L’ANDROGYNIE, QU’IL FAUT DISTINGUER DE L’HERMAPHRODISME, REPRÉSENTE L’ÉTAT IDÉAL DE L’ÊTRE HUMAIN…

   Dans l’expérience de l’incarnation, la différenciation sexuelle ne s’est imposée que parce que la conscience humaine s’est engagée, par inadvertance, dans le plan physique ou matériel, un plan où son Esprit divin ne pouvait le suivre, car cet accompagnement direct l’aurait empêché de pouvoir un jour recomposer son Entité originelle globale.

  Tous les Maîtres spirituels ont parlé de l’androgynie, l’exprimant comme la forme spirituelle idéale et comme le but suprême à atteindre, puisqu’elle met, en soi, un terme à la rivalité des sexes et qu’elle marque le termandrogyniee à la quête dans les méandres des ténèbres.  Chacun doit cesser de se percevoir uniquement dans son aspect polaire manifeste pour se ressentir détenir les deux aspects de la polarité créatrice, afin de cesser de chercher, à l’extérieur de lui, son complément parfait.   Alors, il importe probablement d’avoir un aperçu de ce que cette réalité grandiose signifie pour aspirer à la réaliser.

   L’Androgyne, qui ne connaît que la félicité, n’est ni masculin ni féminin, il est neutre.  Il représente l’état de recomposition de son être.   Il peut symboliser à la fois l’être non encore manifesté où les polarités sont toujours fusionnées au sein de l’Unité ainsi que l’être manifesté qui a réalisé sa réintégration et a rejoint l’Unité primordiale. On peut considérer cette créature comme une entité exprimant en équilibre les deux aspects de la polarité, ce qui lui fait contenir la plénitude de l’Unité fondamentale ou de l’Indistinction, ce qui en fait une totalité indivisible.  Il s’agit d’un état de complétude qui l’amène à tenir des deux sexes ou qui amène le masculin et le féminin à coexister en elle.  Il rappelle l’état primordial de l’être humain, le deux en un dans le Paradis originel, et son état futur, dans la perspective de la réintégration à opérer après le passage dans la désintégration, au moment de la fusion avec la Monade divine.  Il exprime la bipolarité de la Réalité, une fusion harmonieuse des contraires apparents, toujours compatibles et complémentaires, au-delà des apparences.

   Dans ce contexte, on illustre l’Androgyne primordial par un cercle inscrit dans un carré.  Dans le cycle de l’Évolution, il évoque soit que la séparation n’ait pas encore eu lieu ou qu’elle ait pris fin au terme d’un long périple à travers les dimensions inférieures (la redécouverte de la vertu première d’innocence ou l’Âge d’or reconquis).  Il symbolise la plénitude de l’Unité fondamentale, qui fusionne en équilibre les opposés apparents, telle qu’on la rencontre dans l’Alpha, en potentialité, ou dans l’Omega, dans leur intégration finale.  Globalement, cette créature mythique rappelle à l’être humain l’état primordial qu’il revêtait consciemment dans l’Alpha, au moment de l’Émission et qu’il doit aspirer à reconnaître consciemment, après une longue phase d’oubli, perdu dans la dualité de la Matière, afin de le réintégrer dans l’Omega, au terme de la Voie du Retour dans le Royaume du Père-Mère.  Dans la Mythologie grecque, il s’agit d’une race dont les sujets, à la fois homme et femme, partirent à l’assaut de l’Olympe, la résidence des Dieux suprêmes, et qui furent exterminés par Zeus.

   Dans l’Alchimie, cet être homme-femme, debout dans l’œuf alchimique, entouré des signes planétaires (soufre et mercure).  Debout sur le Dragon, il révèle l’état de Réalisation suprême obtenu par la sage manipulation de l’Énergie vitale.  Alors, il couronne le Caducée hermétique, le Caducée de Mercure, pour désigner l’expiration-inspiration du Créateur et pour signifier que le Ciel n’a plus rien de caché pour l’être capable de le porter.  Cet être concilie en lui les contraires apparents, fusionnant le Ciel (les aspects du Père) et la Terre (les aspects de la Mère).  Il vibre dans l’extase du Un.   Comme le dit l’adage codé : Le mâle devient femelle et la femelle devient mâle pour former l’androgyne hermétique.   Dans ce cas, on parle davantage d’Androgyne hermétique pour identifier une réunion des principes féminin et masculin, avec renversement ou échange des aspects polarisés.

   Dans la Cabale, l’Androgyne donne l’image magique de Hod (Mercure), qu’on dit né de Hockmah (Uranus) et de Binah (Saturne).  Parfois, cette même expression sert à voiler Malkuth (la Terre, dite le Royaume).  Au début de son Cycle d’émanation, l’Homme ou l’Être humain primordial comprenait en lui-même tous les attributs de la polarité, les aspects mâle et femelle.  Mais après sa sortie prématurée du Paradis, au cours de sa descente progressive vers la Matière, pour avoir choisi de façon délibérée d’entrer dans l’Arbre de la Connaissance des Opposés apparents, ce qui le plongea vers les royaumes de la dualité, cette créature dut se diviser en deux entités afin de rester en mesure d’engendrer des enfants et de perpétuer son espèce.

   Depuis ce jour, plus préoccupé par le monde extérieur, le Monde de la Matière, il n’a cessé de chercher sa complétude dans une entité extérieure plutôt qu’en lui-même.  Voilà ce qui, pour de motifs de supériorité apparente, a engendré la guerre des sexes, la source de tous les autres conflits, fondée sur l’incompréhension de l’égalité des aspects de la polarité.  En effet, ontologiquement, pendant son incarnation, tout être masculin porte une âme féminine (son âme-sœur véritable), tandis que tout être féminin porte une âmesun-moon-soleil-lune masculine (son esprit-frère véritable).  Ainsi, au terme de son évolution, l’être hyinyangumain, qu’il soit homme ou femme, devra se réintégrer et se réunifier en lui-même, ce qui lui conférera l’aptitude d’engendrer ou d’émaner, de concert avec le Créateur suprême, ses propres réalités afin d’engendrer un univers à son image et à sa ressemblance.  Ce n’est que de cette manière qu’il accédera à la plénitude de son Pouvoir et qu’il assumera pleinement son rôle de co-créateur libre avec Dieu.

   Dans ce contexte, l’expression Androgyne primordial renvoie à l’Adam originel qui apparaît au commencement comme à la fin des temps, donc au début comme à la fin d’un Cycle évolutif complet.  C’est un signe de totalité qui résume ou abroge la séparation des sexes.  Il explique que chaque être humain naît à la fois mâle et femelle dans son corps, dans ses aspects subtils et dans son Principe spirituel.  De ce fait, sa spécificité et son orientation sexuelle ne révèlent, dans ce monde que d’une nécessité de différencier, à divers degrés, les sexes, afin de mener une expérience particulière.  Il s’agit de l’état initial qui doit être reconnu au terme de l’expérience évolutive par la conciliation des contraires qu’on appelle la Réalisation de l’Unité première.  Pour le commun des mortels, l’Androgyne illustre l’Âge d’or à reconquérir, l’innocence, la vertu première, à retrouver.   Devenir un par la fusion en Dieu constitue le but de toute vie humaine.  Voilà l’une des caractéristiques de la Perfection spirituelle.  Ainsi, le pôle solaire, électrique, actif, émissif, pénétrant et le pôle lunaire, magnétique, passif, captatif, accueillant, ne désignent que des aspects d’une multiplicité d’opposés appelés à s’interpénétrer de nouveau.  Toute opposition apparente est appelée à s’abolir par l’union du céleste (subtil) et du terrestre (matériel), réalisée par l’être humain dont la puissance doit s’exercer sur le Cosmos dans sa totalité.

   Normalement, l’expression Androgyne principiel désigne le Créateur lui-même en tant que Père-Mère, ce Deux dans lequel les principes masculin et féminin se contemplent, se reconnaissent et s’échangent à l’infini la félicité d’un amour sublime qui est à l’origine de toute création, soit de la Création sans cesse recommencée dans l’Éternel présent.

© 1999-2016, Bertrand Duhaime (Dourganandâ).  Tous droits réservés. Toute reproduction strictement interdite pour tous les pays du monde.  Publié sur : www.larchedegloire.com.  Merci de nous visiter sur : https://www.facebook.com/bertrand.duhaime.

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