LA VRAIE «RECETTE» DU BONHEUR

Le bonheur ne peut exister sans un retour à l’esprit d’enfance, au sens bien compris.  En lui-même, il résulte de la conformité de ses choix avec le But ultime de sa vie, qui est la connaissance de soi à travers soi, afin d’être plus pleinement.  Tout autre choix ne reste qu’un moyen de mieux exprimer son bonheur.   Puisque l’Absolu est Félicité ou Béatitude, tout est forcément joie et bonheur, tout est invariablement bon, beau, bien, vrai et juste.  Le bonheur ne dépend jamais des conditions extérieures, il ne dépend d’aucun être ni d’aucun objet hors de soi, il dépend uniquement de soi, de sa disposition d’esprit du moment.  En conséquence, celui quicelebration-du-bonheur n’est pas heureux ne peut que s’en prendre à lui-même dans ce que, d’une manière ou d’une autre, il résiste à l’appel de la Vie.  Il se préoccupe probablement davantage de survivre, en tenant d’établir dans sa vie les conditions que son intellect et ses pulsions lui suggèrent comme existence heureuse, que de vivre vraiment, pleinement concentré sur le plan de son âme.

Chaque être gagnerait à refuser tout ce qui représente moins que le bonheur le plus complet et le plus constant, cherchant les causes de son manque de satisfaction en lui-même, dans son inconscience ou son indolence qui l’amène à transgresser les lois de la Nature et les principes du Cosmos.  Aux yeux de l’Absolu, chacun est unique et précieux, même indispensable, et il lui a assigné une place importante, égale à celle de tous les autres, dans l’Économie cosmique.  Si chacun se conformait à ce que le Créateur attend de lui, il se trouverait tellement en affinité avec cette affectation qu’il ne pourrait qu’être heureux, vivre de magie et d’extase.

Pourtant, en raison d’un système philosophique et financier qui amène les êtres à envier la place des autres, plutôt qu’à trouver leur véritable place, en plus de s’attacher à des valeurs fugaces, éphémères, transitoires, stériles, chacun est porté à se comparer à autrui, à émuler celui qui le fascine, à s’établir en concurrence avec celui qui réussit apparemment mieux que lui, d’où il se condamne à vivre dans l’effort constant d’exprimer un idéal de performance ou de productivité.  C’est oublier que toute place autre que la sienne, qu’il doit occuper souverainement, ne peut convenir à aucun être incarné.  Il est absolument impossible qu’un être vive heureux s’il aspire à être comme quelqu’un d’autre, s’il croit qu’un autre est avantagé par rapport à lui, s’il ne vit que d’ambitions.  Celui qui s’efforce d’assimiler des valeurs insufflées par une autre instance que son Centre divin, ce qui peut être, par exemple, la société ou son milieu, se condamne tôt ou tard à sombrer dans la misère, la déprime, le découragement, la souffrance.

Pour chaque être humain, le bonheur réside non dans l’action, la quête, l’étude, la production, le rôle, la richesse, ni dans aucune autre activité, il consiste à être, en commençant par être pleinement lui-même, à s’investir dans ce qu’il aime à son rythme, selon ses connaissances, ses compétences et ses moyens.  Cela ne peut résulter que d’une confiance absolue dans son Centre divin, plutôt qu’en son intellect et son ego, et sur une juste appréciation des conditions spatio-temporelles, du sens des désirs et des besoins, qui portent à l’esprit de possession ou à la possessivité, et sur le degré d’abandon à son destin, ce qui implique largement l’amour et l’oubli de soi.

Dans la vie quotidienne, chacun gagne à profiter de toutes les réalités agréables qui se présentent à lui.  Sauf que dans son état d’obnubilation et d’ignorance, il ne peut exister que de telles réalités.  En fait, il peut en venir à considérer toutes les réalités comme heureuses et salutaires, dans la mesure qu’il reconnaît que tout ce qui lui arrive d’agréable ou de désagréable relève d’une appréciation purement mentale, par rapport à ses attentes, ce qui lui fait oublier que, dans tout ce qui lui échoit, il n’y a pas de hasard, comme il n’y a jamais de punition.  Loin de là, il n’y a que du bonheur, car il n’y a qu’une leçon à prendre dans la souplesse et la bonne volonté, plutôt que dans la frustration, pour précisément se préparer un destin plus heureux.

Ainsi, toute situation et tout événement peut être perçu comme une expérience qui enrichit, rendant plus apte à semer la joie, ce qui, devenant comme une «seconde nature», qui n’est qu’une redécouverte de sa nature originelle, ne peut qu’amener les réalités agréables à se multiplier.  Mais pour admettre ce point de vue, il faut comprendre que la joie surgit de la réduction des désirs, des faux besoins, de toutes les valeurs incompatibles avec son Être profond.  En fait, ce ne sont pas les conditions extérieures qui font le bonheur, mais l’état d’esprit et le point de vue personnels.  Il répond aux pensées et à l’état d’âme qu’un être entretient.  Même qu’il dépend entièrement de la direction de sa pensée qui détermine ses ressentis, avec, par la suite, le choix de ses paroles et de ses actes.

Le bonheur échoit à celui qui est assez responsable pour reconnaître qu’il est le maître de son destin, que les circonstances extérieures ne peuvent rien contre lui et qu’il peut obtenir de la vie tout ce qu’il en attend, dans la mesure où il se libère de la tutelle d’autrui et ne compte plus que sur lui-même, mais tout en cherchant à favoriser le bien commun.  En effet, il résulte de la manière correcte de penser et d’agir, ce qui n’est le cas que de celui qui reste à l’écoute de ses intuitions ou inspirations intimes.  Car les moyens matériels, à eux seuls, ne pourront jamais combler un être dans sa totalité.  Chaque être est composé de trois instances, le corps, l’âme et l’Esprit, qui, toutes, doivent, pour ainsi dire, trouver leur profit dans l’existence.

Un être près de son âme, qu’il ne peut rencontrer que par la voie du cœur, ne peut qu’être heureux parce que cette part spirituelle qui l’anime, d’origine divine, vit dans le bonheur permanent.  Ce n’est qu’à travers un être incarné que, parfois, dans le monde concret, elle ne se sent pas dans son élément, bien qu’elle ait choisi cette expérience pour mieux se connaître et, par là, mieux connaître l’Absolu dans sa Création.  Une fois installée dans un corps, elle n’aspire plus qu’à s’élever vers sa patrie d’origine, ce qui est ressenti, chez la partie incarnée, comme un certain mal d’être ou une nostalgie du Paradis perdu, même dans les meilleures conditions.  À chacun d’écouter ses injonctions et de les exprimer de son mieux, sans quoi il s’expose à croupir dans la matière, prisonnier de la Roue des réincarnations.

La densité entrave l’âme et, en raison de la dualité qui y prévaut, l’être qu’elle anime peut apparemment y faire des erreurs, ce qu’elle ne sent jamais, restant centrée sur son choix d’expérimenter à travers lui.  Aventureuse, elle n’y cherche qu’un complément de connaissances, une expansion de conscience, un surplus de force, un affinement de ses facultés, un taux vibratoire plus intense, un pouvoir plus certain.  Gardant son attention sur le but, elle oriente les moyens vers ce dernier.  Elle éprouve le bonheur parce qu’elle bénéficie d’un lien intime avec l’Esprit de Vie qui lui permet des communications diverses sur de multiples plans.  Aussi chaque être incarné ne peut-il que tirer plus de lumière du fait de renforcer son lien avec elle et de le maintenir.

La clé du bonheur réside dans l’aptitude à transformer la pulsion de conservation en pulsion d’épanouissement, la quête de sécurité et de plaisir en aspiration spirituelle.  Le chemin du bonheur va de soi au Soi.  L’être incarné peut produire ce transfert ou ce renversement en lançant un appel à ses forces créatrices, afin de les activer ou de les éveiller.

En effet, comme il a été dit, le bonheur ne dépend pas des circonstances, pas plus que du nombre des possessions, de la grandeur de la fortune, d’une vie à deux harmonieuse, d’un gain éventuel à la loterie, d’un coup du sort, du talent ou du génie, de l’instruction, même pas de l’application assidue ou de la persévérance en elles-mêmes.  Il se fonde sur une attitude spirituelle juste et sur l’orientation tout aussi juste des pensées.  Dès lors, chacun peut s’en rendre maître par la puissance d’affirmation des meilleurs choix.  En cela, seule l’attitude décide de ce qu’un être veut obtenir de la Vie puisque les attributs de libre-arbitre et de libre-vouloir, présents de l’Absolu, ne sont pas de vains mots.

Chacun peut aspirer au bonheur du fait qu’il est omniprésent puisqu’il émane de l’énergie même de la Source unique.  S’il paraît absent, lointain, difficilement accessible à un être, cela ne peut provenir que du fait que, en raison de ses illusions, il traverse la vie en aveugle, soit sans y porter attention, sans tenter de le reconnaître dans l’état de l’observateur neutre.  Pour cette raison, il n’apprécie pas à sa juste valeur la joie de vivre et il ne détient pas le courage d’affirmer son bonheur immédiat.  Certains êtres sont si peu disponibles au bonheur qu’on pourrait dire que la Vie perd tout intérêt à leur présenter de nouvelles occasions de se dire heureux.

Comment un être peut-il se priver d’un présent aussi exceptionnel, qui lui revient de droit?  C’est bien simple : il hésite et il retarde à le saisir parce qu’on lui a appris qu’il fallait souffrir pour se sauver, qu’il n’y avait pas de plus grand amour que de donner sa vie pour autrui, qu’il est le jouet du sort, qu’il lui faut s’oublier au profit des autres.  Ainsi, il a toujours peur de demander trop, d’en épuiser les réserves, de le voir un jour lui faire débonheur-happinessfaut, de devoir quitter en vain son état présent.

Pourtant, à moins d’être masochiste, chacun peut être heureux dans l’immédiat et, pas une fois, mais en permanence, pour l’éternité.  Par Décret divin, la Vie est destinée à exprimer la perfection, la félicité ou la béatitude, à travers une expansion constante de la conscience.  Ainsi, déjà, dans le monde, il ne peut exister que beaucoup de lumière, de beauté, d’abondance, de plénitude pour qui sait les voir!

Le bonheur est un principe inné, naturel, une composante essentielle de chaque être : il se présente comme son alter ego qu’il oublie ou méprise.  Alors, voilà ce qu’il faut en comprendre : il est la conséquence de ce qu’un être porte en lui, de ce qu’il vibre.  De là, seul l’être particulier peut décider de le retrouver et le rayonner pour toujours en se mettant à son écoute et en en cherchant les manifestations partout en lui et autour de lui.  Il apprendra qu’il ne dépend pas du fait que tout va bien pour lui, mais de celui que tout va toujours bien parce qu’il a réappris à être heureux.  Il aura découvert son pouvoir d’être heureux, voire même son devoir de l’être.

Mais l’entêté à souffrir, dans son entendement sceptique ou suspicieux, ne pensera pouvoir trouver dans ces mots que promesse vaine ou propos d’illuminé.

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Une réponse

  1. assane zaroq

    OUI Merci.
    être malheureux c’est se faire mal à soi même …tant qu’on s’éloigne du soi , on est loin de nous rendre compte que c’est justement le soi qui souffre et qu’il est sage de retourner a soi pour être heureux….
     » A ceux qui ont abusé d’eux même; ne désespérez pas de la compassion divine »

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