LE DOGME DE LA DAMNATION ÉTERNELLE, UNE IMPOSSIBILITÉ, SURTOUT UNE INJURE AU DIEU D’AMOUR…

La damnation éternelle sous-entend la condamnation sans appel du pécheur impénitent aux peines de l’Enfer.  Quand à la peine du dam, elle évoque la privation éternelle de la vision de Dieu, prévue comme châtiment des damnés.

Pour nombre de religions, le mot «Enfer» désigne le séjour et le lieu de supplice des damnés après le jugement particulier qui suit la mort.  Il s’agirait d’un lieu de l’Univers, une région ténébreuse de l’Abysse, auquel Diedamnationu condamnerait ceux qui n’ont pas obéi à sa Loi.  En spiritualité, il désigne un état de conscience, plutôt qu’un lieu, soit le tourment du mental, le cri de la conscience, la torture du psychisme, dans la conviction personnelle d’un être incarné d’avoir commis des mauvaises actions ou d’avoir exprimé de mauvaises pensées et de devoir payer le prix de ses fautes présumées.

Quelques religions menacent le dissident ou le pécheur des feux de l’Enfer.  Mais, si on savait de quoi il retourne, personne ne s’inquiéterait outre mesure de cette menace arbitraire.  En effet, pour les Chrétiens, ce feu subtil révèle le supplice éternel d’un damné après le jugement particulier.  En revanche, pour les Mystiques et les Initiés, il évoque le choc en retour de la Causalité (Justice immanente) qui engendre la révolte, des pleurs et des grincements de dents chez les inconscients ou les ignorants, ces irresponsables qui mésusent de l’énergie vitale ou qui contreviennent à la Loi cosmique.  Ces Sages l’associent aux tourments de la conscience dévoyée qui ne visent pas à punir, mais à faire comprendre, pour ramener sur la Voie droite de l’Évolution.  Car, pour eux, si Dieu est la Source de l’Amour pur, il ne peut avoir créé d’Enfer éternel.  La rétribution ne vise pas à punir, mais à instruire, à ouvrir la conscience.

Le premier problème de cette condamnation, c’est que Dieu, qui est Amour pur, ne juge pas.  Ensuite, l’Enfer, comme lieu de punition, ne représente pas un lieu, mais un état de conscience qui se vit dans l’immédiat comme juste retour, par la loi de Causalité, de ses actes, de ses pensées, de ses sentiments ou des ses paroles négatives, particulièrement de ses expressions rebelles ou de sa résistance à la Vie.  Ainsi, l’Enfer éternel n’existant pas, la sanction éternelle ne peut pas davantage exister.

Il faut savoir que les contradictions apparentes de la vie dans la densité résultent du jeu des aspects de la Polarité cosmique qui peuvent projeter dans les extrêmes.  Le mal, la souffrance et les ténèbres, comme le bien, le bien-être et la lumière, découlent de la Logique divine des choses.  Ils représentent les états apparemment opposés d’une même réalité, puisque rien ne peut exister hors de Dieu.

Du reste, il n’existe rien de mal, de douloureux, de ténébreux dans le Cosmos, des apparences, ailleurs que dans l’esprit ou l’imagination de ceux qui veulent le percevoir.  Le mal ne peut s’exercer que dans l’espace psychique d’un être doué de libre arbitre qui l’engendre délibérément, consciemment ou inconsciemment.  Il ne peut atteindre que ceux qui le portent dans son entourage.  Il n’atteindra jamais ceux qui n’y croient pas ou l’ont dépassé.  Tout ce qui est contraire au Plan divin porte en soi le germe de sa négation et de sa propre destruction.  Le mal, s’il existe, il se détruit par lui-même, comme le bien se multiplie par lui-même.   En effet, le Cosmos ne peut multiplier que ce qui est dit bien, évolutif, ce qui est conforme à son Plan évolutif.

Ainsi, croire en la permanence éternelle du mal et en la damnation éternelle équivaudrait à accepter une division absolue au sein de Dieu, ce qui est inconcevable, même injurieux à l’endroit du Créateur.  L’Amour ou la Bonté n’a pu engendrer le mal.  L’Amour ou la Bonté n’a pu engendrer qu’une vérité complète qui porte en elle-même ses contraires apparents, mais compatibles et complémentaires, non opposés.  Non, la Bonté amoureuse n’a pu engendrer un jour son contraire de façon irréductible et définitive.  Car, alors, il faudrait que, de tout temps, il existe des âmes perdues et des âmes bénies, ce qui est aussi insoutenable.  Une telle prédestination ferait de Dieu un être injuste, arbitraire.

Le mal, une réalité apparente, résulte donc, non de Dieu, mais de l’ignorance des hommes.  Tout se passe en conformité avec la Loi d’Action et Réaction qui ramène toujours tout dans l’Ordre, tôt ou tard.  L’existence d’un Enfer éternel ne ferait que confirmer la thèse que Dieu est un impuissant qui ne parvient pas à rétablir l’Ordre à l’intérieur de sa propre Réalité infinie.

Dans l’Amour infini, nul ne peut être irrémédiablement damné.  Puisque chaque être figure une Étincelle de Dieu envoyée en mission d’expérimentation au nom de la Divinité globale, la damnation d’un individu constituerait la damnation d’une part de Dieu.  Il est inconcevable qu’un émissaire de Dieu, même s’il ratait son expérience, puisse recevoir, comme récompense de sa tentative, une condamnation à jamais.  Du reste, tous devront parvenir à l’identification avec l’Unique pour qu’il recompose sa totalité, sans quoi Dieu resterait incomplet.

La conception de la damnation éternelle ne peut habiter qu’un être pervers et vindicatif désireux d’induire la peur dans une âme pour mieux la dominer et l’asservir.  Chacun vit son Enfer, un état d’être négatif, en ce monde par l’effet de la causalité ou de la Justice immanente.  Le damné ne peut désigner qu’un être temporairement révolté contre Dieu qui, par ce fait, retarde son évolution et sa libération transcendantale.

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