L’ACTUALITÉ, UNE NOTION MÉTAPHYSIQUE À COMPRENDRE…

Dans le présent article, l’actualité ne désigne pas l’ensemble des réalisations ou des projets en cours d‘une personne ou d’une organisation, encore moins les informations ou nouvelles récentes de ce qui se passe dans sa région ou dans le monde.  Il s’agit plutôt du concept philosophique.  Ainsi, en métaphysique, l’actualité désigne ce qui est en acte ou ce qui est manifesté concrètement, soit ce qui s’actualitéoppose à ce qui reste virtuel, en potentiel, en latence, qui n’est pas encore exprimé.  Pour le commun des mortels, elle désigne la condition ou la réalité du moment, le fait présent, ce qui stimule la conscience objective par l’intermédiaire des sens physiques, ce qui se conforme aux lois de la sensibilité de la conscience objective.  En tant que manifestation ou phénomène de conscience, elle n’exprime pas forcément des faits réels.

Pour les rosicruciens et les francs-maçons, ce terme définit ce qui est en soi comme cela est, ce qu’une chose ou un phénomène sont en eux-mêmes.  Cette notion s’oppose à l’interprétation qu’un sujet individuel peut en faire par rapport à ce qu’il perçoit dans sa conscience personnelle.  En d’autres termes, pour chacun, une chose ou un phénomène devient pour lui ce qu’il en pense ou en conçoit.  Alors que l’actualité exprime l’état d’une chose en soi, la réalité exprime le niveau d’appréciation ou le degré de conscience d’un sujet pensant particulier.

De la sorte, par la réalité, un sujet rabaisse l’actualité à sa mesure, à son niveau de compréhension, au lieu de s’élever au niveau de l’actualité.  L’actualité renvoie au principe de l’être ontologique d’une chose tandis que la réalité réfère au principe de l’ordre de la conscience.

Au sens métaphysique, l’actualité c’est ce qui est en soi comme cela est; la réalité, c’est ce qui est perçu par la prise de conscience.  Alors que l’actualité exprime l’état d’une chose en soi, la réalité exprime le degré de l’appréciation d’un sujet de l’actualité.  Sans prise de conscience, rien ne serait réel à un être en tant qu’individu, en tant que sujet particulier.  Ce qui est réel pour un être, c’est ce dont il prend conscience, peu importe l’actualité de la chose perçue.  L’actualité est la vibration manifestée en elle-même; la réalité’ est le produit de la réception et de l’assimilation individuelle de cette vibration.

En fait, l’actualité est la Loi de l’être d’une chose; la réalité est la Loi de l’ordre de la conscience.  On peut donc dire que les sensations sont des réalités, jamais des actualités.  Elles se manifestent, de façon complète et parfaite, dans la conscience de l’homme, non dans la matière d’ou elles émanent.  Il faut en tirer deux leçons fort salutaires: nul ne peut se fier à l’actualité de ses réalités (à la vérité absolue de ses prises de conscience); nul ne peut davantage se fier complètement à l’interprétation de ses réalités.

La meilleure façon de comprendre la nuance subtile entre l’actualité et la réalité serait de réfléchir sur le jeu de cache-cache, celui ou l’on se bande les yeux pour identifier un objet ou une substance.  Ce que le joueur perçoit et interprète par ses sens constitue sa réalité.  Mais cette réalité qu’il croit percevoir peut être fort différente de ce qu’est la chose dans son actualité (de ce qu’elle est dans sa vraie nature ou dans son essence).

À vrai dire, les sensations et les perceptions de l’être humain fondent ses réalités parce qu’elles se manifestent, de façon complète et parfaite, dans la sphère de sa conscience, non dans la matière ou dans les phénomènes dont elles émanent.  On peut tirer deux conclusions instructives de ce fait : nul ne peut se fier à l’actualité de ses réalités (nul ne peut prétendre tirer une vérité absolue de ses perceptions et sensations, donc de ses prises de conscience);  nul ne peut davantage se fier complètement à l’interprétation de ses réalités.

Un être ne connaît une chose ou un phénomène que dans la mesure ou il naît ou se fond avec eux parce que, à ce moment, il les intériorise et les intègre complètement en lui.  Pour connaître parfaitement une chose ou un phénomène, il faut s’élever au niveau des causes, qui transcende celui des phénomènes, donc dépasser le niveau des reflets et des mirages.  Il faut éviter de confondre la forme d’un être avec son principe causal.  On a tort de croire connaître un être que l’on aborde que par son enveloppe extérieure.

© 1988-2016, Bertrand Duhaime (Dourganandâ).  Tous droits réservés. Toute reproduction strictement interdite pour tous les pays du monde.  Publié sur : www.larchedegloire.com.  Merci de nous visiter sur : https://www.facebook.com/bertrand.duhaime.

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