L’ATTACHEMENT ENGENDRE DES RÉSISTANCES ET IL AGIT COMME UN FREIN ÉVOLUTIF…

Il n’est pas demandé d’affectionner, de lier de colle affective, mais d’aimer…  Or l’Amour vrai conduit à remettre à l’autre sa pleine liberté, puisqu’il n’est la possession de personne d’autre que lui-même.  La majorité des gens n’aiment pas ceux qu’ils appellent leurs êtres chers, ils s’aiment et se complaisent en elles, en raison d’un grand vide intérieur qui les amène à se remplir d’eux et à tenter de se les attacher pour éviter de retrouver ce mal de vivre qu’ils retrouvent dès qu’ils se retrouvent seuls.

Beaucoup de personnes se tiennent à l’écart de la spiritualité parce que celle-ci décrète le détachement comme une condition sine qua non de l’accession à la Maîtrise spirituelle, soit de l’ouverture à l’Être.  En effet, la spiritualité rappelle qu’un être plein de lui-même et d’attachements peut difficilement aspirer à la fusion dans l’Unité de l’Absolu qui requiert, pour que celle-ci se réalise, d’occuper atttachementtoute la place dans un être.  Même au niveau contingent, on comprendra qu’il n’est pas possible de remplir une urne pleine.  On en peut la remplir d’une nouvelle substance que si on la vide de son contenu actuel.  Il y a peu de gens qui peuvent concevoir d’emblée de renoncer à leur ego,  à leurs idées, à leurs sentiments, à leurs passions, à leurs activités, à leurs relations, à leurs possessions, à leur pouvoir, à leur succès, à leur réputation, à leur désirs de toutes sortes, parce qu’ils en sont les esclaves.  L’attachement nait du désir de s’approprier une réalité qui, lui-même, exprime la peur du manque, l’insécurité, le manque de foi dans le principe de l’Approvisionnement universel.

L’attachement évoque le sentiment affectif et captatif qui lie un être aux personnes (êtres chers) et aux choses (possessions), conduisant à se servir d’eux pour son propre plaisir, notamment celui de pouvoir parvenir à ses fins.  On peut inclure dans l’attachement comme le désir de s’occuper des autres et de résoudre leurs problèmes à leur place ou comme la propension à utiliser les choses pour son propre plaisir.  Il amène à développer un lien de fidélité, d’affection, de sympathie, de possession ou de domination à l’endroit des êtres et des choses.  Mais, en s’oubliant pour les autres, on s’attend à ce que les autres s’oublient pour soi.

Sauf qu’il faut comprendre que le détachement n’appelle pas à vivre dans le dénuement, il demande simplement qu’un être cesse de désirer plus que ce dont il a besoin pour vivre et s’accomplir, autant en nécessaire (bien matériels de subsistance qui comblent les besoins fondamentaux) qu’en essentiel (moyens d’accéder à la connaissance parfaite de soi).  Même qu’un être peut posséder beaucoup dans la mesure qu’il n’y attache pas de valeur autre que le moyen qu’il représente pour parvenir à sa fin.  Il témoigne de son manque d’attachement dans le fait qu’il n’a pas de mal à renoncer à quoi que ce soit quand la nécessité s’impose.  Celui qui aime vraiment ne limite pas la liberté des êtres qu’il aime et il ne s’accapare pas des biens qu’il possède.

C’est dans l’attachement pathologique, qui traduit une carence affective et un vide existentiel, que naissent les attentes préjudiciables susceptibles d’engendrer toute une séquence de déceptions et de frustrations pouvant s’accompagner de rancune, de colère, voire de haine.  Celui qui entretient des attentes devient très subjectif et partial dans thses interventions.  En outre, il risque souvent de se mettre au service de la personnalité de l’autre, pour répondre à ses attentes, par peur de blesser ses sentiments, d’être moins aimé, au lieu de faire pour lui ce qui est à faire d’un point de vue supérieur de la conscience.  Ainsi, il perd la claire perspective de l’aide qu’il peut donner, du nombre de personnes qui peuvent bénéficier de cette intervention et des limites à ce qu’il peut donner.  Il aura du mal à accepter que, dans certains cas, la seule chose qu’il puisse faire pour l’autre, c’est de l‘aimer et de le laisser avec ses problèmes, pour qu’il en tire une leçon salutaire.  L’attachement porte à des ingérences nombreuses et à une possessivité qui favorise l’exclusivité, la partialité, l’esprit de préférence.

Une phrase d’un grand Maître de notre ère circonscrit rapidement les ravages de ce travers : «L’attachement, c’est la servitude; l’attachement, c’est la mort; l’attachement est à la racine de tous les maux…« » (Sivanandâ)  On pourrait ajouter que l’attachement, qui représente un genre de prédation ou de sujétion, limite la liberté et entretient l’enfermement dans la densité. Avec le temps, il induit dans la confusion, la peur, le déséquilibre mental, le trouble, l’embarras, quand on est frustré dans ses attentes.  Fondé sur l’intérêt personnel, il devient une source de lamentation qui conduit à l’isolement et à la souffrance.  Nul ne peut vraiment s’investir auprès d’autrui sans attente, mais il gagne alors à les verbaliser pour que l’autre sache à quoi s’en tenir.

Quant à l’attachement à la terre, il évoque la gravitation autour de la planète des âmes désincarnées, après leur transition.  Encore très égoïstes, à cause des liens qu’elles ont forgés avec la matière ou la nature concrète, en conséquence de leur esprit de possession (acquisivité) et leur esprit de domination (jeux de pouvoir), elles ne parviennent pas à s’élever sur les plans supérieurs de la Conscience cosmique.  Pour conserver un certain dynamisme, qui s’épuise naturellement parce qu’elles ne savent pas renouveler leur vitalité en puisant à même l’Énergie cosmique, elles cherchent désespérément, par tous les moyens, à reprendre contact avec le plan terrestre et ses habitants en parasitant les êtres incarnés.  Les sujets porteurs d’une gaine psychique (aura ou champ énergétique) affaiblie, comme les alcooliques, les dépravés, les violents ou les haineux, les bandits, les meurtriers, les obsédés, les indolents spirituels, sont plus vulnérables à ces stratégies subtiles.   Voilà ce qui peut expliquer certains gestes compulsifs et des drames passionnels inexplicables, comme une part des actes de vandalisme commis dans les centres-villes lors d’attroupements nocturnes.

© 2012-16, Bertrand Duhaime (Dourganandâ).  Tous droits réservés. Toute reproduction strictement interdite pour tous les pays du monde.  Publié sur : www.larchedegloire.com.  Merci de nous visiter sur : https://www.facebook.com/bertrand.duhaime.

A propos de l'auteur

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *