L’«AMRA», UNE MANIÈRE ORIENTALE DE DÉSIGNER LA «DÎME»…

Anagramme de «Rama», une entité védique de la culture hindoue, le mot «amra» provient du sanskrit et il se traduit ni plus ni moins par le principe du «don et redon» ou de «la semence et la récolte».

C’est la loi de la Dîme, émanée de la Loi du Don et Redon, qui exige que l’on redonne, en semence, environ dix pour cent de ce que l’on reçoit, compté sur le montant brut.  Celui qui mange toutes ses graines obtient l’équivalent de leur valeur nutritive, mais il n’a plus rien pour semer et s’assurer le centuple de la moisson.  Celui qui mange toutes ses graines doit constamment redemander et recréer.  Mais celui qui sème est digne de récolter au centuple, dans la mesure où il sème très amoureusement, sans attente, sans espoir de retour et sans arrière-pensée.  Et plus la récompense tardera à vdemander-quémander-le-cielenir, plus les intérêts composés seront imposants.  Toutefois, la Loi d’Amra n’est exigible qu’à partir du moment où un être est au-dessus de ses affaires, car elle doit être prélevée sur son surplus.  Mais, pour la Vie, le surplus c’est ce qui dépasse ses besoins réels, pas forcément les besoins futiles, fantaisistes et capricieux que le sujet s’établît.  Il faut être loyal, sincère et honnête puisque nul ne peut tromper Dieu.

Dans la «Bible», au chapitre du «Lévitique», il est dit : «Toute dime du pays prélevée sur les produits de la terre ou sur les fruits des arbres appartient à Dieu : c’est une chose consacrée à Dieu.  Et toute dime de gros et de petit bétail, sera chose consacrée à Dieu, le dixième de tout ce qui passe sous la houlette.»  Cette loi a été établie par Melchisédech, elle a été répandue par Abraham et elle a été confirmée par Moïse.  Elle rappelle que, par reconnaissance pour la gratuité des bienfaits de la vie, tout être doit remettre à Dieu le dixième de la somme brute de ses revenus et de ses gains, dès qu’il a réussi à dégager des surplus.  Pour symboliser que Dieu, l’Être suprême, doit être et demeurer le premier servi, cette valeur doit être déterminée avant le prélèvement des impôts et de toutes les autres redevances.  Ce qui ne devrait représenter aucun problème pour un État légitime, respectueux de la Loi cosmique, puisqu’il ne peut prélever qu’un pourcent des revenus de ses citoyens, toute somme supplémentaire étant considérée, par la Justice immanente, comme usurière et abusive.

Le montant prescrit par la loi d’Amra doit être remis à Dieu.  On comprendra que, personne ne pouvant rencontrer Dieu en personne, cette injonction prend une valeur symbolique.  Donner à Dieu revient à donner à la Lumière, donc à donner aux œuvres qui ouvrent la conscience de l’Humanité et à ceux qui contribuent à cette manière de favoriser l’expansion de la Conscience cosmique ou de l’Œuvre de l’Évolution.  Mais il importe de retenir que cette loi ne concerne que les gens qui sont au-dessus de leurs affaires, donc qui sont parvenus à combler leur nécessaire et leur essentiel, puisque ce montant doit être prélevé sur les surplus.  De même, tout être doit fixer ce montant de façon intègre et objective, hors des normes du caprice et de la fantaisie, donc conformément à ses besoins réels.

Trop de gens croient qu’ils peuvent se soustraire à cette injonction spirituelle, qui mesure pourtant leur droit, au niveau du juste retour.  C’est souvent le problème qui explique qu’ils continuent à survivre et à vivoter, plutôt qu’à s’enrichir, même s’ils recourent régulièrement à la loi de la Créativité spirituelle, désireux d’améliorer leur univers par la sueur de front, plutôt que par l’effort contraignant de la sueur de bras.  Le Système divin ne peut se nier ni se renier lui-même.  Tout être est une totalité ou entité globale qui doit se prendre en main de manière holistique, non uniquement en partie.  Dans la vie individuelle, le rejet d’un principe divin –ou l’omission d’en tenir compte– peut modifier l’entière manifestation de la Loi cosmique, mais sans jamais attenter à sa réalité immanente.  Le Créateur et la Nature reprennent toujours ce qui leur revient.

On peut comprendre ces allégations en recourant à des extraits des Textes sacrés.  Il a été dit : «Le désir des justes, c’est uniquement le bien;  l’attente des méchants, c’est la fureur.  Celui-ci donne libéralement et s’enrichit;  cet autre épargne outre mesure et s’appauvrit.» (Proverbes, XI, 23-24)  Encore : «Celui qui se confie dans sa richesse tombera, mais les justes germeront comme le feuillage.» (Idem, XI, 28).  Enfin, Jésus, le Grand Maître de l’Ère des Poissons, a lui-même proféré : «Amassez-vous des trésors impuGroup of eight people reaching for slice of cake, close-up, overhead viewtrescibles, ceux que ne peuvent atteindre ni les vers ni la rouille.»  Ces «trésors imputrescibles» renvoient aux potentiels activés de la conscience qui permettent de recréer ce qui a disparu ou de manifester un monde complètement nouveau, car ils assurent de cocréer avec le Créateur, d’engendrer un monde à son image et à sa ressemblance.

La loi d’Amra correspond approximativement à la loi de la dîme de la religion juive et des églises chrétiennes.  Ce principe spirituel requiert qu’un être au-dessus de ses moyens consacre aux œuvres évolutives de son schème d’incarnation environ dix pourcent de ce qu’il reçoit, prélevé sur la somme brute de ses acquisitions ou revenus.   L’amra revient à Dieu comme l’impôt revient à un État.  «Donnez à César ce qui appartient à César et à Dieu ce qui appartient à Dieu.»  Mais il ne faut pas oublier d’inverser l’injonction de Jésus pour comprendre que Dieu doit être le premier servi.  Il s’agit d’une nécessité de vie inéluctable puisque celui qui consommerait toutes ses graines ne posséderait plus rien pour la semence de la nouvelle saison.  Toutefois, c’est l’individu qui gère la loi d’amra : il peut donner à qui il veut, déterminer lui-même l’œuvre qui lui semble lumineuse ou évolutive.  Autrement dit, nul organisme particulier ni aucun individu (ce qui inclut toute religion) ne peut imposer ce don ou prétendre y avoir droit pour lui-même, il ne pourrait que le suggérer.  Qui ne s’acquitte pas de son amra, quand il en a les moyens, se prépare un grand déficit, car, pour détenir le droit d’avoir, un être doit savoir donner, sinon il est contraint à trimer dur à la sueur de son front.

© 2013 Bertrand Duhaime (Douraganandâ).  Tous droits réservés. Toute reproduction strictement interdite pour tous les pays du monde.

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