L’AGONIE, LA PHASE PRÉPARATOIRE DE LA TRANSITION SPIRITUELLE…

L’agonie révèle le moment de la vie, plus ou moins prolongé, marqué par le ralentissement et l’affaiblissement des fonctions vitales qui précède immédiatement la mort.  Elle désigne la phase ultime de l’existence, à l’inverse du processus de la naissance.  C’est l’épreuve finale et définitive de la vie terrestre, au moment de la transition, surtout propre à un être rongé par le doute et la terreur.  Chez un malade chronique ou une personne âgée de piètre santé, elle ne prévient pas souvent, d’où elle peut prendre au dépourvu, de sorte que les gens impliqués dans les soins ou la vigile peuvent mettre un moment à comprendre ce qui arrive.  Ainsi, ils peuvent s’inquiéter inutilement de signes bénins, mais inhabituels, ou mal interpréter des signes importants.  À part le râle agonique, il n’est pas facile de distinguer entre une maladie qui s‘aggrave, mais dans laquelle le cours des choses peut encore s’inverser, des symptômes qui agonieindiquent que le mourant ou le malade ne peut plus être sauvé et qu’il va rapidement être emporté.

Bien des gens se questionnent sur l’agonie, cherchant à expliquer ses phases alternées d’angoisse et de sérénité.  Avant la transition réelle, les énergies vitales, qui irriguent le corps, refluent vers le centre du cœur, dont le sommet se met à briller d’une intense irradiation de lumière éthérique, créant un chenal lumineux à l’esprit qui veut sortir du corps, devenu impropre à sa manifestation.  Ce phénomène se produit lentement, par poussées harmonieuses, qui ramènent tantôt la conscience vers la densité tantôt vers la subtilité.

Aux yeux des témoins extérieurs, le sujet peut révéler un trouble de la conscience et devenir somnolent, de plus en plus difficile à réveiller.  Il peut se produire une modification du comportement moteur : le sujet ne bouge plus (le sommeil est calme), le tonus musculaire diminue ou disparaît, ce qui peut se constater en remuant les bras du malade, qui n’offrent aucune résistance.  On assiste à un trouble respiratoire étrange : la respiration devient calme, ralentie, parfois irrégulière. À mesure que le déclin progresse, le rythme se ralentit, avec des pauses fréquentes et impressionnantes par leur durée.  Intervient un trouble circulatoire : refroidissement progressif des pieds, des mains, du nez ; apparition de marbrures, notamment aux genoux, comme signes d’un état de choc.  En fait, le corps réorganise sa circulation pour maintenir une tension artérielle normale et il y parvient assez longtemps, mais le système finit par s’effondrer.  On connaît d’autres manifestations comme la fixité globulaire, le teint blanc-jaunâtre au pincement des ailes du nez et une odeur très caractéristique.  Il s’agit de signes plus difficiles à apprécier, mais importants à étudier, car ils donnent souvent l’alerte du décès imminent.  Peuvent suivre  les troubles de la déglutition, les secousses musculaires, les mouvements désordonnés, voire les convulsions ou la fièvre.  Ce n’est qu’à l’extrême fin de l’épreuve que les témoins assistent aux signes d’effondrement physiologique : troubles respiratoires, avec  multiplication des incidents;  problèmes circulatoires, avec le collapsus cardio-vasculaire;  et les indices neurologiques, avec notamment les modifications pupillaires.

Il importe de connaître ces symptômes de la progression de l’agonie parce qu’il arrive souvent que les membres de la famille se réunissent pour faire de ces derniers moments une célébration d’adieu amoureuse.  Toutefois, il faut veiller à ne pas compliquer l’expérience de l’agonisant qui a le droit de partir dans une ambiance sereine et silencieuse, à l’écart des émotions trop intenses.  Mais il n’en faut pas moins savoir que, plus un être résiste à cette échéance, par la peur, fondée sur l’ignorance, plus il éprouve d’angoisse, compliquant le phénomène naturel de l’agonie.  Aussi faut-il savoir le rassurer.  En soi, la mort peut marquer un adieu définitif à un contexte terrestre, mais elle représente une libération, une nouvelle naissance dans des dimensions plus subtiles.  Mais l’être qui agonise n’accepte pas toujours spontanément le grand passage, trop lié à la terre par ses possessions, ses liens affectifs, les sursauts de sa personnalité.  Alors, il éprouve la souffrance de devoir répondre à une échéance qui s’impose à lui comme une nécessité, mais qu’il n’appelle pas lui-même.

Du reste, avant la transition, l’agonisant repasse, par la vision panoramique spontanée, toute sa vie en un éclair.  Face à la Lumière amoureuse, le Tribunal du Jugement particulier, il comprend soudainement toutes les erreurs de sa vie, s’en sentant très coupable et affligé, prenant pleinement conscience qu’il aurait pu vivre autrement, que tout était fonction de ses choix.  Alors, il se fixe un purgatoire, choisissant une demeure inférieure de la Maison du Père, pour transmuer ses transgressions, créant des voiles et des fils qui l’empêchent de prendre son envol spirituel jusqu’au Paradis.  Avant d’entrer dans un Palais de Pureté, il faut se purifier complètement: on ne pourrait l’atteindre sans vibrer à l’unisson avec lui.

Il arrive souvent que le mourant attende que tous les observateurs s’absentent pour prendre congé d’eux du fait que, à ce moment, il lui est plus facile de dénouer les derniers liens.

© 1986-2016, Bertrand Duhaime (Dourganandâ).  Tous droits réservés. Toute reproduction strictement interdite pour tous les pays du monde.  Publié sur : www.larchedegloire.com.  Merci de nous visiter sur : https://www.facebook.com/bertrand.duhaime.

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