IL Y A SOLITUDE IMPOSÉE, QUI EST RÉCLUSION OU ISOLEMENT,

PUIS LA SOLITUDE CHOISIE, QUI EST HAVRE DE PAIX ET GAGE DE TRANSFORMATION…

La majorité des êtres humains ne craignent rien moins que la solitude, surtout si elle est subie, donc non désirée, plutôt que choisie, parce que, selon leur degré de souffrance, elle les place face à leur propres manques et besoins, leur fait découvrir le vide intérieur à combler, leur révèle leur degré d’immaturité psychologique, surtout au plan affectif.  Car elle est d’autant plus douloureuse qu’un être est insécure, vide de lui-même, qu’il est attaché aux autres et qu’il se remplit d’eux et qu’il la ressent comme un rejet ou une trahison, comme une mise hors du circuit social ou comme une fatalité, car, alors, elle peut engendrer de sérieux dommages psychologiques.

solitude-1   Pourtant, s’il ne s’agit pas de l’isolement du misanthrope ou du déséquilibré mental, si elle ne représente pas une insécurité congénitale, une fuite des agressions extérieures, une peur de l’abandon, une incapacité de partager son intimité, une difficulté de communiquer ou un refus de communication, d’engagement et d’accomplissement, elle peut assurer de grands bienfaits, surtout dans le domaine évolutif.  Car, en l’occurrence, chacun ne peut, ultimement, avoir confiance qu’en lui-même pour éviter de devenir, par imitation, suggestion ou imprégnation, la caricature d’autrui et de se dévoyer.  Bien qu’indissociable du Tout, dans son évolution, il est voué à un cheminement individuel original, ce qui s’appelle son propre destin, dans lequel personne d’autre ne peut, à proprement parler, quoi que ce soit pour lui.

Par rapport  à soi-même, la solitude permet d’explorer son monde intérieur, de se poser les bonnes questions, de mieux se connaître, de découvrir ce qui est bon pour soi, de devenir acteur de son histoire et de s’assumer dans son autonomie et son indépendance, donc dans sa liberté inaliénable.  En ce sens, elle consolide la notion de l’identité et elle répond au besoin d’intimité, en plus d’enrichir l’expérience personnelle et d’améliorer la créativité.  Après les activités du quotidien ou de la vie mondaine, elle permet de se restaurer, de se reconstituer, de refaire ses énergies, de se ressourcer intérieurement.

La solitude permet encore de s’apprivoiser, d’apprendre à se retrouver bien avec soi-même, de construire son identité pour avancer sur son propre chemin.  Elle amène à plonger à l’intérieur de soi pour trouver force et inspiration, pour se rappeler, pour grandir en sagesse, pour se remplir de ce qui fait l’essentiel de la vie, pour accéder à la Conscience spirituelle.   Dans les coups durs, elle apprend à tenir bon au lieu d’accabler autrui, de le peiner, d’exercer sur lui son empire ou de se faire prendre en charge.  Amenant à vivre avec courage, lucidité, attention, vigilance et discernement, elle affirme le sens des responsabilités, évitant de succomber à la tendance de projeter ses torts sur autrui, puisqu’il y prend peu de place.

La solitude permet d’explorer sa peur de la disparition ou de l’annihilation en imposant de faire face à sa condition d’être incarné dans des conditions éphémères et illusoires, comme de reconnaître ses limites.   Elle assure d’échapper pour un moment à la vie trépidante et aux problèmes du monde pour se recentrer sur soi , ses vrais besoins, ses désirs sincères et ses aspirations profondes.  Surtout dans les moments difficiles, elle aide à intégrer  les événements de la vie, à puiser dans sa richesse intérieure, ce qui élargit la conscience.  Elle force un être à porter son propre destin et à en faire ce qu’il veut, à développer un esprit critique, à exprimer un jugement personnel, à s’ouvrir à l’intuition.  C’est ainsi qu’il découvre peu à peu qu’il est unique, irremplaçable, précieux, de sorte qu’il n’est pas vrai que, sans les autres, il n’est rien ou qu’il témoigne de marginalité en se repliant dans son intimité.

Par rapport aux autres, la solitude amène à apprécier le silence, à sauvegarder sa valeur essentielle d’être différent, à échapper à la dépendance et à la manipulation psychique, à prendre de la distance par rapport à la réalité, surtout par rapport à l’opinion des autres.  Tout partant de soi pour revenir sur soi, au moment le plus opportun du point de vue évolutif, pour donner une leçon salutaire, il n’y a que soi qui puisse mettre un terme à ses incohérences, dévoiler son ignorance et son inconscience pour sortir de ses problèmes, de ses erreurs, de ses échecs, de ses douleurs, de ses cercles vicieux.   Elle tire de la nécessité de jouer un rôle sur la scène de l’humanité ou à la tendance d’obliger les autres à jouer un personnage dans le théâtre de son imaginaire, parce qu’on maintient à leur endroit des attentes indues et qu’on tisse avec eux des liens gommeux, plutôt frauduleux.  Et tant mieux si elle en vient à s’accompagner du silence qui aide à mieux s’écouter se parler et à découvrir ses incongruités, ses incohérences et ses inepties.

De toute manière, au fur et à mesure que l’être incarné se centre sur l’Absolu et qu’il se dissocie de ses enveloppes inférieures, il engendre une séparation temporaire qui produit un vide autour de lui.  Sans devenir séparateur ou diviseur, il ne se sent plus d’affinités avec n’importe qui ni d’intérêt pour n’importe quelle activité.  Au début de son périple terrestre, si son âme peut s’accompagner d’un Guide incarné ou d’un Mentor subtil, il ne peut effectuer ce périple, essentiellement, que d’une manière solitaire.  Il doit chercher par lui-même, mener ses propres expériences, en évaluer les résultats.  Chaque être incarné exprime une vérité particulière, unique, de l’Absolu.

En fait, chacun restant longtemps partial et subjectif, nul ne peut mieux comprendre les mondes invisibles que lui-même.  Participant de son propre Rayon divin, nul autre ne peut les lui décrire ni ne les lui exprimer convenablement.  Ainsi, il devient impossible pour toute âme de se renseigner adéquatement hors de sa propre vibration.  Ainsi doit-elle se résoudre à se centrer en elle-même et à chercher par elle-même.  Cependant, dans les mondes supérieurs, même si tout lui paraît paradoxal et impondérable, elle ressent continuellement un sentiment d’extase qui affermit sa confiance.

Et, pour sa gouverne, n’a-t-elle pas raison de faire davantage confiance à l’Esprit qui l’habite, image de sa Totalité, qu’à tout autre intermédiaire?  Du reste, ce n’est qu’en se détachant des plans inférieurs qu’un être peut apprendre à Être totalement, dans la plénitude constante.  Surtout, c’est par son contact avec eux qu’elle perd de plus en plus son intérêt pour les plans inférieurs, se découvrant un jour, à jamais libre, indépendante même du corps matériel.

L’âme acquiert une connaissance particulière dans chaque dimension où elle passe, s’élevant progressivement jusqu’à sa Source originelle, où elle découvre que le Seigneur d’un Univers, qu’elle a pu prendre pour un Dieu, n’est qu’une manifestation de l’Absolu.  Par ses propres moyens, elle doit franchir chacun de ces royaumes, sans appui définitif, pour étoffer ses approximations, pour monter à l’infini, jusqu’à ce qu’elle devienne une cause dans le cœur de la Cause première.

Celle-ci ne doit ni ne peut mettre un terme à son élévation avant d’atteindre cet état sublime, une simple reconnaissance de sa réalité éternelle, car elle limiterait d’autant sa liberté, sa puissance et sa splendeur.  Elle doit se fondre dans l’Esprit sans pouvoir se référer, dans des traités ou des registres subtils, au moindre prototype évolutif.  En elle-même, même après avoir échappé à la Roue de la Vie en incarnation, elle poursuit son évolution pour l’éternité.  Ainsi, dès son expérience incarnée, un être doit apprivoiser une certaine solitude, du moins intérieure.  Très tôt, il gagne à apprendre à pénétrer les diverses réalités par son regard spirituel, donc en se détachant de l’extérieur pour se retourner vers l’intérieur, afin de renouer son lien avec l’Absolu, par la Divinité qui est fermement fixée en lui.

C’EST AINSI QUE, À BIEN Y RÉFLÉCHIR, LA SOLITUDE, SI ELLE N’EST PAS INSOCIABILITÉ ET MYSANTHROPIE, COMPORTE DE GRANDS AVANTAGES…

Tous ne le savent que trop bien, la solitude, comme le silence, ce n’est pas l’état que la majorité des gens plongés dans la troisième dimension recherchent, parce qu’ils y sont plus appelés à se projeter à l’extérieur qu’à l’intérieur et à vivre dans le bruit, la fébrilité et la dissipation.  Pour eux, vivre, ce n’est pas vibrer intensément, mais s’activer, se stimuler et s’exciter.   Pourtant, puisque tout être naît seul, vit seul et meurt seul, jouant un rôle fonctionnel différent par son individualité, chacun doit apprendre à vivre en solitaire.  En cela, la solitude, qui n’est pas isolement, n’est qu’un état d’esprit qui affirme le sens de la responsabilité et de la liberté, renforçant l’autonomie et l’indépendance, sans jamais nier la fraternité et la solidarité.  La solitude permet simplement d’échapper à l’influence et aux pressions indues provenant d’autrui et de la société, qui bombardent d’une masse de données distrayantes et confondantes, de nature à standardiser les normes et les comportements, empêchant d’exprimer cette part de l’unicité qui rend différent et précieux pour l’ensemble.  Car, au-delà des apparences, nul solitude-2n’est jamais seul.  La solitude permet surtout de se ressourcer dans le silence et la paix, au contact de la Nature ou à l’écoute de son Centre intime, afin de se réaliser pleinement à son rythme et à sa manière.

Confronté aux grandes questions de la vie, chacun découvre que la seule réponse valable et valide réside au plus profond de lui-même.  Le monde extérieur peut lui présenter nombre de réponses, mais il arrivera toujours à la conclusion qu’elles ne correspondent jamais parfaitement à son ressentir.  Personne ne peut répondre à la place d’un autre.  Dans les grandes situations, chacun se mesure à lui-même et il est replacé dans sa solitude.  Libre à lui de tenter de fuir cet état au lieu de le cultiver.  Sauf que la solitude peut lui permettre de nourrir en lui une réponse intime qui est seule capable d’éveiller un feu intérieur ou une lumière divine qui peut éclairer son chemin et l’accompagner tout au long de sa route.  C’est ainsi qu’il peut découvrir l’Île aux Trésors ou la Caverne d’Ali Baba qui s’ouvre au sésame de l’Amour.  Autrement dit, c’est dans la solitude qu’un être comprend que, après avoir

longuement convoité le monde extérieur, il peut lentement découvrir tout un univers de solutions et de réponses dans son espace intérieur, qui lui ressemble bien davantage.  Après avoir exploré l’univers du mental, avec ses limites, il commence à développer l’intelligence du cœur, la voie de la connaissance qui mène à la réalisation dans l’Esprit suprême.  Alors, après avoir fortement développé sa nature égotique, il pense à développer sa conscience divine.  Et il découvre peu à peu que, à travers chacun, Dieu fait une expérience unique de lui-même.

Avec Aristote, il faut croire que celui qui s’isole est un être dérangé, mais que celui qui assume sa solitude est un être supérieur.  La solitude revêt divers aspects.  Elle est d’abord matérielle parce que chacun est obligé de subvenir à ses propres besoins.  On peut surmonter cette solitude en s’associant à d’autres personnes qui pensent comme soi, mais il faut alors agir sur son caractère pour attirer des gens harmonieux.  Il y a ensuite la solitude mentale, celle de la personne qui, bien qu’entourée, se sent seule intérieurement.  Ce sentiment peut être surmonté par une étude sérieuse des sujets vers lesquels l’esprit est attiré consciemment ou inconsciemment, car les semblables s’associent, mais les dissemblables s’unissent.  Il y a enfin la solitude spirituelle, celle de l’âme, qui bien qu’elle fasse partie de l’Âme universelle, peut éprouver de l’ennui, un vide existentiel, du vague à l’âme, quoi.

LES FRUITS DE LA SOLITUDE

Celui qui n’a pas suffisamment développé sa nature spirituelle peut ainsi ressentir un sentiment d’insuffisance, d’incomplétude, d’incertitude, de crainte, un manque de confiance en soi et d’estime pour soi.

Mais, faisant de l’alpinisme spirituel, sur le flanc de la Montagne sacrée, tout pèlerin éprouvera tôt ou tard un grand sentiment de solitude parce que la majorité des hommes répugnent à l’effort et désertent, à un moment ou à un autre, la Voie.  Et jusqu’à ce qu’il obtienne la vision intérieure, pour percevoir les formes spirituelles qui l’accompagnent, l’aspirant, qui voit ses accompagnateurs le déserter un à un, pourra passer par un état de vide intérieur, dont il est à espérer qu’il se servira de façon utile plutôt que pour se décourager lui-même.  Les mondes denses sont peuplés d’êtres concrets, mais les plans subtils sont peuplés d’êtres raréfiés dont on ne sent pas toujours la présence, du moins au début.  Alors, on se sent comme déserté, abandonné, tandis que nombre de présences tutélaires donnent leur appui discret.  Ce n’est qu’une période probatoire de la sincérité du candidat.  S’il la passe avec succès, avec courage, patience et persévérance, il ne regrettera jamais le lieu ou la dimension d’où il vient, faisant la connaissance d’êtres tendres et affectueux, infiniment amoureux, qui ne s’imposent jamais, mais accourent pour servir, au moindre appel, incapables de se tromper ni de tromper, comme c’est le cas des amis présumés d’en bas.

Beaucoup de gens ne savent pas fonctionner autrement qu’à l’intérieur d’un couple.  Particulièrement à ce moment de l’ascension terrestre et collective, pour la plupart, il s’agit d’une erreur.  En tout cas, dans peu de temps, il s’agira tout à fait d’une erreur qui impliquera ses répercussions.  D’autant plus que, à ce propos, on peut croire tout à fait ce que Serge Pastor a dit : «La plupart des relations de couples sont basées sur des liens réciproques névrotiques, en lesquels la femme et l’homme identifiés à des «personnes» fortement conditionnées par des histoires familiales, raciales, ethniques et autres, tissent des rapports liés au manque affectif à combler, au besoin de se remplir de l’autre, de pérenniser des mœurs et traditions ancestrales et ainsi entretenir des schémas de constructions centrées sur des egos en situation de souffrances, de projections et d’attentes à satisfaire.  Ainsi les couples donnent-ils à voir des rapports entre images modélisées, achevées ou en voie de consolidation, donc centrées sur des liens de surface, rarement sur des relations dénuées de tout désir d’appropriation, de soumission, de séduction ou autres stratégies mises en place par des «moi» en mal de vie.»  Le couple cherchait sa légitimité et sa pérennité dans la nécessité de reproduire l’espèce et de mener à bon terme sa progéniture, poursuit une fin qui ne tient plus puisque, aux niveaux supérieurs de la conscience, chacun vit de sa propre entité et de sa pleine liberté et que, bientôt, la réalité matérielle, telle qu’on la connaît, ne subsistera plus.  Pour la plupart, ce n’est que lorsqu’ils en feront le constat qu’ils réaliseront qu’ils ont manqué le coche et qu’ils ont pris la mauvaise direction.

Il en est de même de la relation familiale.  Les liens qui s’y vivent proviennent de ce qu’Il est convenu d’appeler les fondements génétiques, karmiques et intergénérationnels.  Ce type de relation est un lien, donc une attache de trop, au sens où l’humain le nomme, mais il s’agit d’un lien qui n’existe en aucune manière au sein des Mondes unifiés et qui peut devenir un obstacle à son évolution spirituelle, notamment à sa fusion définitive.  Nul ne peut indéfiniment tenter de ménager la chèvre et le chou, ce qu’il croit devoir aux autres et ce qu’il croit se devoir.  Or, fondamentalement, nul n’a de comptes à rendre aux autres par rapport à ses choix de vie.

En tout cas, dans les Mondes supérieurs, c’est de manière libre que le principe de filiation relie à la Source unique et aux lignées spirituelles authentiques.  D’abord et avant tout, il relie chacun à son histoire évolutive au sein de l’Esprit éternel.  Lorsqu’un être quitte les plans de la densité, ce qu’il a construit, établi ou relié, de vie en vie ou au cours d’une seule vie, n’existe plus.  Et, puisque le plan astral a été dissous et que le mental est en voie de dislocation, cela s’avère désormais jusque dans les plans proches de la densité.   Les relations que l’être humain établit ne sont plus inscrites que dans la durée de sa présente vie.  Il se peut que, à l’occasion, pour des raisons d’affinités spirituelles ou de liquidation karmique, elles soient  appelées à se relier et à se retisser au sein d’autres rôles dans d’autres vies.   À ce moment, un être retrouve temporairement des âmes et des consciences avec lesquelles il avait été en interaction au sein de la densité matérielle.  Mais, désormais, tous doivent admettre que, lorsqu’un être se libère de manière transitoire, par exemple à chaque mort ou transition, ou de manière définitive, comme cela est en train de se produire pour l’humanité, ces liens, auxquels il a tant tenus, n’existent tout simplement plus.  Ce qui amène au constat d’une perte de temps dans le domaine évolutif.

Chacun gagne à reconnaître que la plupart des liens, voire l’ensemble des liens qui prévalent au sein de cette densité matérielle, portent une résonance qui limite la liberté.   Alors, comme, à partir du moment où un être accède aux Champs unifiés de la Conscience cosmique, il ne peut maintenir les liens qu’il avait tissés dans le monde de la dualité, il gagne à s’en délivrer au plus tôt.  En fait, tout ce qui lui tient à cœur (les compagnons et les compagnes, son conjoint ou sa partenaire, ses enfants, et lui-même, avec le milieu où il s’est incarné) tout cela se dissout totalement à partir du moment où il pénètre dans les Champs unitaires de la Conscience divine.  En conséquence, il importe que chacun reconsidère, non pas à la lueur de l’intellect et des émotions, mais par l’éclairage fort du cœur, ce qui représente une relation dans la liberté.  En aucun cas une relation de liberté ne peut ressembler à ce qu’un être vit au sein de la troisième dimension.  À ce niveau, toute relation se fonde sur un certain nombre de critères qui évoquent des liens au sens de freins, même si, au niveau de la personnalité, on ose appeler cela une relation d’amour, de responsabilité, de devoir, de sens familial, de condition civique ou d’autre appellation choisie à sa convenance.

Ainsi, au sein de la Conscience unifiée, comme au sein de leur vie actuelle, la plupart des humains n’ont, au niveau vibratoire, aucune souvenance de leurs vies passées ou des liens qui existent avec des âmes et des consciences qu’ils ont rencontrées au sein de la matrice terrestre.  Par bonheur, aujourd’hui, certaines âmes commencent à parcourir la Voie de l’Unité de la Conscience, d’où ils modifient spontanément, sans la moindre intervention du mental ou de l’émotionnel, leurs liens et leurs relations.   Intuitivement, ils savent pertinemment que, quoi qu’en disent certains médiums, ces liens, d’utilité temporaire, se dissolvent au moment de la mort de l’une des personnes impliquées dans la relation. En fait, il peut subsister des mémoires ou des résonances, associées à des résidus karmiques, poussant à leur trouver une solution définitive.  Mais, à partir du moment où les lois de la matrice et ses franges d’interférences ont été dissoutes et où les sas d’isolement — diversement appelés magnétosphère, héliosphère et ionosphère — n’existent plus (qui sont en cours de désintégration), les liens tels que l’être humain les a connus n’existeront plus du tout.  Entre deux être, il ne reste jamais que le lien impérissable de l’Amour divin.

Pour cette raison, les êtres humains n’ont pas à s’étonner d’éprouver une difficulté de positionnement au sein des relations qu’ils maintiennent, ce qui entraîne des hauts et des bas.  Inconsciemment, ils cherchent à s’aménager de plus en plus d’espaces de liberté en eux.  Et ceux qui ne s’y appliquent pas se retrouveront incessamment dans un drôle de bourbier.  Bien qu’il soit extrêmement difficile, au niveau humain, de recouvrer ses espaces de liberté, au sein de ses diverses relations, cela n’est pas tout à fait impossible.  Tout dépend du degré de conscience, donc de maîtrise personnelle, que chacun a atteint.   Pour y arriver, il faut savoir mettre un terme à tout chantage, à toute servilité, refuser de se soumettre au moindre pouvoir, qu’ils procèdent d’en haut ou d’en bas, du ciel ou de la terre.   Car, fondamentalement, la récupération de sa liberté ne signifie pas qu’il faille rompre les images (11)liens, mais plutôt les transformer, de sorte que ce qui représentait un point d’aliénation se transforme en un point de libération permettant l’échange, le partage et la collaboration équitables.

Pour celui qui tient à poursuivre son ascension spirituelle, il lui appartient de voir à vivre cette transformation dès cette incarnation, au sein de ces instants particuliers qu’il vit et qui annoncent la fin de la vieille matrice.  Chez tous, toute forme de dépendance doit disparaître, avec les peurs que l’indépendance et l’autonomie suscitent chez plusieurs, de manière à récupérer leur liberté totale et entière.   Tous devront réaliser que, à travers les divers liens, ils n’étaient plus libres d’agir et d’aller et venir à leur guise au sein du monde terrestre, alors que tous sont appelés à se rendre où bon leur semble quand cela leur semble.  Dans la Création, la Conscience suit la pensée, alors que la pensée suit l’attention et l’intention, permettant, en toute intégrité et honnêteté, de passer sur les plans dimensionnels correspondant à ses choix, d’y rencontrer les âmes et les consciences correspondant à ses affinités, afin d’éprouver la liberté d’une relation particulière dégagée de toute notion d’action et de réaction ou de Causalité.  Un être ne peut atteindre cet état sublime que s’il accepte d’abandonner toute velléité de pouvoir sur autrui et de refuser toute velléité extérieure de domination sur lui-même.

Alors, de toute évidence, au sein des structures humaines qui existent encore au sein de la densité, où tout est fondé sur le pouvoir, il appartient à chacun de redéfinir prestement les stratégies et les comportements qui lui permettront de passer au mieux à travers la présente période d’affaiblissement des liens.  Tout doit devenir une relation d’Amour pur fondée sur le respecte et la liberté qui exclut toute forme d’asservissement de quelque forme que ce soit.  Voilà la première tâche à laquelle doit s’astreindre le chercheur spirituel, une tâche qui sera plus ou moins facile selon son milieu, selon la dynamique de son couple ou de sa famille, selon son degré de compréhension et de courage, bref, selon son degré de conscience.  Chacun doit réaliser que ces liens, tributaires de l’ancienne matrice en dissolution accélérée, n’existent plus et n’impliquent plus aucune fidélité.  Clairement, cela signifie que vous devez vous défaire et vous délier de tout ce qui vous attache ou vous garde attaché au risque de sombrer avec l’ancien mode de vie.

Mais se détacher ne signifie en rien abandonner un autre ou rompre avec lui, même si, dans les cas les plus difficiles, ce serait la solution idéale.  Il faut le rappeler : se détacher veut dire transformer une relation où peut subsister un élément de domination, un jeu de pouvoir, un indice de tentative de contrôle.  Chacun doit se maîtriser et se guider lui-même, exerçant son plein pouvoir ou sa pleine souveraineté en rejetant tout empire de la part d’un autre être humain, comme de toute entité subtile.  On peut facilement concevoir que, chez les âmes immatures, surtout si elles vivent auprès d’un être cher et ont des enfants, cela puisse représenter tout un dilemme.  Et le problème perdurera tant qu’elles ne parviendront pas à le résoudre dans l’Intelligence de la Lumière en le confiant à leur Centre divin.  Actuellement, dans le monde terrestre, tout doit se résoudre par la Vibration divine, non plus par le mental, par le chantage émotif ou par un élan d’impulsivité.  N’empêche que, à travers ce qui se passe dans son quotidien, chacun doit apprendre à mener sa libération pour accéder à sa pleine et entière liberté.

En ce moment, pour chacun, ce qui importe le plus, c’est de procéder à l’examen personnel dans la solitude.  Malgré eux, beaucoup de ceux qui ont dépassé les 49 ans, soit leur septième cycle de sept ans, ont été plongés dans cet état par la force des choses : des relations se sont dénouées d’elles-mêmes ou elles ont atteint leur terme lors d’un départ ou d’un décès.  Ceux-là peuvent ressentir leur état comme anormal alors que, dans l’Ordre divin, il porte son sens, ce qui est une invitation à en faire bon usage, car il portera, sous peu, sa récompense.  N’a-t-il pas été dit : «Il y a une saison pour toute chose, et un temps pour tout faire sous le ciel»?  Ainsi existe-t-il un moment pour la solitude bénie.  Quand la solitude résulte d’une proposition divine, un être peut être assuré qu’il s’y prépare à un saut quantique, s’il en comprend le sens et en reconnaît la valeur.  Dans le domaine de la croissance spirituelle, elle porte forcément son utilité évolutive.

Un être ne peut que se retrouver seul dans la poursuite que lui suggère son Centre divin d’atteindre la toute-puissance.  Pour en convaincre, le Maître Janaka-anandâ aimait répéter : «Quoi que l’homme fasse, il naît seul, il vit seul et il meurt seul, malgré ce qu’il croit.»  L’âme arrive seule et dénudée sur la terre et elle se retrouve seule au moment de remettre son destin à l’Esprit divin.  Mais, dans son individualité propre, qui le rend unique, rare et précieux, jamais complètement compris, chaque être vit toujours seul, même entouré.  Chose certaine, nul Maître réalisé n’est parvenu à un état aussi grandiose sans rechercher et chérir la solitude.

Tout homme croît qu’il doit endosser la responsabilité de se faire géniteur et pourvoyeur, sans quoi il passerait à côté de sa vie.  Encore plus, toute femme pense qu’elle ne pourrait jamais s’accomplir sans se faire épouse et mère.  Pas étonnant que, même s’ils ne sont plus en âge de procréer, nombre de personnes qui se retrouvent présentement seules croient qu’elles doivent se trouver un partenaire de vie.  Cette fois, par une subtile sublimation, ils tentent de transformer leur impulsion en quête de l’âme-sœur, de la flamme jumelle ou de la douce moitié, croyant que, à défaut de la rencontrer, ils resteront incomplets.  Pourtant, ceux qui se retrouvent seuls doivent comprendre qu’ils vivent cet état par choix : ils ont relevé l’engagement noble et particulier de vivre la Solitude divine, la Solitude bénie.  À moins, bien sûr, que leur phase de solitude représente une leçon de nature à faire l’apprentissage du détachement en raison de liens karmiques antérieurs trop puissants qui les ont trop projetés à l’extérieur d’eux-mêmes.

En effet, les âmes les plus avancées, qui aspirent à la Maîtrise totale, ont codé de vivre dans la solitude pour s’assurer qu’elles trouveraient l’occasion, dans leur présente vie, de s’immerger dans la lumière sanctifiée de leur Centre divin afin d’atteindre la consécration ultime de l’illumination.  Ils savaient devoir s’imposer des périodes de silence et de vacuité plus ou moins longues pour œuvrer sur eux-mêmes et s’assurer la réussite de leur proclamation d’atteindre la Réalisation transcendantale.  Cela ne signifie en rien qu’elles devront vivre dans la solitude pour toujours, mais qu’elles vivront dans cet état tant qu’il le faudra pour s’assurer de parvenir au degré requis d’amour de soi, une condition indispensable à leur transformation.

La dynamique évolutive veut que, lorsqu’un être s’approche de la Réalisation finale, dans son parcours évolutif, il consacre une incarnation sur trois ou quatre à se rapprocher de cet état sublime.  Ceux que cet énoncé ne convainc pas pourront toujours demander à leur Centre divin de leur faire savoir si, à la veille de l’Ascension planétaire et collective, il est préférable qu’ils vivent dans la solitude ou qu’ils s’organisent un quelconque partenariat d’amour ou de collaboration, ce qui est le lot le plus commun.  En effet, la vie de solitaire et la vie de couple ont leur raison d’être, ce sont leurs leçons, avec leurs avantages et désavantages, qui varient.

L’amour de soi manque beaucoup à ceux qui sont nés dans des sociétés judéo-chrétiennes qui leur ont inculqué qu’ils étaient dotés d’une nature viciée et qu’ils devaient obtenir le salut à la dure.  Ainsi, ils ont passé des vies à demander pardon pour ce qu’ils se croyaient, une divinité voilée, mais un être déchu menacé des peines éternelles de l’enfer.  Alors, dans l’ascèse répété, ils ont appris à donner plus qu’à recevoir, toujours enclins à se sacrifier pour leur autres, jusqu’au péril de leur vie.  C’était la manière d’aimer, leur enseignait-on.  En pareil cas, ils ont besoin de longs moments de solitude pour se retrouver en eux-mêmes et se réapproprier leurs droits innés, dans la mesure où ils peuvent transformer ces moments en une période de sublime révérence pour eux-mêmes.

Dans la solitude, un être est poussé à l’examen de lui-même, ce qui le rapproche de son âme.  Il y trouve l’occasion rêvée de plonger dans les eaux profondes qui coulent en lui, pour apprendre à nager dans l’Océan du Soi divin et à redécouvrir le vrai sens de l’Amour pur, et de se rapprocher de la brillante Étincelle divine qu’ils sont en réalité.  Celui qui veut s’accomplir doit apprendre le détachement ou lâcher-prise, explorer son être en le sondant de l’intérieur, se relier à son Centre divin, ce qui exige l’exercice de la souveraineté qui précède l’état de Pleine Maîtrise personnelle.

Dans une relation de couple, un être est plutôt amené à bannir l’affectivité, à réfléchir sur le sens de l’échange et du partage, à remettre en cause son système de croyances, à s’informer sur la notion d’altérité, à trouver la ligne de démarcation entre les droits et les devoirs, à comprendre le sens de l’engagement et des responsabilités, à maintenir l’égalité et l’équité, à apprendre à dire les choses simplement, à établir ce qui fonctionne et ne fonctionne pas dans ses divers systèmes.  Mais cette association ne durera, ne se démontrera créative et n’atteindra l’équilibre que dans la mesure où, dégagés d’affectivité, les deux partenaires renonceront autant à la dépendance mutuelle qu’à la domination à sens unique.  Une relation entre deux êtres souverains offre plus de vraie joie, de cohérence et de cohésion, de possibilités de progrès, de manières d’entrer en contact avec sa partie divine qu’une relation fondée sur la dépendance mutuelle.

Pour l’essentiel, chaque être doit cerner clairement son Soi intérieur pour accéder à la Maîtrise spirituelle, ce qui ne peut se produire sans le détachement et l’intériorisation.  C’est dans les moments de solitude qu’un être cristallise l’impeccabilité, que l’on pourrait appeler la clarté de l’âme et qui transcende le soi physique, une phase vers la Perfection  L’impeccabilité fournit un point de jonction permettant de s’aligner correctement dans le monde multidimensionnel.  Quant a la solitude, elle permet de plonger dans le Vide plein, le Grand Mystère, dans une quête d’affermir sa force d’âme et d’exprimer sa vision souveraine sans s’appuyer ou se reposer sur qui que ce soit.  Elle permet de découvrir sa totalité sublime et de s’accomplir pleinement.

Malgré les vertus de la vie de couple, une vocation valide, licite et légitime, la Voie de la Maîtrise se parcourt dans le détachement souverain.  Et il n’existe pas d’exception à la règle pour celui qui veut maîtriser tous les aspects de sa vie.  Un être ne peut se dire accompli quand un autre assume la moindre part de ses expériences.  Celui qui veut se faire de bons muscles doit lui-même soulever ses poids et haltères.  De même, celui qui veut s’accomplir doit choisir qui il est, déterminer ce qu’il croit, vivre son plan de match sans interférence, en s’alignant complètement sur tout cela.

Dans les dimensions supérieures, bien qu’il soit une conscience multiple unifiée, chaque être vibre dans l’Unité sacrée à titre de partie de l’Être-Un.  Le Soi souverain est une réalité qui se suffit à elle-même, donc dégagée de toute dépendance à l’égard d’une autre réalité.  En conséquence, la fusion avec son Soi souverain ne peut passer que par l’exercice de la souveraineté personnelle, même si cet être vit en couple.  Dans la souveraineté, par son âme, un être cherche à se réunir à la véritable autre moitié de lui-même, le Soi spirituel, non à une moitié factice, artificielle et extérieure.  Il vise à se réunir à l’autre moitié de lui-même qui s’est séparée lors de la plongée dans la dualité.  Si, dans le plan de la densité, il est d’aspect polaire féminin, son âme est d’aspect polaire masculin.  Et inversement.  Mais, dans la démarche de la fusion, tôt ou tard, même la dépendance conceptuelle peut représenter un obstacle à la Maîtrise finale.  Alors, chacun gagne à se percevoir comme un tout au-delà des apparences.

Présentement, la majorité des êtres humains sont en train de s’unir à leur flamme jumelle éthérique — non avec son âme-sœur ou son esprit-frère physique — et de modeler leur plénitude sacrée en une seule réalité physique, ce qui exprime la réalité de l’homme fait à l’image et à la ressemblance de Dieu.  Par son âme, l’humanité est en voie de fusionner le Ciel et la Terre afin de pénétrer dans le Royaume cristallin de la Réalité divine ou de la Conscience cosmique en état de Totalité.  Une telle fusion ne peut se produire que dans la voie solitaire ou dans celle d’un couple d’êtres souverains s’interdisant la moindre dépendance.  Pour l’âme, la phase finale ne s’accomplit pas à travers l’accouplement, qui amène le morcellement de l’Âme collective, mais à travers une transformation intérieure par laquelle le Soi divin s’établit en harmonie universelle avec tout ce qui est.  Autrement dit, pour l’être humain, l’idéal n’est pas de perpétuer les genres masculin et féminin, mais de rétablir l’androgynat, un équilibre parfait des deux.  Ainsi, plus un être évolue, plus il se suffit à lui-même avant de fusionner dans le Grand Tout.

La dynamique de l’ascension msolitary-in-crowdène à fusionner dans le Soi suprême.  Elle procède de l’activation du Soi intérieur à la Résonance divine du Champ quantique cristallin.  En cela, comme le disent les Guides spirituels, la séparation osmotique doit se produire avant la réunion collective finale afin de permettre la fusion finale dans Tout-ce-qui-est, le Je-Suis-ce-que-Je-Suis.  Alors, à ce moment précis de l’aventure, celui qui se retrouve seul doit davantage reconnaître la raison d’être de cette réalité que s’en affliger et s’en désespérer.  En revanche, s’il se trouve plutôt à vivre une relation de couple, il gagne à la raffiner dans l’amour et la beauté les plus élevés de la souveraineté mutuelle et du refus de la moindre dépendance.  Dans ces conditions, il n’y a rien à perdre puisque l’amour et la force ne peuvent qu’y grandir et la relation s’assainir et s’embellir.  Nul ne peut se percevoir comme un être entier, complet, total et parfait en lui-même hors de ces conditions.  Nul ne peut apporter l’intégralité de son Soi entier dans la relation et partager le meilleur de lui-même sans que son idéal soit compromis.

Les relations de dépendance mutuelle ne peuvent mener qu’au déséquilibre d’une sujétion partagée ou d’une domination à sens unique, l’un ou l’autre se sentant la propriété ou la moitié de l’autre, d’où elles ne peuvent que s’effriter progressivement, à moins que le couple ne sombre dans le mutisme complet ou dans le délire à deux.  C’est pourquoi tout couple doit être prêt — et c’est une question de survie ou d’intégrité psychique — à déterminer les points de la relation sur laquelle ils acceptent de s’entendre, qui ne doivent jamais comporter de concession à leur souveraineté personnelle, en maintenant la liberté de choix, d’ajustement et de modification au moment opportun, au risque d’impliquer la fin du partenariat.  Ils doivent mutuellement reconnaître la divinité de l’autre et protéger mutuellement l’intégrité de leur relation avec leur Soi divin, évitant de se sentir négligés ou abandonnés du fait que, de part et d’autre, ils leur accordent leur priorité absolue.  Pour qui veut bien y songer, il est évident qu’un mode de vie indépendant entretient la joie et la sérénité, fluidifie la circulation des énergies, en libérant du contexte d’un partenaire impérieux et imposant qui impose sa vision, ses croyances, ses valeurs, sa morale, sa volonté à l’autre, qui se croit des dus et qui demande des comptes, entretenant une relation dysfonctionnelle et compliquée.

Sur ce point, les jeunes confondent trop souvent la souveraineté et l’indépendance avec le rejet complet des engagements et des responsabilités à l’endroit de leur partenaire.  Dans la vie à deux, les tâches, les contingences du quotidien et les impératifs de la vie commune doivent être équitablement répartis entre les deux partenaires.  Dans leur globalité, les membres de l’humanité ne reconnaissent ni ne comprennent le rôle de leur âme qui est de transmettre les directives du Soi spirituel pour produire progressivement la fusion de l’être.  Ainsi, le Soi spirituel est négligé tandis que le soi jouisseur (le petit moi ou l’ego), avec ses besoins multiples, accaparants et sensuels, se gonfle au point de prendre toute la place dans l’existence d’un être.  N’empêche que le quotient de Lumière spirituelle continue de s’élever, ce qui en éveille plus d’une, mais, à ce jour, il n’y a guère que dix pour cent des huit milliards et plus d’êtres humains qui cheminent consciemment dans la Lumière.  C’est un nombre suffisant pour produire l’Ascension du monde, mais il reste bien du travail d’éveil à faire.

À ce propos, il convient de rappeler qu’aucune religion instituée ne peut répondre aux questions et aux aspirations de l’être humain.  Pour cette raison, un système de valeurs personnel vaut mieux qu’elles toutes pour satisfaire les besoins évolutifs d’un être multidimensionnel en quête de ses origines et de sa finalité.  Même que, présentement, sur la Terre, il n’existe aucune véritable religion puisque chacune, limitée par ses dogmes, sa hiérarchie et sa volonté d’hégémonie, ne parvient à propager ce qui est le propre d’une religion, l’aspiration de relier à Dieu, de promouvoir l’unité des êtres, de bannir la violence et les limites et de répandre l’amour universel.  Un chef spirituel instruit et cultivé n’est pas forcément un sage illuminé ni un pédagogue adroit.

Puisque la voie vers le Centre divin passe par la souveraineté sacrée du Soi spirituel, plus que de l’ego, chacun doit définir par lui-même son aspect divin et chercher à l’atteindre en s’inspirant de l’aspiration suprême qui est inscrite dans son âme.  Chacun doit finir par canaliser son propre Soi divin et n’accepter pour vrai que ce qu’il parvient à discerner ou à saisir personnellement comme vrai.  Chacun porte sa vérité, et c’est la vérité qui résonne en lui qui doit lui servir de guide.  Pour s’accomplir, tout en vivant amoureusement dans l’instant présent, entièrement donné à la Lumière, chacun doit consacrer du temps à étudier, à observer, à écouter, à discerner, à examiner, à travailler, n’acceptant d’incarner que ce qu’il capte à son rythme.  Il ne peut trouver le bon filon à exploiter qu’en se livrant régulièrement à la méditation dans le silence, le secret et la solitude.  Il y a peu d’espoir que le flemmard découvre ce qui est inscrit au plus profond de son âme et amène l’inconnu à se faire connu.  L’Ascension est une conquête qui résulte de la pertinence d’appliquer au moment opportun le fruit de ses découvertes sûres.  Et les découvertes les plus sûres proviennent de la pure source du Soi divin.

Ce n’est que dans la solitude qu’un être peut découvrir son chemin, une voie qui le mène vers la découverte de lui-même, vers l’éveil des souvenirs de ce qu’il a oublié être, une divinité de réalité multidimensionnelle qui ne peut manquer de rien et qui ne connaît pas de limites parce qu’elle est tout, possède et détient tout, en tout, partout, ici et maintenant, comme toujours.  L’Ascension mène à la découverte consciente de ce qu’un être a toujours été et ne peut cesser d’être, d’un être qui, à proprement parler, n’a pas à se faire ou à s’accomplir, mais n’a qu’à se découvrir dans sa totalité.  Car l’être humain n’est rien d’autre qu’un être d’essence spirituelle et de nature sacrée, une totalité intégrale omnisciente, omnipotente, omniprésente et omniagente qui vit dans l’abondance parfaite et la félicité complète.

C’est ainsi que, il vient un moment où le chercheur spirituel doit avancer seul sur le Sentier pour mesurer l’ampleur de son autonomie et de sa plénitude.  Alors, il ne peut compter ni sur les amis ni sur les instructeurs qui le laissent agir seul, mais l’observent secrètement à partir des coulisses des mondes subtils.  Pour cette raison, il ne peut que chercher, de tous son être, sans distraction, l’accord et la fusion avec son Maître intérieur et, par lui, développer une amitié divine qui sera pour lui une source d’inspiration et de réconfort.  Au plus fort de la tempête ou du découragement, il le portera sur ses épaules, mais si discrètement que, la phase complétée, l’aspirant croira s’en être tiré tout seul.

Du reste, plus il avance, plus le chercheur se sent spontanément seul avec lui-même et veut se sentir seul parce que, inconsciemment, il veut faire toutes ses preuves, par lui-même, cultiver personnellement ses propres lauriers.  D’autant plus qu’il se démarque de plus en plus de la collectivité humaine, en plongée ou en régression, alors que lui, il a pris la voie de remontée, le chemin de l’évolution.  Jusqu’à récemment, au terme de la route, il n’en restait qu’un sur un million.  Les autres devaient attendre un autre cycle évolutif, de bien loin différé, pour entreprendre la même démarche.  Entre temps, ils devaient graviter dans les sphères de l’ombre, se renforçant peu à peu, au prix de la misère, de la douleur et de la souffrance.  Mais aujourd’hui que la Porte de l’Ascension est ouverte à tous, chacun peut s’y présenter dès qu’il a compris que c’est la seule voie de salut à suivre.

Le chercheur spirituel gagne à vivre sa solitude, mais sans s’isoler.  Autrement il deviendrait une bulle d’illusion qui pourrait éclater au moindre souffle inharmonieux.  Il a besoin du monde pour s’aguerrir, comme pour le pénétrer, par son rayonnement, mais sans faire de concession ni de compromis à l’esprit grégaire et matérialiste.  I1 lui faut consacrer une partie de son temps à sa gestation, à son travail intérieur, ce qui est indispensable, mais il lui faut aussi donner une partie de son temps à l’action, dans le monde extérieur.  L’expérience complète est à ce prix.  L’incubation doit servir à extraire la sève qui alimentera la manifestation de ses potentiels.  Vivre de façon solitaire n’est pas s’enfermer dans l’isolement.  C’est un état d’esprit qui fait qu’on se choisit pour mieux choisir tous les autres et la Totalité.  Celui qui s’isole le fait parce qu’il ne s’aime pas, n’aime pas ou tente de garder la Lumière prisonnière, ((sous le boisseau)), et n’est plus capable de se magnétiser et d’attirer les autres.  Satprem a dit : «Il est très facile, seul, de vivre la parfaite illusion de la maîtrise de soi.»

Mais, rester ouvert au monde et aux autres n’appelle pas à se faire mondain et à socialiser, à aller partager la dispersion et l’engourdissement des autres dans le bruit, l’alcool, la drogue et la quête du plaisir.  C’est plutôt un appel à sociabiliser, c’est-à-dire à transmuer les autres et l’environnement par la Lumière, dans le silence et le secret.  Conscient d’être un Porteur de Lumière, soit de feu et de lumière, le chercheur spirituel veille à demander que partout où il passe, l’endroit qu’il a visité devienne meilleur parce qu’il y est passé.  Tout en restant impersonnel, il veille à demander que son contact vivifie et élève tous les frères et sœurs qu’il rencontre parce qu’il les aborde comme un Canal divin et sait voir Dieu agir en eux, dans sa force irrépressible.

Sri Aurobindo Ghose expliquait à ses disciples: «L’amour de la solitude est le signe d’une disposition à la connaissance; mais on ne parvient à la connaissance que quand on perçoit la solitude invariablement et partout, dans la foule et dans la bataille et sur la place du marché.»  Plusieurs trouvent insoutenable de rester seuls avec eux-mêmes parce qu’ils sont des citernes vides.  Ils n’ont que faire de leur vacuité et de leur vanité.  Alors, ce sentiment de vacuité s’exprime par la tension, l’ennui, la peur, la gêne, la bougeotte, l’activisme, la quête des frissons extrêmes.  Cela les incommode tellement qu’ils ne peuvent rester en place.  Il leur faut bouger, s’activer, se griser, s’étourdir, rencontrer des gens, parler, faire du vent, rire tout leur soûl.  Ils cherchent à se donner l’impression de vivre.  Pourtant, son meilleur conseiller, son meilleur ami, c’est soi-même.  Il faut savoir s’apprivoiser et se connaître pour progresser.  On a tellement à apprendre sur soi-même.  Même qu’on ne peut apprendre qu’en soi.  Les dehors bien invitants sont souvent bien hypocrites, illusoires ou trompeurs.  On le sait : qui se ressemble s’assemble!

Celui qui voit devient du même coup un solitaire à cause du Savoir qu’il capte, même dans la plus grande foule.  Ce qui laisse entendre que, plus on est profondément plongé dans l’ignorance, plus on redoute la solitude bénie qu’impose la réalisation totale de son être.  Car, pour apprendre à être pleinement, il faut savoir, sans s’isoler ni se sacrifier, suivre la Voie du silence et du secret.  Ossip-Laurié a  dit: «La supériorité de l’homme se mesure à sa faculté de supporter la solitude, de se suffire intellectuellement à lui-même et de savourer la sérénité féconde du silence.»  Même chez les animaux, les espèces les plus fortes, les plus robustes et les plus souples donnent des individus solitaires.  Leur solitude a formé leur dextérité et lesolitude (1)ur adresse.  L’homme n’est-il pas un animal, bien qu’il soit intelligent et de nature spirituelle?  Retenons que l’homme ne se sauvera que par lui-même et qu’il aurait tort de chercher un sauveur par procuration.  Les autres ne peuvent que l’aider à accepter le défi de l’existence avec courage et d’y répondre avec toutes ses forces intimes.

Mais, dans la présente phase d’ascension, il existe d’autre raisons qui peuvent expliquer que, au cours des dernières années, on se soit retrouvé dans la solitude.  Ces mêmes raisons peuvent expliquer qu’on se retrouve présentement dans cet état ou que, à son insu, on se prépare à y entrer incessamment.  Lorsqu’un être commence à aspirer à une évolution accélérée ou qu’un être sensible sent venir une puissante vague d’énergie cosmique, il est spontanément porté à se retirer dans ses quartiers pour faire du ménage en  lui et autour de lui pour s’éviter un détachement imposé, donc compliqué et douloureux.  D’autre part, surtout dans les phases de nettoyage collectif, un être très lumineux devient très dérangeant pour les gens ordinaires, leur apparaissant comme un reproche ambulant à leur léthargie.  Sans compter que, par son taux vibratoire, il les bouscule à bien des niveaux.  Ainsi, lorsque la tourmente s’annonce, l’être évolutif gagne à se retirer de la circulation et à se terrer comme un clandestin.  Par protection, s’il n’y parvient pas par lui-même, son Soi supérieur peut veiller à lui imposer un retrait sur lui-même.

En effet, lorsque tout se met à bouger, faisant mentir les prévisions des médias et des badauds, ces derniers ne peuvent que sombrer dans la peur et dans l’angoisse.  La peur et l’angoisse peuvent générer et amplifier un certain nombre de comportements négatifs chez certains êtres humains.  De là, ils peuvent facilement projeter sur les êtres plus vibrants leur incompréhension, leurs appréhensions, voire leur hargne, de façon plus ou moins violente.  On sait comment les grands messagers du passé ont été traités et ont terminé leur carrière.  De nos jours, certains pourraient encore se permettre d’opter pour des solutions extrêmes à l’endroit des sujets plus éclairés, ce que, au nom de l’équité, le Créateur et la  Hiérarchie spirituelle ne peuvent plus permettre.  Alors, de concert avec le Soi supérieur, ils orchestrent pour eux un retrait stratégique du monde, le temps que passe la tempête.

Du reste, c’est naturellement qu’un être qui porte une énergie puissante perturbe son entourage, éveillant chez les plus sombres, le scepticisme et la mesquinerie, pouvant devenir la cible de leur méchanceté gratuite, lorsqu’il circule parmi eux, du fait qu’il représente encore, en général, une quantité négligeable dans son milieu ou dans la population.  En phase d’alerte intense, il peut même arriver que des êtres lumineux prennent violemment à partie leurs confrères plus lumineux, déversant sur eux leurs fielleux reproches ou leurs acides protestations, notamment lorsqu’ils passent par un moment de fatigue, de dépression ou qu’ils consomment un produit pouvant induire dans un état second ou dans un paradis artificiel.  Évidemment, pour le plus sage, une telle expérience peut avoir du bon, car elle lui apprend à qui il a affaire, elle lui inculque la motivation de se détacher qui l’amène à ne plus se présenter là où il n’est pas le bienvenu, surtout à ne plus frayer dans le monde de la dualité ou à ne pas s’y attarder s’il doit occasionnellement s’y présenter.

En outre, naturellement, plus un être s’élève, avec les vagues ascensionnelles consécutives — qui ne lui laissent pas grand temps pour reprendre son souffle –, moins il est compris de ses semblables, plus il échappe à leur attention et à leurs sens et plus il se retrouve seul de son genre, sans repaires, à titre d’être consciemment évolutif et de pionnier du Nouveau Monde.  Alors, s’il compte poursuivre sa route dans l’harmonie, l’équilibre et la sérénité, il a intérêt à tout mettre en œuvre pour se remplir de lui-même en se reliant puissamment à son Centre divin.  Et ce n’est que dans la solitude qu’il peut y parvenir, en profitant pour s’aménager son nouveau paradis.

Quant à ceux qui ont joué un rôle d’instructeur ou de motivateur spirituel — que l’on appelle désormais «accompagnateur» ou «facilitateur spirituel» –, après avoir fourni à leurs étudiants tous les moyens dont ils avaient besoin pour s’accomplir, ne détenant plus aucunement leur ancien rôle, mais en attente d’un nouveau, ils sont maintenant appelés à se détacher entièrement d’eux, pour leur permettre de se retrouver eux-mêmes par eux-mêmes dans leur Totalité divine, sans leur faire ombrage.  Pendant des années, les plus âgés se sont tellement donnés à leur tâche, comme ils l’ont toujours fait, qu’ils ont négligé de se former un groupe d’amis personnels, de sorte qu’ils se retrouvent entièrement seuls, ou presque. All-alone1

D’autre part, ces enseignants se sont souvent entourés d’auxiliaires plus jeunes, souvent de bonne foi, mais de loin moins motivés qu’eux à l’idéal, donc maladroits et inconstants, parce que plus portés aux plaisirs du monde qu’à servir.  À leurs côtés, sentant la force, le courage et l’abnégation de leurs aînés, ces jeunes se sont aménagés une niche douillette, leur abandonnant progressivement le plus odieux de la vie commune, qu’ils étaient sensés assumer pour leur faciliter la tâche, incapables de vraiment tenir leurs engagements et d’assumer leurs responsabilités.  Ainsi, ils ont imposé à leurs maîtres un mode de vie de plus en plus dévalorisant qui a amené ceux-ci à se déprécier, à perdre le sens de leur véritable valeur.  Aujourd’hui, ces personnes âgées doivent trouver le courage de donner un bon coup de balai, jusqu’à se retrouver seuls, pour refaire leur image d’eux-mêmes au contact de leur Soi supérieur.  Les autres enseignants, qui n’ont pas vécu de tels préjudices, doivent procéder au même procédé de libération pour écarter d’eux tout ce qui pourrait les empêcher, par distraction ou indiscrétion, d’obtenir les moyens de procéder aux dernières étapes du processus de leur ascension personnelle.

C’est ainsi que l’on peut conclure, avec tous les grands sages, que la solitude est le creuset indispensable de la complète reconstruction de son être ou de la découverte pleine et entière de son Être total ou global.  Car l’accomplissement ne provient pas de l’acquisition de valeurs extérieures comme l’éducation scolaire, la formation mentale et l’assimilation d’éléments culturels, mais de la fusion avec son Soi divin dans l’intériorisation répétée.

Comme il a été dit, puisque tout être naît seul, vit seul et meurt seul, jouant un rôle fonctionnel différent par son individualité, chacun doit apprendre à vivre en solitaire, soit en être autonome et indépendant, qui reste fraternel et solidaire avec les atures.  En cela, la solitude n’est qu’un état d’esprit qui affirme le sens de la responsabilité et de la liberté, renforçant l’autonomie et l’indépendance, sans jamais nier la fraternité et la solidarité.  La solitude permet simplement d’échapper à l’influence et aux pressions indues d’autrui et de la société, qui bombardent d’une masse de données distrayantes et confondantes, de nature à standardiser les normes et les comportements, empêchant d’exprimer cette part de l’unicité qui rend différent et précieux pour l’ensemble.  Car, au-delà des apparences, nul n’est jamais seul.  La solitude permet de se ressourcer dans le silence et la paix, au contact de la Nature ou à l’écoute de son Centre intime.

© 2012-15, Bertrand Duhaime (Dourganandâ).  Tous droits réservés. Toute reproduction strictement interdite pour tous les pays du monde.  Publié sur : www.larchedegloire.com.  Merci de nous visiter sur : https://www.facebook.com/bertrand.duhaime.

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2 Responses

  1. daniel

    Merci, super !
    Je vis la solitude comme un dessert même si parfois ce n’est qu un vaste désert. Mais j’en redemande car cela me remplit d un grand bien être a l’écoute du silence.
    J’ai adoré ce texte.

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