LE BONHEUR EST DÉJÀ LÀ POUR QUI SAIT LE RESSENTIR…

Tous les gens parlent du bonheur, mais la majorité le considère comme une utopie, ici-bas.  Pourtant, il ne faut pas chercher à trouver le bonheur dans un but à atteindre, mais dans sa réalisation même, de la même manière que, dans un voyage, le plus important, ce n’est pas le but, mais le trajet pour s’y rendre.

Le bonheur est un état d’être qui loge en soi.  Il résulte d’un taux vibratoire élevé et il exprime la quintessence de l’Amour divin.  Il se définit par rapport à ce qu’un être est, à ce qu’il apprend et à ce qu’il parvient à accomplir quand il entretient le modèle idéal d’une réalisation dans la perfection, de sérénité, de plénitude et de félicité.  Il implique que l’individu, l’être particulier, vibre à l’unisson des autres créatures et résonne avec le Dessein suprême ou le Plan divin.  Pour y parvenir, il lui faut vivre dans le monde matériel en fusionnant aspects naturels et spirituels de la vie en se liant aux énergies puissantes de la Source divine.  Il dépend largement de la compréhension personnelle du sens de l’existence, de la Vie même.   Le bonheur résulte de l’accomplissement de tous les besoins physiques, de tous les vœux psychiques et de toutes les aspirations spirituelles.  Mais voilà, les désirs et les besoins varient d’un sujet à l’autre.  Chacun bonheur-1doit donc commencer par les établir, les visualiser correctement (de façon claire, nette, précise et vivante) et les nourrir d’énergie, en déterminant leur ordre de priorité.  Le bonheur découle toujours de la satisfaction d’une inclination rationnelle.  Mieux encore, le bonheur naît chez celui qui cultive le sentiment d’aller dans le sens de la Vie et d’aller où elle veut le conduire.  Ce n’est qu’en entrant pleinement dans la ronde de la Vie que l’enthousiasme pourra le soulever.  S’il en reste le spectateur, elle tourne à côté de lui, incapable de rien lui offrir.

L’être humain ne peut être heureux que s’il remplit son rôle fonctionnel.  Il a été envoyé, comme un missionnaire, dans les royaumes de la dualité et de la densité, à la fois pour valider les concepts de son Créateur et pour sauver une espèce en péril, perdue dans les ténèbres.  En d’autres termes, il s’est incarné pour se connaître, soit pour éveiller ses facultés ou ses potentialités latentes,  pour comprendre le sens et la marge de sa liberté et pour se préparer à son rôle de co-créateur amoureux.  Par sa désobéissance à l’injonction de Dieu, de poursuivre sa descente dans la matérialité au rythme qui lui serait assigné, la précipitant dans sa hâte de connaître, il a obnubilé sa conscience au point de sombrer dans l’ignorance.  Voilà pourquoi il ressent ce lancinant mal de vivre, même quand il croit tout avoir acquis et réalisé.

Le premier devoir de l’être humain, c’est de retrouver sa pleine conscience, à la sueur de son front, c’est-à-dire en comblant ses besoins par sa propre créativité mentale, plutôt qu’à la sueur de ses bras, la créativité physique.  La créativité mentale n’infirme pas la valeur de la créativité physique, mais cette dernière doit être mise au service de la première, et la première au service de la finalité de l’être humain.  De ce fait, à prime abord, pour lui, le bonheur ne va donc pas sans problèmes.  L’être humain qui a réglé ses difficultés, ne connaît plus la tension, mais, s’il ne se découvre plus d’aspirations, il vit en vain parce qu’il vit sans but.  Par ce constat, il n’exprime généralement que son rassasiement béat et son vide intérieur.  Un tel être, si riche et si bien installé dans le confort et le bien-être qu’il soit, serait plus digne de pitié que d’envie, si l’un et l’autre étaient permis.  Celui qui consacre toutes ses énergies à assurer son bonheur terrestre, sans autre quête plus élevée, ne représente qu’un animal mentalisé à deux pattes, qu’un être à peine plus évolué que l’animal, car il réprime les aspirations de son âme et le vouloir de son Esprit.  Les Textes sacrés disent que celui qui ne cherche pas à réaliser son Identité divine vole l’air qu’il respire et qu’il accomplit en vain tout ce qu’il n’imprègne pas d’amour.  Le bonheur ne peut se définir autrement que comme l’état d’harmonie qui émane de l’équilibre de la dualité en lui.

En fait, le bonheur ne devrait pas être difficile à atteindre puisque la Vie le distille comme le Soleil dispense sa lumière.  Seul un être qui sort délibérément de l’harmonie peut s’en séparer.  Car la Vie s’offre comme un Grand Jeu amoureux.  Essentiellement, le bonheur exprime un état d’équilibre entre les aspects physiques, psychiques et spirituels de la nature humaine.  Il représente un état de profonde harmonie entre l’intérieur et l’extérieur.  Le Maître Janakanandâ confirme: «Nous cherchons le bonheur, mais le bonheur est un état de perfection qui vient d’une unité harmonieuse, d’une direction ordonnée de nos moyens.»  De ce fait, sans la connaissance vraie, qui n’a rien à voir avec la science, le bonheur devient impossible, car il augmente précisément au gré de l’ouverture de la conscience.  S’il était possible de parvenir au bonheur par une autre voie que le savoir ou la sagesse, le bonheur parfait deviendrait accessible sans questionnement et sans solutions.  Nul ne pourrait évoluer spirituellement sans décrypter les énigmes, sans répondre aux questions, sans solutionner les problèmes, sans apprendre les leçons que la vie lui présente, conformément à ses antériorités, aux choix qu’il fait consciemment ou inconsciemment et aux  modalités de son rôle fonctionnel inné.

Nul ne gagne à confondre le plaisir et la joie, la satisfaction temporaire, l’accomplissement de ses rêves, l’enthousiasme passager avec le bonheur.  Le bonheur surgit progressivement de l’élimination de ses conditionnements négatifs, de ses programmations stériles, de ses faux paradigmes et de l’affirmation de ses besoins légitimes et de ses aspirations supérieures.  Malheureusement, l’être humain vit sans comprendre le sens de la Vie ni le rôle qu’il est appelé à y jouer, et il croît qu’il pourra ainsi parvenir à entrer dans la paix, l’harmonie et la plénitude.  Celui qui en connaît si peu de la nature humaine qu’il cherche son bonheur en tentant de tout obtenir et de tout changer, à part lui-même, gaspille sa vie en efforts inutiles.

Tous désirent expérimenter le bonheur, le grand bonheur, mais peu en connaissent les ingrédients et en affirment la réalité.  Le bonheur exprime un état d’être, non un état de jouir, de faire, de paraître ou d’avoir.  Il ne peut résulter de l’accumulation des biens, de la recherche des satisfactions passagères, qu’on appelle la jouissance, de la quête de la célébrité ou de la notoriété, de l’acquisition du pouvoir.  Le vrai bonheur passe par la voie de la libération : par l’élimination des désirs inutiles, par la connaissance de soi, par l’expression de l’amour pur, par la dévotion au service du Plan de Dieu.  Je sais que cette dernière expression répugne au profane, mais je n’en connais pas d’autre pour définir l’alliance ou le contrat mutuel qui unit l’être humain à son Créateur.  Par élimination des désirs, il faut entendre la dissolution des pulsions multiples et contradictoires et des attachements stériles qui freinent la montée vers la cime de la Montagne sacrée ou de la Pyramide universelle, placée dans le Cœur du Lotus cosmique.  Car nul ne gagnerait à réprimer en lui les désirs naturels de nature à combler ses besoins primaires, qui servent de fondement à son accomplissement supérieur.  Tout être garde le droit intégral de combler les besoins qui sont orientés vers la plus haute réalisation de son être et qui favorisent la Fusion en Dieu.

La recherche du bonheur, si elle ne comprend pas un accord de l’intention pure et de la pensée droite avec la connaissance juste, mène à la souffrance, parce qu’elle aboutit à la dispersion mentale.  En effet, le bonheur augmente au gré de l’expansion de l’âme qui se fonde sur une meilleure participation à l’activité du Tout.  Le bonheur résulte de la réalisation spirituelle et il culmine dans l’état de Maîtrise totale.  Plus l’idéal d’un sujet est grand, plus ses aspirations sont nobles et élevées, plus il augmente ses possibilités de bonheur.  Mais la réalisation de ce bonheur devient d’autant plus exigeante.  Pour la majorité des êtres humains, les joies qui leur échoient restent bien en deçà de leurs désirs, de leurs rêves, de leurs vœux, de leurs aspirations intimes.  Leur équipement psychologique leur paraît trop déficient pour produire tout le bonheur qu’ils attendent.  Alors, ils cherchent ailleurs que dans l’accomplissement spirituel les ingrédients de leur bonheur.  Ils quémandent l’affection, ils recherchent les sentiments agréables et les émotions fortes, ils s’attachent à des objets matériels, ils espèrent des événements favorables, ils produisent des efforts physiques, ils se lancent dans des réalisations extérieures, au lieu de chercher à développer en eux des mécanismes mentaux et psychiques plus aptes à produire le bonheur.

Qu’on y pense un peu: il est bien rare que la réalisation d’un désir, d’un besoin, d’un vœu, d’une requête, d’une attente rende un être vraiment heureux.  Il fait vite le tour de ce qu’il obtient, retrouvant une impression de vide, la nostalgie d’un Paradis perdu.  Après une chose, il en veut toujours une autre.  L’être humain se lasse rapidement du bien ou du bienfait qu’il a reçus, il ne tarde pas à en demander la répétition, puis de plus grands et de plus vibrants.  Voilà pourquoi il ne trouvera jamais de bonheur stable hors d’une quête intérieure capable de lui assurer une progression spirituelle, d’ouvrir sans cesse davantage sa conscience à sa propre réalité sublime.  Le plus grand bonheur terrestre ne comble jamais longtemps une âme incarnée.  La Terre, telle qu’on la connaît, ne constituera jamais le lieu définitif du bonheur, quand le Cosmos, le Corps de Dieu, est si vaste.  Mais, comme le bonheur vibre en soi, tout au fond de soi, c’est par là qu’il faut commencer à le chercher, non dans l’accomplissement extérieur.  Au plan contingent, pour un temps, le nécessaire passe avant l’essentiel, puisqu’il faut bien commencer par survivre, avant d’apprendre à vivre.  Mais quand on possède assez, ce qui est révélé par le fait que ses besoins primaires sont comblés, c’est dans une autre direction qu’il faut orienter sa quête, si on cherche le vrai bonheur, le bonheur éternel.

Tous les gens peuvent s’entendre sur une définition du bonheur, mais aucun d’entre eux n’en reconnaît les mêmes ingrédients.  Tous les êtres humains, éperdus d’infini, cherchent à vivre plus heureux et aspirent au grand amour.  Mais comment peuvent-ils s’attendre à connaître ces états sublimes s’ils vivent comme des endormis ou des morts-vivants rassasiés, en zombis qui se contentent de plaisirs bruts, qui se satisfont de réductions et de demi-mesures, de joies partielles et fugaces, de bonheurs à la pièce.

Observons bien : l’un veut échapper à ses peurs, un autre désire trouver la sérénité, l’autre encore souhaite se soustraire à ses échecs affectifs, tandis que le voisin appelle l’être parfaitement compatible et complémentaire (plutôt conçu comme le Prince Charmant ou la Belle Dulcinée).  Et le suivant aspire à un portefeuille bien garni, tandis que, le suivant du suivant, appelle la réussite dans une entreprise.  D’autres, qui se disent plus religieux ou spirituels émettront le vœu d’atteindre la Lumière, de connaître la sainteté, de mener une vie pieuse ou morale avec l’assurance d’entrer au ciel à leur mort.  C’est oublier que le ciel, comme l’enfer et le purgatoire, ne sont pas des lieux, mais des états d’être, immédiatement accessibles, dès ici-bas.  Ce qui est pire encore, c’est qu’ils ne savent pas vraiment ce qu’ils veulent, pourquoi ils veulent ce qu’ils veulent ni pourquoi ils vivent.  Du reste, la majorité des êtres humains incarnés croient que leur destin leur échappe et que le bonheur parfait leur est inaccessible autrement que dans l’élévation dans un ciel hypothétique, ce que d’autre appellent le retour au Paradis ou l’entrée dans le Nirvana.  Alors, ils existent, subsistent, survivent au lieu d’être pleinement et de vivre complètement, soit de vibrer puissamment.

Ici, rappelons que vibrer, ce n’est pas s’émoustiller ou s’exciter, faire monter la tension, vivre sur l’adrénaline, augmenter les émotions par le degré du risque en se lançant dans les extrêmes périlleux ou en relevant des défis téméraires.

Il existe parmi vous des sceptiques qui doutent de nos affirmations ?  Alors, écoutez ce qui se dit autour de vous et observez les gens agir.  Vous entendrez des phrases réductrices et décourageantes comme : «Le bonheur parfait n’existe pas dans ce monde!»  «C’est ce que je désire de tout mon cœur, mais je sais que c’est impossible, que je n’y arriverai jamais, que c’est trop beau pour moi.»  «Quand on est valet, on n’est pas roi.»  «Quand on est né pour un petit pain, on n’est pas né pour un gros pain.»  «Il faut manger la galette avant son pain.»  «On sait bien, je suis mal luné, je suis né sous une mauvaise étoile.»  «Quand je suis né, le bonheur m’est passé à côté.»  «Après la joie, la peine.»  Quand on rit trop, après on pleure.  Le bonheur, pas fait pour moi.  Le bonheur n’arrive qu’aux autres.  «Ce sont toujours les mêmes qui ont tout.»  «Bon, après cette joie, où est le pot?»  «Après cette veine, il doit bien y avoir une tuile!»  «Un malheur ne vient jamais seul…»  Voilà autant de propos qui démontrent que tous les gens veulent aller au ciel, mais que personne ne veut rompre avec ses mauvaises habitudes et mourir à ses conditionnements négatifs.  Tout le monde veut le bonheur, mais fort peu font ce qu’il faut pour lui  accéder.

Le problème des autres, c’est que par ignorance de l’impact de l’Ordre cosmique, par une mauvaise compréhension de la Providence divine et de l’incidence de la Justice immanente (de la Causalité éthique), ils s’en remettent au hasard, au sort, au destin, à la chance, à la fortune, quand ils ne se croient pas prédestinés au malheur.  Où ils attendent des prodiges et des miracles plutôt que des synchronicités.  Ils croient au favoritisme et à l’arbitraire de Dieu, oubliant qu’il a créé tous les êtres humains égaux en potentiel, mais différents dans leur rôle, ce qui explique les différences apparentes au niveau de la conscience, à un moment précis d’une époque.  Pour le reste des autres, par ignorance de leur responsabilité et par projection de leurs torts, leurs problèmes s’expliquent toujours par l’incurie ou la malveillance d’autrui ou par la fatalité.  Rappelons ici que le pessimisme, comme l’optimisme, représentent des extrêmes et qu’ils offrent des pièges.  La vérité réside dans le réalisme, qui réside dans le juste milieu et qui, ainsi, entretient l’équilibre et l’harmonie et qui, par la méthode et la discipline, garde dans l’ordre.  Il s’agit d’une expérience analogue à celui qui, méconnaissant l’impassibilité, pense pouvoir vibrer aux éloges sans vibrer aux insultes.  Conformément à la Loi, qui vibre à un extrême vibre forcément à l’autre, même s’il parvient à bien le cacher, parce qu’il n’a pas atteint la neutralité parfaite –qui n’est pas l’insensibilité ni l’indifférence.  La neutralité permet de garder son regard fixé sur son objectif, donc dirigé directement sur lui, sans se laisser distraire ou divertir par ce qui se passe à droite, à gauche, au dessus, en dessous ou derrière soi.

Tout être cherche le bonheur.   Mais, pour ce qui concerne la démarche de l’être humain, il doit accorder la priorité au raisonnement et à la réflexion sur sa nature.  Ce procédé doit commencer par l’analyse de ses désirs utiles et de ses besoins réels, ceux qui, au-delà des phénomènes éphémères, cachent une vérité immuable ou donnent une direction sûre.  Il convient d’accepter les petits plaisirs de la vie, mais sans jamais perdre de vue les aspirations de son âme et le Plan de son Esprit, ce qui désigne sa mission cosmique, son rôle fonctionnel ou son devoir d’état, qui visent à l’accomplissement d’un aspect unique de l’Évolution, de la Grande Réalité en transformation constante.  Pour y arriver, l’être incarné doit savoir se nourrir de ses sentiments subtils, qu’on appelle les ressentis, et des pensées supérieures qui l’atteignent, puis poser des actes qui l’élèvent dans les Royaumes célestes.  Il doit conformer son monde de vie à la connaissance approfondie de la nature humaine, se ramenant sans cesse au but qu’il veut atteindre.

On évitera de se leurrer en croyant que le fait de vivre de manière spirituelle exclut largement le choix de bénéficier des réalités humaines et matérielles.  Chacun doit y assumer ses obligations, profiter de ses plaisirs, accepter ses charmes.  Ce qui fait la différence, c’est que la vie doit rester fondée sur une quête d’équilibre entre les mondes matériel et spirituel.  La recherche du juste milieu en tout est la marque d’un haut degré de compréhension.  Mais ce choix doit se fonder sur la conviction que la vie, à prépondérance spbonheurirituelle, donne plus de lumière, épanouit davantage, rend plus apte à résoudre les multiples dilemmes quotidiens inhérents à l’existence sur les plans inférieurs de la Conscience cosmique.  Trop de gens cherchent d’abord les activités qui offrent de grandes rétributions immédiates, ce qui entretient fondamentalement une confusion sur ce qui est la source de la joie et sur ce qui fait le vrai bonheur.  Quand on cherche trop son bonheur dans les activités extérieures, on oublie que le bonheur commence toujours par l’intérieur, parce qu’il est une question de perspective, pas d’accumulations d’expériences ou de biens.  En pareil cas, on en vient à commettre l’erreur de confondre le bonheur avec les circonstances ou les contingences qui l’expriment.  Or, le bonheur n’est pas une chose, il est un état d’être.

Le bonheur repose sur une attitude de l’esprit et il jaillit à l’intérieur de soi lorsqu’on vibre à son État plénier et total.  Ainsi, on peut résumer les ingrédients du bonheur, qui consiste à vibrer à l’unisson de son Être total, dans les points suivants : la connaissance de soi ;  la libération des désirs illusoires et des faux besoins ; l’accomplissement de son contrat de vie qui comporte l’idéal de s’accomplir en Dieu avec dévotion ;  l’élimination des plaisirs, des divertissements et des activités qui masquent les aspirations de son âme ;  le respect de sa nature originelle ;  la formation à son but en exprimant le Juste milieu en tout.  On pourrait compléter en affirmant avec foi : «J’affirme, en rendant grâce, que Je Suis toujours au bon endroit, pour la bonne expérience et la bonne occasion, au bon moment, et je détiens constamment tous les moyens parfaits et tous les surplus divins, pour agir au meilleur de ma connaissance, avec les instruments que je possède et les facultés dont Je Suis conscient!»

En fait, on trouve le bonheur quand on a renoncé à tout le reste, ce qui implique un grand renoncement ou un grand lâcher prise.  On dit qu’un fou est heureux lorsque ses besoins sont satisfaits, mais que l’Initié trouve le moyen d’être heureux sans raison.  Toutes les quêtes sont dignes de respect, mais plusieurs d’entre elles sont superflues.  Pour trouver le bonheur, il faut perdre toutes ses autres règles, motivations, objectifs, critères moraux, peurs et refuser tout contrôle de censure sur soi-même.  Dépourvu de codes de conduite, on retrouve sa spontanéité et on peut ressentir ce qui est équilibré, ce qui convient, ce qui émane en ligne droite de l’Amour divin.  Il faut mettre son intelligence à sa place pour plonger dans son cœur, le siège de son âme, qui sait tout.

Le bonheur, qui résulte d’un état d’être personnel de contentement, de satisfaction et de réalisation spirituelle, n’est pas uniquement une question personnelle de confort, de bien-être, de joie, d’abondance, de prospérité, de plénitude.  Il ne résulte pas seulement d’un degré de compréhension personnelle au niveau de l’entendement et de la conception.  Il se fonde sur un état de sérénité qui résulte de la réconciliation avec son passé et de sa pacification par rapport à son présent et à son avenir.  Chacun s’appuie sur une idéologie personnelle et il poursuit un idéal qui lui est propre.  Chacun se laisse guider par eux, agissant selon son bon vouloir, mais il gagnerait à s’éclairer de ses facultés mentales et à puiser dans les attributs de son Être profond.  Car le bonheur implique aussi une contribution à la réalisation de ses semblables.

On n’a pas besoin de lire beaucoup pour comprendre qu’il existe une multitude de conceptions relatives au bonheur, mais que ces conceptions disparates ne peuvent pas toutes contribuer au succès de sa quête.  Toutefois, l’une d’entre elles prédomine et revient plus souvent que les autres, et il s’agit d’une vérité spirituelle qui stipule que l’être humain n’est pas une entité entièrement autonome, mais que, au contraire, il est indissolublement lié au Tout, à tout le Cosmos, à tous les êtres et à son univers.  Il est une parcelle du Cosmos avec lequel il doit vivre en accord.

Par conséquent, il est illusoire de penser trouver le bonheur s’il refuse de s’impliquer dans la résolution des divisions, de l’ignorance, de l’intolérance, de la haine, donc dans l’élimination de l’obscurité.  Il n’est pas appelé à s’y attaquer en guerrier illuminé ou en missionnaire prosélyte, mais il ne peut cacher cette réalité sous le tapis de la bonne conscience.  Il ne peut se réaliser pleinement sans entreprendre une action énergique contre les forces d’involution qui l’habitent qui sont en correspondance avec ces points d’ombre.  Nul n’est une île, donc nul ne peut penser évoluer en se retirant complètement du monde et en se désintéressant de son destin.  Ce qui implique qu’il doit rayonner la Lumière à l’intérieur de la Terre et autour de la Terre.  Il doit suivre les besoins de l’Humanité et de sa planète et intervenir avec lucidité, vigueur et efficacité.  La Nature d’en haut et d’en bas sauront bien lui rendre.

Au lieu de suivre le sentier interminable des activités divertissantes, valorisantes ou revalorisantes, mais dévitalisantes, dans sa quête de réponses aux problèmes qu’il crée, l’être humain devrait, à un moment ou à un autre, tourner son regard vers son Centre intime, qui, seul, peut le combler à tous égards.  Car c’est lui qui détient les vérités de la vie, la solution à toutes ses attitudes perplexes, la réponse à ses souffrances intérieures.  C’est lui qui détient les clés de son bonheur.  Alors, s’il pouvait s’appliquer chaque jour aux tâches auxquelles il doit faire face, sans esprit de concurrence, sans orgueil et sans acquisivité, il obtiendrait une plus grande satisfaction dans la vie qu’à attendre que se présentent des occasions qui ne viennent jamais, qu’à tenter de dominer les autres, qu’à convoiter les biens d’autrui et à chercher à leur ravir.

La compréhension du sens de la cohérence exige que, si on ne se sent pas heureux, on travaille à le devenir.  Or, nul ne connaîtra le bonheur en exprimant les visions des autres ni en reproduisant les visions correspondant aux anciens schèmes mentaux qui l’ont rendu malheureux.  Nul ne se rapprochera davantage du bonheur en accordant temps et énergie à ce qu’il ne veut pas vivre plutôt qu’à ce qu’il veut vivre.  La vision fataliste n’arrange rien chez un être doté de libre arbitre.  Celui qui est malheureux doit faire appel à de nouvelles lumières, à des visions qui favorisent son bien-être, ses progrès et son accomplissement.  Plusieurs demandent à connaître le bonheur alors qu’ils consacrent un temps considérable à penser à ce qu’ils ne désirent pas voir se produire dans leur vie.  Certains vont jusqu’à remplir leur esprit des images des actualités télévisées, remplies d’accidents, de malheurs, d’injustices, oubliant que, par l’entretien de ce bagage négatif, il se prépare un avenir étrange et qu’il expose le monde à le revivre de façon récurrente.  Les images sombres de la réalité mondiale ne servent qu’une fin : révéler aux êtres humains les réalités qui ne correspondent pas au meilleur d’eux-mêmes.  Il vaudrait mieux qu’ils portent leur attention sur ce qui a besoin d’être guéri en chacun d’eux.

L’espèce humaine détient une conscience vive de ses émotions, une conscience qui dépasse celle de toutes les formes inférieures de vie.  Non seulement chaque individu réagit-il à ses émotions, mais encore il leur attribue une certaine portée favorable ou défavorable.  Il imagine que certains biens et certaines expériences satisfont, en apparence, des désirs et des appétits alors que d’autres les exacerbent.  Il en résulte qu’il se détermine à acquérir ce qui constitue pour lui un contentement de ses sens ou une satisfaction de son ego, ce qui participe à sa notion du bonheur.  Cependant, ce qui fait le bonheur de l’un n’est pas ce qui fait le bonheur de l’autre.  Cela va de soi, tous les êtres humains n’associent pas le bonheur aux mêmes objets, aux mêmes réalités ou aux mêmes activités.  Mais, nonobstant la manière dont ils les évaluent, ils n’en constituent pas moins ce qu’ils désirent posséder ou vivre pour contenter leurs sens ou satisfaire leur ego.  Celui qui ne se réfère pas à des critères supérieurs pour se limiter dans sa consommation devient souvent un consommateur immodéré.  Malheureusement, l’actualité le révèle, la grande majorité des êtres humains ne contraint son désir effréné de posséder que sous la contrainte des lois que la société doit s’imposer et faire respecter.

Une pulsion naturelle pousse à consommer toujours davantage, car l’accumulation des biens flatte l’ego et favorise son gonflement.  La consommation semble faussement étendre la distinction, le rayonnement et l’influence de l’ego.  Pourtant, il n’y a rien de plus désagréable que l’étalage des richesses.  Quand cette quête atteint un certain degré d’acquisivité, elle conduit à mesurer son pouvoir sur les autres à la quantité des biens qu’on accumule, ce qui porte à tout mettre en œuvre pour augmenter ses possessions.  Quel cercle vicieux et quelle perte de temps, car ce ne sont pas les possessions qui déterminent la grandeur d‘un être.  Mais ce pouvoir semble constituer un moyen de s’accomplir.  Sans cette tendance naturelle, inscrite au fondement de la motivation, qui meut la volonté, l’être humain n’accomplirait rien de sa propre initiative.  La conscience de sa forme physique ou de sa puissance mentale inspire la confiance en soi.  Hélas, pour connaître son pouvoir, il faut souvent se mesurer à d’autres.

En effet, en lui-même, le pouvoir n’est rien d’autre que l’énergie qui supporte une idée, un système ou un motif.  Il n’a aucune valeur intrinsèque, d’où il la trouve dans la manière dont il est appliqué.  Mais, en augmentant en force, le pouvoir personnel fait naître l’impulsion de l’exercer de plus en plus.  On le constate chez le  jeune adolescent qui, conscient du développement de ses muscles, aime les exhiber dans un grand déploiement de force physique.  C’est là que réside le danger engendré par la conscience du pouvoir personnel.  On en vient à l’exercer dans le défi, car il n’y a rien de valorisant pour l’ego dans la parité du pouvoir.  Un homme n’est satisfait que s’il peut démontrer concrètement qu’il détient un pouvoir d’accomplissement supérieur à celui du voisin, la femme s’y prenant, dans sa démonstration, de façon plus subtile.  Mais où tracer la frontière entre un pouvoir exercé dignement ou indignement et qui la tracera?  Il est facile d’en pervertir l’usage si on se complaît en soi, si on est porté à se valoriser par son influence plutôt que par sa créativité ou sa crédibilité.  Et cette perversion devient rapidement contagieuse.

Un autre élément qui semble participer largement au bonheur d’un être, c’est l’obtention de la renommée ou de la notoriété, ce qui complète la quête de possession et de pouvoir ou qui en découle.  On ne le sait trop, mais par cet autre moyen, l’ego s’efforce naturellement d’être ou de paraître, et plus il paraît, plus il est satisfait et plus encore il veut paraître.  On l’observe chez ces êtres faibles qui peuplent la colonie des artistes.  L’être humain qui peut porter un regard conscient sur son être et effectuer un retour sur son agir, ne peut se satisfaire d’être une entité simple, anodine, effacée, anonyme, perdue dans la masse.  Il veut se signaler, ce qui augmente son goût de vivre et d’agir.  Il veut se révéler comme un être unique, original, singulier, exceptionnel, et pourquoi pas sublime.  Son désir de survivre dépend largement de sa confiance en lui, de l’estime personnelle et de la reconnaissance d’autrui.  Il aime attirer l’attention pour se démarquer de la foule et éviter d’Être submergé dans le flot de la collectivité.  Toutefois, ce désir, s’il se pervertit, dégénère en une course insatiable à la gloire, pouvant déterminer le recours à des moyens étranges, erratiques, excentriques, pour attirer l’attention.  Il en vient à subordonner ses valeurs à l’acquisition de la renommée personnelle.

Quand le désir de possession confirme le pouvoir et éveille le désir de renommée, on peut voir surgir un monstre d’égoïsme et d’égocentrisme qui dira, dans tout ce qu’il entreprend, pour le bien comme pour le mal, simplement chercher son bonheur.  Il n’en reste pas moins que tous ces désirs désordonnés ne visent que la satisfaction de l’ego et font régresser spirituellement.  Ils n’apportent rien à l’expansion de la conscience spirituelle.  Pourtant, elles n’en demeurent pas moins les trois pulsions qui monopolisent presque toutes les énergies des gens ordinaires, qui n’ont plus le goût ou le temps d’explorer d’autres facultés latentes qui leur apporteraient une satisfaction bien plus grande comme la plénitude, la sérénité, l’harmonie, le vrai bonheur.  Quand ces trois pulsions ne parviennent pas à satisfaire l’ego, en raison du manque de détermination personnelle ou d’une trop forte concurrence extérieure, l’être humain est porté à se replier sur lui-même et à se lancer dans une quête irrépressible de plaisirs, jusqu’à la dépravation.  Ou il cherche les paradis artificiels pour vivre dans l’anesthésie et échapper à son devoir de faire lucidement face au monde ou à sa sombre réalité.  Il échappe à la compréhension que le bonheur ne peut surgir que d’une quête globale permettant de combler tous les aspects de sa conscience.

Pourtant, le bonheur reste un état subjectif.  Dans une solution absolument identique, les uns éprouvent du bonheur, les autres du malheur.  Cela n’empêche pas que certains fondent leur bonheur sur l’attitude ou le comportement des autres.  Attendre que les autres personnes, surtout les personnages significatifs ou les êtres chers, agissent d‘une certaine manière, pour être heureux, voilà qbonheur de vivre-visiteui rend son bonheur bien dépendant d’autrui, d’un être qui est extérieur à soi.  Cela revient à remettre son bonheur entre leurs mains et à leur permettre de déterminer ses sentiments.  Or le bonheur le plus profond, le plus exquis et le plus parfait réside en soi, non à l’extérieur de soi.  Au point que, lorsqu’on l’a trouvé, plus rien ne peut ni le perturber ni le détruire.  Aucun ressenti déclenché par une cause extérieure ne pourrait se comparer à l’extase de la communication intérieure avec son Centre intime, car elle induit la conscience d’une
identité avec Dieu.  Et c’est dans cette communication qu’on redécouvre qui on est vraiment et qu’on reconnaît pour sûr qu’on a été créé à l’image et à la ressemblance de son Créateur.

Tout bien compté, si on n’est pas heureux avec qui on est, comme on est, où on se trouve, avec ce qu’on a et avec les gens de son entourage, on ne le sera pas davantage ailleurs, avec d’autres et mieux nanti de biens.  On ne peut accéder au bonheur permanent, si on ne sait pas vivre heureux à chaque instant.  D’autre part, il ne consiste pas à chercher à toujours posséder davantage, mais à apprécier toute la vie avec moins.  Car le bonheur, ce n’est pas un don ni une grâce du ciel, c’est le fruit d’une démarche intérieure personnelle qui mène à une découverte capitale : la rencontre avec soi-même dans le Soi qui porte pour nom les retrouvailles avec Dieu, le mariage de la Fiancée à son Époux, la fusion de l’individu en Dieu.  De là, il devient l’art de faire un bouquet avec les fruits et les fleurs qui sont à sa portée, ce qui décrit l’aptitude de l’enfant.  Car, «si vous ne redevenez des enfants, vous ne pourrez point rentrer dans le Royaume des Cieux».

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La loi du Bonheur stipule que, puisque Dieu, en tant qu’Esprit ou Essence, exprime la Félicité ou la Béatitude, son omniprésence assure que le bonheur existe partout.  De là, le devoir sacré de l’individu, à titre d’Étincelle divine, consiste à refuser tout ce qui exprime moins que le bonheur parfait ou complet.  S’il vit dans le malheur, il doit en chercher la cause dans sa manière d’exercer son libre arbitre et d’assumer ses responsabilités, donc dans ses choix conscients et inconscients.  En cela, ne pas choisir, c’est déjà choisir, car c’est choisir de ne pas choisir et de laisser faire ou aller, ce qui porte à conséquence.  Celui qui ne sème pas retrouvera dans son jardin ce que la Nature y transportera par son vent et sa pluie ou ce que les autres auront rejeté sur son terrain.

Déformé par les conditionnements et les programmations dès sa plus tendre enfance, l’être humain ne tarde pas à devenir la piètre caricature des attentes et des pressions de ceux qui ont exercé auprès de lui un rôle d’autorité ou exercé sur lui leur influence.  Par un système fondé sur la comparaison, l’émulation et la concurrence, qui développe l’espbonheur-imagesrit de compétition et la rivalité, avant l’hostilité, son milieu le déforme, induit en lui une seconde nature.  La publicité le lui rappelle constamment : «Tout le monde le fait, fais-le donc!»  Conseil qu’il accepte de suivre pour ne pas être marginalisé et rejeté.  Même à l’adolescence, quand il croit se démarquer des adultes et des figures d’autorité, qui représentent secrètement pour lui l’ennemi à frustrer ou à vaincre, par la pression de ses pairs, il finit par leur ressembler.

Alors, il ne tarde pas à oublier ce que c’est que d’être soi-même.  En général, malgré ses résistances, à l’âge de trente-cinq ans, quand ce n’est pas avant, le système l’a récupéré et déformé en profondeur, lui faisant oublier qui il était et ce à quoi il aspirait au plus profond de lui-même.  Voilà ce qui explique son ennui qui le pousse à se lancer dans les sensations fortes, à explorer les extrêmes ou à s’anesthésier par des produits qui induisent la dépendance ou l’addiction.  D’autres préfèrent se réfugier dans des systèmes de valeur (religion, spiritualité, philosophie, politique, affaires, écologie, société des loisirs, humanisme, humanitarisme) — ou en inventer — dans l’espoir secret de retrouver un semblant de dignité, de fierté, voire de supériorité –qui masque en fait un grand vide intérieur, un désarroi intime infini, un énorme sentiment de culpabilité, d’indignité ou d’infériorité.  Il s’inscrit dans la loi de l’effort, la nécessité de produire ou d’être performant, dans un muet désir de prendre la place de celui qui est placé au-dessus de lui ou de s’approprier ce qui le dépasse, à moins qu’il s’attache à des valeurs fugaces, stériles et éphémères.

Pourtant, toute place et tout destin autres que les siens ne conviennent à personne.  C’est sa propre place que chacun doit occuper, à sa manière, souverainement.  Le bonheur consiste précisément à être pleinement soi-même –dans son entièreté, sa complétude, sa totalité, sa perfection, donc dans sa globalité– à occuper sa propre place, à accomplir son propre destin, à façonner ses propres moyens, à développer ses propres convictions, à former sa propre compréhension, à incarner ses propres aspirations, à assumer sa différence qui fait toute sa richesse et qui rend si unique, rare et précieux.  Il est carrément impossible de connaître le bonheur en s’imposant d’être et de faire comme les autres.  Celui qui s’efforce d’assimiler et d’intégrer des valeurs qui lui sont insufflées ailleurs que de l’intérieur est condamné, tôt ou tard, à s’égarer et à régresser dans la misère ou la souffrance, terminant ses jours dans l’amertume et la confusion.

Au premier chef, le bonheur s’appuie sur une confiance sans réserve en son Maître intérieur, son Soi divin, une entité androgyne qui s’exprime dans l’omniscience, l’omniprésence, l’omnipotence, l’omniagence, bref dans l’amour, l’ordre, l’harmonie et la perfection.  Il se complète par une juste appréciation des éléments contingents du temps et de l’espace, par une vision qui s’élève au-delà des illusions, dans la Conscience divine, par une juste évaluation du sens de la propriété, par l’esprit de service, exprimé dans l’humilité, la compassion et l’oubli de soi.  On gagne à apprendre à vivre absorbé dans l’ici et maintenant du quotidien, en acceptant avec gratitude toutes les réalités agréables qui peuvent se présenter comme des moyens d’enrichir et de disposer à répandre la joie.  Mais on doit veiller à reconnaître toute expérience comme une leçon agréable ou désagréable qui aide à évoluer.  Dans cette attitude, les bonnes occasions ne peuvent que se multiplier au point de prendre l’apparence d’une réponse réflexe ou d’une seconde nature.  Celui qui sait éliminer de sa vie les désirs inutiles, les faux besoins, les valeurs incompatibles avec son destin, s’élève dans la joie.

Ce ne sont jamais les biens et les gratifications extérieurs qui forment les assises du bonheur, c’est l’attitude personnelle à leur endroit.  Le mal n’est pas dans la chose, mais dans son usage immodéré ou inconvenable.  Le bonheur résulte davantage des pensées dominantes et de l’état d’âme qu’on entretient, car le bonheur dépend entièrement de la direction de sa propre énergie.  Tout ce qu’on attend de la vie, on peut se l’approprier par soi-même en transformant sa manière d’agir, sa façon de vivre et sa façon de penser.  Les circonstances extérieures ne peuvent rien contre celui qui sait.  Le matérialisme et les mondanités ne peuvent que renforcer le bonheur, ils ne l’engendrent pas.  Comme on dit : «L’argent ne fait pas le bonheur, mais il rend la vie plus facile et le malheur plus supportable.»  En cela, chacun est l’artisan de son propre bonheur, pas le degré d’instruction, le mode d’éducation, les qualités innées, les circonstances, le milieu, la société ambiante.

Nous arrêtons-nous à penser que l’Esprit, en soi, vit dans la plénitude et la béatitude, tandis que notre âme se sent toujours heureuse, malgré nos difficultés d’apprentissage et nos lenteurs évolutives apparentes?  Pourquoi le messager incarné ne parvient-il pas à l’être autant?  C’est seulement au plan physique que l’être humain ne semble pas être dans son élément et éprouve de la douleur, de la souffrance, du malheur.  Pourtant l’un s’afflige de ce qui réjouit l’autre et inversement, comme si tout était une question de point de vue et de compréhension.  Quand un être humain comprend vraiment ce qu’il est venu faire sur la Terre, il cesse de se désespérer et il fait ce qui est à faire : apprendre à se connaître pour retourner dans sa Patrie véritable doté du savoir et du pouvoir co-créateur.  À chacun le choix de se complaire dans la matière et d’y croupir ou de s’élever jusque dans le Royaume ultime de la Conscience cosmique!

Naturellement, dans le plan duel et dense de la matière, l’âme se sent entravée, mais elle y forme son aspiration à la vaincre et à la maîtriser.  Elle y commet des erreurs apparentes, mais elle ne s’en formalise jamais, détenant la patience infinie.  D’ailleurs, plutôt audacieuse et aventureuse, elle n’y cherche qu’à y exprimer plus d’amour à travers l’acquisition de la vérité et de la sagesse, ce qui constitue le Savoir véritable.  Elle garde son attention constamment rivée sur le but, gardant sa bonne humeur parce qu’elle est en contact direct avec le Créateur.  Ce qui laisse peut-être entendre que celui qui ne connaît pas encore le bonheur gagnerait peut-être à vérifier l’intensité de son lien avec sa Source originelle?  Pour y arriver, il suffit de transformer sa pulsion de conservation en aspiration spirituelle à s’accomplir, soit en pulsion d’épanouissement ou de réalisation.  Cette aspiration peut devenir la motivation unique d’une vie : faire appel à ses forces bienheureuses et créatrices assoupies pour les éveiller, les activer, les actualiser.

Comme on le voit, le chemin du bonheur passe par soi et il aboutit à Soi.  Il ne dépend pas de l’abondance des biens ni de la teneur des circonstances.  Il ne réside pas dans les jeux de hasard ni dans les prévisions des tireurs de bonne aventure.  Il ne dépend pas du talent, ne tient pas du génie, ne ressort pas du degré de persévérance ni de l’assiduité à produire des efforts, si on les prend en eux-mêmes.  Il se fonde sur l’attitude spirituelle constructive, sur les choix adéquats et pertinents et sur l’orientation juste des pensées et des sentiments.  On s’en rend maître par une affirmation inlassable de son plus grand bien et par un appel à Celui qui, en soi, représente le Savoir infini et la Puissance illimitée.  Sans toi, je ne peux rien, mais avec toi, je peux tout !  Sans son Maître intime, une Essence neutre, l’être humain n’est qu’un robot doté de libre choix et de vouloir, mais dépourvu de Savoir et de Pouvoir.  Il a toujours tort de penser pouvoir s’en tirer sans son aide, car il ne peut qu’approfondir sa confusion et alourdir son lot de malheur.

Seule l’attitude décide de ce qu’un être décide de faire de sa vie car elle change tout au niveau du libre arbitre, de la faculté de choix.  Toute la distinction entre une vie heureuse et comblée et une vie malheureuse, marquée par la pénurie et les limites réside dans cette vérité.  En fait, le bonheur est omniprésent.  Qu’il paraisse loin ou absent s’explique par le fait qu’un être traverse la vie en aveugle, sans le voir, le chercher ou le regarder et sans exprimer sa gratitude pour ce qu’il possède déjà.  Parfois, le bonheur le fuit parce qu’il craint d’en demander trop, d’épuiser les réserves cosmiques, de priver les autres d’un bien qui leur revient, de les voir un jour disparaître et d’en beaucoup souffrir, de quitter son mode de vie actuel ou parce qu’il cultive une forme de masochisme.  Pourtant, chacun peut être heureux à plein temps.  Car la Vie, par décret divin, est appelée à exprimer la prospérité, la perfection, la plénitude, la béatitude, la pleine réalisation de tous les attributs divins.  Et, si on contemple le monde sereinement, on y découvrira déjà tellement de Beauté, de Bonté et de Lumière.

Le degré de bonheur dont on jouit exprime la rétribution des causes que l’on porte en soi.  En principe, comme il représente une qualité innée de l’être, il devrait constituer une composante essentielle et inéluctable de sa réalité.  Alors, on devrait se demander comment il peut échapper à quelqu’un.  Car n’importe qui peut le faire briller pour toujours, à aucun moment de son existence.  Il suffit de réaliser qu’on n’est pas heureux parce que tout va bien, mais que tout va bien parce qu’on sait être heureux.  Il faut récupérer avec audace son droit d’être heureux.  Car le bonheur est un droit inné de son héritage céleste.  En fait, c’est peut-être la seule réalité qui est à la fois un droit et un devoir.

Car le bonheur doit imprégner la vie comme la lumière émane du Soleil.  Son secret réside dans la réalisation intime que, au-delà des apparences, tout en soi est déjà vibrant, heureux, harmonieux, ordonné, abondant, prospère, fructueux, sécuritaire quand on laisse les choses être comme elles sont et qu’on les accepte pour ce qu’elles sont.  Le panorama de la vie prend la couleur des verres fumés et l’ampleur des œillères que l’on porte.  Quand au bonheur, il surgit du degré de soumission à la Volonté du Créateur, l’Esprit de Vie infini, qui a déterminé de toute éternité l’orientation de son Plan cosmique, élaboré pour le plus grand bienfait de tous et de chacun et qui appelle chaque être humain à titre de collaborateur ou d’auxiliaire de réalisation, et non d’adversaire rebelle ou d’opposant farouche.

Il se peut qu’on ait trouvé ce texte bien long, mais j’espère qu’il aura au moins contribué à clarifier la notion du bonheur et qu’il amènera à cesser de croire aux sornettes des chroniqueurs à la petite semaine, des psychologues et psychiatres ignorants et des religieux moralisateurs, qui fourvoient et divisent plus souvent qu’ils n’unissent et n’aident à comprendre le sens de la vie et sa raison d’être.  Car le bonheur véritable ne représente rien d’autre que l’étape ultime de l’expérience de la vie.  Il représente le résultat ultime de la quête spirituelle.  Le bonheur coïncide avec la vibration de la Source suprême elle-même.  C’est ce qui a fait dire aux sages que le bonheur n’est pas de ce monde.  Mais si on ne le prépare pas ici-bas, où pourra-t-on le faire ?  Car le bonheur reste un état de réalisation personnelle, ce qui exclut qu’il puisse être donné en récompense par une autre entité que soi-même, fût-elle la Divinité suprême elle-même.  L’atteinte du bonheur est et demeure le but ultime de toute existence.  Le bonheur surgit de la fusion en soi du Ciel et de la Terre.  Il résulte de l’application respectueuse et reconnaissante des principes de la Loi unique.  Le bonheur résulte d’une quête d’être menée vie après vie.

© 1997-2016, Bertrand Duhaime (Dourganandâ).  Tous droits réservés. Toute reproduction strictement interdite pour tous les pays du monde.  Publié sur : www.larchedegloire.com.  Merci de nous visiter sur : https://www.facebook.com/bertrand.duhaime.

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