L’ANTÉCHRIST, L’ÊTRE APPELÉ À PARODIER LE CHRIST, LE GRAND USURPATEUR… 

Dans l’Apocalypse de Jean, l’Antéchrist désigne l’adversaire ou la parodie caricaturale du Christ qui devrait se présenter un peu avant la fin du monde pour s’opposer à l’établissement du Royaume de Dieu ou à la restauration du Paradis terrestre.  On l’y décrit comme un imposteur tyrannique qui tentera de dominer le Monde, déclenchant la Dernière Sédition, pour imposer sa propre vision religieuse, strictement humaine, à l’aube de l’Ère du Verseau.  Dans la «Cabale», parfois appelé Abbadon, ce qui signifie «Fils de Perdition» ou «Esprit du Mal», il lance la «Parousie», imposant antéchristson règne aux niveaux matériel et mental, les deux seules dimensions qu’il peut dominer temporairement, à titre de royaumes limités du libre arbitre, et auxquels il s’est lui-même restreint, par sa négation de Dieu.

En fait, la notion d’Antéchrist, qui désigne «celui qui vient avant le Christ», n’a de valeur que celle que chacun lui donne.  L’idée selon laquelle l’antéchrist serait un être incarné renvoie à une notion erronée, bien qu’elle comprenne, à sa manière, une réponse.  En vérité, l’Antéchrist, s’il est réellement personnifié dans le monde subtil, n’est ni plus manifesté dans le monde personnel qu’en ses propres attitudes, jugements et autres aspects de la dualité dont le monde matériel fait l’objet et l’expérience.  En effet, l’Antéchrist n’est nul autre que l’état d’opposition ou de révolte par lequel un être humain passe avant d’opter pour l’abandon, le détachement et le lâcher prise qui lui permettent de réaliser son état de Christ intérieur.  Dans la présente phase d’Ascension planétaire et collective , chacun est plus que jamais le Roi au sein de son Royaume, ce qui est l’état propre à chaque être qui existe en ce monde ou dans les autres.  Il n’y a que l’individu qui puisse décider, seul, de sa véritable nature, de façon consciente ou non.

Dans un sens élargi, l’Antéchrist incarne le prototype des tyrans pervers, «trompeurs d’âmes» et «faux messies», qui tentent, par un faux enseignement (désinformation et fausse instruction) et des pseudo-miracles, d’hypnotiser les foules et de suggestionner les groupes, jetant un voile sur la Réalité du Monde et les poussant vers les réalités illusoires (acquisivité ou esprit de possession, domination par les jeux de pouvoir, fausses doctrines, perversion de la pulsion sociale).  Il agit à partir de l’aspect ombragé du Deuxième Rayon relié à la dévotion et aux arts, qui régit notamment la psychologie des masses et les organisations religieuses) .  Par opposition au Régent des Élus ou des Fils de Dieu, il figure l’Esprit de séparativité ou le Prince des fils de l’homme, la personnification de l’esprit charnel de l’Humanité, le Rayon naturellement opposé à l’expansion de la Conscience christique ou de l’Âme universelle.  Il englobe tous les despotes qui tentent de dominer le Monde ou une région du Monde en imposant brutalement leur autorité par le mensonge et la force.

Mais pour le Sage ou l’Initié, celui qui sait, sous son camouflage de Serpent, de Bête ou de Dragon, le Malin, incarnation spécifique du Mal absolu, ne représente que le Gardien du Seuil planétaire.  C’est à tort qu’on affirme qu’en s’opposant à Dieu et en trahissant la Parole, il a prêté un serment d’allégeance aux pouvoirs de la Mort et de l’Enfer et qu’il a fait le serment de détruire Dieu incarné dans son Église visible, avec ses saints et ses ouailles.  Il incarne plutôt les perversions de l’ego qui s’opposent à la réalisation de l’Ego divin ou qui lui fournissent les défis évolutifs ultimes au niveau de la dualité.  À preuve, se découvrant son Maître absolu et éternel, dans son expérience personnelle, Jésus n’a pas tenté de le vaincre ni de détruire, mais il l’a invité, par l’adage mystique «Arrière, Satan!», à reprendre sa vraie place, dans l’Ordre fonctionnel de la Vie, et à devenir son collaborateur et son levier, un artisan de son expansion et, ultimement, de son Ascension.

Le problème, avec l’Antéchrist, c’est qu’il agit de manière à ne pas être facilement identifié.  Car il ne porte sûrement pas ce nom, n’apparaît jamais dans sa forme cornue, vêtu d’un habit de feu, armé d’une fourche, irradiant son odeur soufrée et pestilentielle.  Dans une telle présentation, il serait vite reconnu et ne pourrait se faire des adeptes.  Au contraire, il se déguise en grand humaniste dévoué et dévotieux, pour clamer son discours de paix, de solidarité et d’abondance.  Protecteur de la science, il favorise secrètement la haine et la division, suggérant l’invention d’armes destructives pour se délivrer d’apparents ennemis de Dieu.  À l’occasion, il peut parler avec éloge et attendrissement du Christ, le présentant comme le plus grand personnage qui ait jamais existé.  Mais derrière ses initiatives illusoires de fraternité, d’égalité et de liberté, il conserve un secret infamant : imbu de sa personnalité, fort de son pouvoir, il répandra la séparativité, la violence, la peur et la haine.  N’ayant jamais reconnu la suprématie de Dieu, il cherche toujours à le détrôner et à le détruire.  Autrement dit, tant que la dualité persiste, il illustre le côté le plus sombre de l’existence, au niveau personnel et collectif, pour offrir à la Lumière un terreau à illuminer.

On ne peut parler de l’Antéchrist sans parler de l’Antichrist, puisqu’ils ne désignent pas la même réalité.  L’Antéchrist (de «ante», en latin, qui signifie «avant»), c’est l’entité qui doit venir avant le Retour du Christ;  l’antichrist (de «anti», en latin, qui signifie «contre»), est un opposant, un adversaire ou un ennemi du Christ.  Ainsi, ce deuxième représente une entité qui recouvre la somme totale de la négativité du Monde ou l’égrégore formé de l’ensemble des pensées négatives de la collectivité vivante.  En fait, il existe une grande confusion entre l’Antichrist et l’Antéchrist.  L’Antéchrist concerne la période qui précède la venue du Christ.  Quant à l’Antichrist, il désigne tout être qui sert les Forces de l’Ombre et qui combat les Forces de la Lumière.  Il est formé des énergies d’opposition, des énergies qui existent dans notre monde et au-delà, car, au-delà de nos têtes, il existe d’immenses conflits d’énergie dont nous n’avons pas encore conscience.  L’Antichrist ne se manifeste pas en une personne puisqu’il désigne une globalité.  Il représente la somme des comportements de ceux qui travaillent avec acharnement à l’asservissement de l’humanité afin de freiner au maximum son ascension dans les plans supérieurs.

On pourrait même parler de l’Anti-dieu, une réalité assez ressemblante.  Il s’agit de l’égrégore engendré par la séparativité, ce défaut inhérent à la nature humaine, empêtrée dans la dualité, qui consiste à diviser ce qui, par essence, est uni, indivisible et inséparable.  Il figure le Cœur ou le Noyau de toutes les révoltes ou rébellions, de toutes les oppositions, de toutes les divisions.  Cet Être diviseur promulgue un monde sans Dieu, d’où il n’hésite pas à s’attaquer aux Messagers et aux Serviteurs de Dieu qu’il aime torturer avant de les tuer.

Au plan individuel, l’Anti-Dieu symbolise le principe de l’inertie qui suscite les révoltes intimes, la réticence à produire des efforts, le refus d’avancer ou d’évoluer, la culture de l’ego (orgueil), l’attachement aux fruits de l’action, la mise au défi de l’Ordre divin qui provoquent, ultimement, la chute aux enfers.  En somme, il résume ce qui fonde les racines de l’égoïsme et de l’égocentrisme qui amène à oublier ses devoirs et à s’enfermer dans un monde à part, dans un jardin intérieur où on cultive la personnalité, l’esprit d’indépendance revêche, sans se préoccuper des conséquences sur l’environnement.

À chaque instant, l’Anti-Dieu se nourrit de pensées nocives et délétères, d’actions injustes, des ressentis de peur, des sentiments de culpabilité, de remords et de regrets.  Il finit par établir son pouvoir sur une âme par les souvenirs illusoire du bonheur perdu, l’amenant à répéter les mêmes erreurs d’incarnation en incarnation.  Il trouve ses armes favorites dans la division et l’opposition;  ses moyens privilégiés dans la manipulation et la domination;  se aliments dans la quête du repos ou de la facilité, la culture de la médiocrité, la réalisation d’un bonheur tranquille, l’assouvissement de l’égoïsme, la haine et la méchanceté (en pensées, en paroles et en actes).  Porte parole des fausses connaissances, de la fausse sagesse, de la science sans conscience, il propose une quête effrénée de la Matière et il promet la réalisation d’un bonheur sans Dieu.

En fait, l’Anti-Dieu tente d’opposer un aspect de la Lumière de l’Éternel à une autre, campant toutes les réalités entre deux pôles extrêmes, le Rayon blanc et le Rayon noir, annonçant, évidemment, la victoire du Rayon noir.  Par ce fait, il engendre les illusions et les séductions de la Matière et il les nourrit par les guerres.  Il s’appuie sur les faiblesses humaines pour stimuler les rivalités.  Il se spécialise à entretenir les querelles dogmatiques par le biais de spéculations philosophiques et théologiques.

Dans le présent contexte de l’Ascension accélérée, il y a fort à parier que l’Antéchrist ne ressemblera en rien à ce que les religions en disent.  Peut-être même que l’humanité, dans son aspiration au bonheur et à l’Unité,  décidera de passer outre cette période d’imposture.

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2 Responses

  1. alexandre

    C’est l’égrégore de la conscience collective mauvaise de l’humanité qui va s’incarner dans un homme. Excellent…

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  2. yayiatoo

    antéChrist et antiChrist.
    avant-le-Christ et Contre-le-Christ.

    Vaincre l’ineertie spirituelle.
    Merci Douraganandâ

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