L’auxiliaire d’évolution désigne un objet, une circonstance ou une personne qui a passé avec soi un contrat d’assistance évolutive, antérieur à l’incarnation, afin d’aider à maîtriser une force intérieure ou à développer une faculté latente.  Dans le cas d’un animal ou d’une personne, on emploie plutôt l’expression «compagnons d’évolution».  Dans ce contexte, il importe de bien comprendre la dynamique qui s’impose dès l’entrée dans le monde de la densité et de la dualité.  En ce bas-monde, la majorité des gens cherchent à se faire aimer de tout le monde ou, du moins, du plus grand nombre.  Que d’énergies ils investissent dans cette entreprise tout au long de leur vie.  Pourtant, d’après la nature de la démarche évolutive elle-même, cela n’est pas possible, d’où il est parfaitement irréaliste d‘y songer.  Alors, autant apprendre à s’y faire et investir ses énergies ailleurs, soit dans l’apprentissage de l’être.  Et on s’y fera d’autant mieux qu’on comprendra la dynamique même de la vie en incarnation.

À un certain stade de son exploration du Cosmos, l’humanité a demandé de prendre conscience de toutes les potentialités de sa réalité afin d’en savoir autant que son Créateur.  Or, pour y parvenir, elle doit explorer tout son univers, à travers tous les plans de conscience, autant dans ses aspects lumineux que dans ses aspects ténébreux.  Pour cette raison, à chaque incarnation, avec l’approbation des Maîtres de la Destinée, chaque être humain se fixe un plan qui comporte un but ou un idéal évolutif à atteindre et les épreuves pertinentes qui y mènent à l’intérieur d’objectifs plus vaste du Plan divin.  Ici, le mot épreuve prend le sens d’expérience, autant heureuse que malheureuse, qui mène à la maîtrise d’une situation.  C’est ce que, en Auxiliaire-d-evolutionspiritualité, on appelle diversement le plan de vie personnel, la tâche quotidienne, le rôle fonctionnel, le devoir d’état ou la mission particulière.

Or, dans la densité, toute épreuve doit comporter des circonstances de temps et de lieu, mais elle doit aussi impliquer d’autres créatures, notamment d’autres entités qui, incarnées, deviennent des choses et des personnes.  Dans un vaste spectre de possibilités, chaque être en instance d’incarnation détermine des moyens et il sollicite le concours d’autres âmes qui visent des fins qui varient de similaires ou concordantes à diamétralement opposées.

Dans cette perspective, on comprend d’emblée que les personnes qui visent des fins similaires compteront probablement parmi ses amis et supporteurs, tandis que ceux qui visent des fins contraires compteront parmi ses ennemis et ses adversaires.  Voilà qui, entre les deux extrêmes, laisse place à des personnes d’attitude plutôt neutre ou indifférente qui, selon les aléas de la vie, pourront autant devenir ses amis que ses ennemis.

En général, lorsqu’une âme est appelée à jouer un rôle désagréable dans la vie d’un sujet, elle est recrutée dans les rangs de ses âmes chères, généralement parmi les membres de sa propre famille spirituelle.  Et, paradoxalement plus ce rôle risque d’être désagréable, plus une âme cherche le candidat idéal parmi les proches qui sont le plus en affinités avec elle.   Autrement, lors du retour derrière la trame de la vie terrestre, il deviendrait difficile pour ces deux êtres de se pardonner mutuellement ce qu’elles auraient plus prendre mentalement pour des actes d’inimitié et, émotionnellement, comme des atteintes personnelles importantes et plus ou moins directes.

Si Dieu existe, ce que nous croyons, au-delà des apparences, il y a toujours plus d’ordre, dans ce qui se passe, que les êtres incarnés ne peuvent le comprendre, ce qui n’est pas toujours d’une évidence intellectuelle pour un être qui, en plus du traumatisme de pénétrer dans la densité, subit un oubli massif de ses origines et de ses antériorités.  Mais il importe que le processus se déroule ainsi pour éviter que le nouvel être incarné, recourant aux facultés qu’il a réveillées dans le passé, vive de passes et de magie sans pouvoir se concentrer sur les objectifs évolutifs qu’il s’est fixés et augmenter son savoir par le truchement de l’expérience à tâtons.  On comprendra que nous tentons de mettre maladroitement en mots une réalité bien subtile et difficile à cerner mentalement.

Alors, on peut imaginer à quel point il devient inepte, pour une âme incarnée, d’espérer gagner l’affection ou de compter s’attirer l’amour de tous les êtres qu’elle rencontre.  Pour elle, il importe bien davantage de se rappeler, jour après jour, que la vie n’est rien d’autre qu’un jeu amoureux et que, dans les circonstances favorables ou défavorables, rien ne s’y produit par hasard, rien n’arrive dans l’intention de punir ou de l‘aider à gagner son ciel.  En ce bas monde, tout n’arrive que pour aider un être à ouvrir sa conscience, à mieux comprendre la manière de se conformer aux lois de la vie, à activer ses immenses facultés spirituelles, à redécouvrir qui il est de manière à être pleinement.

Ce qu’il faut retenir, de ce qui précède, c’est que, en général, aucune personne qui a signé un contrat d’intervention dans la vie d’autrui ne renoncera à son rôle, plus ou moins agréable, tant qu’elle ne l’aura complètement accompli.  Même que, pour s’assurer de parvenir à son but évolutif, en cas de désistement de l’une ou de l’autre personne qui doivent intervenir dans sa vie, chaque être a retenu les services de remplaçants.  Toutefois, dès qu’une âme incarnée a complété son mandat avec succès auprès d’un être, elle reçoit le choix de se ranger parmi ses amis ou, à défaut d’y parvenir, selon l’importance des blessures émotionnelles, de s’en écarter pour le reste de sa vie.

Celui qui a bien compris les modalités de la dynamique évolutive découvre rapidement la clé qui peut lui permettre d’amadouer un autre être ou de la neutraliser.  Il lui suffit de s’harmoniser.  Nul ne peut harmoniser un autre être, mais chaque être peut s’harmoniser lui-même.  Nul ne peut, à lui seul, changer le monde.  Mais, par rayonnement ou par contagion, chaque être qui choisit de le faire amène les autres à se transformer selon le degré de lumière qu’il dégage et, de là, il aide le monde à changer.  Ainsi, en quelque sorte, celui qui sait s’harmoniser impose à autrui la nécessité de se situer autrement par rapport à elle.  Car, pour rester dans son sillage ou dans ses parages, l’autre doit accepter de s’harmoniser à son tour, sans quoi, il en est naturellement écarté du fait qu’il n’a plus de fonction à accomplir auprès de lui ou qu’il ne participe plus du même taux vibratoire.

Alors, chacun doit savoir que, tout au long de sa vie, jusqu’à ce qu’il atteigne l’état paradisiaque, il devra tantôt vivre des situations plus ou moins amicales, tantôt des situations plus ou moins neutres, tantôt des situations plus ou moins hostiles.  Car, à un niveau où tout change constamment, il serait trop difficile psychiquement de ne vivre que l’un ou que l’autre.  Dans un cas, dans l’apathie qui résulterait de la monotonie ou de la complaisance, un être régresserait, tandis que, dans l’autre, pour trop devoir s’ajuster, il s’épuiserait.  Dans l’un et l’autre cas, il ne gagnerait pas grand-chose de son expérience en incarnation.

Tout ceci doit servir de mise en garde : chacun doit cesser, une fois pour toutes, d’investir de l’énergie dans des missions impossibles.  Et, s’il ne maîtrise pas parfaitement son être propre, l’une d’elles consiste à tenter de s’allier les faveurs de tout le monde autour de lui dans une tentative d’être plus aimé, apprécié, comblé et choyé ou d’éviter de déranger ou de faire des vagues.  Or, parfois, il doit sortir de sa zone de confort et brasser la cage de qui le mérite pour se montrer sous son vrai jour.

Du reste, dans les plans inférieurs, même un Maître réalisé peut s’attirer des ennemis et des adversaires du fait que son état lumineux agit comme un constant reproche dans la conscience des entités qui, au niveau évolutif, se traînent les pieds ou qui, par léthargie, cherchent à se réfugier dans les zones d’ombre.  Même que, souvent, les plus grands conflits peuvent surgir chez des êtres qui se croient sages et lumineux, mais qui sont illuminés dans un autre sens et pêchent par l’orgueil spirituel.

C’est ce qui explique que, de tout temps, jusqu’à récemment, les êtres humains moins évolués, soit encore endormis, ont toujours cherché à discréditer ou à faire disparaître de leur milieu les entités trop avancées spirituellement, choisissant, s’il les fallait, de les trahir, de les ravir, de les enfermer et des les occire.  On en obtient un exemple probant dans le fait que Yeshoua (Jésus), un être d’amour, a terminé ses jours sur un gibet.  En pareil cas, cela demandait momentanément, aux tenants de l’Ombre ou aux adversaires de la Lumière, un grand déploiement d’énergie, mais, par la suite, ils pouvaient jouir d’une bonne période de repos, le temps que la Causalité n’applique et ne déploie son rigoureux choc en retour.

À bien y penser, dans la vie quotidienne, pour un être, il devient beaucoup plus facile de rester soi-même et de vivre entouré et supporté des âmes amies que de commencer à se transformer pour plaire à tout le monde, ce que, de toute manière, il ne parviendra jamais à obtenir par ce moyen.  Car, ainsi, il reste en accord avec lui-même et il conserve l’estime de ceux qui supportent sa démarche.  Cependant, s’il tente de se transformer artificiellement, il perd son harmonie intérieure, il se déforme et il indispose ses êtres chers.  En effet, il deviendrait plutôt dangereux et involutif de tenter d’écarter un ennemi par des moyens artificiels.  D’autant plus que, souvent, ses pires ennemis se déguisent en êtres chers et prennent place très près de soi, retardant son évolution par leur accaparement affectif ou leur manipulations subtiles.

Quoi qu’il en soit, l’autre n’est jamais qu’un miroir de ce qui se passe en soi ou de la manière qu’un être se traite lui-même.  Or, il a été dit que le mal qu’un chercheur tente d’écarter, sans l’avoir maîtrisé, en commençant par s’en reconnaître le porteur et en opérant en soi les changements qui s’imposent, se multiplie et se renforce par sept chaque fois qu’il tente de le régler de la mauvaise manière.  Alors, ce problème revient dans sa vie au moment le plus opportun,  soit au moment où il est le plus prêt à comprendre, pour aider à corriger l’attitude inadéquate qui consiste à tenter d’abolir par la force une situation difficile ou désagréable plutôt que de la maîtriser en appliquant correctement les lois de la vie.  Ce qu’un être fuit lui court après!

Bien sûr, quand un être choisit de s’affirmer dans ses droits, il peut s’attirer les foudres de ses ennemis et adversaires, des êtres qui se montreront des irréductibles le temps qu’il faut, mais certes pas celles de ses amis véritables.   En outre, il peut se consoler en se rappelant qu’il n’a pas gaspillé vainement ses énergies, qu’il ne s’est pas déformé, qu’il n’a pas biaisé, qu’il n’a pas rapetissé, qu’il n’a pas développé de mépris personnel.  Celui qui change pour se conformer à un modèle qui n’est pas le sien ou pour répondre à des attentes illégitimes, parce qu’ils ne lui viennent pas naturellement, se dépersonnalise, s’épuise, se démobilise et s’étiole prématurément, car il vit en marge de sa réalité propre.

Quand un être décide de changer pour faire plaisir aux autres, il peut, pour un temps, se concilier les faveurs de personnes qui se rangent dans la catégorie des indifférents ou des ennemis.  Mais est-ce que cela en vaut vraiment la peine si, du même coup, il n’est plus bien en lui-même et s’il écarte ou chagrine ceux qui, justement, l’apprécient pour ses qualités propres, pour ce qu’il est.  Alors, pour peu de gagné, il perd à bien des égards.  Entre autre, dans sa propre vie, il s’empêche d’incarner son véritable rôle qui consiste à repérer ses aspects sombres et à les porter à la Lumière.  Et il perd d’autant plus que l’avis d’autrui ne doit jamais servir d’aulne pour se mesurer, car elle doit être l’attribut de sa propre conscience, donc de son Maître intérieur.

Autrement dit, puisqu’il restera impossible de satisfaire tout le monde sur terre, tant que celle-ci ne se sera pas illuminée, autant se plaire à soi et plaire aux alliés de son âme.  Car, ainsi, au moins, un être reste en accord avec lui-même et il conserve l’assentiment de ses supporteurs cosmiques, ce qui donne deux affaires classées.  Tandis que, s’il tente de se changer arbitrairement, il peut, temporairement, se faire quelques recrues apparemment amicales dans les rangs de ses adversaires, mais, personnellement, il perd son intégrité et sa sérénité et il s’enfonce dans l’inquiétude, en plus de déplaire à ses intimes.  Il n’est plus heureux, ses amis pas davantage, tandis que ses ennemis s’en félicitent ou s’en amusent et en profitent.

N’est-ce pas que, au fond, chacun reste, pour lui-même, son pire ennemi?  C’est le traitement qu’il s’inflige quand il déroge à son devoir d’état car, alors, il perturbe tous les aspects de son univers, en plus d’attenter à l’accomplissement ordonné du Plan divin.  Or, son devoir d’état c’est d’apprendre à se connaître dans tous les aspects de son être afin de vivre plus pleinement.  Alors, ne conviendrait-il pas de devenir et de rester son meilleur ami en accomplissant son propre destin à son rythme, à sa manière, d’après sa propre compréhension et ses moyens personnels?  Et tant mieux ou tant pis pour la galerie!

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L’Auxiliaire intérieur désigne la Conscience spirituelle, le Soi divin, l’Étincelle divine, l’Esprit, le Maître intérieur, Celui-qui-est-en-soi, le Créateur intime, la Monade divine, le Compagnon invisible, le Nautier intime, etc.  Autrement dit, on le désigne par ces centaines de noms, selon les formations spirituelles.

© 2000-16, Bertrand Duhaime (Dourganandâ).  Tous droits réservés. Toute reproduction strictement interdite pour tous les pays du monde.  Publié sur : www.larchedegloire.com.  Merci de nous visiter sur : https://www.facebook.com/bertrand.duhaime.

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