Nul ne peut plaire à tout le monde, dans ce qu’il pense, ressent, dit ou écrit, fait.  Et s’il change pour plaire à l’un, ce changement déplaira à d’autres.  Alors, en tout temps, autant rester soi-même en se disant: «Les chiens hurlent, la caravane passe!»

Par ce qu’il dit, pense, ressent et fait, chacun révèle ses couleurs, se porte témoignage, portant à son insu un jugement sur lui-même.  Chacun est roi et maître dans son univers, y détenant toute la force et tout le pouvoir, pouvant y agir à sa guise en toute liberté et en toute souveraineté, même s’il avait apparemment tort.  Cet égarement temporaircaravanee ne pourrait que démontrer qu’il n’a pas encore atteint un degré suffisant de conviction pour changer d’attitude ou de comportement.  Car, lorsqu’on est convaincu d’une manière de faire, à moins d’être détraqué ou vainement rebelle, on l’applique spontanément.  Chacun a le droit de s’accorder de l’estime, de se faire confiance et de s’accorder la première place sans devoir s’en justifier.

Ainsi, lorsqu’un être en qualifie un autre d’égoïste, d’égocentrique, de narcissique, d’arrogant, de prétentieux, d’orgueilleux, de vaniteux ou l’affuble de toute autre épithète peu flatteuse, il faut savoir que, consciemment ou inconsciemment, il tente de défendre un intérêt personnel, généralement peu louable.  Dans un élan apparent de bonne conscience ou de bon vouloir, il cache un jeu de pouvoir subtil.  Il tente de lui faire comprendre qu’il lui enlève quelque chose ou le prive de quelque chose de façon injuste ou arbitraire.

Pourtant, qui juge se juge lui-même.  Car ce n’est pas par hasard qu’un être se laisse déranger par la réalité ou l’expérience d’autrui.  Il révèle la part de lui-même qui n’est pas maîtrisée ou harmonisée.  Il ne peut être dérangé que par ce qu’il porte en lui, en correspondance.  Ce qui ne trouve pas d’écho chez un être ne le dérange pas.

Il faut savoir que lorsqu’un être prend ou reprend enfin sa place, dans son univers, il force souvent d’autres personnes ou d’autres entités à céder du terrain, ce qui les dérange, les frustre, les vexe, les amenant à se faire d’adroits et véhéments redresseurs de tort, puisqu’ils ne réalisent pas qu’ils projettent leurs propres faiblesses sur autrui.  Par bonheur, les jugements d’autrui, toujours fondés sur l’expérience personnelle, ce qui  amène à se former des préjugés, n’ont pas la moindre importance.  Ce qui importe, c’est ce qui se passe entre soi et sa conscience.  Ainsi, celui qui sait faire preuve d’une intention pure et d’une conscience claire peut dormir sur ses deux oreilles en dépit de l’opinion d’autrui.  Quand un être vit en paix avec son Créateur, il peut se ficher de ce que pensent les autres, ses subordonnés.

Chacun juge d’après ses critères, très relatifs, de ce que doit être le bien, la réalité, la vérité, la normalité.  Mais, puisqu’il y a une différence entre un jugement et un constat, seul le constat de réalité, qui implique la possibilité de démontrer un degré absolu de véracité, ne peut être contredit.  Pourtant, celui qui sait vivre et laisser vivre et bien se mêler de ses affaires, laissant les autres faire de même, évitera de formuler même un constat de vérité, reconnaissant que l’expérience de l’autre n’est pas la sienne et que chacun ne peut cheminer qu’à sa manière et son rythme, selon son degré de compréhension et ses moyens.  Ainsi, révéler une vérité à un autre de façon prématurée pourrait lui faire du tort, en augmentant artificiellement son rythme évolutif, ce qui représenterait une transgression aux lois de l’amour, de l’action personnelle, de la responsabilité et de l’innocuité.  Car il n’existe pas de raccourci évolutif.

Par la loi de l’attraction, chacun appelle sur lui une rétribution ou juste retour, au moment où il peut le mieux comprendre, d’où il n’a pas besoin d’autre censeur pour accéder à la vérité de son être.  Mais l’être humain, habile dans l’application du deux poids et deux mesures, est toujours pressé d’obtenir justice, de redresser les torts, même si, en pareille circonstance, il réclame toujours pour lui-même la plus grande clémence et le délai le plus long, quand il est pris en faute.

Ainsi, chacun gagnerait à éviter de miner ses meilleures énergies dans des explications qui, bien souvent, ne servent à rien d’autre qu’à envenimer un contexte, quand personne n’a de compte à rendre à autrui sur ses chocolportage-commerageix et sur sa manière de vivre sa vie personnelle.  Celui qui tient compte de l’avis d’autrui, au détriment du sien, finit par se dépersonnaliser et ne plus savoir qui il est ni quels sont ses droits.  Il devient un automate sans âme prêt à tout subir sans maugréer.

La confrontation des idées ne mène jamais qu’à l’enflure de l’ego, à la division, voire à l’hostilité, puisque chacun ne cherche alors qu’à livrer un combat jusqu’à ce qu’il parvienne à vaincre l’autre ou à le terrasser, en lui démontrant la supériorité de ses arguments ou de son point de vue.  Les joutes intellectuelles, toujours stériles, n’amusent que les attardés du pléistocène.  La voie du cœur, qui est celle de l’Amour pur, est bien supérieure.  Mais ne peut aimer véritablement, que celui qui sait s’aimer lui-même, puisque ce n’est qu’en s’aimant qu’il découvre la manière de traiter les autres comme un autre lui-même, avec l’importance d’exprimer constamment l’amour qui unit, plutôt que l’hostilité, point de départ de l’agressivité et de la rivalité, qui divise et sépare..

Dans sa vie personnelle, un être ne détient que des droits.  Il ne doit rien à autrui, même si ceux-ci lui ont rendu service, lui ont donné des cadeaux, lui ont fait des faveurs ou lui ont accordé des privilèges.    Tout don doit être fait dans la gratuité, donc sans jugement, sans attente, sans condition.  Ce n’est que dans le respect de la ligne qui trace la frontière entre deux univers qu’un être se trouve des devoirs.

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Une réponse

  1. Estel

    Bonjour Monsieur Duhaime,
    je n’ai pas grand chose à dire, juste je voulais vous remercier encore de tous vos articles éclairants que je lis aussi souvent que possible et toujours avec un grand intérêt. Certains m’ont bien aidée et m’apportent du soutien sur le difficile chemin qui est le nôtre.
    Merci encore et bonne continuation à vous. Merci.

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