L’AIDE AU PROCHAIN NE VA PAS SANS CONDITIONS, AU NOM DE L’INNOCUITÉ ET DU RESPECT DE LA LIBERTÉ ET DE LA RESPONSABILITÉ INDIVIDUELLES…

Demander de l’aide ne coûte qu’un instant d’embarras.  Ne pas en demander, c’est rester empêtré toute sa vie.  Cependant, quoi de plus logique et naturel : pour aider un autre de façon efficace, il faut avoir l’autorité et la compétence pour intervenir.  Et il faut le faire en toute prudence pour éviter de heurter ses sentiments, évitant notamment l’impression d’intrusion dans les problèmes qui n’ont pas été mentionnés devant soi ou dans les affaires trop personnelles.  Il faut savoir se présenter avec discrétion et réserve, intervenant dans le calme et la sérénité.  Nul ne gagnerait à ce que celui qui aide s’abandonne à ses débordements affectifs ou émotifs, par sympathie.  Ensuite, il faut définir avec discernement la forme d’aide à apporter.  Il convient de garder en mémoire que celui qu’on veut aider peut craindre d’être mal jugé et d’être incompris, qu’il peut craindre de révéler son besoin tel qu’il est.  Aussi gagne-t-on à le sécuriser et à le réconforter sans dépasser la mesure.  Comme l’aide au prochain est moins un devoir qu’un acte naturel d’amour fraternel, il faut savoir s’exécuter dans la joie, sans réserve dans le don de soi, et gratuitement, dans le aide-autruiplus grand détachement.  Il s’agit de s’investir de façon pertinente et conséquente.

La décision d’aider un autre pose un grand problème de conscience, celui d’intervenir auprès d’un être doté du libre arbitre qui est, au surcroît, comme soi, un être entier, complet, total et parfait en lui-même, au-delà des apparences.  Il s’agit donc d’un égal qui, de façon innée, a reçu les mêmes dons et attributs que soi et qui, en cas de difficulté, devrait apprendre à éveiller ses propres potentiels au lieu de compter sur autrui.  Tout être peut envoyer des ondes constructives autour de la planète, même vers la race humaine, dans sa totalité, parce qu’il sait que seuls ceux qui peuvent et veulent les accepter en bénéficieront.  Dans les émissions d’énergie, il n’est pas question d’empêcher l’autre de vivre son expérience, mais de lui permettre d’agir dans une plus grande afin qu’il discerne mieux sa propre vérité et qu’il décide lucidement de ce qu’il veut en faire.  Il est donc licite d’envoyer des bonnes ondes de Lumière sur l’humanité, sur un groupement particulier ou sur un État, mais seulement dans le désir de respecter la volonté de chacun.  Mais, dans un cas particulier, il faut avoir reçu une demande explicite ou une permission expresse.  Dans un cas individuel, le libre arbitre de chacun doit intervenir.  La loi de la Liberté a une incidence cosmique.  Elle ne peut aller sans s’accompagner de la loi de la Non-ingérence qui la pondère.   De ce fait, nul ne peut agir pour un autre, s’il n’en a pas l’autorisation, à moins de pouvoir présumer, par impossible, dans un cas de force majeure, d’un appel tacite.

Dans l’aide au prochain, à prime abord, un aidant devrait savoir appliquer quelques petits trucs métaphysiques pour se protéger de la négativité de la personne qu’il désire aider.  Ainsi, il gagnerait à commencer par se protéger avant toute visite d’un consultant en faisant appel à son Maître intérieur, à ses Guides spirituels et aux Anges de la Protection et en formant son Œuf aurique, aussi appelé le Bouclier de Protection.  Il poursuit en s’entourant d’une immense sphère de Lumière dorée cristalline.  Il devrait occasionnellement ramener sa pensée sur ce dispositif protecteur au cours de la rencontre pour s’assurer qu’il est bien maintenu en activité.

En présence de l’aidé, l’aidant gagne à centrer sa pensée sur le Maître intérieur de ce visiteur, ce qui lui fournit l’occasion d’établir un contact lumineux avec sa Conscience supérieure, plutôt que de centrer son attention sur son problème.  Alors, il centre sa pensée sur sa certitude de le voir évoluer, sortir de sa situation malencontreuse et atteindre sa Perfection.  Il gagne à refuser d’entretenir avec cette personne des liens indus et à les transformer, au besoin, par la Lumière spirituelle, s’il en a déjà établi.  En cela, la technique de Libération des liens karmiques peut agir efficacement.  S’il arrivait qu’il se sente ému ou agressé, il pourrait se servir du son «HA», fortement libérateur des blocages au niveau du plexus solaire.  En sa présence, il pourra se servir de petits «HUM», comme s’il se libérait la gorge, mais après son départ, il serait bien avisé de recourir aux «HA» très sonores.

En outre, pendant cette même rencontre, il importe qu’il ramènera sporadiquement son attention sur sa respiration, pour en amplifier la profondeur, afin d’obtenir un surcroît d’oxygène et de force vitale, surtout s’il se surprend à devenir lui-même négatif.  Il devrait en profiter pour inviter la personne à éviter de s’apitoyer sur son sort ou à projeter ses torts sur les autres.  Malgré les apparences, il ramènera souvent sa pensée sur le fait qu’il assiste à une nouvelle naissance spirituelle à travers cet être.  Et, quand il se retrouvera seul, il fera brûler un peu d’encens d’une essence appropriée, comme la sauge ou le santal blanc, après avoir ouvert les fenêtres, pour dissoudre les miasmes qui ont pu s’accumuler dans son milieu de vie.  S’il se sent fatigué ou épuisé, l’aidant pourra compléter sa purification en prenant une douche tiède, en plaçant une bougie à proximité de la baignoire ou de la cabine, en appelant les ondins et les ondines à purifier son aura et visualisant que toute négativité de son champ magnétique coule dans le Cloaque de la Terre, par le drain, sous ses pieds.

Malgré le désir de présenter un propos clair, pour expliquer les lois spirituelles, certains bons apôtres, sincères et bien intentionnés, connaissent des élans de générosité, des débordements d’émotivité et des excès d’affectivité qui les amènent à transgresser les normes de la compassion.  Voilà pourquoi il faut préciser les conditions impérieuses de l’application de l’amour, dans son aspect d’aide au prochain.  Pendant des années, des éducateurs et des instructeurs de tous genres ont tellement insisté sur le don de soi et sur l’esprit de sacrifice, en exagérant le cadre, que nombre de personnes ont appris à donner plus qu’elles n’acceptent de recevoir ou ne savent plus où tracer la frontière de l’abnégation.  Sans s’en rendre compte, plusieurs se sont perdus dans la soumission et la servilité, s’attirant souvent, pour tout retour, qu’un immense mépris des dominateurs subtils, généralement très égocentriques.

La Bhagavad-Gitâ, un Texte sacré et inspiré de l’Inde enseigne avec pertinence ce qui suit : «…la charité qui n’est pas exprimée ni pour le bon motif, ni en lieu convenable, ni en temps opportun, ni à des gens qui en sont dignes, ou qui s’exerce de façon irrespectueuse et méprisante, on la dit relever de l’ignorance.»  Et Satprem, un Initié de cette Tradition mystique commente : «…aider les autres n’est pas un problème de sentiments ou de charité, mais un problème de pouvoir, une question de vision, une question de joie.»

Ces judicieux conseils laissent entendre que nul ne doit s’investir dans une relation d’aide sans s’engager, en toute conscience, dans l’amour et la joie.  Trop de gens ne font que semblant d’appeler à l’aide pour être pris en charge, en profitent pour se plaindre de leur sort ou pour décharger dans la cour de l’autre leur trop plein d’égoïsme et d’amertume, leur incommensurable arrogance, leur profonde irresponsabilité, mais ils se présentent, portant subtilement inscrit sur leur front: «Voyez comme je suis malheureux, comme je souffre de l’injustice du sort, venez, venez à mon secours!»  Faut-il aider toute personne qui se présente à soi?  On répondra probablement à cette question par la négative, pour se montrer docte, mais on ne saura pas forcément, pour autant, qui on peut aider et qui on ne doit pas aider.

Alors, dans un premier temps, il faut stipuler clairement qu’on ne doit jamais accorder aux autres que l’assistance qu’on sent la plus appropriée, non répondre aux attentes de leur petit moi exigeant, cet ego parfois tyrannique, de manière à combler les attentes de son Individualité spirituelle, non de leur personnalité.  Car il a été dit qu’il fallait traiter les autres comme on aimerait être traité, non en les traitant comme ils demandent de l’être, mais comme on ressent qu’ils doivent l’être, en regard de leur plus grand bien évolutif et du bien évolutif de l’ensemble cosmique.  Ici, le mot «ressenti» évoque la perception de l’âme, non la sensation de l’affectivité.  Pour offrir l’aide convenable à quelqu’un, il faut être très intuitif, non pas réfléchir sur son cas.  Il faut capter ses vrais besoins d’âme à âme, au niveau du ressenti, non au niveau du senti, si vous captez la nuance.  Autrement dit, il faut considérer son cas du niveau évolutif le plus élevé, non pas chercher à lui faire plaisir ou à se valoriser à ses yeux.

Il a été répété et répété que le plus beau présent qu’on puisse offrir à quelqu’un, si on l’aime, c’est de respecter sa liberté ou son libre arbitre.  Il faut lui laisser ce choix de suivre la voie qu’il veut suivre, avec les conséquences que cela implique pour lui, en refusant catégoriquement d’interférer dans ses choix ou de réparer pour elle les pots cassés.  Il faut laisser l’autre assumer sa responsabilité d’avoir fait un bon ou un mauvais choix et s’abstenir de chercher à compenser pour ses erreurs, si malheureuses qu’en soient les conséquences, qu’il ait agi dans la conscience ou dans l’ignorance.  C’est la seule façon qui lui permettra d’ouvrir sa conscience et d’augmenter sa force.  En conséquence, il ne convient d’aider que celui qui veut s’aider et qui est déterminé à accéder au bonheur, à moins que la situation n’en décide autrement.  De toute évidence, si quelqu’un a commis une erreur qui l’a atteint dans son intégrité physique ou psychique, l’a plonprochaingé dans l’inconscience, dans l’impotence ou dans la débilité, on peut présumer de son consentement tacite et intervenir au meilleur de sa compréhension et de ses moyens.

Si on prend trop d’initiatives dans la vie d’un autre, on s’expose à assumer des responsabilités qui lui reviennent, d’où on l’empêche de tirer de son vécu une salutaire leçon.  Cela s’applique également dans l’éducation des enfants.  Dans un pareil cas, les sentiments sont parfois durement éprouvés.  Mais il n’en reste pas moins qu’éduquer, c’est conduire à l’indépendance et à l’autonomie, non à la mollesse de la mauviette.  Qui se charge du fardeau de l’autre se surcharge, en plus d’empêcher l’autre de se renforcer ou de s’affermir, de le réduire son estime de lui-même, ce qu’on oublie parfois.  La compassion invite à comprendre le destin de l’autre, non à s’en charger ni à le changer.

Dans la majorité des cas, quand quelqu’un sollicite son aide, la meilleure solution c’est de refuser d’intervenir directement dans le cours de sa vie pour changer sa situation.  On aurait tort de croire qu’un être démuni remboursera ses dettes ou les remboursera à la vitesse qu’on présume.  La frustration qui pourrait en découler risque de gâcher la sauce et amener la relation à se brouiller.  Même quand on est très évolué, on agit souvent, encore, par intérêt ou avec des attentes.  Alors, quand on est sollicité, on veillera à vérifier si on sait se mêler de ses affaires et si on a la compétence et les moyens pour intervenir.  Sans quoi, on ne lui sera pas très utile, on ne sera pas très efficace et on risquera de l’induire en erreur.  Bien souvent, la meilleure aide qu’on puisse apporter à l’autre, c’est d’émettre vers lui des rayons de Lumière d’amour et de conscience.

Lorsqu’on intervient de façon indue dans le destin d’un autre, on se lie à son sort malheureux, par un canal énergétique, en plus de s’attirer les foudres de la Justice immanente, aussi appelée la Providence divine ou la Causalité éthique.  Est-ce vraiment ce qu’on cherche ou ce qu’on compte obtenir d’une relation d’aide?  En nos temps surtout, maintenant que chacun a été libéré de ses karmas, que la Porte de la Liberté idéale a été ouverte et que les Maîtres réalisés eux-mêmes n’interviennent plus qu’avec parcimonie auprès des êtres évoluants, pour leur apporter une aide directe, pour qui nous prendrions-nous d’agir autrement qu’eux?  Qu’on n’aille pas nous faire dire que les Maîtres réalisés ne rayonnent plus la Lumière vers les êtres humains et qu’ils ne prodiguent plus, dans la discrétion, leurs judicieux conseils évolutifs.  Nous avons simplement affirmé qu’ils n’assument plus leurs responsabilités évolutives à leur place et qu’ils n’interviennent plus dans leurs affaires courantes et contingentes.  Nul ne doit intervenir à titre de sauveur auprès d’un autre, car il en paierait le prix de régresser.  Et si on intervient, on doit commencer par évaluer son degré de maîtrise de la situation, ses disponibilités et les ressources qu’on compte investir, pour s’assurer qu’on ne dépassera pas ses moyens.

Lorsqu’on choisit d’aider quelqu’un, on doit éviter le faire pour se valoriser soi-même ou se valoriser à ses yeux.  Parfois, on agit surtout pour se revaloriser, pour accumuler du mérite, pour meubler son temps, pour s’occuper en s’occupant de quelque chose, ce qui constitue autant de mauvaises motivations pour intervenir.  On doit aider un autre dans l’amour impersonnel et inconditionnel, dans l’esprit fraternel, non parce qu’on s’en sent le devoir.  Si on croit devoir quelque chose aux autres, on agit inconsciemment comme un esclave.  On ne peut être tenu responsable du fait qu’un autre n’ait pas appris à se servir de ses talents, de ses aptitudes et de ses facultés, puisqu’il a été doté, originellement, des mêmes attributs que soi.  Surtout, on n’a pas le devoir d’aider un indolent, un paresseux, un ignorant ou un inconscient.

Avant d’aider un autre, il faut également s’interroger sur sa maturité émotive.  Puisqu’on est peccable ou perfectible, on risque de commettre des erreurs, d’être jugé, critiqué, vilipendé, dénigré, miné dans sa crédibilité, blessé dans sa vulnérabilité, criblé de rancune, ce dont il faudra savoir assumer les conséquences sans perturbations intérieures comme la culpabilité, le remords ou le regret.  En outre, on recevra rarement de l’aide d’une personne qu’on a aidée, du moins sur le point qu’on l’a aidée, car sa carence est souvent atavique et prend du temps à disparaître.  Aussi devra-t-on s’investir dans le détachement, la gratuité, sans attente de retour.  On devra aussi évaluer ses limites personnelles, son temps disponible, ses ressources et ses énergies.  A-t-on pensé que si on se lie trop étroitement à un autre, dans une relation d’aide, on risque de subir les transferts affectifs qu’il opérera et qu’il risque de se servir contre soi des failles qu’il percevra dans sa personnalité, si la relation tourne à l’aigre?

L’aide au prochain mérite nombre d’autres considérations, contingences qu’on omet souvent d’analyser, mais pour lesquelles on peut payer le prix fort pour apprendre à se mêler de ses affaires.  Par exemple, à moins qu’il s’agisse d’une situation urgente, on a le droit de prendre son temps pour peser et soupeser toutes les implications de son intervention.  On doit d’abord se demander, comme on l’a déjà dit, si on est autorisé par Dieu dans son intervention pour éviter tout choc en retour.  Il faut ensuite se demander si l’autre comprend pourquoi il se retrouve dans une situation qui l’appelle à demander du secours.  On évaluera également si on dispose de surplus pour intervenir, car il est interdit de partager avec un autre son nécessaire et son essentiel.  On identifie ici par le nécessaire ce qui correspond à ses biens de survie, à ce qui permet de subsister dans la matière, donc à l’aspect contingent de son existence concrète, et par l’essentiel ce qui correspond à son taux vibratoire ou à ses énergies de vie, à sa connaissance des lois naturelles et des principes cosmiques, donc à l’aspect évolutif de sa vie.

Si on aide un autre, saura-t-on le faire en respectant sa dignité.  On oublie souvent qu’un être démuni de moyens ou limité dans sa conscience ne se présente pas par hasard dans sa vie, mais qu’il intervient comme un guide déguisé.  Il se peut qu’il se présente au nom d’une alliance ou d’un pacte de mutualité conclu avant l’incarnation des deux protagonistes pour s’aider à développer une compétence latente.  Pour nourrir votre réflexion, nous insinuerons un message étonnant en posant la question suivante : à quoi servirait un médecin, s’il n’existait pas de malades?  Peut-être que nombre de ses malades sont des âmes compatissantes qui ont choisi de naître avec des dispositions morbides pour lui permettre d’approfoaide-personne-agéendir ses connaissances dans la matière qu’il a choisi d’étudier.  Par sa profession, le médecin approfondit ses connaissances en soins et en traitements, tandis que son client s’exerce au courage, à la patience ou à la persévérance, s’habitue à maintenir son sentiment de dignité à travers sa déchéance ou exprime simplement l’amour impersonnel et inconditionnel.  Si tel est le cas, lequel des deux a choisi d’assumer le rôle le plus grandiose et le plus salutaire?  Ce n’est peut-être pas celui qui assume le rôle le plus odieux ou le plus pénible qui est le moindre.  Alors, ne mérite-t-il pas sa reconnaissance.  Il en va peut-être de même pour ses ennemis? Au-delà du réel et des apparences, on sera un jour fort surpris des implications de l’engrenage de la Roue de la Vie, dans la coïncidence et la synchronicité des rencontres ou dans la réciprocité des relations!

Avant d’aider un autre, il faut s’assurer qu’il a présenté une demande formelle, sans quoi on sera comiquement taxé d’ingérence.  Aussi faut-il vérifier s’il n’aurait pas exprimé ses problèmes devant soi simplement pour se vider le cœur  ventiler ses pensées, se décharger d’un surplus d’émotions parce qu’il trouve qu’on est un confident discret ou merveilleux.  Et, s’il s’agit bel et bien d’une demande expresse, il faut établir s’il existe avec lui un lien suffisant de confiance.  Nous admettons qu’en cas de force majeure, il n’est pas indiqué de se poser autant de questions avant d’intervenir.  Mais chose certaine, il faut s’assurer détenir la compétence pour intervenir, comme il a été dit, au lieu de présumer qu’on détient cette compétence.  Ces dernières années, la vulgarisation scientifique a pris une grande expansion au point de devenir une denrée quotidienne.  Mais la vulgarisation scientifique reste ce qu’elle est, une simplification pour mettre des notions compliquées ou hermétiques à la portée des gens ordinaires.  Comme on a emmagasiné un nombre effarant de notions scientifiques, soit par la lecture de livres, de revues ou de magasines, par l’écoute de la radio, de la télévision, de cassettes ou de disques ou par l’assistance à des conférences, à des séminaires, à des symposiums, on peut faussement se prendre une sommité dans ses matières de prédilection.  Et nous omettons ici le colportage de légendes urbaines et de rumeurs populaires, de recettes de grand-mère, d’opinions communément admises, mais perverties ou simplifiées à outrance.

Comme le dit un proverbe, les conseilleurs ne sont pas les payeurs, soient ceux qui auront à payer le prix si leurs conseils sont mauvais ou préjudiciables.  Les conseils qui manquent de sagesse peuvent engendrer de plus grands problèmes évolutifs que ceux qu’on a cru pouvoir écarter.  Nous acceptons qu’un conseil vraiment pertinent peut aider un autre, mais uniquement s’il est bien appliqué parce que son sens est compris et si sa valeur est admise.  Les Danois se sont donné un proverbe de prudence : «Après Dieu, ne vous fiez qu’à vous-même.»  Pour sa part, un Sage a dit : «Les talents que tu possèdes, tu les possèdes pour te permettre d’aider les autres, non pour t’enrichir.  Tout ce que ta vision te montrera de grand, ne
le révèle pas si cela doit blesser ou affecter qui que ce soit dans la poursuite de son évolution.  Car l’homme doit suivre son propre chemin.  Tu peux lui dire ce que tu voudras, il continuera à faire ce qu’il veut.  Tu peux aider ceux qui sont affligés et qui souffrent, oui, mais ne dis rien qui puisse les faire changer de chemin.
»  Voilà une excellente définition de la loi de l’Innocuité qui invite à ne jamais faire du tort à un être vivant de façon délibérée et à ne jamais commettre d’ingérence dans son parcours évolutif.

La compétence requise pour aider un autre recouvre également le fait qu’il faille reconnaître le besoin réel de l’autre, ce besoin qui est souvent voilé derrière ses attentes et ses fausses certitudes.  Or, ce ne sont pas ses attentes ni ses fausses certitudes auxquelles il faut répondre, mais à son véritable besoin et, mieux encore, à son réel besoin évolutif.  Dans certains cas, paradoxalement, ce besoin évolutif suggère d’abord qu’on se retire de sa vie ou qu’on refuse de l’aider, si on s’expose à devenir son porte-faix.  Pour aider efficacement, il faut montrer à l’autre comment se tirer d’affaire au lieu de le tirer d’affaire, cela a été dit, mais cette intervention doit encore écourter son dilemme et ménager son propre temps.  En outre, il faut, dans son intervention, savoir réconforter et sécuriser celui qu’on aide, évitant d’augmenter ses peurs ou ses angoisses par ses propres émotions.  En tout temps, il faut bien définir la forme d’aide qui sera la plus appropriée par rapport à la situation précise à la quelle on est confronté.

Bien que tout être humain ait le devoir de participer de son mieux à l’établissement d’un monde plus évolué et plus conscient, il ne peut se permettre de dérogation au niveau du libre arbitre de chacun puisque, alors, il lui dérobe son pouvoir.  En lésant le libre arbitre d’autrui, ce que nul maître véritable ne ferait, il témoigne d’orgueil et d’arrogance.  Bien sur, son geste peut sembler partir d’un bon mouvement.  En effet, il peut se dire : «Comme je sais mieux que toi ce qui te convient, je vais intervenir à ta place.»  Pourtant, ce propos signifie plutôt qu’on veut obliger l’autre à faire ce qu’on pense être le meilleur pour lui.  On estime à tort que la difficulté qu’il vit est injuste, ne lui apportant ou ne lui apprenant rien.  C’est ainsi que, souvent, sous le couvert de la compassion ou de l’amour, on n’effectue rien d’autre qu’une prise en charge, donc une prise de pouvoir.  En pareil cas, celui qui intervient sans l’accord de l’autre, se prend une large part de la responsabilité de l’autre.  Cette part se mesure au degré d’inconscience que comportait son geste inconséquent.

Chez l’aidant, toute relation risque de devenir possessive et d’impliquer de la domination subtile, tandis que, chez l’aidé, il peut s’opérer un transfert amoureux ou haineux.  Voilà pourquoi celui qui offre son aide devrait plutôt voir à aider l’autre à se conduire, à négocier avec lui-même et à prendre ses distances.  Car ce n’est pas une intervention où l’on peut chercher d’abord à faire montre de son savoir et de sa compétence, mais où on doit amener l’autre à prendre de l’assurance et de la confiance en lui-même pour se libérer de son problème.  Trop de gens sans compétence jouent aux psychologues avec les autres au risque de commettre des erreurs plus ou moins graves à cause de maladresses ou d’interventions malencontreuses.  Si on se connaît mal soi-même, comment peut-on prétendre connaître l’autre et pouvoir l’aider ?  Bien souvent, on n’est que plus impartial et plus cru avec l’autre qu’avec soi.  À une époque où tout est résumé et vulgarisé, on se croit trop facilement un expert dans une matière, alors qu’on ne fait que colporter des croyances ou des interprétations.  Où réside la sagesse quand, par vanité, on ne sait pas se contenir et se taire.  Comme le dit le proverbe, les conseilleurs ne sont pas les payeurs et, trop souvent, ils dérangent la loi de la Justice immanente.

Pour aider convenablement, il faut être capable de maintenir un état d’observateur détaché, décider si on peut vraiment aider, déterminer si l’autre désire vraiment être aidé et comprendre s’il peut utiliser correctement son aide.  La sagesse veut qu’on n’offre pas forcément à l’autre ce qu’il demande, qui pourrait le maintenir dans ses cercles vicieux, mais ce qu’on croit, en conscience, le plus évolutif pour lui.  Il faut donner aux autres l’aide qu’on sent la plus appropriée en considérant la situation de son niveau le plus élevé, non en répondant aux besoins de leur ego, mais en se détachant des résultats.   Qui donne à l’autre exactement ce qu’il demande le fait souvent pour se valoriser ou pour acheter de l’estime.  On ne peut aider un autre sans s’engager en toute conscience.  Souvent, les gens ne font que semblant d’appeler à l’aide.  Leur intention est d’abord de trouver une oreille attentive pour se plaindre de leur sort.  C’est en les écoutant attentivement qu’on percevra si elles veulent véritablement trouver une solution et se prendre en main.  Si c’est le cas et qu’on choisit d’aider, on devra décider du temps qu’on veut accorder, leur donnant une image claire du temps, de l’énergie et des ressources qu’on entend engager dans leur problème.

Avant de dépenser son énergie en aide auprès des autres, il faut se libérer de ce  besoin de voir les autres évoluer, d’être apprécié pour ce qu’on fait à leur intention, d’agir d’une façon particulière.  En se détachant et en cessant de se soucier pour eux, on les laisse libres de cheminer à leur guise.  En toute situation, chacun doit garder son libre arbitre.  Ainsi, on peut aider un autre, mais lui seul détient la capacité de se transformer en utilisant adéquatement l’aide offerte.  Il arrive trop souvent que l’autre n’est pas prêt à abandonner ses problèmes parce qu’ils lui apprennent encore quelque chose sur lui-même.  Tout ce que l’aidant peut faire, c’est d’aider à voir d’une nouvelle perspective, à faire un petit pas, à s’aimer davantage.  Il ne gagne jamais à faire ce que l’autre doit faire lui-même pour développer sa dextérité et sa confiance en lui-même.  Celui qui prend trop de responsabilités pour les autres les prive des leçons qu’ils pourraient tirer des choix qu’ils font.  Les êtres souffrants ont besoin d’aide et de compassion, mais en portant leur fardeau, on leur enlève leur force et on les prive de leur amour propre.

On n’aide que si on parle et laisse parler librement.  Pour clarifier le contexte, dès le début d’une relation d’aide, il faut demander à l’autre comment il pense qu’on peut l’aider, de quelle façon on peut l’aider et s’il croit qu’on peut vraiment l’aider.  Par ses réponses, on comprendra s’il est prêt à s’aider.  Il semble que le Ciel lui-même n’aide pas celui qui ne s’aide pas.  Mais, pour l’aider, il faut éviter à tout prix de se prendre dans son énergie, ce qui demande une grande maîtrise.  Peu de gens peuvent consacrer de longs moments à écouter épancher sa négativité sans sentir baisser leur taux vibratoire.  Inconsciemment, l’aidant prend souvent en lui les basses énergies de l’autre dans un excès de compassion ou un trop grand désir de l’aider.  Avant d’aider, il faut savoir reconnaître quand on se prend dans les énergies négatives de l’autre et apprendre diverses techniques pour relâcher ces énergies.  Autrement, bien que les énergies de l’autre ne semblent pas très apparentées aux siennes, elles pourront amplifier ou exagérer ses propres émotions.  Souvent, le simple fait de constater qu’on ne se sent pas comme on se sentait avant de rencontrer l’autre peut suffire à libérer cette énergie lourde.  On peut encore s’en délivrer par la respiration profonde ou par une bonne douche tiède.  Plutôt, on peut choisir d’entrer en contact avec sa Conscience divine pour élever ses vibrations.

C’est avec étonnement que nous lisons dans le «Bhagavad-Gitâ»: «…la charité qui n’est exprimée ni en temps ni en lieu convenables, ni à des gens qui en sont dignes, ou qui s’exerce de façon irrespectueuse et méprisante, on le dit relever de l’ignorance.»  En fait, nul ne peut vraiment aider un autre que s’il le rejoint dans son silence intérieur, par la voie amoureuse.  Or l’amour s’exprime toujours dans la non-ingérence et l’innocuité.  Pour aider un autre, il faut y être légitimé, c’est-à-dire y être autorisé, de façon explicite per un être conscient, de façon tacite per un être inconscient ou incapable de nous verbaliser sa demande.  Mais cette autorisation ne suffit pas.  Pour intervenir dans la vie d’un autre, il faut être capable de rester impersonnel et détenir toute la compétence pour le faire.  En plus, nous devons nous assurer que, dans cette intervention, nous ne dérangeons aucun aspect de la Loi de la rétribution.

Dans notre désir d’aider son prochain, se cache souvent un profond orgueil spirituel, celui de nous valoriser ou revaloriser aux yeux des autres, de les façonner à son image, de les dominer ou de leur démonter qu’on sait mieux qu’eux se tirer d’une façon préjudiciable.  Le plus beau présent qu’on puisse faire à un autre, c’est de respecter sa liberté de suivre sa propre voie.  Les gens à qui on donne sans cesse en viennent à ne plus apprécier ce qu’on fait.  Aussi, dès qu’une offre d’aide ne fait plus de bien évident, il est temps de mettre son énergie ailleurs.  À court terme, on risque d’être déprécié, mais on gagnera plus de respect à long terme.  Toutefois, on ne doit jamais intervenir dans la vie d’autrui par désir d’un gain personnel, car alors on désire que l’autre fasseSchuhe binden ce qu’on veut.  Dans une relation d’aide, le gain personnel ne doit jamais enter en considération.  Du reste, on ne peut aider vraiment que si on s’investit dans la pureté d’intention, si on aime d’un amour inconditionnel et si on reste détaché dans son intervention, agissant comme un instrument divin, non comme un intervenant personnel..

Satprem, un Initié, a dit: «…aider les autres n’est pas un problème de sentiments ou de charité, mais un problème de pouvoir, une question de vision, une question de joie.»  On ne peut pas aider utilement les autres si on ne sait pas reconnaître ses problèmes et ceux des autres, si on ne parvient pas à percevoir le taux vibratoire qui, en soi comme en l’autre, est à changer.  Ce n’est pas aider son prochain que de faire son travail à sa place ou de se charger de son poids karmique: il vaut mieux lui montrer comment s’y prendre pour que, à l’avenir, il sache comment s’en sortir.  Nul ne doit indéfiniment fournir du poisson à l’autre ou aller pêcher à sa place, il doit lui apprendre comment pêcher.  Pour aider autrui, il faut avoir reçu une demande expresse ou, dans des cas particuliers comme l’inconscience, répondre à un appel tacite.  Mais cela ne suffit pas.  Il faut détenir la compétence certaine qu’on peut agir avec efficacité et dans l’innocuité.  Car croire avoir la compétence pour intervenir, ce n’est pas avoir la compétence pour le faire.  Et si on la détient, il faut savoir intervenir avec amour, humilité, discrétion et respect.  Dans la majorité des cas, la meilleure décision, c’est de se mêler de ses affaires et de bien s’en mêler, donc de vivre et de laisser vivre.  Chacun détient en lui tous les ressorts pour se tirer de toute situation pénible.  Nul ne doit intervenir dans la vie des autres s’il n’y est pas invité, ce qui constituerait de l’ingérence.  Toute personne qui interfère de façon indue dans la vie d’un autre se lie à son destin malheureux du fait qu’elle est incapable de retourner à la Perfection le mal auquel elle se lie.  La meilleure façon d’aider un autre restera toujours de l’envelopper d’amour et de le référer à son instance suprême, sa divinité intérieure.

© 1984-2016, Bertrand Duhaime (Dourganandâ).  Tous droits réservés. Toute reproduction strictement interdite pour tous les pays du monde.  Publié sur : www.larchedegloire.com.  Merci de nous visiter sur : https://www.facebook.com/bertrand.duhaime.

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