

Le châtiment désigne le traitement violent qu’une autorité supérieure légitime inflige à un coupable en guise de sanction dissuasive en réponse à un acte, une attitude ou un comportement considérés comme répréhensibles, déplacés, immoraux ou peccamineux.  Il implique le désir d’enseigner par la contrainte, soit par la volonté de punir.  Dans les premiers temps historiques de l’humanité, on bannissait ou on supprimait le coupable, surtout s’il y avait récidive.  Dans les sociétés autochtones, où on n’a jamais puni que très peu, on se contente d’exclure le fautif, après lui avoir expliqué les doléances du groupe, jusqu’à ce qu’il amende sa conduite.      Dans l’Antiquité, la loi du talion prévalait (du latin «talis» qui veut dire «tel»), à savoir qu’on rendait la pareille, qu’on infligeait une peine du même ordre que le manquement, qu’on appliquait au coupable le même traitement qu’il avait infligé à sa victime.  Ainsi, l’incendiaire voyait ses biens incendiés ou il était lui-même brûlé;  le blasphémateur se faisait couper la langue;  le voleur se voyait amputé de ses mains.  Au Moyen Âge, on poussa la barbarie jusqu’à la torture autant pour châtier que pour obtenir des aveux, dans l’espoir qu’il s’agisse de la vérité.    Dans nos sociétés, c’est à partir de 1764, avec Cesare Brecaria, par la fondation du droit pénal moderne, que la loi en vint à établir la proportionnalité de la peine au crime, par voie d’emprisonnement, éliminant progressivement la torture et la peine, jugés barbares, et suggérant l’imposition d’une amende pour les délits mineurs et les contraventions.

Dans l’expérience contemporaine, le châtiment, un mot un peu vieillot, renvoie facilement au traitement plus ou moins sévère que Dieu peut infliger à une créature coupable, pouvant lui imposer, de son vivant, des catastrophes, des atteintes physique ou même la mort, et, à sa mort, pouvant le destiner au ciel, au purgatoire ou à l’enfer.  Au cours des âges, en raison d’une habitude inconsciente de réduire Dieu à un être humain juste, mais susceptible d’éprouver des émotions, on lui prêta diverses manières d’exprimer son courroux.  Jusqu’à ce qu’on comprenne que cette notion ne pouvait pas être supportée par le fait que Dieu, dans la Perfection de son Essence, n’a même pas conscience des fautes de l’humanité, sans quoi il se dévaloriserait et se détrônerait du coup, dans son aptitude à s’associer au mal.

On devrait considérer la méthode hawaïenne du «Hooponopono»

L’idée de voir Dieu imposer une punition juste, mais même légère pour sanctionner une faute, à la manière d’un être humain émotif offensé, répugne à l’esprit de l’être humain contemporain.  Cette idée éveille naturellement du ressentiment, amplifie le sentiment de culpabilité et il risquerait d’augmenter les défections.  Sauf que Dieu  n’a aucune notion de ce qu’est la Justice puisqu’il ne peut concevoir ni le bien ni le mal.  Dieu est, tout court.  En outre, l’Absolu, qui est d’abord Essence impassible et Énergie d’Amour pur, ne juge pas, il laisse la Loi de la rétribution, appelée par d’autres la Justice immanente, opérer son œuvre d’ajustement ou de compensation, dans l’intention de rétablir l’harmonie, en amenant un coupable, si coupable il y a, à comprendre les principes de la vie, non dans une intention de punir.  La loi de Dieu ne vise jamais à punir, mais à faire comprendre un principe de la dynamique de la vie.  La «Bible» a beau dire le contraire, il est probable que les entités qui se prononçaient au nom de Dieu n’étaient que des faux-dieux, par exemple des Archontes ou leurs suppôts.  Il est clair que le Dieu de la Bible n’est pas toujours cohérent avec son Essence sublime.

Ainsi, en réalité, la punition, chacun se l’impose lui-même par sa culpabilité, d’où il ressent le devoir de se racheter ou de payer une dette.  Dieu sait que la punition ne donne aucun autre résultat que d’engendrer la peur, attisant la colère et ouvrant la porte à d‘autres délits ou conflits, ce qui amène à s’isoler, à se rebeller ou à se replier sur soi, mettant son âme en danger avec la vie des autres.  Alors, elle doit être remplacée par une saine discipline qui prévoit des conséquences adaptées, donc logiques et réalistes.  Elle apprend à un être en croissance à identifier ses comportements erronés, à en assumer la responsabilité, à résoudre ses problèmes tout en respectant sa dignité.  Par elle, il apprend à maîtriser sa vie, à prendre des décisions éclairées et à résoudre ses propres problèmes.

De la même manière, s’il doit porter un jugement, celui qui est chargé d’administrer la justice doit-il éviter de juger et d’exprimer du ressentiment dans l’application d’une sanction envers un être fautif.  Il doit lui rappeler qu’il a commis un acte contraire au bien-être de la société et à la cause de l’Évolution de la Lumière, non comme s’il cherchait à le combattre, mais en visant à dissoudre la part d’obscurité dont il est momentanément rempli, souvent inconsciemment, par impuissance, par manque d’amour ou par totale ignorance.  Nul n’est autorisé à lutter contre un être, il ne peut que combattre des pulsions qui amènent à agir en automate.  Tout ce qui n’est pas transmuté par l’Amour conserve sa part d’ombre qui, si elle est contrainte, ressurgira tôt ou tard sous d’autres formes plus insidieuses et dévastatrices, comme on le constate dans les centres d’incarcération.  Les clefs réparatrices de la Vie résident uniquement dans l’offrande d’amour pur et inconditionnel et dans le maniement adroit de la Parole de Vérité.

Dans ce contexte, le châtiment éternel ne peut exprimer qu’une compensation qui dure jusqu’à la fin de l’époque de l’injustice.  L’époque de l’injustice réfère à la durée de l’incompréhension des lois qui amène à les transgresser à répétition.  La causalité perdure tant qu’un être récidive.  Mais, comme elle ne vise pas à punir, mais à rendre plus conscient, lorsque la genèse d’une erreur est comprise, toute réaction cesse immédiatement.

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