QUAND LA DOULEUR ET LA SOUFFRANCE S’EXPRIMENT… MAIS N’ONT PLUS RAISON D’ÊTRE… 

La douleur et la souffrance lancent un message à celui qui les éprouve.   Si elles expriment un juste retour de ses interventions conscientes et inconscientes, elles ne représentent pas pour autant des sanctions ou des punitions, lui apportant plutôt une leçon de vie, à savoir qu’il n’a pas respecté les lois naturelles ou les principes cosmiques.  Dès lors, de manière amoureuse, à la manière du glaive qui peut caresser ou trancher, elles tentent de l’informer, de lui ouvrir les yeux, de l’éveiller au sens de la responsabilité personnelle.   Vagues d’abord, mais de plus en plus insistances, elles interviennent à la manière de suggestions l’invitant à explorer un sentier différent, pour découvrir des possibilités,  jusqu’à ce qu’il choisisse de vider l’abcès de ses désordres.  Mais, en plus de lui rappeler qu’il se les est attirées, elles lui révèlent un degré d’inimitié à son propre endroit.  C’est ainsi, notamment, que les faux désirs et les choix à courte vue conduisent à l’angoisse qui, douleurlancinante, en vient à agir à la manière que les charbons brûlent les chairs.

La douleur et la souffrance finissent par servir de traitement de choc en fournissant des mises en garde ou des mises en demeure de s’ajuster.  Pour tout être, elles recèlent ainsi des enseignements de haute portée et d’une valeur considérable sur lui-même lui rappelant que, d’une manière ou d’une autre, il se prépare un drame, contribuant à se détruire lui-même.  Dans ce contexte, leur persistance ne peut que démontrer qu’il se complait dans son ignorance, s’entêtant dans sa culture d’états négatifs qu’il réalise bien se retourner contre lui.  En pareil cas, il est probable qu’il n’ait pas encore assez souffert pour cesser de tenir à ce qui lui nuit, le dessert, le dévoie.  Sous de belles apparences, il entretient une forme de masochisme et peut-être… un peu de sadisme.

Chaque fois qu’un être souffre, il peut en tirer la conclusion qu’il a emprunté une mauvaise voie, qu’il erre dans la dualité et qu’il s’emprisonne dans la densité en raison d’une erreur d’aiguillage, ce qui est le fait de son plus grand adversaire, son ego qui le garde sous sa coupe.  Pour lui, n’est-ce pas le meilleur moment  d’agir en maître et de choisir ce qu’il aimerait vivre plutôt que ce qu’il accepte de subir?  Or il ne peut devenir maître que lorsqu’il sait comment concilier le vouloir et le pouvoir, conjuguer l’imagination et l’intuition.  Mais, pour le moment, par son petit moi, il tient trop à l’existence qu’il mène et il s’invente des images fallacieuses, mais subtiles et tenaces, pour se justifier dans ce choix.  Pour parvenir à survivre, car il est mortel, l’ego est bien capable d’imposer au faible sa manière de concevoir l’existence et de diriger ses actions.  Quelle démonstration d’orgueil autant que d’inconséquence!  Car, en elle-même, la vie, amoureuse, mais impassible, ne comporte aucune disposition hostile ou inamicale à l’endroit de qui que ce soit.  Celui qui sait en diriger correctement le cours, se laissant guider de l’intérieur, connaît la grâce et la plénitude. il peut croire pouvoir gravir le plus haut sommet et s’y maintenir une fois parvenu.

Il n’est pas facile pour l’être incarné de vaincre l’homme inférieur, qu’on n’appelle pas pour rien l’homme de fer, parce qu’il a vécu si longtemps dans l’illusion qu’il a fini, surtout dans sa jeunesse, par introduire en lui une fausse impression de vitalité dont il a du mal à se dégager.  Il se croit longtemps invincible et il n’accepterait pas facilement de quitter l’ombre pour la proie.   Confondant longtemps le plaisir avec la joie ou le bonheur, les sensations fugaces avec l’état de bien-être, il se ment inconsciemment à lui-même, mais il aboutit tôt ou tard à la tristesse et à la démotivation.

Plus un être s’apitoie sur sa douleur, plus puissamment il la ressent;  mais s’il lui oppose une stimulation aussi puissante qu’elle, il l’oublie peu à peu, parfois d’un coup, ce qui l’amène à disparaître.  Les mères connaissent bien ce principe qui les amène à proposer à leur enfant affligé d’un malaise une sortie agréable dans les boutiques de jouets ou une visite chez les grands-parents, au lieu de trop les chouchouter, si ce problème n’est pas trop grand. Quoi qu’il en soit, la douleur, comme la souffrance, découle d’une fausse identification par l’entretien d’une illusion.  Quant à l’angoisse, elle origine d’une frustration ou d’un sentiment de culpabilité parce que chacun vit en entretenant trop de désirs à la fois et qu’il ne peut pas tous les assouvir.  Ou parce que,  par comparaison à la vie d’autrui ou à son existence antérieure, il se projette dans le passé ou le futur, qui n’ont pourtant rien à voir avec l’immédiateté.  Car chaque instant porte en lui sa plénitude et ses possibilités magiques pour celui qui est capable de les saisir.

La souffrance résulte généralement d’un dialogue intime tout personnel, mais largement inconscient, entre l’être et le néant, entre la volonté d’être et celle de s’annihiler.  Chacun souffre parce que, dans sa portion inférieure d’être incarné, il refuse de regarder une vérité bien en face, de l’accepter et de l’intégrer.  Cela résulte d’un effet de la densité qui obnubile, attire vers le bas et dispose à la loi du moindre effort : c’est une affaire d’attitude mentale négative qui limite l’envergure.  C’est de la résistance et de la révolte.  Un être ne continue d’être ainsi affligé que parce qu’il se complaît dans ses croyances et ses faussetés.   Il démontre qu’il  n’est pas encore assez éclairé dans sa conscience ou assez lucide d’esprit pour chercher à l’apprivoiser et à lui trouver une solution.

On peut toujours trouver un lien direct entre ce qui échoit à un individu et ses états psychologique et spirituel.  Alors, un être patauge dans sa négativité, non au sens qu’il broie du noir et qu’il aspire au mal, mais qu’il fait perdurer de mauvais choix.  Dès qu’une douleur se présente ou qu’une souffrance s’exprime, un être devrait s’arrêter et veiller à faire monter son dialogue intime dans le plan conscient.  Il découvrirait que son malaise, qui peut dégénérer en blessure ou en maladie, s’installe en lui à partir d’un manque de cohérence, de confiance en lui, d’un sentiment de culpabilité pour lequel il veut se punir ou des comparaisons avec des éléments de sa vie passée.  Par une incursion inconsciente qui le dérobe au moment présent, il vit dans le regret du passé ou il redoute l’avenir.  Il oublie que, pour un esprit créatif, le moment présent comporte toutes les possibilités dont, dans sa liberté, il peut disposer comme il l’entend.

Certains peuvent douter de ces affirmations.  En conséquence, ils devraient se faire à l’idée de laisser le temps s’écouler sans se plaindre et accepter de se laisser guider vers une expérience de redressement psychique.  Car le jour où elles auront atteint le seuil du désespoir, à la manière de ceux qui se retrouvent en présence d’une maladie fatale, parce que dite chronique et incurable, ils choisiront bien de penser autrement.  Et, dans les cas de réussite celui où ils seront parvenus à apparemment conjurer leur triste sort ils comprendront bien que tout est question d’attitude et de comportement, donc de pensée, de ressenti et d’action.  Car le propre de la douleur et de la souffrance, qui n’arrivent jamais en vain, c’est de révéler à chacun ses simulacres.  N’est-ce pas souhaitable et bien fait pour chacun?  À l’inverse, ce qui est tout à fait insensé ou d’un ridicule achevé, c’est qu’il accepte de continuer à souffrir sans intervenir, préférant en blâmer les autres, Dieu ou la vie, quand il ne peut s’en prendre qu’à lui-même.

À vrai dire, ceux qui se plaignent du genre d’existence qu’ils mènent ne réalisent tout simplement pas qu’ils vivent en contradiction avec elle, qu’ils s’opposent à elle, qu’ils vont dans le sens contraire que les énergies les porte.  Ils méprisent autant ses lois, ses leçons que ses richesses.  Toute souffrance relève d’une cause mentale, car, en elle-même, elle n’est pas naturelle, au sens qu’elle n’est pas inhérente à la vie ni nécessaire.  Dès lors, dans la douleur et la souffrance, c’est d’abord dans la tête que les choses ne tournent pas rond.  Il s’y mène un combat entre l’ange et la bête : un être refuse de se laisser guider de l’intérieur.  Pourquoi le ferait-il quand il ne se regarde même pas vivre et ne s’écoute pas se parler intérieurement?  Il s’active, se hâte et se précipite, pour ne pas réaliser son vide intérieur, plutôt que de s’observer.  Ainsi, il ne peut pas réaliser qu’il ne vit pas en harmonie avec la Nature et l’Univers.souffrance  Même qu’il est probable que ce soit le bordel dans sa propre vie du fait qu’il n’y a pas établi ses priorités.  La douleur et la souffrance manifestent toujours les symptômes d’un déséquilibre intérieur.

Celui qui souffre devrait plutôt se hâter à se demander à lui-même pourquoi il persiste à tourner en rond, finissant par creuser de profondes ornières et à s’enliser, parce qu’il refuse de s’élever à une nouvelle hauteur.  Il refuse d’ouvrir sa conscience au lieu de s’apitoyer sur son sort et de quémander la pitié des gens ou la clémence du Ciel.  La douleur ou la souffrance doivent alors s’amplifier, dans une épreuve d’endurance et de persévérance, pour tenter de le purifier, de le tirer de son marasme intérieur, de lui révéler ses faux attachements, de le porter à l’action curative.

Tout bien compris, la douleur et la souffrance n’existent que chez un être doté de libre arbitre, cette faculté de choisir et d’évaluer l’impact de ses choix.   Car, dans un Univers divin, parfaitement ordonné, le déterminisme n’occupe aucune place, pas plus que la chance ou le hasard.  Et le choix auquel procède un être humain procède toujours des idées qu’il compte voir se réaliser.

De ce fait, chacun peut finir par découvrir sa responsabilité à partir de la douleur ou des souffrances qu’il s’engendre plus ou moins consciemment et de manière bien arbitraire.  Et celui qui se met dans le pétrin doit s’en tirer lui-même en remontant à la cause, en se gardant bien de s’arrêter aux symptômes et de les masquer de manière artificielle, car ils ne pourraient que ressurgir autrement.  Et s’il ne parvient pas à remonter à l’origine de ses maux, il peut toujours s’en remettre à l’omniscience de son Centre divin qui, tant qu’il n’est pas appelé à la rescousse, se croise le bras.  Mais il faut comprendre que le règne de la douleur et de la souffrance ont pris fin et cesser de nourrir ces illusions par le rappel trop fréquent de ses expériences malheureuses du passé!

© 2014-16, Bertrand Duhaime (Dourganandâ).  Tous droits réservés. Toute reproduction strictement interdite pour tous les pays du monde.  Publié sur : www.larchedegloire.com.  Merci de nous visiter sur : https://www.facebook.com/bertrand.duhaime.

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2 Responses

  1. Nathalie

    Merci Bertrand, voici une phrase qui m’a particulièrement plu :
    « Tout bien compris, la douleur et la souffrance n’existent que chez un être doté de libre arbitre, cette faculté de choisir et d’évaluer l’impact de ses choix.  »
    Le plus difficile est de trouver le pourquoi, la cause de cette souffrance, douleur … et ensuite pouvoir travailler dessus.

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    • Bertrand Duhaime

      Nous avons tous le même problème, nous nous pensons seuls dans chaque drame. Ainsi, nous n’appelons Dieu à l’aide qu’en cas de difficulté, alors qu’il faudrait travailler avec lui main dans la main jour après jour. L’être humain se prend pour quelqu’un tant qu’il ne rencontre pas un pépin d’importance, trouve pas son maître. Il oublie qu’il est formé de deux instances: par sa partie incarnée, un Vouloir, faculté de choix, et par la partie divine qu’il a laissé dans les plans subtils, un Pouvoir. Sauf que l’être humain, spoliateur rusé, dans sa partie incarnée, pense détenir les deux, jusqu’à ce qu’une désillusion suffisante lui démontre le contraire. Tout ce que l’être humain peut faire, c’est de demander pour recevoir, de chercher pour trouver et de frapper pour qu’il lui soit ouvert (Porte du Foyer originel). Il est la demande, mais il n’est pas la réponse à la demande, qui, venant de son Centre divin, lui arrive à l’heure la plus opportune. De même pour sa quête et pour sa demande de Retour à son Port d’origine. Assis dans sa charrette, il ne peut qu’orienter le timon dans la destination qu’il a choisi de suivre, bien inspiré s’il a médité pour saisir laquelle il gagne à prendre. Mais, derrière la charrette, c’est son Centre divin, le Pouvoir, une instance neutre dénuée de jugement de valeur, qui inculque l’élan vers le point fixé, afin qu’il mène l’expérience qu’il a choisie et détermine s’il a fait un choix pertinent. L’être humain, dans sa part incarnée, n’est qu’un ignorant qui ne détient aucun Pouvoir, c’est l’illusion qu’il doit détruire, afin de devenir simple, humble, amoureux, obéissant (aux inspirations de son Centre spirituel qui sait tout, voit tout, agit partout et peut tout).

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