LE DÉSIR D’AVOIR OU DE POSSÉDER TOUJOURS PLUS FAIT DÉVIER DE LA QUÊTE ESSENTIELLE DE LA VIE…

La volonté d’avoir toujours plus amène à développer l’esprit de possession.  Ce penchant cerne l’attachement exclusif ou excessif aux aspects de la vie terrestre et aux biens du monde matériel qui engendre la peur de perdre ses biens, ses avantages, ses êtres chers et qui culmine dans la peur de la mort.  Il s’agit de l’acquisivité ou de la cupidité qui limite les choix aux activités destinés à la conquête de la vtéléchargementie terrestre, dans une volonté de jouir sensuellement, dans un attachement aux objets matériels et dans un désir de posséder toujours davantage dans le seul but d’accumuler les biens, d’assurer son confort et son bien-être, de dépasser les autres.  Certains accumulent les biens pour se créer un paradis artificiel pour se donner un sens de pérennité.  D’autres le font pour se donner une preuve de leur intelligence et de leur adresse, comme garantie contre la peur du vide intérieur.  Certains accumulent les biens comme moyen de défense contre les atteintes présumées des autres.  Par cette manie ou cette obsession, d’autres compensent  un sevrage affectif difficile.  De nos jour, les gens travaillent tous comme des forcenés, même les partenaires d’un couple, pour ensuite fréquenter les nouveaux temples modernes que sont les magasins, les boutiques, les commerces, les centres commerciaux.

L’inclination à l’avoir, la pulsion qui porte à acquérir, a engendré la société de consommation qui incite à vouloir toujours plus et tout de suite.  Plus un être a, plus il veut avoir, entrant dans un cercle infernal d’accumulation ou d’endettement.  C’est évident dans le cas du millionnaire qui aspire à devenir milliardaire ou du multimilliardaire qui continue à engranger l’argent.  Avec la dégringolade des valeurs et de l’influence religieuse, il y a là une évidente tentative de compense pour un vide intérieur abyssal.  Alors, dans une constante émulation, les gens cherchent à faire mieux que les autres et à posséder plus beau, plus grand ou gros, ou davantage qu’eux, dans une volonté subtile d’écraser l’autre ou de le rabaisser afin de paraître plus intelligent, plus talentueux, plus astucieux ou plus brillant.  Mais on peut encore déceler en cela un moyen de se rassurer dan un monde instable, souvent chaotique et violent.

Les biens matériels ne sont pas un objectif légitime en eux-mêmes, sauf s’ils répondent à un besoin de survie.  Ils doivent servir d’instrument pour s’accomplir dans le confort et le bien-être.  Ils doivent servir d’instrument d’échange et de partage pour maintenir l’énergie en circulation.  Autrement dit, la quête des biens, source de l’avoir, ne doit pas être un but, mais rester un moyen de procurer le nécessaire et l’essentiel.

L’avoir s’oppose à l’être, puisqu’il cherche à s’approprier toujours davantage, à accumuler les biens.  L’avoir désigne la propension à chercher à posséder, à détenir, à disposer de quelque chose, même à le dominer ou à l’exploargent-bonheur-santeiter.  Il désigne l’ensemble des biens qu’un être possède ou ce qu’il considère comme sa richesse.

Pour avoir trop rapidement rejeté ses anciennes valeurs, mais lassé de la domination abusive des religions et des gouvernements, l’homme contemporain s’est tout donné à sa science.  Il pousse de plus en plus loin son savoir, mais sans conscience de son essence et de sa destinée.  Ayant foulé aux pieds jusqu’aux véritables valeurs, il a inventé ses valeurs propres fondées sur l’avoir, le faire et le paraître.  Ainsi a-t-il placé l’argent et la renommée sur un piédestal, les élevant au rang de valeurs suprêmes.  Il a bâti un monde sans âme, coupé de l’être, don il subit à chaque instant les conséquences nombreuses.  Il ne retient plus comme but que la concurrence matérielle et la satisfaction de ses appétits charnels sous toutes leurs formes.

En observant le moindrement autour de soi, on constate que la course éperdue vers l’avoir a engendré des effets tels qu’ils sont devenus à leur tour des causes nuisibles.  Davantage soucieux de son image de marque que de la joie de son âme, il accorde aux racontars sur son compte une valeur excessive, ce qui amplifie son stress.  Dans sa course effrénée du confort, il a fait éclater la famille et, avec elle, la société.  On assiste à la concurrence des voisins gonflables qui envient ou convoitent les biens d’autrui.  Tout est considéré comme une nécessité à se procurer tout de suite.  On veut profiter du meilleur de tous les mondes sans effort.  On accorde sa confiance aux gens riches plutôt qu’aux gens honnêtes.

De nos jours, la pauvreté, même volontaire, est devenue un vice, car malheur à qui ne possède pas.  On n’a plus rien à partager, même pas ses services, tous monnayés loargent-bonheur-santé-coolurdement.  Partout une réclame tapageuse ou criarde incite les masses à la consommation dont le seul but est l’écoulement de la production, toujours plus diversifiée et importante, plus sophistiquée aussi, pour séduire.  Et pour faire produire, il faut faire travailler, comme pour consommer, il faut travailler, cercle vicieux épuisant de l’activisme.  Et en produisant à l’excès, on pollue ad nauseam, mais sans résoudre les problèmes d’ordre économique ou social.  On préfère provoquer son voisin et l’amener à déclarer la guerre pour écouler les excédents ou pour relancer l’économie.  Ainsi, des peuples meurent d’embonpoint pendant que d’autres meurent de famine.

Dans notre monde d’individualistes et d’indifférents, chaque être se croit complètement dissocié de la masse humaine, errant à la recherche de lui-même dans un monde qui ne le reconnaît pas.  C’est le drame de la solitude par incommunicabilité des êtres.   On vit dans des sociétés anonymes.  En refusant une morale qu’on trouvait dépassée, mais sans pouvoir la remplacer, on a fait de l’argent et de l’accumulation des biens le nouveau dieu ou la panacée universelle.  Ce choix a placé l’Humanité dans une impasse dont il lui sera difficile de sortir, à moins qu’elle tire rapidement des leçons salutaires de ses maux.  Pour évoluer, elle doit se remettre en cause sur ces points.  Quand elle confond les moyens avec le but, elle court à sa perte.  La solution réside dans l’être, non dans l’avoir.

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