L’AMOUR DES MEMBRES D’UN COUPLE OFFRE L’OCCASION AUX DEUX PARTENAIRES DE BIEN SE VOIR DANS LE MIROIR DE L’AUTRE…

En métaphysique, on rencontre souvent l’expression Couple d’opposés pour désigner la Force de la Dualité, les deux Forces compatibles et complémentaires qui opèrent de concert pour permettre la Manifestation et l’expérimentation dans la Forme.  Cette expression nous amène tout naturellement à parler de la perspective du couple, telle que révélée par la Hiérarchie spirituelle.  Plusieurs signalent leur incompréhension du Monde et leur degré de confusion, résultant de la dualité, dans leur façon de concevoir la dynamique du couple.

Oubliant que le premier sens du mariage exprime la fusion des principes masculins et féminins dans un être, ce dont les partenaires ne peuvent être que les témoins et les révélateurs mutuels, ils ne cherchent pas à s’intégrer icouple-humainntérieurement, mais investissent toutes leurs énergies dans la réussite de leur couple extérieur.  Inconsciemment, ils prennent l’autre pour leur «douce moitié» oubliant qu’ainsi, ils se limitent à la moitié d’eux-mêmes.

La première raison de former un couple devrait résider, pour chacun des partenaires, dans le désir de retrouver son unité intérieure, non dans l’obligation de se reproduire ou de se prolonger dans la matière, ce qui participe de l’avoir ou de l’accroissement physique, non de l’être, et ce qui perpétue la volonté de rester lié au schème matériel de la Terre.  Toute relation de couple devrait éviter de  dépersonnaliser les partenaires, qui, en général, sombrent progressivement dans le délire à deux, en raison de leur proximité et de leur intimité.  Elle devrait plutôt contribuer à supporter la croissance des deux personnes, par l’effet des jeux de miroir, dans la démarche de la fusion dans l’Unité.  A un certain niveau, l’autre est une partie de soi, mais, dans le contingent du quotidien, il n’est pas soi.

La dualité amène à croire que l’autre partenaire a le devoir de combler ses attentes et de contribuer à son bonheur ou que l’autre détient, pour soi, ses réponses.  Cette perception aberrante porte à chercher à se réaliser à l’extérieur de soi et à nourrir le projet de l’autre.  Pas plus dans le couple que dans un autre état de vie, il n’est permis de plonger dans l’autre ou dans son expérience, donc à l’extérieur de soi, puisque c’est à l’intérieur de soi qu’il faut pénétrer, du fait que c’est là que tout ce qui est évolutif se passe.  Pas étonnant qu’on mette tant de temps à réaliser sa bévue par un sentiment croissant de vide intérieur ou de solitude psychique, vécu à côté de l’être aimé, ce qui rappelle qu’on cherche à la mauvaise place ce qui comblerait vraiment son être.

Tout désir de vivre en couple atteste son besoin d’aimer et d’être aimé.  Toutefois, ce besoin, si on veut lui trouver une solution évolutive, doit d’abord être comblé par soi-même, de sorte qu’on ait soi-même une réserve d’amour véritable à partager avec l’autre et que l’amour que l’autre offre devienne un surplus.  Toute relation de couple mal vécue amène à ressentir une contraction au niveau du cœur, par manque d’espace et de variété, parfois par manque de communication profonde, malaise qui attise le sentiment d’ennui et conduit à la mort intérieure.  Alors, on est porté à combler son besoin d’être aimé par des moyens artificiels ou à se cacher ses sentiments pour éviter de prendre une décision qui insécuriserait, mais mettrait un terme à sa longue agonie.

Dans un couple, quand on vit trop soudé, on ne peut plus se ressourcer à l’extérieur ou on ressent de la culpabilité à le faire, d’où on s’assoit sur son besoin, pour ne pas déplaire.  Toute vie de couple doit rester une étude de l’autre en tant qu’autre, pour découvrir le jeu des polarités, non un espionnage de l’autre en tant que sa propriété ou sa demi-portion.

Au cours de la longue période patriarcale de l’Age de Fer que l’Humanité vient de traverser sur quelques millénaires, dans le cadre général de la société humaine, l’homme a établi une domination instinctive sur la femme, se présentant comme l’approvisionneur et le protecteur de celle qui portait le fruit de leur union.  D’une part, la femme se contentait souvent de cette situation, du fait qu’elle est naturellement serviable, réceptive et accueillante, plus pacifique, socialisante et civilisatrice que l’homme, plus faible dans sa constitution physique et plus concentrée sur le confort et le bien-être du foyer et sur la vie intérieure, à titre de nourricière et de dispensatrice des soins.

Les religions ont affermi cette inégalité par leur hantise du péché originel et leur peur atavique de la sexualité féminine, jugée paradoxale et abominable, présentant souvent la femme comme la séductrice qui a causé la perte de l’Humanité et qui, par la faiblesse de son caractère et sa propension aux sentiments, entretenait la déchéance de la société, d’où elle en payait probablement le prix par ses cycles sexuels problématiques et les douleurs de l’enfantement.

Dans l’Ère du Verseau, la femme devra être reconnue comme l’organisatrice et la constructrice du Monde, porteuse d’une énergie dynamique, capable de l’équilibrer dans un partenariat d’égalité.  Pour l’instant, elle cherche à se rattraper, en cherchant rôle fonctionnel avec certaines maladresses, faisant payer à l’homme les exagérations de ses ancêtres virils, en attendant de trouver, plus sereine et mieux sécurisée, sa place active, à ses côtés, fondée sur la compatibilité et la complémentarité.  On doit même reconnaître que, spontanément ouverte à l’amour, plus éveillée que l’homme aux grandes réalités, harmonisatrice née, elle ne poussera pas très loin les traitements compensatoires qu’il aurait mérités.  Ce qu’il importe désormais que l’homme sache, c’est que celuimariage qui maltraite une femme commet un crime contre la Nature, contre la Conscience christique et contre la Mère divine, ce qui est le cas lorsqu’il ne l’accueille pas dans l’égalité ou cherche à la dominer.

Au sens cosmique, le Couple désigne l’Alliance du Père divin et de la Mère céleste, appelée le Père-Mère, figurant la réunion des deux Principes masculin et féminin de l’Univers et, par ricochet, les noces de l’âme avec l’Esprit, cause de l’accomplissement du devenir personnel de tout être humain.  Il illustre l’Union transcendantale amoureuse et amicale, équilibrée, ordonnée et harmonieuse, dans l’égalité des pôles opposés compatibles et complémentaires.  On les représente par deux Anneaux enlacés.  Au sens humain, le couple se définit comme l’union de deux partenaires par des liens amoureux pour mener une étude de leur polarité inverse, dans un contexte concret, dans une relation de réciprocité, pour comprendre les antagonismes et les attractions qui permettent l’épanouissement d’un idéal commun, répondant au besoin fondamental d’aimer et d’être aimé.  Il implique souvent la reproduction, liée au sens de l’accroissement de l’avoir, pour perpétuer l’espèce dans le schème terrestre ou pour se prolonger dans une progéniture.

Pour un célibataire, le couple désigne la représentation totale de lui-même dans sa quête d’unité intérieure, support de l’évolution, qui culmine dans la Fusion dans l’Unité.  Il symbolise son droit au bonheur, dans la complétude et la plénitude, dans sa participation à l’amour, à la vitalité, à l’abondance et au succès, dans la protection absolue de la Maîtrise totale, en tant que membre créateur à part entière de la Création universelle.  Il représente la somme de son héritage fondamental, donc licite et légitime, dans la vie, lui fournissant un gage pour un présent et un avenir plus prometteurs.  Il exprime l’Amour universel qui l’accompagne et le supporte et qui lui permet de faire les pas évolutifs nécessaires, grâce l’approvisionnement inconditionnel et impersonnel de la Source divine.  Dans le quotidien, le couple identifie pour lui les associations constructives, les auxiliaires indispensables, les mariages d’idées heureux, la synchronicité des événements et toute réalisation providentielle.

Le couple humain sert à comprendre l’amour, le sens de l’union intérieure, l’amitié réciproque, le jeu des opposés compatibles et complémentaires.  Il permet une étude de l’altérité, chaque partenaire devenant le miroir privilégié de l’autre, l’un servant souvent de ferment de l’expansion du deuxième et l’autre de ressort évolutif au premier.  Dans cette dynamique, l’époux est relié à l’Esprit, qui guide et dirige l’âme, guidé par l’intellect, par l’action la Sagesse intérieure ;  l’épouse est reliée à l’âme, qui cherche l’Esprit, guidée par l’intuition, par l’action de la Vérité spirituelle ou de l’Intelligence universelle.

L’un et l’autre des partenaires figurent le Partenaire idéal, l’être authentique, intègre, loyal, sincère, honnête, juste et amoureux, détenant en somme la quintessence de toutes les qualités.  Il évite qu’on s’accroche à une image et à un phantasme, dans l’expression de son amour, s’exposant à une grande désillusion ou à une énorme déception quand on le découvrirait sous son vrai jour.  Il incarne celui qui offre les leçons salutaires, plutôt que celui qui offre le parfait bonheur, car il agit comme un écran qui reflète son être propre et les effets qu’on engendre par la Causalité.

Le Partenaire idéal aide à partager son intimité, révélant ce qu’on ne parvient pas à voir de son point de vue subjectif.  Il représente l’être qui fournit le réceptacle plus parfait dans lequel peut déverser son amour, pour mieux comprendre la dynamique de son propre couple intérieur.  Il ne peut donc représenter le Prince Charmant ou la Belle-au-Bois-Dormant (la Douce Dulcinée) de ses rêves fous, qui représenteraient un idéal plus achevé que le sien, du fait qu’on ne peut attirer une expression d’amour plus grande que le degré d’amour dont on vibre soi-même, selon son niveau de conscience.

Ainsi, le but de la vie de couple exprime la volonté de grandir avec un partenaire qui, placé à ses côtés, partageant une vie commune, aide à se voir tel qu’on est, pour mieux comprendre ce qui est ajusté ou accordé en soi, de même que ce qui l’est moins et qu’il faut faire croître, pour poursuivre ou assurer son évolution.  On a donc intérêt à appeler un être du même niveau de conscience que le sien et qui partagera son idéal évolutif.

À cause du taux vibratoire actuel de l’Humanité, le couple qui désire fonder une famille devrait choisir une cellule monogame dans laquelle les deux partenaires peuvent mieux s’accorder mutuellement la confiance, la fidélité, la loyauté, dans un esprit d’ouverture.  Lorsqu’un couple s’adjoint d’autres partenaires, il incline rapidement vers la malhonnêteté, l’hypocrisie, les jeux de cache-cache, éparpillant en outre son énergie vitale.  Il est préférable de vivre avec une seule personne, bien que cela ne signifie plus qu’on doive vivre avec la même personne pour le reste de sa vie.  La relation de couple ne sert bien les deux partenaires que si elle permet de pousser très loin l’échange et le partage, sans trop d’interférences parasitaires.  Et si elle dure pour la vie, tant mieux pour eux.

Mais dès que les deux partenaires ne parviennent plus à s’enrichir réciproquement, à communiquer de façon fluide et profonde, à s’offrir une relation évolutive, ne peuvent plus changer pour le mieux, ils devraient se séparer pour vivre seuls ou se trouver un partenaire plus en harmonie avec leur niveau vibratoire et leurs objectifs de vie.  Le temps des épousailles éternelles, pour le meilleur et pour le pire, est révolu.  Ils devraient refuser de s’accrocher à une dynamique de couple dans laquelle l’énergie ne circule plus.  Un couple ne peut survivre que s’il reste évolutif, ouvert à la nouveauté, mené dans l’égalité des rôles fonctionnels partagés et la liberté, et que si chacun des partenaires protège son espace psychique contre l’envahissement ou l’empiètement de l’autre.

En effet, la relation entre deux partenaires, unis dans un couple, ne peut durer que si elle se fonde sur l’amour de soi de part et d’autre ; sur le désir de vivre en profondeur la complicité des connivences sur tous les plans ; la volonté d’échanger et de partager dans le juste milieuLes relations d’un couple doivent se fonder sur l’admiration, le respect, la confiance et la communication réelle et profonde et sur un désir de croissance qui se fonde sur des activités communes, des projets partagés, une formation assez similaire, mais qui permettent d’exprimer sa différence.

Dans un couple, les deux partenaires doivent se sentir, de part et d’autre, comme le meilleur ami, le confident privilégié et le complice du bonheur.  Leur relation doit se révéler facile, ce qui doit s’exprimer dans un sentiment d’aisance, parce qu’on est capable de rester soi de part et d’autre.  Les partenaires doivent se ressembler suffisamment pour mener un style de vie compatible, mais différer assez pour se compléter et pour rester, l’un pour l’autre, une boîte à surprise stimulante.

La relation des partenaires doit se fonder sur un sentiment de confiance tel, qu’il bannit toute méfiance et toute suspicion.  Elle doit impliquer le désir spontané de rendre l’autre heureux, de rester à l’écoute de ce qu’il veut, évitant de lui imposer ce qu’on préfère pour lui.  Surtout, elle doit s’exprimer dans la reconnaissance de l’égalité et de la dignité des personnes et de leur rôle fonctionnel divergent, mais complémentaire, qui se reconnaît dans un partage de l’autorité, des responsabilités et des décisions.

Le couple doit garder un espace suffisant entre les deux partenaires, ni trop rapproché ni trop écarté, un peut comme les rails d’une voie ferrée supportent un train, ce train figurant le projet commun qui se forme progressivement.  Il n’y a rien de plus malsain qu’une relation de couple dans laquelle les deux partenaires vivent constamment soudés, sans sortir chacun de leur côté, s’obligent à partager toutes leurs activités, acceptent tacitement un point de vue identique, se complaisent dans les habitudes et la routine.  Chacun sombre alors progressivement dans la dépersonnalisation, l’étroitesse d’esprit, l’ennui existentiel, ce qui mène à la sclérose et à la mort intérieure.

On appelle délire à deux cet état de fait de deux êtres qui vivent collés et ne savent plus se ressourcer à l’extérieur, qui se disent heureux ensemble, n’admettant pas la morosité qui les habite, confondant le bonheur avec la sécurité monotone et douloureuse qu’ils s’imposent.  Cela n’empêche pas que le couple le plus épanoui et réussi regroupe habituellement des partenaires capables de partager les mêmes valeurs spirituelles, intellectuelles, humaines et vivent tendrement leur intimité dans l’exclusivité sexuelle.

Dans un couple conventionnel, chacun des partenaires doit se rappeler que l’autre, s’il est spirituellement une partie de soi, n’est pas soi, mais le réflecteur de la polarité inverse et de la répartition des rôles fonctionnels.  Hélas,couple-amoureux l’un ou l’autre des partenaires en vient trop facilement à croire que l’autre détient, pour lui, les réponses à ses questions, les solutions à ses problèmes et les ingrédients de son bonh
eur.  On admet ainsi sa croyance inconsciente que la vérité, la plénitude et la sagesse résident à l’extérieur de soi, ce qui est très préjudiciable du point de vue évolutif.

En effet, on cherchera alors à se nourrir à travers l’autre, plutôt qu’à travers son Centre intime, se coupant ainsi de sa Source spirituelle.  Surtout, on oubliera qu’on ne peut pas partager ce qu’on ne s’est pas donné et que, si on possède quelque chose à partager, on l’a obtenu de l’autre, que cette acquisition reste donc bien fragile et aléatoire, qu’elle ne peut qu’avoir dépersonnalisé, d’où on ne peut plus vraiment savoir qui on est et ce qu’on veut pour soi.  Au point de vue évolutif, nul n’a le droit de plonger dans l’autre ou à l’extérieur de lui-même, pour trouver sa complétude et sa plénitude ; il doit les trouver à l’intérieur de lui-même, au plus profond de lui-même, dans sa contrepartie spirituelle.

Un couple ne peut survivre que s’il reste ouvert aux autres et disponible au changement, chacun des partenaires devant respecter sa liberté, fondement de son libre arbitre, de son autonomie et de son indépendance, et respecter celle de l’autre.  La majorité des membres d’un couple, qui ont vécu ensemble de nombreuses années, se considèrent mutuellement comme un autre soi-même.  Ils vivent ensemble, couchent ensemble, se couchant à la même heure, partagent les mêmes activités et les mêmes divertissements, prennent la même destination en vacances, semblant filer le parfait bonheur.

Pourtant, ils ressentent une étrange contraction au niveau du cœur, par manque d’espace, de variété et de ressourcement, perdus dans la monotonie du quotidien et dans leur médiocrité partagée.  Certains vont jusqu’à expérimenter les mêmes symptômes morbides et les mêmes maladies en même temps.  Si l’un des conjoints disparaît, c’est le désarroi et la panique : le partenaire vivant s’étiole et dépérit, incapable de se refaire un nouveau printemps, et le suit rapidement dans sa tombe.

Signalons que les petits mots doux, que les partenaires s’échangent, qui paraissent mignons et anodins, divulguent une large part de leur perception inconsciente par rapport à l’autre.  Ainsi, la réduction de son prénom en un diminutif, pourtant intolérable, témoigne de familiarité, mais il peut impliquer une appréciation au rabais, une infériorisation ou du mépris, même signifier qu’on est pris pour un objet.

Les maux d’animaux et d’objets qu’on s’attribue mutuellement, si agréables qu’ils soient à l’oreille, dans leur transformation euphonique, comme «ma biquette», «ma colombe», «mon nounours», «ma coucoune», «mon minou», «ma poupoule», «mon z’oiseau», «mon louloup», «mon lapin», expriment une réduction qui confine parfois à la servilité de la bête de compagnie ou de la bête de somme.

Quant aux mots comme «papa», «maman», «frérot», «sœurette», «tonton», «tantine», «pépé», «mémé» et autres, sortis de bouche d’un partenaire, ils révèlent un conflit avec l’autorité parentale ou familiale, un conflit œdipien, un complexe de sevrage et trahissent un désir d’être materné ou «paterné».  Dans ce cas encore, on ne participe plus à une relation d’égalité, mais on assigne subtilement à l’autre le rôle qu’on veut lui voir jouer.  Et tant pis, si on l’assume.  Que penser alors des mots comme son père ou sa mère.

Dans la même veine, on observera qu’il est étrange qu’un adulte, sous le coup de l’impatience ou de la colère, identifie son enfant comme le rejeton exclusif de l’autre conjoint, s’il en est lui-même un parent naturel, dans des expressions comme : «As-tu vu ce que ton fils a fait?» ou «As-tu entendu ce que ta fille a dit?».  Il exprime du dépit et du rejet du fait que son enfant n’ait pas été à la hauteur de ses attentes, ajoutant l’odieux de laisser à entendre que l’autre est le seul responsable de sa formation ou de son éducation.

Dans un couple, on devrait porter une grande attention à la dynamique sexuelle qui peut devenir très préjudiciable si elle n’est pas menée convenablement.  Au moment de l’acte sexuel, les partenaires doivent alterner les polarités, s’ils comptent y garder de l’intérêt et du plaisir.  Le plus actif doit apprendre à pondérer assez souvent ses ardeurs, pour se laisser faire, comme on dit, tandis que le plus passif doit apprendre à s’activer, à faire ou à mener la barque, comme on dit encore.

En elle-même, l’expression «faire l’amour» traduit assez l’habitude sexuelle mécanique des partenaires.  Car l’amour ne se «fait pas», mais «se laisse faire».  Comme, on ne doit pas «tomber en amour», mais «monter», «s’élever en amour», «devenir amoureux», «s’éprendre de quelqu’un» ou, pourquoi pas, «s’enamourer de quelqu’un».

Pour en revenir à la sexualité du couple, les partenaires, portés tous les deux à la passivité ou à l’activation trop lente, s’exposent à considérer inconsciemment leurs ébats comme une corvée monotone, ennuyante et fade.  Quant aux partenaires passionnés, aussi actifs l’un que l’autre, ils se repoussent peu à peu, préparant une séparation inexplicable, qui se produira tôt ou tard, s’ils n’accordent pas la considération qui convient à la réversibilité des polarités.  Ils émoussent leur sensibilité et épuisent leur vitalité, s’ils ne savent pas varier leurs approches et leurs techniques d’excitation ou de provocation sexuelle.  En outre, ils se donneront mutuellement l’impression d’avoir vite fait le tour de l’autre, par rapport à ses performances sexuelles, et pourront être portés à chercher ailleurs des sensations plus nouvelles et fébriles.  Deux pôles positifs se repoussent.

La dynamique du couple reste une réalité transitoire.  D’une part Dieu ne considère pas le sexe d’un être humain, mais l’intensité de sa quête de connaissance, l’ouverture de son cœur, la sincérité de ses prières et de ses efforts, de même que la pureté d’intention dont il fait preuve pour exprimer sa divinité.  Tout être, sans égard à son sexe, doit équilibrer sa nature bipolaire afin d’accéder à l’androgynat, non chercher à fusionner avec son partenaire, perçu comme sa douce moitié ou sa demi-portion.  Pour y arriver, l’homme doit intégrer les mouvements de son inconscient, apprivoiser ses sentiments et développer sa notion du don de lui-même.  Quant à la femme, elle doit devenir plus rationnelle et pratique, s’affirmer davantage dans ses droits, devenir plus présente et créative dans le monde extérieur.

Dieu s’est fait Homme pour célébrer le mariage des deux Polarités de l’Univers, les fusionnant en un seul Anneau de Lumière, celui du Verbe créateur.  Dieu s’est fait Femme pour célébrer les noces des deux Polarités de l’Univers, en un seul Anneau d’Unité, le Verbe créateur.  L’homme et la femme doivent épouser Dieu en embrassant la Création entière, s’ils veulent lui ressembler, non fusionner ensemble.  Pour l’un et l’autre, le but à atteindre n’est pas d’abord la réussite de leur couple humain, mais la réalisation de l’androgynat des énergies, la Maîtrise d’eux-mêmes, l’éveil de la Conscience spirituelle.  Aussi leur relation de couple doit-elle se fonder sur l’amour profond, dénué d’égoïsme et d’accaparement, car l’amour véritable refuse d’enfermer l’aimé ou l’aimée dans une cage, fût-elle d’or, et de l’assujettir.

Le couple doit ainsi fuir les pièges d’un univers à deux refermé et de l’attachement mutuel et prévenir que les problèmes conjugaux leur fassent oublier la nature spirituelle de leur être.  Croître dans l’amour n’appelle pas à écarter ceux qu’on aime, mais à les percevoir différemment dans leur plénitude et leur liberté.  C’est de l’aveuglement spirituel que de chercher en l’autre son propre reflet, plutôt que celui de Dieu.  Il faut redonner à l’acte de chair son sens sacré, en évitant les abus, qui ne visent qu’à tenter de démontrer une liberté, qu’on ne détient pas, de satisfaire ses désirs sexuels dans l’égoïsme, la licence et le caprice.

Mais il est moins dommageable de se rapprocher dans un élan de communion, en commettant des écarts, que de participer aux jeux hypocrites de la société.  Par exemple, celle-ci réprouve certains actes sexuels, sous le couvert de la vertu, mais elle cultive simultanément une haine secrète larvée, avec nombre d’autres sentiments négatifs tout aussi répréhensibles, et elle prépare méthodiquement une relève d’êtres psychiquement intoxiqués, dressés au mépris des autres, à la torture savante et à la tuerie élégante.

Dans son livre Le Prophète, Khalil Gibran résume bien la notion du couple, en disant : «Aimez-vous l’un l’autre, mais ne faites pas de l’amour une entrave : qu’il soit plutôt une mer mouvante entre le rivage de vos âmes.  Emplissez chacun la coupe de l’autre, mais ne buvez pas à la même coupe.  Partagez votre pain, mais ne mangez pas dans la même miche. Chantez et dansez ensemble et soyez joyeux, mais demeurez chacun seul, de même que les cordes du luth sont seules, cependant qu’elles vibrent de la même harmonie.»

Et il poursuit : «Donnez vos cœurs, mais non pas à la garde l’un de l’autre.  Car seule la main de Dieu peut contenir vos cœurs.  Et tenez-vous ensemble, mais pas trop proches non plus : les piliers du temple s’érigent à distance, et le chêne et le cyprès ne croissent pas dans l’ombre de l’autre.»  Alors, que les partenaires gardent des espaces dans leur communion ou qu’ils laissent les vents du ciel danser entre eux.

Si on ne parvient plus à comprendre ce qu’il advient de son couple, le problème réside probablement dans le fait qu’on cherche l’amour à l’extérieur de soi.  On compte alors que l’autre donne un sens à sa vie et fasse part de son appréciation à son égard.  Si la personne qui vit auprès de soi ne se charge pas de ses attentes, on vit alors dans la frustration, porté à croire qu’il n’est pas épris de soi, qu’il ne sait pas aimer ou qu’on ne mérite pas son amour.  Plusieurs pensent ne pouvoir trouver leur plénitude que dans la vie de couple, croyant qu’un autre être les comblera.  Ils ont l’impression qu’ils sont un membre de la société moins valable, s’ils ne parviennent pas à se trouver un partenaire de vie.  Cette croyance accroît leur sentiment d’isolement, qui les amène à se sentir délaissés, rejetés, laissés pour compte, abandonnés sur le carreau.

On n’est en mesure d’apprécier ce qu’un autre offre que si on s’aime soi-même. En effet, c’est alors qu’on cesse de se torturer et d’exiger en vain d’être aimé comme on le souhaite.  Et alors seulement, on peut reconnaître ce qu’il apporte, même si ce qu’il présente diffère de ses attentes, comme un surplus à ce qu’on se donne déjà.  Dans un couple, il importe de s’estimer assez pour ne pas se contenter d’un amour fictif ou d’une relation insatisfaisante.

Si on décide de vivre avec un parteenfant-GROSSESSE-COUPLEnaire, c’est pour vibrer pleinement avec lui, non pour vivre une vie d’échecs qu’on masque.  Si on ne reçoit pas de lui ce qu’on désire, inutile de se plaindre, de l’exiger de sa part, de le bouder, de se renfrogner, de recourir au chantage émotif ou au marchandage subtil pour le forcer à changer et l’amener à combler ses attentes.  Il n’a pas le devoir d’y répondre.  Cela revient à soi, rien qu’à soi.

Si on s’est fixé des objectifs de couple qu’on ne peut atteindre avec un partenaire, on a beau l’aimer ou croire l’aimer, on ne s’aime pas soi-même et on ne se respecte pas, si on maintient le statu quo et si on accepte que la situation reste inchangée.  On ne peut que refouler jour après jour, s’enfonçant dans l’aigreur et l’amertume.  On ne peut être respecté si on ne se respecte pas.

Alors, il faut changer sa situation, reprendre sa route solitaire, jusqu’au jour où on rencontrera un être qui corresponde naturellement à ses critères et à son système de valeurs.  Pendant son veuvage, on gagnerait à apprendre à mieux se comprendre et à mieux s’aimer.  Si on est insensible ou indifférent à ses besoins, si on les méprise, si on les méconnaît ou si on les nie, on attirera toujours un partenaire qui retournera les reflets de sa propre indifférence ou de sa propre insensibilité à ses besoins.

Pour tous,  le sentier de l’amour commence par l’amour de soi, qui amène à incarner sa vérité sans toujours la trahir et s’attirer les trahisons.  On ne peut s’aimer qu’en s’acceptant comme on est, avec ses petitesses et ses grandeurs, qu’on doit considérer d’un œil détaché, ni complaisant ni critique.  Par rapport à sa façon d’être, seuls les compliments sont de mise, jamais les reproches, qui entretiennent la culpabilité, le sentiment d’indignité, chez les uns, ou l’esprit de performance ou le perfectionnisme, chez les autres.

À quelque niveau que ce soit de l’amour, aimer n’implique jamais qu’on doive maintenir un lien tangible éternel avec un autre.  Aimer un autre signifie plutôt qu’il faille entretenir une relation aussi longtemps qu’on la juge appropriée, ce qui se confirme par le fait qu’on se respecte mutuellement.  Le respect mutuel permet d’échanger librement ses énergies, de part et d’autre, comme des circuits ouverts.  Dès que l’amour faiblit, les circuits se referment progressivement et l’échange se produit de moins en moins bien.  Tolérer cette situation confinerait à la résignation et à l’involution.

Certains partenaires sont prêts à tout pour être aimés ou pour se donner l’illusion de l’être, bien capables d’acheter l’amour par leur servilité ou leur résignation.  Ils s’attendent alors à recevoir le même traitement en retour.  Ils ne réalisent pas qu’ils agissent ainsi par peur d’être abandonnés, par crainte de voir la vérité en face ou par redoute d’avoir à assumer leur sécurité par eux-mêmes.  À preuve, ils ne vérifient jamais ce que les autres pensent de leurs attentions intempestives.  Ils oublient que l’amour doit mener à la Fusion en Dieu, non à la fusion dans l’autre.

En se liant à un partenaire pour l’aimer, un être ouvre son cœur à l’amour de la vie dans sa totalité.  Il passera naturellement à travers les épreuves qui l’aideront à s’identifier à des valeurs d’honnêteté et de modestie, l’amenant à prendre une forme d’engagement qui le reliera à son âme plutôt qu’à l’autre.  Il pourra alors percevoir dans l’être aimé le reflet de l’Être divin qui habite en lui et dont il est issu.

L’amour profond et véritable confère un sentiment de permanence et de justesse qui donne un sens à toute sa vie.  Mais cet amour doit commencer par la découverte de soi.  On ne peut aimer quelqu’un de la bonne façon sans avoir préalablement reconnu la dignité de son être et sa valeur propre.  Chercher en l’autre ce qu’on n’a pas encore découvert en soi, cela devient un exercice périlleux, en regard de sa santé mentale et de son évolution.

En effet, ne pouvant donner ce qu’on n’a pas, on agira en parasite, même si on offre beaucoup en retour pour masquer son crime.  On se remplira allègrement des énergies de l’autre, parce qu’on sera devenu inconsciemment égoïste, insensible aux besoins et aux droits de l’autre –ou qu’on les comblera pour recevoir encore davantage– exigeant à son endroit, parfois impérieux ou tyrannique.  On le considérera, à son insu, comme un objet de ressourcement.  On prendra plus qu’on ne donne et on considérera sa conduite pour la norme de l’échange et du partage.

Ainsi, on exercera des jeux de pouvoir plus ou moins subtils, pour le maintenir dans la sujétion, et on lui accordera quelques privilèges arbitraires, en guise de récompense –comme l’usage de son corps dans les relations sexuelles– pour lesquels on exigera des comptes, acceptant difficilement d’être sevré de sa manne, s’il venait à se rebiffer.

Le fait de vivre en couple n’autorise pas à choisir pour l’autre ses amis ou à lui imposer d’écarter certains de ses amis pour obtenir plus d’attention ou d’intimité.  Il ne permet pas non plus de lui demander des comptes sur son passé.  Dans sa vie, chacun peut inclure et rencontrer qui il veut, quand il le veut et comme il le veut.  Car on ne se doit rien d’autre que ce qui correspond au contrat qu’on a passé ensemble.  D’où il importe d’en clarifier les normes, ne serait-ce que verbalement, avant de vivre ensemble.  Personne n’est autorisé à inclure dans un tel contrat ce qui limite sa liberté personnelle et personne ne peut exiger que des éléments inhibiteurs de cette nature y figurent.

Dans un couple, nul n’est tenu d’être attentionné et affectueux envers l’autre, s’il n’en a pas le goût ou si cela n’est pas dans sa nature. Nul n’est appelé à accorder plus d’importance aux choix et aux sentiments de l’autre qu’aux siens.  Ce qui compte, c’est la confiance mutuelle, le respect des droits de l’autre et l’application des normes de son contrat.  Chacun fera preuve d’attitudes et de comportements authentiques, intègres, loyaux, sincères, honnêtes, respectueux, harmonieux.  Chacun gagne à communiquer en profondeur ses sentiments et ses pensées.  Chacun veillera à dénoncer tout comportement mesquin et égoïste de la part de l’autre, mais dans la compréhension et la sérénité, plutôt que dans l’hostilité et les tactiques de rejet.

Un partenaire peut étouffer dans une relation amoureuse parce que l’autre lui en demande trop.  Une telle relation perdurera tant qu’il n’aura pas pris conscience de son erreur d’accepter trop d’exigences et n’opérera pas en lui les correctifs nécessaires.  S’il se sépare pour aller chercher ailleurs, il attira presque immanquablement une personne qui en demandera davantage.

Mais il pourra, à l’inverse, attirer une personne qui refusera son investissement, le dépréciera, lui accordera difficilement sa disponibilité, refusera de s’engager dans une relation stable avec lui.  Il sera alors traité comme un être sans intérêt et sans liberté propre, qui n’a évidemment pas le droit d’intervenir dans les décisions communes.  Ainsi, il restera en marge de la relation tant qu’il n’aura pas tiré la ligne séparant ses responsabilités de celles de l’autre.

En général, l’amour humain n’est rien d’autre qu’un sentiment d’affection très conditionnel qui est le plus souvent vécu dans ses extrêmes, donc en émotion, qui fluctue de la passion à la haine.  Chacun espère perpétuer le bien-être et l’apparent bonheur qu’il procure dans une relation de couple, mais il rencontre bien des obstacles quand il ne vibre qu’au niveau des trois chakras du bas : possessivité (désir d’intégrer l’autre à son être ou à son univers), émotivité (désir de ressentir des sentiments langoureux exclusifs) et plaisir et jeux de pouvoir (désir de jouir et de dominer).  Il faut se demander pourquoi l’être humain cherche avec autant d’ardeur à vivre ce type de relation quand, parce qu’il la vit mal, il finit toujours par tant en souffrir.  Il est vrai que le couple est le fondement de la cellule familiale par laquelle il espère se prolonger pour ne pas être complètement oublié après avoir effectué un séjour dans un univers d’éphémérité et de relativité.

Parlant des couples, Bernard Werber a dit : «Les gens veulent se mettre très vite en couple alors qu’ils ne savent pas qui ils sont…  Les jeunes qui se marient à vingt-cinq ou à trente ans sont comme des chantiers des premiers étages de gratte-ciel ;  ils décident de bâtir leurs étages ensemble en estimant qu’ils seront toujours au même diapason et que, lorsque les étages se seront élevés, des ponts seront bien établis entre eux.   En fait, ils se livrent à un investissement sur l’inconnu.  Leurs chances de réussite sont rarissimes…   Pour construire un couple, il faut être quatre, chacun ayant trouvé son alter ego en lui-même.  L’homme ayant déjà accepté sa part de féminité, la femme ayant déjà accepté sa part de masculinité.   Les deux êtres étant complets cessent de rechercher ce qui leur manque chez l’autre.  Ils peuvent s’associer librement sans fantasmer sur une femme idéale ou un homme idéal puisqu’ils l’ont déjà trouvé en eux.»

L’expression d’affection, entre deux partenaires, se démontre purement conditionnelle et elle se fonde largement sur des motivations purement égoïstes.  On dit avoir besoin d’un partenaire parce qu’on a envie de lui, qu’on a besoin de lui, qu’on désire sa présence pour se sentir moins seul, qu’on veut son corps pour en jouir, qu’on désire sentir une présence à proximité, qu’on désire échanger ou partager.  Mais on considère bien davantage ce qu’il peut offrir, ce qu’on peut en retirer, que ce qu’on peut lui donner.  On exige qu’il dise ceci ou cela, qu’il se comporte comme ceci ou comme cela, mais, par jalousie, on lui défend de voir certaines autres personnes, de penser à elles, de ressentir des émotions pour elles, d’avoir des contacts intimes avec elles, surtout de faire l’amour avec elles.

En fait, dans ce genre de relation, la plupart du temps, les êtres se parasitent mutuellement, prenant les précieuses énergies de l’autre parce qu’ils n’en possèdent pas assez pour eux-mêmes.  Alors, pour l’être humain, le meilleur moyen de pouvoir puiser dans l’énergie d’un autre, quand il a passé sa crise de nombreuses conquêtes pour remplir son tableau de chasse, c’est de l’amener à proximité de lui, de l’inclure dans son univers, pour l’avoir sous la main chaque fois qu’on en a besoin ou qu’on a besoin de refaire son plein d’énergie à ses dépens.  Mais, pour obtenir cet étrange privilège, l’autre doit accepter de diriger toutes ses pensées et ses sentiments vers celui qui l’a choisi.  Car les êtres ne se choisissent, bien souvent, que parce qu’ils manquent d’énergie, qu’ils ne se sentent pas bien tout seul, qu’ils ne sont pas heureux dans leur vie personnelle, qu’ils ne sont pas épanouis, qu’il leur manque quelque chose qu’ils ne parviennent pas à se donner par eux-mêmes.  En réalité, ils ne se sentent pas complets, ils manquent quelque chose à leur plénitude.  Incapables de se mettre au monde par eux-mêmes et de s’épouser intérieurement, ils cherchent à se compléter dans un être de polarité contraire.  Dès lors, ces deux êtres commencent à se fixer des limites et à se siphonner.

Le problème c’est que, s’il est agréable de se voir chaleureusement entouré d’attention,  il l’est moins de se voir progressivement limité dans sa liberté personnelle par une puissance extérieure à soi.  Il est toujours agréaamour-coupleble de recevoir beaucoup d’attention d’un autre, car on peut ressentir son intérêt comme un signe valeur personnelle.  Mais quand cette attention enserre comme un étau et amène à étouffer, parce qu’on l’a enfermée dans un contrat  tacite ou explicite qui compte trop d’exigences, on en vient à ne plus désirer qu’une chose : s’y soustraire.  Et, selon son degré d’égocentricité, on choisira de le faire dès qu’on y trouvera plus d’inconvénient que d’avantages.   Lorsque l’autre ne nourrit plus assez ou ne nourrit plus du tout, on remet sa relation en question.  La personnalité humaine se lasse d’une autre personnalité dès qu’elle croit en avoir fait le tour ou ne plus pouvoir en retirer autant qu’avant.  Comme elle est constamment en manque de quelque chose et qu’elle en veut toujours davantage, elle se lasse vite de ce qu’elle prend pour acquis.

Alors, un être devient impérieux.  Il réclame de l’énergie, encore de l’énergie, toujours plus d’énergie.  C’est plus facile se servir ailleurs que d’augmenter son taux vibratoire par ses propres moyens.  Il cherche à obtenir ce qui lui manque par la manipulation directe ou par la manipulation subtile.  Il accuse l’autre de ne pas lui donner assez, de ne pas répondre à ses désirs ou à ses attentes présumées légitimes.  Dans une relation de couple, on croit réciproquement s’appartenir, être la demi portion de l’autre, ne se trouver complet qu’en s’additionnant l’autre.  Alors, on croit avoir le droit de s’imposer des choses ou de chercher à l’obtenir par la manipulation ou le chantage émotif.  Mieux l’un réussit à amener l’autre à croire qu’il est dépendant de lui ou qu’il lui doit quelque chose, mieux il peut le contraindre.  Alors, l’un peut choisir d’amener l’autre à se sentir tellement mal qu’il finira par lui imposer, pour un temps, de le rassasier.

Évidemment, nul ne réussit jamais recourir à un tel stratagème indéfiniment.  Alors il se produit des heurts qui entraînent des disputes, des souffrances, des larmes, de la haine.  Ce qui commence par de la jalousie peut mener à l’adultère.  Un bon moyen de chantage c’est de menacer l’autre d’aller chercher ailleurs ce qu’on ne veut pas ou ne parvient pas à offrir.  Les «je-veux-que-tu-m’aimes»  ne traduisent jamais rien d’autre qu’un besoin de puiser dans l’énergie de l’autre.

Dans le dernier cycle évolutif, c’est surtout l’homme qui semble avoir le mieux mené ce jeu des contraintes.  Il a assumé le rôle du dominant direct et concret, l’assumant ostensiblement.  On peut se demander si c’est aussi vrai qu’on le croit quand la société a cru bon d’inventer un proverbe qui dit : ce que femme veut, Dieu le veut.  On semble exprimer par là une certaine dissidence à l’opinion générale, laissant entendre que la femme, par ses manipulations subtiles, difficilement compréhensibles pour un mâle, s’est souvent imposée, s’arrogea la plus belle part dans la relation de couple.  Elle n’avait plus à trouver son gagne-pain et elle ne participait plus directement à la guerre.

Mais on ne peut nier pour autant que la gent humaine a su dominer cruellement la femme.  Il a surtout veillé à la rendre indésirable aux yeux des autres hommes, pour la maintenir en sujétion dans son cheptel.  Ainsi, il pouvait puiser en une femme, quand il ne s’était pas constitué tout un harem, toute l’énergie requise par son ego gourmand.  Il l’a critiquée, ridiculisée, bafouée, enfermée, cachée, couverte de la tête aux pieds, maltraitée, battue, insultée, mutilée, bref, il l’a infériorisée, ne lui accordant, bien souvent, aussi peu  de considération qu’à un animal.  C’est ainsi que s’est lentement constituée la société patriarcale, fondée sur la notion du couple, chargé de la consolider.  Ainsi, les hommes pouvaient se nourrir d’une énergie, toujours disponible, à bon compte, sans avoir à courir au loin ni à recourir aux grands moyens.  Peu à peu, la société a obligé les couples à habiter ensemble, ce que les religions ont renforcé par l’imposition du sacrement du mariage, établissant apparemment des liens éternels, présumément pour cimenter les liens de la famille et défendre les intérêts du lignage et de l’humanité.

C’est ainsi qu’est née la cellule familiale, où tous les membres devaient vivre dans un même foyer jusqu’à leur maturité, moment de leur possible émancipation, ce qui finit par être codifié dans des lois pouvant imposer des sanctions visant à réduire la marge de manœuvre des partenaires et à entacher leur réputation et enlever d’autres privilèges sociaux en cas de désobéissance civile ou morale.  Et ces rites sont devenus des coutumes, des éléments de la tradition, compliqués par les contraintes du divorce et les punitions relatives à l’adultère.  C’est ainsi qu’on a imposé un carcan au couple sanctionnant le droit des partenaires de se vampiriser mutuellement.  On l’a hypocritement réduit au «je-t’aime-et-tu-m’aimes-on-en-reste-là» pour laisser entendre qu’on n’avait plus le droit ou qu’on ne pouvait plus aimer quelqu’un d’autre du même genre d’amour.

Depuis lors, quand l’un des partenaires ressent de la sympathie pour une personne de l’autre sexe, qu’il commence à l’apprécier, qu’il la trouve belle, peut-être au point de souhaiter vivre avec elle des choses intimes, il commence à se culpabiliser, il refoule, il ressent de la frustration, il commence à se mentir ou il choisit de mener une double vie.  Son mental et ses émotions entrent en ébullition, il se questionne, il craint que son petit monde puisse  s’écrouler.  Tout cela parce qu’il lui est arrivé de ressentir des sentiments similaires à ceux qu’il avait ressenti pour l’autre membre de son couple.  Dans nos sociétés occidentales, tout le conditionnement, toute l’éducation, la morale et la politique, toute la société a conduit la personne d’un sexe à ne pouvoir aimer qu’une personne de l’autre sexe, c’est-à-dire son partenaire.  Il faut vivre la fidélité conjugale, ce qui signifie que deux personnes s’entendent pour garder leur énergie mutuelle à l’intérieur du couple.  Cela sécurise les partenaires de savoir qu’ils peuvent puiser dans cette réserve exclusive qui est censée en toujours en offrir suffisamment.  Dès lors, bien qu’ils parviennent mal à se ressourcer individuellement, leur survie et leur bonheur semblent pouvoir échapper au danger de l’éclatement.

Dans notre monde de la troisième dimension, voici comment un partenaire interprète un acte d’infidélité : «Mais que fais-tu là, tu partages ton énergie à quelqu’un d’autre, tu gaspilles ou disperses notre réserve.  Je ne peux plus puiser en toit l’énergie qui m’est nécessaire.  Alors, j’ai peur de ne pas en avoir assez, d’être en manque, de dépérir.  J’ai peur de perdre ma source d’énergie réservée  Oh! comme cela me cause de l’ennui et du malheur!  Sans toi, je ne peux plus vivre, sans toi, je vais périr!»  Jusqu’à maintenant, l’humanité a tout consacré à la dynamique de ses trois chakras inférieurs, les fameuses pompes à énergie à l’horizontale.  Maintenant que l’espèce humaine s’élève résolument vers la cinquième dimension, à force de guérison, de purification, d’équilibrage, de nettoyage, de transmutation de ses chakras supérieurs, les fameuses pompes à énergie à l’horizontale se refont enfin une santé  Les chakras inférieurs s’harmonisent sous l’influence des chakras supérieurs qui s’ouvrent de plus en plus.  Voilà qui permet enfin au Moi Supérieur d’intervenir et de fournir aux êtres évolutifs une énergie de nature verticale, soit d’une énergie en provenance de la Terre et du Ciel.  C’est la seule énergie qui puisse permette de pleinement rassasier un individu, de l’amener à sentir complet en permanence.  De ce fait, il n’a plus à dépendre de personne d’autre pour effectuer provisoirement le plein.

Alors que, dans la troisième dimension, l’amour est dirigé par les trois chakras inférieurs (premier, pulsion de survie et quête matérielle; deuxième, sentiments et sexe;  troisième, plaisir, pouvoir et émotions) dans la cinquième, l’énergie se libère de ses contraintes.  Elle glorifie les chakras supérieurs en mettant à l’honneur le chakra du cœur.  Le remplissage d’énergie verticale peut enfin se produire et, pour ainsi dire, rendre chaque être entier, complet, total, l’unissant à lui-même à un autre niveau.  Elle va faire émerger chez chacun son Véritable Être, ce qui agira au détriment de l’ego.  À ce niveau, chacun se sentira si bien, exhalera une telle joie, expérimentera une telle paix, exprimera une telle harmonie, connaîtra une telle abondance,  qu’il ne ressentira plus le besoin de pomper l’énergie d’autrui.  Au contraire, il en aura toujours suffisamment pour lui-même.

Aux niveaux supérieurs, la peur inconsciente du manque d’énergie s’évanouit.  Quand on dit : «Je t’aime», on ne laisse plus entendre : «Je veux que tu m’aimes, moi, afin que je puisse puiser ton énergie».  Au contraire, cette expression signifie désormais : «Je me sens bien en ta présence ou à penser à toi, mais je ne ressens nul besoin de te demander quoi que ce soit, je n’aie qu’une envie, celle de te laisser libre.»  Aimer évoque la reconnaissance de vibrations similaires, d’un bien-être qui s’échange et qui engendre des vagues de plaisir dans tout le corps.  Il s’agit d’un partage entre égaux, d’une mise en commun qui renforce, non d’un parasitage.  Il s’agit de la génération d’une une harmonie, d’une communion, d’une fusion des énergies masculine et féminine qui enfante le parfait équilibre de la Lumière de Vie (induit au point zéro) où l’être est connecté directement à la Source divine.  L’orgasme sexuel de la troisième dimension est transmué en énergie en provenance de la Source, en l’énergie maximale que le corps peut supporter.  Plus un être s’élève dans les dimensions supérieures, plus l’énergie supportable, en provenance de cette Source unique, augmente.  En fait, elle augmente de façon exponentielle.   Dans la cinquième dimension, au lieu de parler d’orgasme, on parle d’extase.  À ce niveau, les êtres n’ont plus besoin de recourir à la sexualité, ils se stimulent mutuellement par un pur échange d’énergie, ce qui donne des résultats mille fois supérieurs.  Cela signifie pas que les êtres humains qui s’y seront élevés n’auront plus de rapports sexuels entre eux, cela signifie plutôt que cet aspect de leur être ne les préoccupera plus, ne s’exprimera plus comme un besoin incoercible, comme une fin nécessaire, encore moins comme une obsession.

Il est clair que, dans la cinquième dimension, l’amour s’exprime autrement.  Comment?  Évidemment, il est encore Impossible de le dire puisque tout le référentiel reste encore pour un temps celui  de la troisième dimension.  Pour le moment, toutes les questions relatives au monde futur, d’origine mentale, ne peuvent trouver de réponses satisfaisantes.  On sait simplement qu’il s’agira d’un amour inconditionnel comme celui des parents pour leurs enfants.  Par exemple, une mère ou un père tous leurs enfants, quoiqu’ils disent et qu’ils fassent, qu’ils soient présents ou absents, qu’ils rendent cet amour ou non, en dépit de leur physique, de leur caractère, de leur personnalité, de leur comportement.  S’ils ont plusieurs enfants, leur amour reste de la même intensité pour chacun d’eux, bien qu’il soit  mais d’une coloration différente.  Mais comment est-ce possible dans la réalité de notre civilisation de pouvoir aimer avec la même intensité plusieurs personnes à la fois?  Reprenons l’exemple des parents.  Ceux-ci aiment leurs enfants et ils peuvent en aimer plusieurs à la fois sans se poser la question à savoir s’il est normal de parvenir à aimer plusieurs enfants avec la même intensité, qu’ils soient tous présents ou pas.  Les enfants eux-mêmes trouvent plutôt normal que leurs parents s’occupent d‘eux tous avec le même dévouement, malgré certaines rivalités.

Dans la cinquième dimension, l’amour entre les personnes de sexes opposés ressemble à l’amour des parents pour leurs enfants ou, mieux, à l’amour du soleil pour les créatures vivantes.  Il s’exprime également pour tous, au pluriel, de manière innée et évidente, jamais de façon  limitée, parce qu’il provient d’un être fusionné dans l’authenticité de l’Être total.  Il ne s’exprime jamais dans la fausseté d’un ego qui s’oppose à un autre ego.  À ce niveau, tous les chakras, en état d’équilibre, participent à la vibration commune, pas seulement les chakras inférieurs assoiffés de jouissance et d’accaparement.  L’amour s’y exprime dans le respect total de la liberté de l’autre, de son intégrité, de sa réalité d’être, car l’autre y est perçu comme un autre soi-même.  Voilà qui est bien difficile à concevoir au niveau de la dualité qui implique la personnalité diviseuse.   Dans la troisième dimension, l’amour procède de l’ego diviseur qui se sent incomplet, rempli de besoin, qui cherche toujours à parasiter ou à exploiter.  Dans la cinquième dimension, les êtres s’aiment à partir du Moi supérieur, dans l’unité, l’entièreté, la complétude, la volonté de partage et de fusion.

En effet, car il n’est pas possible d’aimer exactement de la même façon deux personnes puisque chacune porte sa vibration et ses nuances propres.  Dans ce contexte, l’amour entre des personnes de sexe opposé reste pur, sans attente, sans arrière pensée, sans jugement, sans parasitage.  Il s’agit d’un amour vrai, sain, simple.  Il ne ressort pas de l’ordre du besoin, du manque, de l’attachement, de la nécessité d’une présence physique à ses côtés, d’une pulsion sexuelle.  Il ne s’agit de la joie d’échanger et de partager par un mot gentil, par un regard dans les yeux, par un sourire, par une caresse.  Une réponse simple suffit puisque nul ne dépend de l’autre, de son état d’esprit, de son bon vouloir, de son humeur, de sa complaisance ni de son degré de compréhension de l’amour d’autrui.  À ce niveau, il n’existe nulle envie, nulle jalousie, nul désir de performance, nulles pensées mesquines, nulles émotions délétères, nulle concurrence.  On ne s’y sent jamais abandonné, meurtri, blessé.  On n’a plus besoin de l’autre d’où on lui laisse toute sa liberté d’orienter ses pensées comme il l’entend.  En fait, il se passe que, chacun ayant suffisamment d’énergie stable, la peur inconsciente de ne pas pouvoir en puiser assez chez un partenaire ne peut que s’évanouir.  Du reste, la notion du couple y sera tout à fait désuète et il n’y aura nul besoin de posséder un cheptel ou un garde-manger.  À ce niveau, il s’agit d’un amour qui procède du cœur sans rien demander aux tripes, soit aux chakras inférieurs.  Il n’existe qu’un véritable échange, dans la pureté d’intention, pour expérimenter l’énergie de l’autre, pour permettre à deux énergies de se mélanger et de fusionner pour un moment en une combinaison plus forte permettant de magnifier tous les sens, de faire vibrer toutes les cellules, de répandre l’énergie de la Source divine dans tous les corps.  Il s’agit d’une extase, d’un état de grâce

L’humanité en est encore au premier stade de l’apprentissage de l’amour.  Toutefois, les énergies actuelles, avec les nouveaux encodages, pousse tous les êtres humains, malgré eux, à changer de perception, à élargir lCOUPLE-HUMAIN-DIVINeur conception par trop étriquée de l’amour.  Ce n’est pas difficile, il suffit de laisser faire, puis le temps fait son œuvre.

Mais attention, les présentes poussées de la Force vitale peuvent agir de façon dévastatrice si les chakras inférieurs ne sont pas bien nettoyés et ouverts.  Alors, l’énergie montante peut  se bloquer en eux  sur eux et les exacerber, ce qui peut engendrer de malencontreuses explosions de l’ego et déclencher des obsessions sexuelles.

La nouvelle fréquence de l’amour reste encore largement inconnue de la majorité des êtres humains.  Ceux-ci doivent donc la découvrir et l’apprivoiser.   Toutes les rencontres actuelles vont dans ce sens.  Bien des choses vont rapidement changer, car les êtres humains vont être confrontés à l’imprévisible avec son lot de questions sans réponses et de chambardements. Cela peut se produire en douceur, mais conformément au rythme accéléré des énergies qui déferlent sur le monde.  Ces énergies nouvelles visent à exprimer sur terre la forme-pensée de l’amour inconditionnel afin qu’il devienne la normalité et à réunir les familles d’âmes ou les communautés de Lumière afin d’ensemencer la Nouvelle Terre, ce qui a commencé en janvier 2008.

Dans les temps à venir, comme il s’exprimera de moins en moins de peur, la notion du couple et de la cellule familiale est appelée à se modifier rapidement, à se décoincer, à se libérer pour s’élargir aux âmes-sœurs et aux familles d’âmes.  Ainsi, l’amour va enfin pouvoir s’exprimer librement.  Voilà, tous les êtres évoluants ont été informés, éclairés, rassurés.  Il ne reste qu’à ceux qui vivent en couple à expliquer cette réalité à leur conjoint et à le convaincre que la possessivité et la jalousie participaient de l’ancienne énergie.  Il est probable que ce ne sera pas facile, d’où on peut leur souhaiter bon succès dans cette entreprise!

© 1981-2016, Bertrand Duhaime (Dourganandâ).  Tous droits réservés. Toute reproduction strictement interdite pour tous les pays du monde.  Publié sur : www.larchedegloire.com.  Merci de nous visiter sur : https://www.facebook.com/bertrand.duhaime.

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